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rriLAS WRIGHT DUNNING "^ î BEQUEST
UNIVERSITY oi^MICHIGAN 4; CÏEN£RAL LIBHARY
REVUE D'ALSACE
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REVUE D'ALSACE
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NOUVELLE SÉRIE
TOME W
TOME XLVIIP DE LA COLLECTION
NEUILLY-SUR-SEINE
Villa Blanche, 30, rue du Nord, 30
et
BELFORT
IMP»RIMKRIK rsiOUVKUl-l
SI, Faubourg de France, âl
1897
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LES
MANUSCRITS ALSATIOUES
DE LA
BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE STRASBOURG
Pour les historiens de TAlsace, pour tous ceux qui ont eu jamais k cœur d'approfondir un point quelconque de son histoire, depuis les temps du moyen-âge jusqu'au siècle actuel, la destruction des bibliothèques de Strasbourg par le bombardement de 1870 a été Tun de ces désastres que rien ne peut faire oublier parce qu'ils sont absolument irréparables. La plus riche collection de documents historiques en tout genre, chroniques, mémoires, correspondances, constitutions, rhistoriographie presque loute entière de notre province, des milliers et des milliers d'incunables, de plaquettes et de feuilles volantes rares et souvent uniques, ont été engloutis dans l'immense brasier allumé par les obus incendiaires durant la nuit du 24 août. Depuis plus d'un quart de siècle, il n'est pas une étude entreprise sur un sujet d'histoire locale, politique, littéraire ou religieuse, qui ne nous ait rappelé d'une façon plus ou moins directe, les trésors dont disposaient nos prédécesseurs et dont il ne nous reste, à nous, que le vague et désespérant souvenir, pas un sujet de travail dont les éléments n'aient été diminués ou appauvris par la catas- trophe d'alors.
Sans doute, au point de vue des études scientifiques en gé- néral, les richesses dévorées par les flammes ont été largement reconstituées; le théologien et le jurisconsulte, le botaniste,
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6 RIVUE d' ALSACE
le philologue et le médecin rencontrent actuellement k la bibli- othèque de rUniversité des ressources autrement considéra- bles pour leurs études pratiques qu'ils n'en trouvaient, il y a trente ans, aux bibliothèques de Strasbourg. Ses six cent cin- quante mille volumes, réunis aux cent dix mille de la Biblio- thèque de la ville représentent, en chiffres ronds, plus du dou- ble peut-être des deux collections détruites en 4870. Mais com- bien insignifiant encore est leur fonds de manuscrits relatifs a l'Alsace, et combien peu de chancesy a-t-il qu'il soit jamais assez considérable pour qu'on ose le comparer, ne fut-ce que de loin, à tous ces milliers de volumes inédits que nous avons vus et touchés autrefois, sans songer, hélas î h les exploiter avec une activité fiévreuse, sans le moindre pressentimentqu'ils n'exis- teraient plus demain )
Cependant le deuil profond que nous a laissé, que nous laissera toujours ce douloureux souvenir, aussi vivace après un quart de siècle, que le jour où nous errions parmi les dé- combres encore fumants du Temple-Neuf, ne doit pas nous rendre injustes pour ce qui a été fait, et nous porter à né- gliger le peu qui nous reste aujourd'hui de manuscrits alsati- ques, en dehors de nos dépôts d'archives.
Après les avoir réunis dans les collections nouvelles, fon- dées en 1871 et en 1872, en tâchant de les augmenter lentement dans la mesure du possible, il s'agit avant tout de les signaler k l'attention de ceux qui s'occupent de l'histoire de notre passé, afin qu'il puissent les étudier et les exploiter, les publier même s'ils en valent la peine, et leur assurer ainsi une existence moins précaire que celle que, dans nos préoccupations fondées sur une triste expérience, nous accor- derons seule désormais h des collections manuscrites. La Bi- bliothèque du pays et de l'Université, après avoir vu retracer ses débuts et les vingt-cinq premières années de son existence dans les substancielles monographies de M. M. Hottinger(1875) et Hausmann (1896) vient de donner récemment un exemple que nous désirerions voir suivi par les préposés de toutes les bibliothèques publiques d'Alsace. Son éminent directeur, M. le professeur Barack, a fait mettre au jour le catalogue rai-
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MANUSCRITS ALSATIQtJSS OE LA BIBLIOTHEQUE DE STRASBOURG 7
sonné de ses manuscrits alsatiques (i), dont une bonne partie provient, on le sait, de la belle collection délaissée par M. Charles-Frédéric Heilz en 1867 et acquise en bloc par le gou- vernement d'Alsace-Lorraine en 1871. Je voudrais donner ici, de même, mais d'une façon nécessairement plus sommaire, l'inventaire abrégé des manuscrits de la nouvelle bibliothèque municipale de Strasbourg, pour autant qu'ils se rattachent, d'une manière quelconque, au passé de notre province, me réservant d'en écrire quelque jour l'histoire authentique plus détaillée, tâche infiniment moins urgente, depuis la pu- blication de l'excellente monographie de M. Thiaucourt sur les bibliothèques de Strasbourg et de Nancy (2). Appelé k siéger, dès le début, dans la commission provisoirement char- gée de la reconstitution de la bibliothèque de la ville, désigné bientôt après pour en être le premier administrateur, j'ai ^ tenu entre mes mains les tout premiers éléments d'une collec- tion sans doute assez modeste encore, mais qui n'en comptait pas moins déjà près de cent dix mille volumes et brochures, dont environ vingt cinq mille alsatiques, quand j'ai quitté la bibliothèque, en avril 1896.
J'ai eu la satisfaction, plus grande encore, d'y réunir durant les vingt-trois années de ma gestion, une série relativement considérable de manuscrits, anciens et modernes, relatifs k l'histoire d'Alsace. Des dons généreux, des legs considérables, quelques heureux achats ont fait entrer dans ce fonds nouveau l'ensemble des dossiers d'érudits de marque et de travailleurs infatigables ; les seuls papiers de Louis Schnéegans, l'érudit archiviste de la ville (décédé en 1856), de Timothée Roehrich, le savant historien de l'Eglise d'Alsace, (déc. 1860) deDagobert Fischer, de Saverne (déc. 1878), plus récemment encore ceux qui provenaient de la succession de M. André Jung, l'un de nos plus érudits prédécesseurs (déc. 1864) constituent pour tous ceux qui s'occupent actuellement de l'histoire d'Alsace une mine féconde de renseignements précieux. Les débris de la succession scientifique de l'archéologue André Silbermann,
{i) Katalog derLandes-und Univeraitœts bibliothek inStrassburg. Elsass-Lothringische Handschriften und Handzeichnungen bear- beitet Ton Prof. Dr fiarack. Strassburg, Heitz, 1895, Y, 227. p. 8» .
(2) Les bibliothèques de Strasbourg et de Nancy. Paris, Berger- Levrault, 1808, 117 p. 8<» .
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(déc. 1783) offerts gracieusement par son petit-neveu, M. Gustave Silbermann ; l'abandon des papiers du baron de Bu- tré, le physiocrate tourangeau, mort h Strasbourg, en 1804, fait par M. Auguste Schoop ; le don des papiers du célèbre médecin Thomas Lauth, (déc. 1824) fait par M. Charles Lauth, le dernier survivant de ses fils; les legs de M. Frantz- Ilerren Schneider et de M. Geoffroy Stromwald, les dons de MM. E. Dietrich, Alexandre Rœhrig, Charles Schmidt, et de bien d'autres encore qui figurent parmi les donateurs de nos collections municipales, y ont fait entrer successivement des centaines de volumes ou de dossiers de documents alsatiques.
Beaucoup d'entre eux ont été consultés et utilisés déjii dans les vingt dernières années; j*ai moi-même mis au jour plus d'un des manuscrits confiés à mes soins et j'ai toujours regar- dé comme le premier de mes devoirs de signaler leur exis- tence et leur contenu k tous ceux qui pouvaient en tirer quel- que profit pour leurs études. On a pu voir, pour ne citer qu'un seul exemple, tout ce que la précieuse collection des Fragments des chroniques d'Alsace, publiée par M. le cha- noine Dacheux a glané dans les papiers des Schnéegans, des Rœhrich, des Jung, etc.
Mais il n'en reste pas moins beaucoup de volumes curieux et de pièces inédites qui mériteraient d'être connus, de ceux- là surtout, qui, loin des grandes villes, sont parfois en quête d'un sujet restreint à traiter ou de matériaux facilement accessibles sur lesquels ils exerceraient volontiers leurs forces scientifiques.
Sans doute le Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque municipale existe depuis plusieurs années pour le service de la bibliothèque elle-même, où il forme le dernier de la longue série des quarante volumes in-folio, comprenant le catalogue général et systématique dès collections municipales. Mais il importe que son contenu soit rais k la portée de ceux-lk même qui ne peuvent venir le consulter en personne k Strasbourg. C'est pour faciliter leur tâche aux érudits d'Alsace et du dehors, leur fournissant des indications vraiment authenti- ques et actuelles sur le fonds des manuscrits alsatiques de la Bibliothèque de la ville de Strasbourg, que j'ai groupé sys- tématiquement, dans les pages qui suivent, les dossiers et les -
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MANUSCRITS ALSATIQUES DB LA BIBLIOTHÈQUE DE STRASBOURG 9
volumes plus ou moins précieux, qu'il m'a été donné d'y réunir, pendant près d'un quart de siècle d'efforts persévé- rants et soutenus. Assurément je ne m'en exagère pas l'im- portance ; personne aujourd'hui — c'est un triste privilège de l'âge — ne peut mieux que moi rendre témoignage de toute la différence qui existe entre les richesses que nous pos- sédions autrefois et les faibles débris qui nous restent aujourd'hui ; mais force nous est bien d'imiter le sage et de nous contenter de peu, tout en engageant ceux de nos com- patriotes qui détiennent, en les négligeant souvent, des sou- venirs écrits du passé, chroniques, mémoires, livres de rai- son, correspondances, chartes et contrats de vente, autogra- phes d'Alsaciens célèbres, h les déposer a la Bibliothèque de la ville de Strasbourg, afin de sauvegarder l'existence de ces documents eux-mêmes et de s'assurer, pour eux-mêmes, la reconnaissance des générations futures.
CATALOGUE
DES
MANUSCRITS ALSATIQUES
DELA BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE STRASBOURQ
A . Histoire générale d'Alsace.
No 4. Recueil de l'histoire d'Alsace. Manuscrit anonyme du XVIlIe siècle, (cent soixante dix neuf feuillets in-i6;.
N» 2. Histoire d'Alsace par questions et réponses, en finan- çais et en allemand. Manuscrit du XVIII® siècle, (cent soi- xante quatorae pages in-4o).
N» 3. J. J. Frantz (prof, en droit (déc. 1818). Epoques de l'histoire civile, ecclésiastique et littéraire de l'Alsace, et par- ticulièrement de Strasbourg, jusqu'à l'an 1780. Un vol in-18.
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iO REVUE d' ALSACE
N» 4. A. W. Strobbl. Geschichte des Elsasses. Manuscrit original de la Vaterlœndische Geschichte des Elsasses, écrit de 1840-1846. 4 vol. gr. fol.
B, Périodes diverses.
N<> 10. Dagobbrt Fischer, Documents sur la guerre des pay- sans en Alsace (1525). Manuscrit autographe in-4o.
N» 11 . Merkwûrdige Scenen aus dem Bauernkriege von 1525 nach der ungedruckten Handschrift des Grafen Ulrich von Rappolstein. Nach einer Copie von Butenschœn gemacht von D. K. von Sankt-Ingbert, 1811. Manuscrit de 80 feuillets in-80.
N» 11*. Thomas Murner, Ad rempublicam Argentinensem Germania nova. Oratio eiusdem ad capitulum provincie, etc. Manuscrit moderne in-folio.
N<^ 15. Ein new Klaglied der Bauern in dem undern Elsass und dem Kochersperg ûber denjetzigentyrannischenDurch- zug, etc. (1587). Copie moderne de 13 feuillets in-4o.
No 18. Georgius Scherius, Gigantomachia Mansfeldiana, Moguntise, 1629 ^Siège de Saverne par Mansfeld en 1622). Copie moderne in-4o.
No 25. Mémoire concernant rétablissement de la Chambre Souveraine d'Alsace où sont rapportés les droits du Roi, rétat de la préfecture des dix villes impériales et quelques remarques sur les limites de la Basse-Alsace, dressé par ordre de M. Colbert de Croissy, intendant d'Alsace en 1661. (Manus- crit de la fin du XVIII« siècle, trois cent cinquante cinq pages in-folio.
N® 26. Extrait de la négociation de Ryswick, au sujet des réunions faites par le Roy Louis XIV en Alsace et <lans les Trois-Evôchés de Lorraine. Manuscrit du XVIII* siècle, in-fol.
No 28. (Jacques de La Grange), Mémoire sur TAlsace en 1697. Manuscrit du XVIÎI« siècle, cinq cent soixante dix huit feuillets in-folio.
No 29. Même mémoire. Manuscrit du XVIII* siècle, quatre cent dix pages in-12o .
No 30. Mémoires sur l'Alsace en 1697, par M. Ch. R. de L. envoyé du Roy, en Dannemarck (sic), quatre cent quatre vingt sept pages in-4o .
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MANUSCRITS ALSATIQURS DE LA BIBLIOTHÈQUE DE STRASBOURG 11
No 31. Description de la province d'Alsace dressée par ordre du Roy pour Tinstruction de Mgr le Duc de Bourgogne, 1698. — Copie faite en 1779 et annotée par Phil. Xav. Horrer, Vauieur du Dictionnaire d'Alsace avec nombreuses cartes et plans, trois cent vingt sept pages in-fol. Avec un mémoire abrégé sur TAlsace, composé en 1707, trente neuf pages in-folio.
N^ 31» Mémoire sur la province d'Alsace, 1702. Mémoire sur la province de la Franche-Comté. Mémoire sur les Trois Evéchés. Manuscrit de cent quarante trois feuillets in-folio.
No 35. Etat alphabétique des villes et communautés qui composent la province d'Alsace, distinguée par bailliages, seigneuries et prévotés, avec le nom des seigneurs, le nombre de feux, celuy des laboureurs etc. Manuscrit du XVIII* siècle cent quarante deux pages in-S® .
No 36. Villes fortes, forts et retranchements de la Haute et Basse-Alsace au XVI1I« siècle Manuscrit in-folio, avec nom- breux plans coloriés.
No 37. Mémoires sur les limites de la Basse-Alsace sur les affaires de Seltz, etc. Manuscrit du XVIIIe siècle renfermant cent quinze pièces diverses, de mille quatre vingt quatorze pages in-folio.
No 38. Mémoire sur les bailliages de la Basse-Alsace que l'on appelle encore bailliages contestés, etc. Manuscrit de la fin du XVI1I« siècle, in folio.
No 39. Mémoire concernant les Oberlandvogt ou glands- baillis de la landvogtey d'Haguenau et leurs lieutenants. Manuscrit du XV11I« siècle in-folio.
No 40. Mémoire sur l'Alsace et dénombrement du Sundgau, 1752, un vol. de cinq cent soixante dix huit pages in-folio.
No 41. Mémoire sur l'ancien gouvernement de l'Alsace et de la ville de Strasbourg avant 1789. Copie moderne in-4o .
No 42. Recueil des minutes des dépêches et ordres du général de division Falck, etc, adressés en 1792-1793 k des officiers commandant dans l'armée du Rhin. Volume in-folio. No 43. Correspondance du citoyen Banset, ordonnateur des transports à l'armée du Rhin, avec le citoyen Hervé, trésorier de la commune de Strasbourg, durant les années V-VHI. Pièces originales en un vol. in-4o .
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42 REVUE d' ALSACE
N» 43». Etat de l'organisation de Tambulance k la suite de Tarmée de Rhin-et-MoselIe, 6^ campagne, fait k Strasbourg le 4 germinal an V. Vol. de huit feuillets gr. in-fol.
N® 45. Registre de la correspondance officielle de différents fonctionnaires du Haut-Rhin avec le pouvoir exécutif, des an- nées V-XII, et de 1847. Vol. in-folio.
N<» 47. Chronick von 1814. (Description de la situation d'une ville de la Haute-Alsace, non nommée, lors de l'entrée des alliés en 1814). ManuscrU contemporain de douze pages in-4« .
N» 55. Dagobert Fischer. Notices d'histoire et d'archéologie alsaciennes. Manuscrit autographe en deux vol. in-4o .
No 56. Dagobert Fischer, Notices sur divers châteaux d'Al- sace. Manuscrit autographe in-4o .
N® 56». JuLius Rathgeber, Varia Alsatica, Handschriftliches und aus alten Drucken. Un vol. in-4<» .
N® 57. Jean-geoffroi ScHWEiGHiEusER, Notcs sur les anciens châteaux et autres curiosités de la partie des Vosges, com- prise dans le déparlement du Bas-Rhin. Manuscrit autogra- phe in-4o .
N» 58. Louis Schnéegans, Notices et extraits sur des églises d'Alsace. Manuscrit autographe in-folio.
N«> 59. Dagobert Fischer, Notices sur divers couvents et abbayes d'Alsace. Manuscrit autographe in-4o .
N® 60. J. J. Frantz, Notices alsatiques diverses. Manuscrit autographe in-4® .
No61. Sabourin de Nanton, Opuscules historiques divers, relatifs principalement k l'Alsace. Manuscrit in-folio.
N<> 62. Louis Schnéegans, Notices alsatiques, travaux, mé- moires et notices diverses. Manuscrit autographe in-folio.
N*» 53. Varia alsatica, 1525-1867. Pièces diverses, originaux et copies, lettres, comptes, rapports, relatifs k l'histoire poli- tique et économique de l'Alsace. Un vol. in-folio.
C. Localités de la Basse-Alsace.
N^ 70.Bereinigung des Rheinwuhrs bei Bantzenheimb, etc. 1688. Manuscrit contemporain de douze feuillets in-folio. N« 71. Pièces diverses relatives k l'écusson de Benfeld^ par
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MANUSCRITS ALSATIQUKS DE LA BIBLIOTHÈQUE DE STRASBOURO 13
MM. Fr. Schœll, Mûller, etc. Manuscrit moderne in-folio arec planches.
N» 72. Kirchendisciplin und Ordnung nach welcher zu Dett- weyler und Dossenheim die christl. burgerschafft sich zu verhalten, vermehrt 1692. Manuscrit contemporain in-4o .
N® 73. Des Gottes-Hauses Ebersheimmûnster Ernewerung des dorffes Grussenheim von anno 1559. Manuscrit de qua- rante pages in-folio.
No 74. Procès de la commune d'Eckwersheim contre les barons de Berstelt, 1651-1777. Pièces originales, (plus de 200) sur papier et parchemin en un carton in-folio.
No 75. Akten und Kaufbriefe, Gûltbriefe auf Gûter der Stiffter St Marx, St-Niclaus-in-undis, St-Arbogast im Banne von Fegersheim. Pièces originales du XVII* et XVIII® siècle en un volume in-folio.
N® 76. Ordnung und Polizey des fleckhens Geispoltzheim und auch die recht des dinghofs unserer gnœdigen herren (1522 und 1772). Manuscrit in-folio.
N<> 77. Notice sur le castrum gallo-romain duGross-Limers- berg, avec un plan. Manuscrit moderne, in-folio.
No 77a, Kaufbriefe iiber Grundstiicke in und bei Hangen- bieten (XV-XVII* siècles) dix pièces. (Ladula. I).
No 77 b. Kaufbriefe, 11. s. w. ûber Giiter in Hagenau Schlettstadt u. s. w. Dix pièces (XVI-XVIII® s.).
N<> 77 <*. Fragmentum libri anniversariorum monaslerii cuiusdam prope Hagenoam, sœculi XV et XVIII. Un vol. parch. in-folio.
No 78. Pièces et documents relatifs à des constructions d'édifices publics exécutées à Illkirch et Graffenstnden. (1779-1793) Un vol. fol.
N» 79. Weinschlagregister in Mittelhergheim von 1456- 1762. Un vol. in-12o .
No 79». Beschreibung (iber das Meyer-Gueth, u. s. w. zu Schilttgheim, 1683, un vol. in-folio.
No 80. (H. Audiguier) Mémoire sur Ohersteigen, son église, ses antiquités romaines, le Sattelfels, etc. Manuscrit in-4o .
No 81 . Andr. Silbermann Beschreibung von Hohenburg oder dem St-Odilienbevg, etc. Manuscrit autographe de Tauteur, cent vingt deux pages in-folio.
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14 REVUB d' ALSACE
N^' 85. BoNAv. Camille Schoell, Notices sur les communes de rarrondissemenl de Saverne, trois vol. in-folio, avec nom- breuses planches dessinées et gravées.
N<> 86. Dag. Fischer, Inventaire des archives de Saverne, avec plusieurs pièces y relatives. Un vol. in-fol.
No87. Documenta Tabernensia, Sammlung vonAktenstû- cken, Originalien und Abschriften, zur Geschichte von ElsabS- Zabern (1393-1819). gesammelt von Dagobert Fischer. Un vol. in-fol.
N^ 88. Dag. Fischer. Histoire de Saverne, (avant-derniére rédaction). Manuscrit autographe inédit, in-4o .
N® 89. Dag. Fischer, Histoire de la ville de Saverne d'après les documents originaux. Man. autographe, in-4° .
N® 90. Dag. Fischer. Le vieux Saverne, description de cette ville. Manuscrit autographe, in-4<» ,
N<>91. Dag. Fischer. Même ouvrage, (Rédaction définitive). Man, au t. in-4o .
No 92. Dag. Fischer. Das alte Zabern, Beschreiburg, u. s. w. Man. aut. 4° .
N® 93. Dag. Fischer. Geschichte Zaberns, Man. autogra- phe in-4o .
No 94. Dag. FiscHER.Traits historiques ei}IL(RX)X%savernoises. Man. aut. in-4o .
No 95. Dag. Fischer. Documents historiques, latins, alle- mands et français relatifs à Saverne (copies faites par Dag. Fischer) (1170-1817), deux vol. in-4o .
No 95». Jarspruch od. Ërkantnus der rechten, gebrœuch, u. s. w. zwischen dem stifît und der statt Selts, datum anno 1310. Man. du XVI» siècle, in-4o .
No 97. Statuta et jura collegiatœ Ecclesiœ S. Pétri et Pauli in oppido PT^^môur^^n^t, attestata 22 juh anno 1520, etc. Man. cinquante quatre pages parch. in-folio.
D. Localités de la Haute-Alsace.
No 100. Procès fait à M. Nicolas Kœchlin, député du Haut- Rhin, à Colmar, 1822, un vol. fol.
No 100». J. Rathgeber. Die kleine Colmarer Chronik, mit Ëinleitung und Ërleuterungen. Man. aut. in-4o .
N^ 100^ . Mémoire contenant les raisons du Magistrat ca-
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MANUSCRITS ALSATIOUBS DB LA BIBLIOTHÈQUE DE STRASBOURG 15
tholique de la ville de Calmar contre la prétention des luthériens de la même ville (XVIII® siècle), un vol. in-fol.
N® lOi . Pièces diverses relatives au banquet électoral de Colmar (1847) et à la révolution de 1848 dans le Haut-Rhin, un vol. in-folio.
N® 102. Registre des recettes et dépenses du bailliage de Délie, et pièces diverses relatives à ce baillage, 1730-1792, un vol. in-folio.
N« 105. Ensisheimer Rathsordnungen (1589-1623), un vol. in-folio.
N^ 106. Copialbuch der œstreichischen Regierung von En- sisheim (1600), un vol. de cinq cent quatorze pages in-folio.
N« 107. Der Statt Ensisheim Poliçey-Ordnung, Raths-Ord- nung, u. s. w. (XVII Ihdt), un vol. in-folio.
N® 110. Ernewerung von Marx Thurner, Schultheiss zu Habsheim, Landserischer Herrschaft, mitBilrgei*n von liabs- heim fur die von Ratzburg auf Schloss Reinweyler (1589), un vol. in-fol.
N<> 112. Correspondance officielle du citoyen Ritter, com- missaire du Directoire exécutif du canton à'Huningue pour les années 1795-1798, un vol. in-folio.
N® 113. Correspondance officielle du citoyen Ritter, com- missaire du pouvoir exécutif à Huningue (1789-1797), un vol. in-folio.
N<» 114. Correspondance officielle de J. Ritter, ancien dé- puté à la Convention, à Huningue, pendant les années V-VII, trois vol. in-4o .
N® 116. Pièces et documents divers relatifs a Huningue au XVIII et XIX« siècle, un vol. in-folio.
N<> 116. Arthur Benoit, Notes sur Huningue, 1815. Man. autogr. de l'auteur, in-8® .
N® 118. Schriftstûcke ûber die Reichsvogteien in den Stœd- ten des Elsasses, besonders in Kaysersherg (XVI-XVII* s.), un vol. in-folio.
N*> 120. Abraham Muslin, Beschreyburg der gelegesheitt der statt Mulhusen u. s. w. (guerre de 1587). Manuscrit du XVlIe siècle, cent cinquante quatre feuillets in-folio.
N® 121. ZwiNGER, David, Wahre Beschreibung und griind- tlicher Bericht von dem Ursprung... anstellung und endschaift
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16 REVUE d' ALSACE
der wTinderbaren rotterey, tumult, u.s.w. der siàUMulhausen im obern Elsass, anno 1586 angefangen. Mao. du XVII<^ s., cent cinquante huit feuillets in-folio.
N<> 124. J. Ratrgeber, Varia Mûnsteriana, besonders zur Kirchengeschichte Munsters im Gregorienthal, un volume in-folio.
N^ 126 Beschi'eibung der Rechte, Polizei-und Gerichts orduung der Stadt und Herrschaft Pfirdt aus einem alten, Manuskriptgezogen von A. G.Zimberlin,(XIX'^8iècle)deuxcent treize pages in-folio.
N® 127. Documents relatifs au Haut-Rhin, principalement aux hôpitaux de Saint-Amarin et de Thann, 1768, à Blotz- heim, Ferrette, etc.(r4unis par M.Sabourin de Nanton),un vol. in-folio.
E. Localités de la Lorraine:
N® 130. Dag. Fischer, Die chemalige Grafschafl Dagsburg lopographisch u. historisch geschildert. Manuscrit autogra- phe in-4o .
N® 131. Des Amtes Lûtselstein Beschreiburg (XYII® siècle). Copie moderne in-4o .
N® 132. Dag. Fischer, Le comté de Saarwerden. Manuscrit autogr. in-4o .
N® 133. Urkunden-Repertorium der Reichsgrafschaft Saar- M;tfrrfen(Abschriftvon Archivar Eltester, 1870) un vol. in-folio.
N® 134. Dag. Fischer, Le comté de Réchicourt et la seigneu- rie de Morimont. Man. autogr. in-4o .
N® 135. Dag. Fischer, Notices sur diverses seigneuries lor- raines. Man. autog. in-4*' .
N® 140. Frère Paul Bernet, capucin, Recherches sur This- ioxvQ &q\^ Petite-Pierre, Phalsbourg etc. Man. du XVIIl^ siècle, in-4<> .
No 141. (Haas, pasteur?) Histoire de la paroisse protestante de Fénétrange. Man. in-folio, du XIX^ s.
F. Noblesse alsacienne.
N» 150. Extractus desH. Rœm. Reichsohnmittelbarer Ritter- schaft.im TJndern Elsass, anno 1651.- Verzeichniss der alten
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MANUSCRITS ALSATIQt'«S BK LA BIBLIOTHEQUE DS STRASBOURG 17
chen GeBchlechier.. nachdem Alphabet.-Nieder-Elss^&ssische Malricul, 1676, un vol. in-folio.
N^ 152. Louis ScHNKEGANS, Papiers divers relatifs à des familles nobles alsaciennes, notices généalogiques, écussons, etc., un vol. in-fol.
G. Biographies
N<> 169. JuL Rathgeber, Ëlssessische Btographien. Noti/.en tu alphabetischer OiYinung, deux vol. iîi-4o.
N® 160. Blessig, loh. Lorenz, EigenhœndigeBriefeaTi seine Ffau, aus dem Gefœngni^s (1793 1794), trois boîtes in-S®.
N<> 161. Papiei'S et correspondances originales du baron Charles de Butré, physiocrate tourangeau, avec Mirabeau, le père, Dupont de Nemours, le margrave de Bade etc. (1767-1804) deux vol. in-folio.
N» 162. Butré, Ch. de, Écrits alchymiques divers. Mnn. aut., un vol. in-folio.
N®163.Butré. Ch.de, Manuscrits économiques aut. divers, (1776-1790), in-folio.
No 164». Oberlin J. J., Notitice ad Jacobi WifnpheUngii Selestadiensis vitam collectée. Man. aut. in-folio.
N*» 165. Lettres originales de Jean de Dietrich, banquier a Strasbourg, à Jean-Ulrich GolU de Colmar (1756-1775) un vol. in-4<», (papiers d'affaires).
No 167. Lebep.sgeschichte von Heinr. Ernst, ehemal. FreypredigeT und Professor am Gymnasium von Buchsweiler, von ihm selbst aufgesetzt. Tome L (unique). Man. de quatre oe^t cinquante neuf pages in-4o.
No 168. Correspondance de Dag. Fischer, maire de Saver- Ao, archéologue alsacien, avec divers (1861-1878). Un vol. in-folio.
No 169. Papiers divers relatifs u la famille de Guillaume Frits, architecte k Strasbourg, (dit Millionefriiz) 1773-1879. Un vol. in-folio.
No 169 Excerpta ex litteris ad Mag. Samuelem Glonerum, professorem Argentinensem mandatis (1620-1642) ex archivis S. Tbomani a Rodolpho Reussio descripta, un vol. in-8o .
Nol7i. Acta Kampmanniana, recueil de papiers divers,
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18 R£VUE d'ALSAGK
relatifs k F. Kampmann^ pasteur h Schwindratzheim, et h sa famille (4750-1850), un vol. in-folio.
N0M71», 171 b, 171s 171^ 171«, 17lM71»,171h,171i. Cor- respondance. Journal et autres papiers de famille de Jean-Georges Kœmmerer, libraire à Strasbourg, 1792-1842, onze vol. in-4<> et in-folio.
No 172. Album de Salomé Kastner (1831-1856). Un vol. in-8o oblong.
No 173. Papiers, diplômes, etc. de la famille Lauth (Tho- mas Lauth, Charles Lauth, Gustave Lauth, etc 1758-1860). Un vol. in-folio.
No 173*. Papiers du citoyen Massenet, (P. L) député du Bas-Rhin k TAssemblée l<^gislative, tribun et prof, a Stras- bourg (1748-1824), un vol in-fol.
No 173*^ . Papiers du chevalier de Mahéde Conrart de la Richerie ofiicier vendéen, gouverneur du château royal de Strasbourg (1794-1828). Un vol. in-folio.
No 174. Tagebuch des Stud. theol. Rudanger, 1817-1818, un vpl. in-32o .
No 174». Rod. Reuss, Xavier Mossmann, archiviste de Colmar, 1893. Man. aut. in-4o .
No 175. D. Pichler, (Arzt in Strassburg). Funken vom Heerde der Freundschaft, Tagebuch (Mystisches) yon 1788- 1789. Deux vol. in-8o .
No 175». Jul./îa^^^e6er(déc. en 1893) Briefwechsel (1869- 1892)» Deux vol. in-8o .
No 175 *». Jul. Rathgeber, Varia zur elsœssischen Geschich- le, besonders der Famille Pfeffinger, Un vol. in-fol.
No 1776. Papiers divers relatifs à la famille Reisseissen (1692-1833). Un vol. in-folio.
No 177. Papiers d'affaires de la famille Rilter k Huningue (XVIII-XIXs.). Un vol. in-folio.
No 178. Louis Schnéegansy archiviste k Strasbourg, Corres- pondance originale et papiers officiels, trois vol. in-folio.
No 179. Notice biographique anonyme sur Schwilgué (J. Bapt.) mécanicien. Un vol. in-folio.
No 179 ». J. W. Baum, Notizcn ûber /. Georg. Stuber, Pfarrer im Steinthal. Un vol. in-folio.
No 179 *>. Briefe und Papiere aus dem Nachlass von Adam
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MANUSCRITS ALSATIQUBS DE LA BIBLIOTHÈQUE DE STRASBOURG 19
Walter Strobel, Professer am prot. Gymnasium (décédé en 4850), un vol. in-folio.
N*» 180. Documents concernant le fief des Zeyssoîff, vas- saux des comtes de Hanau-Lichtenberg (1359-1787) Investi- tures, réquisitions, comptes, etc. Une grosse liasse in-folio.
N« 181. Correspondance originale entre Louis Schnéegans, archiviste à Strasbourg, et Auguste Stœber, bibliothécaire h Mulhouse, (1842-1856), un vol. in-S» .
No 182. Papiers divers relatifs h la famille et k la personne à* Aug. 'Edouard Ct/nzVr, professeur de théologie k Strasbourg (décédé en 1886), un vol. in-folio.
N<* 183. Fréd.-G. Bergmann, ancien doyen de la Faculté des Lettres de Strasbourg (décédé en 1887). 'Notes biographiques et bibliographiques. Varia). Un vol. in-folio.
H. Argentoratbnsia i. Topographie:
No 200. Andréas Silbermann, Lokal-Geschicte der Stadt Strassburg. Manuscrit autographe de la première rédaction, un vol. in-folio.
No 201. A. S., Lokalgeschichte etc. , Manuscrit autographe de la rédaction définitive (avec appendices), un vol. in-folio.
No 202. J.-J. Frantz, Mémoi'^e sur Strasbourg. — Notizen zur Geschichte Strassburgs. Man. aut. in-4o .
No 203. DE Morlbt. Notice sur Tenceinte d'Argentoratum, 1860, un vol. in-folio.
No 202 *. Plan manuscrit de Strasbourg et des environs, dressé vers 1840. Collé sur toile, en porte-feuille in-4o .
No 203 *>. Umrisse der Umwallung Strassburgs im XVi- XVII»«» lahrhdt gezeichnet von K. Lessing (1887-1890). Trois cartes en un carton gr. in-folio.
No 203 «.Umwallung Strassburgs nach Specklins Umrissen, gezeichnet von K. Lessing, (1890), une carte in-4o .
No 204. Reflexions sur les fortifications de Strasbourg par M. le Maréchal de Vauban, 1681. Un vol. in-folio.
No 205. Verzeichniss der Kirchen, Klœster, Capellen, Spitaîl- ier und andrer Gebeugen so von Christi geburtbissaufTjetzige Zeit in der Statt Strassburg aufgericht worden (écrit après 1686). Un vol. in-folio.
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iO UMVVR U*ALSAGI
S^ 208. loh. ScHAOfus, Summum Argentoratensium (em- plum d. i. ausfûhrliche.... Beschreibung des viel kûnstlichen Munsters zu Strassburg. Texte copié sur Timprimé, avec errata et additions. Cent quatre vingt quatorze p. av. gravures in-i*» .
N® 209. I. ScHAD^us, Texte imprimé en 1617 avec appendice manuscrit sur les pasteurs de la cathédrale du XVi« au XVU« siècle Un vol, in-i® .
N^' 210. Abbé A. Ph. Gr\ndidibr, Supplément aux Essais historiques et topographiques sur Téglise cathédrale de Stras- bourg ; copie manuscrite moderne in-4<> .
N<» 211 . A. W. Strobel, Das Munster zu Strassburg, Man. ori- ginal, in-folio.
N<> 212. Loi is ScHNéBGANs, Essais historiques sur la cathé- drale de Strasbourg, 1836. Imprimé avec de nombreuses notes. Man. aut. de Fauteur. Un vol. in-folio.
N^ 213. Louis Schnébgans, Documents divers relatifs h la cathédrale de Strasbourg, à rOKuvre Notre-Dame, etc. Un vol. in-folio.
No 214. LoL'is ScHSÉBGANS, Das Pflngstfest und der RoralTe im Munster zu Strassburg, 1851. Imprimé avec nombreuses additions manuscrites de Tauleur. Un vol. in-S*» .
N® 215 Louis ScHNéGGANs, Erwin von Steinbach und seine Kinder, Beilrag zur Kunstgeschichte des Mitlel-Alters. Man. aut. in-folio.
N<> 216 Louis Sghn^îegans, Urkunden und Auszûge ûber die aîten Werkmelster am Slrassburger Munster. Un vol. in-folio.
N<> 217. Louis Schnbegans, Etudes sur la cathédrale de Stras- bourg. Notes diverses, un vol. in-folio.
No 220. Louis ScHNÉBGANs, Notcs divers sur les églises de Strasbourg, un vol. in-folio.
N« 221. Louis ScHîîKEGANs, Noticcs et extraits sur Téglise St- Thomas, un vol. in-folio.
N<» 222. Louis ScHNÉGGANs, L'église St-Thomas, 1841. Im- primé avec de nombreuses notes manuscrites de Tauleur, un vol. in-8o .
No 222 ». A FETTri, Rapport k M?*" Tévéque Rœss, sur Télat et les restaurations a faire a Tcglisc de St-Étienne h Stras- bourg, (nov. 1860). Un vol. in-folio, planches.
No223. Liber variarum rerum uti bonorum venditorum.
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MANUSCRITS ALSATIQUKS D« LA BIBLfOTRlkQUK DE STRASBOURG 21
emptorum, donatorum, etc., una cum colligendis praelatura- rum, canonîcatorum, etc. Capituli S. S. Michselis et Pétri vulgo Senioris dicti. (Man.duXV<^ siècle) un vol. grand in-folio.
N<> 224. Excerpta ex cartulario Sancti Stephani Argentinen- sis anni i604. Man. du XVII« siècle, in-folio.
No 225. Jos. ScHWEiGH^usBR, Historia Commendœ S. Johannis Hierosolymitani intra Argentinam, (XVIII« siècle). Un vol. Ae cent soixante dix huit pages in-4® .
N® 230. Pièces relatives à la construction du théâtre de Strasbourg, i804-18ii. (devis, comptes, etc.) Un vol. in-folio.
N« 231 . Pièces diverses, manuscrites et imprimées, relatives au théâtre de Strasbourg, depuis la Révolution. Carton in-folio.
N^' 232. Louis Sghnéegans, Documents historiques relatifs a l'Hôpital civil de Strasbourg, un vol. in-4o .
No 232 *. Aktenslucke und Excerpte den Strassburger Spi- tal betrefîend (XVIIl* sièclei, un vol. in-folio.
N® 233. Pièces relatives aux hospices de Strasbourg, corres- pondances, comptes, délibérations, etc. (1791-1845), un vol. in-folio.
No 234. J. J Fhantz u. T. W. Roehrich, Excerpte u. Aktens- tûcke zur Geschichte des Strassburger Waisenhauses ,un vol. in-40 .
No 235. Louis ScHNéEGANs, Notice sur la Maison des Orphe- lins à Strasbourg, un vol. in-folio.
No 239. Aktenstûcke den Kupferhammer bei Strassburg und seine Wasserrechte betreffend. Actes originaux de 1632- 1773. Un vol. in-folio.
No» 240 *, 240*. Documents divers, chartes, actes de vente, etc. relatifs à des maisons de Strasbourg, pièces sur parche- min dans deux boites (XIV-XV1II« siècle).
No 243. Prolokolle ûber neue Steinsetzungen im Strassbur- ger Stadtbann, 1613-1696. Man. orig. in-folio.
No 245. RuD. Reuss, Geschichte des Neuhofs, man. original, un vol. in-40 .
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2. Histoire de Strasbourg
N® 250. Fritsghe Closenisr, Strassburgische Chronik, copie de Strohel faite sur le manuscrit de Paris, un vol. in-folio.
N<* 351. Jacob VON Koenigshoven, Strassburgische Chronik. Man. du XV« siècle, complété au XV1« siècle. Quatre cent quatre vingt cinq feuillets m-\^ . Les pages 1-58 manquent, ainsi que la fin. Le récit s'arrête à Tinvasion des Anglais de Coucy."
N<^ 252. KûE.siGSHovEN, J. de, Chronique strasbourgeoise, tra- duction française destinée primitivement au Coe/e rfip/oma^i- qutdcla ville de Strasbourg, (par Strobel?) un vol. in-folio.
No 253. KoENiGsiîovEN, édition Schilter, 1698, in-4o . Avec de nombreuses notes historiques manuscrites de Jean-André Silbermann.
M 255. Louis Schnébgans, Notice sur Closener et Kœnigsho- ven et leurs chroniques. Strasbourg, Silbermann, 1842, in-4o . Avec de nombreuses notes manuscrites additionnelles de Tauteur.
No 256. Louis ScHNBEGANS, Extraits de chroniques alsacien- nes (Relatio de conflictu in Husbergen, Maternus Berler, etc ) Un vol. in-folio.
No 257. Louis ScHNÉEG.iNs, Notices sur Ellenhard etGodefroi d'Ensmingen et texte de leurs chroniques. Un vol. in-folio.
No 258. GoDRFRoi d'Ensmingen, Chronique de Strasbourg, 1132-1371, tirée des papiers de Grandidier. Copie de M. J. Liblin. Un vol. in-folio.
N'o 258 *. Schriflstûcke des Strassburger Rathes und Ande- rer die Burg Lœwenstein im Elsass betrefTend (1386-1387). Pièces originales. Un vol. in-folio oblong.
No 258 ^. Aktenstilcke und Eicerpte zur Geschichte des Schwœbischen Stœ:ltebundes und Strassburgs (1422-1424). Un vol. in-4o .
No 259. Ausziige aus den sogenannten Annalen Sébastian Brants, aus der verbrannten Handschrift der ehemaligen Sladtbibliolhek ton T. W. Rœhrich, un vol. in-4o . (Publié par M. le chanoine Daclieux, Strasbourg, 1892).
N" 259 *. Auszûge aus Seb. Brants Annalen, aus den Jahren 1517-1.>36, gemacht von Andréas Jung. Un vol. in-folio.
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MANUSGBITS ALSATIQUES DE LA BIBLIOTHÈQUE DE STRASBOURG 23
N^ 260. Strassburgische Chronik aus den Imlinschen Fami- lienpapieren (1500-1593). Abschrifl der Originalhandschrift auf derUniversitgctsbibliothek. Un vol. in-4*> .
N'o 260* J. Rathgeder, Beilagen und Anmerkungen zu dem Werke : Slrassbuï'gim XV. Jahrhundert. Man. aut. in-4o .
N<>261. Sebald Bueheler, Chronique strasbourgeoise de 1506-1586, fragments extraits et traduits par Grandidier. Co- pie de M J. Liblin, un vol. ïn-A^ .
N<» 262. Strassburgische Cronic... biss 1610. Manuscrit |ino- nyme du XV1I« siècle, un vol. d'environ neuf cents pages in-folio.
X<> 263. Denkwûrdige Sachen allhie in Strassburg vorgelof- fen (1424-1615). Man. du XViI« siècle, de vingt cinq feuillets in-folio, (publié par M. Rod. Reuss, Strasbourg, 1889).
N» 264. J. J. Meybr. Strassburgische Chronik (bis 1599). Man. du XVII^ siècle, rédaction plus sommaire que celle de la chronique de Meyer, conservée k la bibliothèque de TUni- versité et publiée par M. Rod. Reuss a Strasbourg en 1873.
N° 265. J. J. Mbteu, Strassburgische Chronik, copie moderne du manuscrit de la Bibliothèque de TUniversité, par extraits. Un vol. in-4o .
N<> 236. Daniel Spegxlin, Excerpta e Collectaneis, a Joh. Andréa Silbermann, 1760. Man. aut. de Tauteur de la Lokalgeschichte Slrassburgs. Un vol. in-4<* .
N® 267. Danielis Spegklini Collectaneorum ad usum ChrO' nici Argentoratcnsis tomi I partem maximan descripsit An«- dreas Jung. Un vol. in-4o .
N® 268. Danielis Spegklini Colleclaneorum fragmenta quot- quot reperiri potuerunt collegit Rodolphus Reuss. Trois vol. in-4« .
N® 269.' Excerpta e Danielis Specklini Collectaneis ab ano- nymo sœculî XVllI collecta. Un vol. de quarante six feuillets in-4® .
N» 270. Strassburgische Chronik nach Kœnigshoven, mit vielen Kiirtzungen, von Verschiedenen fortgcsetzt bis 1607. Man. du XVII siècle, de 76'J p^igcs in-folio.
No 270 *. Leurs ScnN»iEG\NS et Rod. Reuss, Analecta Speck- liniana. (Extraits relatifs a la vie de Specklin et à sesœuvres) Un roi. Mai" .
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N^» 272. ScHADJ^tii, Oseas, Strassburgisehe Chroaica bi3t 4618, mit gereimter Vorrede voa Michœl Kleiolawel. Man. du XVII® siècle in-folio. Écussobs et armoiries peintes. Cette chronique désignée d*ordinaire par le nom du pasteur Schad qui la possédait, a été en réalité compilée par Kleinlawel lui-même.
No 27.3. (Michel KLBiNtAWEt), Strassburgisehe Chronik oder Kuilze Beschreibung, etc. von einen Liebhaber der teutstchen Poëterey. Man. du XVII« siècle, de cent quatre vingt dix huit pages in-folio, contemporain du texte imprimé h Strasbourg en 1623, in-4o .
X<> 274. Chi*onik von Strassburg und vom Elsass, aut Kœnigshoven und Andern zusammengestellt biss 1660. Man. du XVII® siècle de mille deux cent quatre vingt deux pages in-folio-. J*ai proposé de l'appeler « Chronique de Stœdel », le volume ayant appartenu h la famille de ce nom et y ayant peut-être été compilé.
N<> 275. Adam Sciiebtz, Strassburgisehe Chronik. Man. du XVII*' siècle, vingt deux pages in-folio, renfermant les pre- miers chapitres de cette chronique perdue dont l'original a péri on 1870.
N*» 296. Johann Jakob Walter, Chronicon Argentoratense, dus ist Kurtze Beschreibung, u. s. w. 1674. Man. aut. du pein- tre J. J. Walter, avec dessins et gravures, trois cent un feuil- lets in-folio- Le texte en a été en partie publié par M. Rod. Reuss d Strasbourg en 1879 (1618-1648) et h Nancy en 1897 (1672-1676).
N" 277. Johann Jakob Walter, Chronicon Argentoratense, vXc Première rédaction, plus abrégée, en partie également autographe, de la chronique précédente, deux cent quarante neuf pages in-4o .
N"» 278. Joseph IIeinr. Gambs (?). Ëttliche namhaflTte Histo- rien von der Statt Sliasburg und dem landt umb die stat. Man. du XVII* siècle, deux cent dix sept pages in-folio. Le nom de Gambs, qui se trouve dans le volume est peut-être seulement celui de son possesseur.
\o 279. Kleine Strassburgisehe Chronik (1672-1682). Copie d'un manuscrit de la fin du XV^ÎI* siècle, k la bibirotbèque dt
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rUpiyerjBité, cent di:i: sept pa^es in-8<> . (Ce texte a été pubKé par M. Rod. Reuss k Colmar, en 1873J.
N® 280. Frangisci Rbisseissen Mémorial allhiesigen Staat belreffend (1670-1710). Copie du man. aut. de la Bibliothèque de l'Université, un vol. ïn-A^ . Ce texte a été publié par M. Rod. Reuss à Strasbourg en 1877.
No 281. Francisgi Reisseissen AUerhandt guete bericht und observationes angefangen anno 1657. Copie du man. aut. ayant appartenu à M. Charles Œsinger, un vol. in-4o . Le texte a été publié par M. Rod. Reuss, a Strasbourg, en 1880.
No 290. Ll'dwig Schnéegans, Strassburgische Geschichten und Sagen, un vol. in-folio. Man. aut. de Touvrage publié dans \esFeuilleis d'Affiches de Dannbach, et tiré k un petit nombre d'exemplaires.
No291. LuDwiG ScHNÉEGAN's, Die Schlacht bei Hausbergen (1262). Man. aut. de Fauteur, un vol. in-folio.
No 29^. Friedrich Johann Schmidt, Stadtadvokat, Summari- cher Bericht und Erzehiung wass von dem Jahr 1518 biss auff gegenwaertige Zeit wegen Abschafîung des bapstums und sonstens der Religion halben in der Stadt Strassburg denckwiirdigen vorgelofTen, 1628. Man. du XVI1I« siècle» cent quarante deux feuillets in-folio.
No 293. Prolokolle der Silzungen des Hohen Capitels des Stifftes Strassburg in den Jahren 1557-1558. Manuscrit ori- ginal de trois cent quarante neuf feuillets in-folio,
No 294. Georg Keller, Wahrhafflige und eigentliche Be- schreibung der gliicklichen Schiffart... eines tags von Zurich gen Strassburg von eltlichen herren vollbracht, 1576. Copie faite par M. Georges de Wyss sur Toriginal k Zurich, dix feuillets in'4o . Le texte a été publié par M. Rod. Reuss dans les Affiches de Strasbourg, en 1878.
No 295. Auszûge aus den Rathsprotokollen der Stadt Strass- burg, aus den Jahren 1576 (Freischiessen) und 1587 (Diebs- krieg), un vol. quatre vingt feuillets in-folio.
No 296. Prôtocollbuch des Capitels der Hohen Stifft Strass^ burg, de anno 1586-1587. Man. original in-folio.
No 297. Ordcntliche Beschreibungwelchergestaltdienach- barlichen buendtQuss der drey stœdt Zurich, Bern upd Strasa- burg dl^ gêi^eûwœrtige 1588 iabr beslaeii^ ui4 ToU«[)gep
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worden. Uanuscrit du XVIIl^ siècle^ soixante et une pages in-folio.
No 298. Relalio belli Alsatici, Beschreibung des bischoff- lichen Krieges anno i592. Copie moderne de Toriginal con- servé aux archives de Saint-Thomas. Le texte a été publié par M. Rod. Reuss h Strasbourg, en 1878.
No 299. Lettres de Louis XIII, Louis XIV, etc. tirées des Archives de Strasbourg (1642-1647). Copies modernes, un vol. in-4o . Le texte a été publié par M. Rod. Reuss d^ns la Revue (TA Uace, 1873.
No 299 '. Christophori Fokstneri Consiliarii Montispeligar- densis Epistolœ varias ad Math. Berneggerum, Joh. Freinshe- mium, Scipionem Scaligerum, etc, (1633-1647;. Man. du XVII« siècle, soixante quatorze feuillets in-4o .
No 300. Schœffenvorlrag (zu Strassburg) puncto homagii (1662) etc. Documents rédigés par Gaspard Bernegger. Manuscrit du XVII« siècle, quarante neuf feuillets in-4o .
No 301. J. Frantz (?). Kurtze jedoch grûndliche Erzehlung wie und auss was Ursachen die Statt Strassburg sich der Cron Franckreich gewalt und protection un tergeben, 1681, manuscrit du XVII® siècle in-4 o.
No 302. Lettres de M. Obrerht, T. I (uniquej. Correspon- dance officielle du préteur royal de Strasbourg, Ulrich ObrechI, avec le syndic royal J. B. de Klinglin (1688-1701). Copie certifiée conforme, du XVII1« siècle. Un vol. in-4o .
No 303. Correspondances parisiennes de Christophe Gûnt- zer, syndic royal de la ville de Strasbourg, 1681-1685. Un vol. de cent quatre vingt cinq pages in-4o . Le texte a été publié par M. Rod. Reuss k Paris, en 1890.
No 308. Description du catafalque que le maftre des céré- monies a fait faire dans TÉglise cathédrale (de Strasbourg) pour les pompes funèbres de Mgr le Dauphin, 1765. Man. contemporain de quatre pages in-folio.
No 309. Joh. Jak. Frantz (déc. 1818) Anmerkungen zu llerrn Profesfior Blessigs Jubelrede, 1781. Man. aut. in-4o .
No 310. Agenda et notes autographes de M. Gérard, prêteur royal de la ville de Strasbourg, 1781-1784, un vol. gr in-8o .
No 312. Ilistorisoher Versuch ûber die erste Begrûndung und Eimreiteruug der Siadt Strassburg aus den alteû Gescbicbl-
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MANUSCRITS ALSATIQUBS DB LA BIBLIOTHKQUE DC STRASBOUBO 27
schreibern erwiesen. Manuscrit anonyme de la fin du XVIll* siècle, in-folio.
N« 312 *. Varia Collectanea den Ursprung, die Freyheilen, die Regierungsform und vornehmlichen Schicksale derheuli- gen Reichstœdle in Deuischlaud wie auch der Stadt Strass- burg insbesondre. Man. anonyme de la fin du XVIII^ siècle, deux vol. in-folio.
N® 315. Correspondance des députés de Strasbourg k l'As- semblée nationale, et autres pièces tirées des Archives munici- pales, (1789-1793). Copies modernes endeux vol. in-4». Le texte a été publié par M. Rod. Reuss, h Paris en 1881 et 1895.
N« 317. Strassburger Beschwerdeheft, bei Gelegenheit der Reichstagswahlen (Zunft zurSteltz), 1789. Manuscrit contem~ porain in-folio.
No 318. Procès-verbaux de la Société de la Révolution éta- blie à Strasbourg (15 janv. 1790-18 mars 1791). Man. orig. de deux cent quatre vingt huit pages in-folio.
N® 319 Lettres autographes de Théophile Schweickhardt, pasteur h Téglise St-Nicolas de Strasbourg, relatives k son abjuration pendant la Terreur (1795), un vol. in-18o. Publiées par M. Rod. Reuss dans le Progrès Religieux, 1890.
No 324. Geschichte der Blokade von Strassburg, 1814. Man. anonyme in-folio, avec appendice de pièces imprimées.
No 324 *. JoH. GEOBG KAMMERER, Beschrcibung der Blokade von Strassburg im Jahr 1814. Man. aut. un vol. in-4o .
No 325. Pièces diverses manuscrites et imprimées relatives k la souscription faite pour ériger une statue k Kléber, k Strasbourg (1818), un vol. in-8o .
No 325 *. Diplôme du roi Charles X octroyant k la ville de Strasbourg le droit démettre les fleurs de lys sur son écusson, 27 déc. 1828. Parchemin dans une bofle en fer blanc.
No 326. Statuts du Cercle patriotique de Strasbourg, et procès-verbaux des séances du Comité (1832-1834), un vol. in-folio.
No 327. Ch. Schutzexbbrger, (prof, a la fac. de méd j Lettre sur la suppression de la municipalité de Strasbourg en 1873. Man. aut. de quatorze pages in-4o .
No 328. Papiers officiels relatifs a la Garde Nationale (?) de
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Strasbourg, i 830-1851, registres d'ordre, correspondanees* registre dVcrou, neuf vol. in-folio.
N<» 329. Varia Argentoratensia historico-polilicaetecclesias- tica sœculonim XVII-XIX. Documents originaux et copies françaises et allemandes en un portefeuille in-folio.
3. Constitution
N* 330. Stadtrechte von Strassburg ; « Diss sint der slalt recht » Man. du XVIeetXVIIe siècle. Un vol. de deux cent quarante deux feuillets in-folio.
No 331. Stadlrechle von Strassburg, gesammelt von D'Otto Tabor, Stadtadvokat. Man. du XYIl® siècle, un vol. in-folio.
X^ 332. Jus statutarium Civilaiis Argentoralensis ex collec- tione Johannis Schilteri. Man. du XVIII® siècle, de cinq cent trente sept feuillets in-folio.
N® 333. Ein Land-and Polizeyordnung, so in zwei Ordnun- gen kann getheilt werden, angestellt von D' Georgio Obrgchten J. C, anno Christi 1611. Man. du XVII® siècle de trente sept feuillets in-folio.
N<> 335. Collection des Ordonnances de Strasbourg, formée par M. Gorard, prêteur royal de la ville de Strasbourg ('1482- 1769) avec une double table des matières manuscrite, cinq volumes in-folio. (Le texte des Ordonnances lui-même est imprimé).
N» 336. R\THSBUCH, collection factice de pièces imprimées et manuscrites relatives aux ordonnances, règlements du Magistrat, etc. Man. du XVI«-XVni« siècle. Un vol. in-fol.
N<> 337. Ordnungen und Mandate des Raths von Strassburg vom XVIP«" zum XVIII*«n Jahrhundert. Un .vol. manuscrit in-folio.
N» 338. Strassburger Rathsordnungen, Man. du XVIII" siècle in-folio.
N» 339. Designatio der Statt Strassburg kayserl. und kœnigl. Freyheiten, auch andrer Kays. Diplomata. Man. du XVUI*^ siècle, de dix neuf feuillets in-folio.
N® 340 Der Stadt Strassburg Raths-undRegiments-Ordnung de anno 1660. Man. du XVIII^siècle, dedBui^cBQt soixante troi» liiagesiii-folit).
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MANUSCRITS ALSATIOUBS DB LA BfBLiOTUÂQUK lil STRASBOURG S^
No34i. Raths-Ordnung eines ehrsamen Kleinen Rathes de anno 1653. Man, du XYIII» siècle, in-foliô.
N® 342. Kleine Ralhs-Ordnung und deroselben Vorbericht, de anno 1654, Man. du XVIIl» siècle, de cent soixante quinze pages in-4* .
N« 343. Artickhell des Kleinen Raths, (de anno 1609?;. Un vol. man. du XVI1« siècle, in-4» .
No 344. Beschreibung der bei E. E. Kleinen Rath der Stall Strassburg eingefûhrten gerichllichen Form. Man. du XVIIl* siècle de soixante neuf feuillets in-folio.
No 345. Id. Man. du XVIIle siècle in-folio.
No 346. Raths-und Regiments-Ordnungen der Stadl Strass- burg vonXV. zum XVIII. Jahrhundert. Man. divers du XVI1« et Xyill® siècle, en un vol. in-folio.
N'o 347. Nolizen ûber die Rathsverfassung Strassburgs mit philologischenAnmerkungen iiber Seneca, u .s. w. (wahrschein- lich von Prof Malbias Bernegger, gest. 1610), un vol. in-4o .
No 348. Varia Argentoratensia sœculi XVIII. Notizen einer Strassburger Magistratsperson ûber verschiedene Angelegen- beiten aus den Jahren 1760-1789, un vol. in-4o .
No 349. Beilacht den Gassenbettel betreffend. Man. du XVn« siècle, buit feuillels in-folio.
No 351. Description du Magistrat de Strasbourg qui est en partie perpétuel, etc. Man. du XVlll* siècle, de trente cinq feuillets in-folio.
No 352. Mémoire de M. Nefî, procureur-général au Conseil souverain d'Alsace, touchant la question du ressort sur les bailliages de cette ville et réponses du Magistral. Man. du XV1IL« siècle, quinze feuillets in-folio.
No 353. Établissements et changements dans la ville de Strasbourg, pour le bien de TÉlat, de la Religion et du Public, 1772. Man. de trois cent soixante trois pages in-folio.
No 354. Pièces relatives îi retendue de la juridiction du Magistrat de Strasbourg, 1779. Man. de quatre vingt huit pages in-folio.
No 355. Papiers et correspondances originales concernant Valternative dans la composition du Magistrat, 1687-1760, un vol. in-folio.
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30 HEVUR d'aLSACK
No 360. Ammeister-Bûchlein, was so wohl anfangs bey des- selben wahl, etc. zusammengetragen 1658. Un vol in-4<> .
No 361. Ammeister-Bûchlein, Oiricium consulis circa elec- tionem, etc. Man. de cinquante neuf feuillets in-4o , de la deuxième moitié du XVI1I« siècle, avec armoiries.
No 362. Strassburgisches AmmeisterbQchlein. Man. du XVlUe siècle, un vol in-folio.
No 363. Wappenbuch der Stœtt-und Ammeisler der Sladt Strassburg (angeblich vom Strassb. Maler Sebald Bûheler). Copie moderne par M. de Neuenstein, à Carlsruhe, avec ar- moiries coloriées, un vol. in-folio.
No 364. Verzeichniss der RathsmitgUeder von Strassburg von 1190 bis 1333, nebst historischen Notizen. Man. de qua- rante huit feuillets in-folio, du XVI« et du XVIl« siècle.
No 365. Verzeichniss aller Ammeysler der Stalt Strassburg zusammengebracht, etc. (La liste cesse en 1603). Manuscrit du XVII« siècle in-folio.
No 366. Alphabetisches Verzeichniss von Strassburger Magistratspersonen bis Beginn des XVIII. Ihdts, von Stadt- Advocaten und Rathsverwandten, u. s. w. Manuscrit du XVIII« siècle in-folio.
No 367. Strassburgischer Hoher Regimentsstand theilweise geschrieben und gesammelt von Johann Georg HoltdorfT, 1735. Fragments d'un manuscrit du XVII* siècle, avec armoi- ries peintes, un vol. in-folio.
No 368. Regiments-Verfassung der Stadt Strassburg in anno 1757. Manuscrit de quarante deux pages in-18o .
No 369. Etat de la Magistrature de Strasbourg en 1765, trad. de Tallemand. Manuscrit de quatre vingt trois feuillets in-12o .
No 376. JoH. Phil.Braun, Notariatsbuch von letzten Wiilen, wie auch Sterbefœllen,u.s.w.Strassburg 1671. Man. du XVIIl* siècle, de cinq cent soixante et onze pages in-folio.
No 377. J.P.BaAUN,Memeouvrage. Manuscrit du XVlIl«siècle. Un vol. in-folio,avec registre détaillé.
No 377 *. Strassburger Notariatsbuch aus dem XVIIl.Ihdt. Un vol. de trois cent quatre vingt onze pages in-folio.
No 378. Franz Heinr. Dautel, Nœtige Anmerkungen ûber die Verordnungen des Strassburger Magistrats vom 22 April
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MANUSCRITS \LSAT1QUBS DB LA BIBLIOTHÈQUE DB STRASBOUBG 31
1765 ûber die zwoteEhe, 4772. Man. aut. de cent soixante quatre pages in-4® .
N® 379. TituU bey Gerichlen, auch hohen und Privatperso- nen, von Notariis, u. s. w., ûblich zu Strassburg. Man. du XVllI» siècle, vingt sept feuillets in-4® .
N» 380. Diplom als Notarius publicus ausgestellt durch den Cornes Palatinus Joseph Phit. Bœckler fur Wolfgeng Courtz, im Nov. 1703. Document original sur parchemin, avec armoiries, relié en un vol. in-folio.
(A suivre) Rodolphe Rbuss.
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NOTES & DOCUMENTS
POUR 8ERVIB A
L'HISTOIRE DE LA PRESSE EN ALSACE-LORRAINE
(Suite) (i)
Les deux listes de Journaux et autres Écrits périodiques réunis a la Bit)liothèque nationale et à la Nouvelle biblio- thèque de la Ville de Strasbourg (2), sont élémentaires et en quelque sorte improvisées. Les indications sommaires de ces listes disent assez que chacune des publications périodiques désignées attend des informations complémentaires qui cons- titueront les véritables élémenls de notre histoire de la Presse en Alsace-Lorraine. La Direction de la Revue a pensé qu'au lieu de perdre du temps k délibérer longuement, il valait mieux entrer en matière, même gauchement, et agir, sauf k discuter ensuite !... s*il y a lieu.
Aux listes dont il s'agit se joindront naturellement les Périodiques qui manquent k nos collections et que de nou- velles recherches auront fait découvrir*.
Voici, pour commencer, un absent qui ne doit pas demeu- rer plus longtemps dans l'oubli. — J. Liblin.
(i). Voy. Juillct-Aoùt-Scptcmbre p. i89 et suiv. — Octobre- Novembre-Décembre, 189J, p. 433 et suiv.
(2) Voy. p. 434 et suiv. de la Revue, an. 1896.
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IIISTOnu: l)K LA PUKSSK KN AI.SA<:K-L<mHAlXR X\
IV
LE WOCHKNBLATT
• Journal lirlKlomadaire do (loliiiar) Voué il rinslruction du peuple des campagnes par une société de vrais amis de la lii)erlé el de Téi^iililé, édile et im- piimé h Colmar par Jean-Henri Decker, 17î)2-179î^ Texte allemand, une demi-feuille in-8» par semaine. Le premier numéro, puJilié le jeudi l*^"" novembre 17î):2, porte, comme épigraphe, cet extrait des Considérations sur LES iNTxnÈTs DU TiKRS État, par Ral)aut-S*-Klienne :
<i/I en est deVEcangile des droiU de /'/lonune comme de VÉi^angile des Chrédena: il doit .souffrir la persécution puisqu'il est une bonne nouvelle pour les humbles et une folie aux yeux du monde. Il eut démontré jusqu'à l'évi- dence que riivangile n'est, au fond, que la déclaration des droits de rhomme : ses mystères furent longtemps tenus secrets, parce qu'ils étaient contraires aux prêtres et aux yrands.yy
L'initiative de cette publication populaire, écrite en langue allemande, puisqu'elle était exclusivement destinée aux popu- lations de la campagne parlant Tidiome alsacien, a été prise par M. Blanchard, secrétaire du District de Colmar, au nom de la Société des amis de la liberté. Sur l'avis du Procureur- général -syndic, le Directoire départemental du Ïlaut-Rhin, par décision du liO octobre 1792, a autorisé toutes les munici- palités a s'abonner au Wochenblatt dont le prix était fixé à six livres par an.
Cette décision est signée du président Resch et du secrétaire général Jourdain.
Le texte du journal helxlomadaire est écrit en forme de dialogue où l'un des inti'rloru leurs enseigne à l'autre les droits et les devoirs du citoyen, les causes (pii ont îimené l'éclosion des idées révolutionnaires, la chute de Louis XVI et de la noblesse, l'émigration et le triste rôle qu'elle a joué dans rinvasion de la France par l'armée du duc de Bruns- wick. Et à ce propos, il pubUe dans son premier numéro un ex- trait traduit en allemand, d'une lettre du docteur Morel, deCol-
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34 KEVIK n'ALSACK
mar alors chinirgieu-niajt)!' h l'armée centrale (1), dont voici la reproduction qui en donne le sens sinon le texte littéral :
« Longicy, 23 ocfobre 1792. l'an premier de la Ré- publique française.
« Nous avons investi Longwy hier.
« En arrivant ici de Verdun, on rencontre k chaque pas le spectacle le plus triste et le plus terrible. On ne voit partout que dévastation ; partout la mort a laissé ses traces sanglan- tes. Des cadavres d'hommes et de chevaux en décomposition, couvrent les bords de la routo nationale, et indiquent dans la campagne le chemin suivi par les barbares. Mais c'est a Longuyon, à tnns lieues d'ici, que l'abomination de la désola- tion a atteint le plus haut <legré : c'est la que l'angoisse devient navrante, que h'S clieveux se dressent sur la léle et que les yeux pleins de larmes détournent leur regard, aussi vite que . possible, de ces horreurs de la guerre. On a transporté cent quarante sept morts hors de la foret de Longuyon ; parmi ces cadavres, quehjues malheureux luttant avec la mort, nous tendaient leurs bras déjà à moitié raidis, et d'une voix qui semblait sortir de la tond)e, imploraient un adoucissement à leur triste situation. Deux d'entre eux n'avaient rien mangé depuis neuf jours et luttaient ainsi pendant ces neuf journées, épuisés par la terrible dysenterie, avec une mort inéluctable. Dans un rayon de trois lieues sont couchés plus de deux mille chevaux morts, dont les émanations vicient l'air et em- poisonnent lentement les malheureux habitants du pays. L'ennemi a abandonné <iix canons et par suite du manque de chevaux, s'est débarrassé de tout son attirail de guerre.
« Épuisement, mauvais temps, manque de vivres, conduite insouciante et inhumaine des officiers et chirurgiens, sont les principales causes qui ont réduit \\ vingt mille hommes envi- ron l'armée prussi(;nne qui, lors de son invasion en France, s'élevait a soixante dix mille hommes.
(i) Le dortcur Miïfcl, Louis-Gabriel, une «los éminentes person- nalités du corps médirai de l'Alsace, fondaiour, avecPaira, de S^e- Marie-aux-Mines. de l'école déparlenientale d'accouchement, fut maire de Cohnar sous le premier eujpire el plus tard.
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HlSnmiK 1»K I.A l'UK^SK KN ALS.UlK-LonilAINK
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ce Je termine ici le douloureux récit do nelbi indescriptible misère dont l'aspect toujours présent îi mes yeux me déchi- re le cœur. Hier soir a i heures sont arrivés ici ie fils du roi de Prusse et son cousin ie lils du prince Ferdinand, auprès du général Kalkreuth qui a commande jusqu'ici la forteresse. Kellermann leur a fait une visite. Les princes ne pouvaient assez admirer la belle tenue do nos carabiniers et de nos chasseurs, ainsi que celle de deux bataillons de grenadiers, qui se trouvaient en ordre de bataille sur la Place d'armes, lis repartirent vers six heures. Les Prussiens se retirent au- jouid'hui et ne laissent ici (pi'nn petit détachement pour accompai^ner leurs malades.
K Nous recevons à l'instant la nouvelle de la mort de l'empereur François 11 ».
Dans ce premier numéro du VVochenblatt nous trouvons une traduction en vers allemands de la Marseillaise, faite par un patriote Colmarien. L'allure classicjue de ce morceau alle- mand révèle un écrivain de race et raj)pelle la manière de Pfeffel qui habitait alors Golmar.
Voici, du reste, cet alsatique curieux :
La Marseillaise traduite en vers allemands par un patriote Colmarien.
Auf,Jirffder, auf, dem Ta y entgegen, Der unser Volk unslerhlic/i macht ! SehL wiv so yrimmig un ri rerweffen Die Tyramipy aufs neu ertrnchl ! (fnsj lloert ilir (las Hase a ihrer H or de n, Der wilden Brut, (iehriill und Spoft i Sie wolle?!. 0 (jerechter (Joli ! Eurli Weih und Kind ini Ami ermorden ! Auf, Burr/er, au f sur Wehr! Erletjt diefloellenbrutî frlurk ru (his). Es duuf/e hald dus Feld iiir scliwar-
[ses Blut !
W'em drohl mit ihrer Moerderbande Die raenckenvolle Fûrslenzunft i Wcm dièse Ketten ? Weni sur Schande Soil wieder herrschen Unvernunff ? (bis) rns, Franken, uns f O fern, ihr Lieben.
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•^6 «EVL'E D'Ar.SACE
Fern von uns m/ die Schande dock ! Uns sollten sie das alte loch Nun tvieder aiif den i\acken schiebe?i I Auf, Bûrger etc.
Uns Ehr und Gut und ailes nehmen,
Hiesz ihnen hald gerechter Raub,
Und hergettùebene Knechte kaemeny
Uns hinzutreten in den Staub ! (bis)
Dann hienges ab von Sclnven-Haenden,
Zu beugen unseï' frètes Haupt,
Und ihren Treibern waers erlaubt,
Uns gnaedigstWeib und Rulim zu schaenden !
Auf, Bfwgery etc.
Despoten sittert und ihr Schlangen, Verhaszt sogar an Franzens Thron, Verraether zittert ! denn empfangen Empfangen sollt ihr euren Lohn ! (bis) J)as Vol/i ist da, euch zu bekriegekn, Und wrnn im Kampf oin lûngling faellt, So sind in unsre.rneuen Welt, Statt Fines, Tausend zu besiegen ! Auf, Jifirger, etc.
Dock, Brîider, tnenschliches Erbarmen
Seg unsi^er Herzen liebster Drang f
Schlagt und rersrhont ! — verschont des Armen,
Den sein Tyrann sur Trommel zwang ;(bis)
Des Unthiers nie, das seinem Helden,
Das Bouille gleich, ausfrevler Lust,
Nur sucht die Treu der Mutterbrust
Mit Natter Bissen zu vergelten !
Auf, Bûrger, etc.
Grûnd, 0 Beglûckerin der S ta a te n. Du Gottheit unsrer Republik t Fruchtbare Mut ter groszer Thaten Grûnd auch, O Freyheit, unser Gluck (bis) Lasz jedem Volk es wohl ergehen,
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HISTOIRE DE LA PRBSSE EN ALSACE-LORRAINE
37
Dus deine Huid mit uns vereint ! Und sterhend noch mûss'unser Feind Die Freyheits-Fahne glori^eich sehen ! A nf, Brader, etc.
Je ne possède que les cinquante deux numéros de la pre- mière anné« de ce recueil, reliés en un seul volume. A partir de la deuxième année le prix de l'abonnement a été porté à 10 livres et par la poste h 12 livres. Les abonnements étaient reçus k Cohnar, chez Georges Neukirch, libraire, et à Stras- bourg chez Georges Treuttel.
Sans prétendre attribuer k Pfeffel lui-môme la paternité de cette traduction libre, qui a probablement été faite dans son entourage, nous sommes la en présence d'une énigme histori- que qu'il serait intéressant de résoudre. Avis aux chercheurs sagaces. C'est déjk un fait curieux et remarquable que cette éclosion presque simultanée sur le soi alsacien de l'original d'un hymne martial qui a fait le tour du monde et de sa tra- duction allemande, publiée le !«"• novembre 1792 dans une feuille populaire de Colniar destinée h en répandre le texte vibrant dans les campagnes où elle pénétrait.
Le capitaine du génie Kouget de Tlsle, en garnison k Strasbourg, a raconté lui-même les origines de son hymne patriotique, dans un recueil publié en 1825 :
« Je lis les paroles et l'air de ce chant à Strasbourg, dans la nuit qui suivit la proclamation de la guerre, lin avril 1792; intitulé d'abord Chant de Varmée du Rhin, il parvint k Mar- seille par la voie d'un journal constitutionnel rédigé sous les auspices de l'illustre et malheureux Dietrich (1) Lorsqu'il Ût son explosion quelques mois après, j'étais errant en Alsace, sous le poids d'une destitution encourue k lluningue pour avoir refusé d'adhérer k la catastrophe du 10 août, et pour- suivi par la proscription immédiate qui, l'année suivante, dès le commencement de la Terreur, me jeta dans les prisons de Kobespierre d'où je ne sortis qu'après le 9 thermidor.
(1) Le baron Philippe-Frédéric de Dietrich, premier maire de Slrasbourg et minéralogiste distingué, dans le salon duquel Tau- leur chanta son œuvre pour la première fois.
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38 HKVi E d'alsace
Quand les volonlaiivs (le Marseillo Iraversèimt In France en juillet 1792, pour se rendre à Paris, ils chantèrent tout le long de la route l'hymne de Rouget de l'Isle el ce fut alors que le Chant de Varmée du Rhin prit le nom i\v. MAnsEiLLAisE.
Tout ceci est une page d'histoire dont le Worhenhfatt de Colmar évoque le palpitant souvenir.
Cette publication a-t-elle été continuée ? Il serait facile de le vérifier k la Bibliothèque de la ville do (lolniar qui doit possé- der tous les exemplaires parus.
Toujours est-il que la première anné<' se lerinine par un avis des éditeurs ainsi conçu :
« Le piibHc est prévenu que la publication de ce journal restera suspendue jusqu'à ce <|ue nous ayons reçu la subven- tion attendue de la Convention nationale, ou le nombre de souscriptions suffisant pour faire face aux frai^d'imprrssion ».
Charli's (ùutzwu.leu.
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ÉMEUTE DE LA PIQUETTE
OCTOBRE 1833 t Suite j (1)
II
.... Aux bords riants de l'Ell, Dans les champs plantureux où croit la Kissibell, Parmi les bois, les l)lés et les blanches usines, (lolmar (2j vivait en paix et d'un Riesling gentil, D'une bière écumante, en son étroit baril, .\rrosait ses patôs, ses nouilles, sa choucroute Près du poêle géant qui se dresse à la voûte...
La Uévolution de 1830 vient interrompre cette douce quié- tude des liabitants de (]olmar en excitant peu à peudesiakMi- sies et d^s haines particulières.
Les actes du gouvernement et surtout ceux du ministre des finances ne furent pas faits p^mr les éteindre. Le nom de M.
(1) Vuir p. p. hXTi du dernier trimestre 1896.
(t) Colmar réunit tous le» avantages de la fertilité du sul, de la beauté du site et de la pureté de lair. (Schgepflin-Ravenez, V. 1?<5a Le territoire qui entoure la ville est riche dn champs, vignes^ jar- dins, l'ahri(iucs (id;.
Kii ivi''s-M»''nrourt dans sa Relation du voyage du roi Charles X en Alsarc(S(rasb')iu'^' IHJOp.dS?; fait aussi im grand éloire de la ville : « Elle est sihiée au milieu d'une plaine fertile; la cour royale, un bcirreau nombreux et crlôbre depuis long-temps, un grand nombre d'emplf)yés cl d'nlliriers en retraite, mais surtout la beauté re- nia niual)le des IVmnu's font de cette ville un séjour charmant où l'on trouve la s:)ciété la jnieux choisie ». Voir aussi re que dit des Colinarienncs le marquis de Pezay dans ses soirées Alsacien- nes (17).
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40 IIEVIK d'aLSACF.
Humana fui bientôt dans toutes les l)ouches et en bien mau- vaise part.
Après avoir été injurié par les journaux républicains, il eut h supporter les caricatures des feuilles satyri({uer..
Le Charivari (J7 février 18î{:2)le reprétcnla en petit? mar- chande de balais alscienne, costume (|ue l'on voyait alors sur les boulevards, et dont le d(»ssin était de Daumier. Grandville l'installa dans sa « (irande ména.uprie royale » sous les traits d'un nmlet costumé en paysan du Kochersberg et avec cette légende passablement mordante : « Mllet impiorluclor, in- humanus, minislrator (mïm^ivah tort) » Deux pains de sucre rappelaient, croyon^-nou*^. une mésaventure de Douane (1).
On aurait vile oublié res méchancetés si M. lïumann ne s'était pas souvenu trop souvent do ses intérêts privés en balance avec le bien de l'Etat. Il était, entre autres, un dvii principaux actionnaires de la compa.â^nie des salines royales et dans sa haine contre la concurrence des comjjaLcnies pri- vées, il ne craiiinit pas d'user de toutes les iduci'ies adminis- tratives pour tenter de les délniire entièrement 1:2). Il foula aux pieds, lui ministre, les plus élémentaires réi^les du droit et n'agit que par la force. Les propriétaires des salines de la la Lorraine, de la Franche-Comté et du re&te de la France, un instant abattus, se relevèrent et continuèrent à faire travailler leurs ouvriers grùce a la loi et aux tribunaux.
l'n exemple pris dans le département du lias Rhin, sullit pour démontrer la mesure de ce que lit faire M. llumann dans le reste du royaume.
Un puits d'eau salée, (aujourd'hui entièiement condjiéj faisant partie de la commune d'Ilerbilzheim (canton de Saar-
{{) En 18â6 c'était <uni protestant (î), homme de bien, grand dé- fenseur du tabac, qui fait des discours avec des chifTrcs et vote en conscience ».
Son discours sur le tabac fut imprimé ave<' Iraductinn en alle- mand par Khr. St(el>er. Strasbourg', Schulor, 182:2, in-8« 13 p. p.
f2) Il est fâcheux, dit la Revue dee Deux Moufles, pour la répu- tation de M. Huraann, et de tous ses amis MM. Saglio,^ licrmann et autres qu'ils soient si indirectement intércs?}ôs à lîi niiae de ceux qu'ils poursuivent avec tant de vôbpmen^c.
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l'émeute de la piquette 41
Union), était compris dans la saline de Salzbronn près Sar- ralbe (Moselle; le préfet, conseiller d'Etat,Chapuis d'Arnon- ville, en verlu des ordres du ministre des finances, enjoignit, le 31 août 1833, au sous-préfet de Saverne, Théophile Feb- vrier, décoré de Juillet, d'aller le faire fermer manu militari. O fonctionnaire arriva sur les lieux avec la brigade de gendarmerie du canton et le notaire Chaslelain, maire de Saar-Union. On prétendait, ii tort ou à raison, que le père de celui-ci était un des actionnaires de la compagnie Humann. Après lecture faite de Tarrèté, le sous- préfet demanda au directeur s'il voulait fermer le puits ; le directeur de la Société Schmidt et Compagnie, en présence de tous ses ouvriers, répondit qu'il continuerait de travailler romme par le passé pour donner de l'ouvrage aux habitants du pays. Après cette réponse énergique, M. Febvrier ne jugea pas h propos de pousser les choses à la rigueur en imitant la conduite de son collègue de Sarreguemine, l'ex- nulaire (loinze. Il retourna h Saar-l'nion par Kekastel où il [)ut faire signer dans ce village le procès-verbal au maire d'Jlerbitzheim qui l'avait suivi à pied. Inutile de dire que les huées des ouvriers des salines saluèrent le départ de « Mon- sieur le sous-préfet » qui se tira de ce mauvais pas en homme d'esprit.
Tous les fonctionnaires de Juillet n'agirent pas de même, entre autres en 1833, à Colmar, le nouveau directeur des con- tributions indirectes, le vicomte de Croismare(l), remplaçant un homme fort modéré, M. Condenhoven, qui avait demandé son changement. Le vicomte crut bien faire en changeant le mode de perception des droits sur la piquette, le Trinckwein que Charles Gérard dit être du vin qu'on boit, mais qu'on aimerait mieux du meilleur (:2'.
(1) Le vicomle de Croismare appartenait à une famille noble de Normandie pour laquelle Louis XV érigea en 17G7 la seigneurie de Croismare, près de Lunôville, eu uiarquisal. Un Croismare, lieute- nant-général des Armées du roi, fut gouverneur de l'École mili-. taire à Paris, etc.
(2) L'ancienne Alsace à table, Nancy, 1877, 324. La Revue d'Al- sace a publié poitT la première fois ce charmant livre interrompu un instant par la critique qui avait cruellement blessé l'auteur.
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42 REVUE d'alsace
Ce changement dans le droit sur la piquette amena la fa- meuse émeute de la piquette chantée par Laurent.
Colmar, qui n'avait pas eu d'émeulo pendant la grande Révolution et qui était resté tran(]uiih' on 1830, fut dans les les journées du 20 cl du 28 octobre \>VM\, le théâtre d'une sérieuse émeute qui aboutit h la dévastation d'une maison d'un paisible citoj^en et h rpielques blessés, tant de l'armée ((ue des habitants. I']t tout cela par la faute du directeur des contributions indirectes, répétons-le encore une fois.
Le professeur Laurent, dans son poème déjii cité, n'a garde de ne pas nous faire connaître ce qu'est la piquette :
Le reste de la ville était f/iit d'artisans.
De modestes bourgeois, de bons petits marchands.
Et tous ces ouvriers aux champs et dans leurs chambres,
Quand le vin leur manquait, adoraient la piquette.
Pour la bourse indigente et le pauvre gosier,
Pour l'enfant plébéien qu'on berce dans l'osier,
Il est une boisson légère et piquante
Qui ne parut jamais sur la table opulente.
Mais qui, chez l'ouvrier rustique et citadin, Chez le vigneron même a remplacé le vin. Pour l'obtenir il faut quand la grappe écrasée, A sous le lourd pressoir dégorgé sa rosée. Émietter r\cc soin ce lourd et sec gâteau. Verser a plein broc l'eau d'un clair ruisseau. Puis, laissant reposer le tout dans la feuillette. Soutirer h loisir. ... et voilîi la piquette.
La piquette eut fait fuir Horace, Anacrêon. Le fisc moins délicat daigne y tremper les lèvres. Car de tout déguster, vous connaiss<v. sa (lèvre. Kh quoi ! la France entière (ist sujette ;i mes lois. Dit-il, vigne, houblon, prune, cerise et noix. Tout ce que l'on distille a besoin de licence Et ce liquide seul narguerait ma puissance î Dit bâtard de la treille et dun canal impur. Et voudrait, abusant de son état obscur, Se soustraire à l'impôt et de la populace
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l/ÉMElTE DE L V Piyi ETTE VA
Abreuver sans payer IMnsatiable race. Mais si par mes refus je ine laissais fléchir. Le vin même bientôt essaierait de s'affranchir. Cela ne sera point, j'en jure sur ma vie! .le m'en vais lui lancer ma fille, la Régie. Kl le y mettra bon ordre !
On voit h son appel accourir un essaim De commis acharnés, de receveurs avides. Aussi Kirsch el Trois-Six, Cidre ou Clairet, Hien ne peut échapper à leur aiïnnix carnet. Tous se pressent arm^s d'une lon^up éprouvette Kt leur œil scrutateur fait pAlir la piquette. Ils ne prévoyaient pas (jue cette hund)le liqueur Dans Colmar trouverait un ardent défenseur (1 ).
T«mt N» monde sait que prescjue tous los vi.irnrrons font de la picjuette pour leur propre consomma lion. Sur le restant des marc<^ déjà pressés, ils nu'llentd^^ l't'au et le liquide qui en sort forme ce qu'on appelle la piquette. Tous les directeurs des droits réunis (2j avaient ad(q)lé un modiis ricendi qui ne frappait pas de droit ce pseudo-vin et les commis percevaient le droit sur les vins sans (»xciter aucune réclamation. Le con- seil municipal, içardien zélé des droits de la cité, était rallié à
(i) En i8:W, l'adminislraliou des contributions indirectes était représentée îi Colmar par le directeur, le vicomte de Croisniare le contrôleur de comptabilité (iranduionta^nie, le commis Schnei- der, le contrôleur Keguard, rentreposeur du Teil, les commis à pied Arnoux, Leprosse, Heiiriot, Cuenat, Girard et Mioche.
Kn 1S38, tout ce monde aval! disparu de Colmar, sauf le com- mis de direction Schneider.
(t) De 4815 à 18:20, le département fut représenté par un député ministériel, M. Moll, directeur des contributions directes qui de- manda inutilement à la Chand)re que les polices d'assurance au dessous de 2000 fr. soient exemples des droits de timbre et d'en- registrement. Otle manjue de jdiilautropie n'empêche pas Tau- tetir de la Biographie des députés, Paris 18:^0, d'en faire le portrait suivant : « M. Moll bredouille en parlant, porte son cha- " peau enfoncé sur les yeux, sa figure sans finesse a une sorte « d'expression matoise. M. de Lacépède trouverait peut-être qu'il " ressemble à une orfraie de la petite espù'e o. Le flirecteur M«)II n en était pas moins un brave homme.
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un exercice à domicile qui ne faisait pas crier. C'était parti- culièrement Tœnvre du directeur, M. de (^ondenhoven, homme prudent, tranquille et humain.
.\vec M. de Groismare tout changea, la rigueur remplaça les bons procédés et malgré une décision ministérielle dn 17 avril 1819, il ordonna h ses commis de prendre en charge la piquette dite Trinckwein et il imposa cette véritable tisane à 22 sols l'hectolitre tandis qu'elle ne se vendait alors que la somme de 2 francs (1). On faisait donc payer un tonnelet de vin fait avec du cidre ou avec de l'eau autant que l'impôt mis sur les vins de Bordeaux ou de Bourgogne ! Cette année la récolte avait été abondante, le vin n'était pas du Bubberi, et malgré son bon goût, il ne se vendait pas, et le prix n'allait qu'à 5 francs l'hectolitre. Ainsi le vigneron qui avait fait vingt-cinq hectolitres devait payer, outre les contributions, soixante francs d'impôt pour une denrée dont il ne pouvait se débarrasser.
On peut juger de la colère des vignerons en apprenant la décision de M. de Croismare. Après avoir bien pesté et bien juré contre lui, ils virent avec stupéfaction les commis péné- trer dans leurs caves, môme dans celles dont les propriétaires étaient absents ou travaillaient dans leurs vignes. De là, quelques coups portés aux commis que le directeur avait fait venir pour aider ceux de la ville et quelques procès-verbaux qui ne firent que re^^ ubler la mauvaise humeur des vignerons.
liC samedi 27 octobre, après avoir bien réfléchi pendant la nuit, quelques vignerons du faubourg de Bàle (la Krau- lenau) pensèrent avec raison qu'il valait mieux boire le vin nouveau avant l'exercice que de payer un droit qui en repré- sentait la valeur. Aussitôt dit, aussitôt fait. On exposa le
(i) Foltz dit que la régie exigeait un droit de 40 centimes par mesure de piquette^ le tiers de ce qu'on payait alors au fisc pour la même quantité de vin (Le vieux Colmar, 233).
Colmar est citué dans une plaine agréable et fertile, entourée de collines chargées de vignes, de villages etc., écrit en 1(>85 un missionnaire de Porrentruy.
J^a culture des vignes et le commerce des vins sont deux bran- ches d'industrie des plus importantes pour les habitants de Colmar.
11 y a da,as le cantqii de CQllPar (Colmar et Sainte-Croix) 559 hectares, 52 ares de vigne (Auisculager).
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L KMFXTK I)K l\ l'IgUKrrR i.>
liquide devant les maisons et tous les voisins, hommes, femmes et enfants, tous les passants furent invités k boire gratuitement. On pense bien qu'ils ne refusèrent pas. Ce bon vin, pris à ration immodérée, ne tarda pas k faire son effet. D'une franche gafté on passa aux cris et a'ux discussions dans lesquelles lesrats n'étaient pas épargnés.Cependant jusque la le désordre n'était pas grave et l'ordre public n'était pas troublé. En ville on ne s'en inquiétait pas, on avait confiance dans l'autorité municipale pour maintenir l'ordre.
Mais l'autorité militaire, avertie par je ne sais qui, crut devoir montrer à la Krautenau un petit détachement du 26* régiment de ligne. Les buveurs, pris de vin, devinrent furieux k la vue des baj'onnettes et, sans aucune provocation, lancè- rent des pierres aux soldats. La scène devint tragique. Le commissaire de police, Goll, crut devoir faire les sommations; on y répondit par des cris en faisant des barricades dans les ruelles latérales du faubourg et en continuant h lancer des pierres, un^oldat fut alors grièvement blessé. Le chef de la troupe, que le massacre d'Oberhergheim avait rendu prudeiit, ne jugea pas qu'il fallut pousser les choses k l'extrême et malgré l'avis du commissaire de police, il lit rentrer son monde au quartier.
Dès que les soldats se furent retirés, la petite fête continua k la Krautenau ; on continua de boire k même en chantant des airs bachiques et en hurlant contre les gabelous. La plus grande partie de la nuit se passa ainsi. La municipalité avait agi avec prudence et, malgré l'arrivée intempestive de la troupe, la journée du 26 avait été relativement tranquille. Ce fut le premier jour de l'émeute.
Le lendemain dimanche 27, les vignerons (1) encore plus
(i) Ils ne pouvaient plus s'assembler dans le poêle de leur tribu Zum rothen Loëven, rue des Clefs, établissement vendu en 1799 pour la somme dc^risoire de i200 fr. Une rue avait été percée derrière la maison dans ses dépendances, à un vigneron nommé llœrter. C'est aujourd'hui une brasserie avec la même enseigne vis-à-vis la caserne. Metzger, le charivarisé de 4832, était avant 4790, le lieutenant du Steltraeistcr Woltz, président alors de la tribu et c'est peut-être à cause de ce titre qu'il fut nommé, pour son malheur sous l'Empire, Directeur des Contributiors indirecle* du département.
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irrités que la veille, quittèrent brusquement leurs quartiers favoris, la Kraiitenau, le Sleinbruckerthor, les environs «le la rue Turenne et le faubourg de Bâle et pénètrent en ville aux cris de : Vive le Roi ! A bas les Droiis-réunis ! Ils furent bien accueillis par rbs liabitants qui discutaient en groupe sur l'arrêté du vicomte de Croismare. Les vignerons avaient choisi un chef, un des leurs, nommée Béat Pauli dit le Feld- marescbal, homme d'un caractère énergique qui les avait en- gagés à ne pas céder sur leurs droits et îi maintenir, même par la force, les commis loin de leurs caves. Tl devait en outre ])or- ter la })arole lorsqu'ils se présenteraient devant le maire. Il esl à remarquer ([ue le préfel llret qui avait remplacé M. Renaul- don (I) ([ui laissait les meilleurs souvenirs, était parti depuis la veille pour Strasbourg aver le général Meyer de Scbau- eusée. Le maire, les adjoints et les conseillers municipaux devaient donc aviser à la situation; car le secrétaire général Gudimar, homme très aimé, ami du préfet Renaulden, était gravement malade et mourut quelques jours après les jour- nées d'octobre.
Le maire, à la tète de son conseil municipal, reçut avec bonté les vignerons, les engagea à se calmer et en les assu- rant qu'il était pour le changement du nouveau droit de per-
Les vignerons ont loujours ôtô resperlôs à Cobnar; en 18:^3. on voit Stoil, Laurent et Kirchnor Jean, inonibres du mnsoil nniniri- pal ; en iSOi, c'est Wuest et (ininingor, rue des <!lnclu»s, est ilu Conseil de fabrique de l'église Saint-Martin.
Ils n'eurent pus à se louer rn \i\\\'l de rnccMjialion <lo Cobnar par les suédois : «(^e retour au [louvoir de ceux qui triomphaient ». dit Dillemanu dans V Annuaire de 1838, ne fut pas exempt d'égoïsme, de secte et de mauvaises passions. Le j)remier magis- trat, un Stettmeister, le Bourgemeistre catholique, Laurent Ohrerhl, déchu de ses fonctions par ordre de Gustave Uorn, voulut rcprendn; son nu'dier de vigneron, et vivre du travail de ses mains; les protestants lui fermèrent leurs portes, tous lui refusèrent de l'ouvrage et cet honnne, sorti d'une importante adminrstralion, pauvre et n'emportant que sa serpe, fut réduit à mendier son pain.
(1) Le préfet Renauldon, fils du maire de Grenoble, s'était rendu très populaire en Alsace. M. Bret qui venait d'arriver, avait laissé une détestable réputation ii Montbrison.
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cepliun et en loiir oronielUint pleine >alislaction ; il assura qu'il assislerail lui-mcnie auxTisitcs foiles par les commis.
Le docteur Morcl, ne pouvait parler autrement, il atten- dait le préfet qu'il avait fait prévenir par dépêche, et il avait écrit au vicomte de Croismare, cause de tout le tapage, ce qui, du resèe, devait lui coûter cher, car ii perdit sa place à ce bel exploit.
Le maire le priait donc d'interrompre l'exercice sur la piquette ; mais le directeur avait répondu d'une manière négative et il usa de même a l'appel chaleureux que le colonel de la garde nationale (i) l'avocat Baillet, avait fait en faveur de ses concitoyens.
Opendant les libations i^ratuites continuaient à lo Krau- tenauetles vignerons, acconij^agnés d'individus plus ou moins entre deux vins, parcouraient les rues en proférant les mêmes cris que le matin. Le maire fit faire quelques patrouil- les de police et la nuit arrivant, tout rentra dans l'ordre et rien ne fit présae^er ce «jui allait arriver le lendemain lundi 28.
On vit dès le matin deicette triste journée des gens ivres dans la rue, continuant h maudire la régie et le gouverne- ment. On savait (jue le directeur n'avait pas voulu changer le mode de perception. Cela donnait lieu k des menaces sur- tout contre les commis s'ils osaient se présenter dans les caves, ce dont ils n'avaient garde.
On remarquait comme la veilh» les hommes piis de vin, parcourant la ville m lés aux vignerons, des gens sans aveu
(1) La garde nationale était forte de deux bataillons, l'un de grenadiers, commandant Scliniilt C5i3 hommes) et l'autre de voltigeurs (471 h.) et Michel. Le major se nommait Langlois. La légion était commandée parle colonelBaillet et \o lieutenant-colonel Guéprafte. Les capitaines du 1er IJon riaient MM. Chappuis. Srhœp- fler, Fleurent, Schnmlz, Adurnc el Haussmaun (Logolbacli) ; ceux des voltigeurs, 2e B'>n : MM. Kœnig, Rilter, Karcher, Schmitt et de Nejremand. Citons parmi les lieutenants : MM. Eggerlé, Harth, Antonin, etc. ; parmi les snus-lieutenants : MM. Kolb, Mégard (depuis premier président à Caen), Yves. Karclier, Faudel etc.
Le petit peloton de cavalerie élait connuandé [tar le lieutenant Eggcrlé; les ponqiiers par Hirtschlcr.
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que Ton ne voit que ces jours là, et des ouvriers de fabrique faisant le lundi, citoyens prêts k tout faire comme on le sait. On continuait L distribuer le vin nouveau, lorsqu'on vint annoncer l'arrivée du préfet qui commença h réclamer un escadron du l®"" dragons dits d'Orléans, colonel Thomas, de Xeuf-Brisach. On ne savait pas ce qui pouvait arriver.
L? général était arrivé vers d3ux heures avec le préfet (pii consentit enfin h recevoir une députation des vignerons et des habitants auxquels il assura avec volubilité, que l'exercice serait moins rigoureux ; il termina son discours par d'autres promesses qui semblèrent illusoires.
La députation quitta la préfecture assez mécontente et le soir arriva sans que Ton ait publié aucune des promesses données par le premier magistrat du département. Cela donna lieu h des murmures de plus en plus violents et avant que Ton ait pu deviner leur intention, on letrouva les vignerons devant la maison de M. Sandherr, rue des Clefs en face de la préfecture (la mairie actuelle) où demeurait, dans un logis donnant sur une cour, M. de Croismare. Les vigne- rons ne parlaient rien moins que de mettre le directeur dans une hotte remplie de piquette, et d'aller jeter le tout dans le le canal de la Sinn. Heureusement que le propriétaire avait eut l'heureuse idée de cacher M. de Croismare dans un pla- card. Les émeutiers parcoururenttoutcsles chambres lamenace à la bouche, et n'ayant pas t^'ouvé ce qu'ils cherchaient, ils abandonnèrent la partie, non sans avoir un peu houspillé le commissaire de police Goll, et avoir tenté de désarmer le factionnaire de l'hôtel de la préfecture.
Il fallait cependant une victime aux vignerons; ils étaient furieux de ne pas avoir trouvé M. de Croismare, et étaient incertains de ce qu'ils voulaient faire; la nuit s'avançait. Une voix, on a dit que c'était celle d'un parent, leur persuada d'aller manifester devant la maison d'Ulric Metzger qui, disait-on, avait donné le projet d'imposer la piquette, sans réfléchir k plus et en suivant les meneurs alors nombreux qui criaient : A mort Meteger ! A mort Hartmann ! (ce qui montre que les passions politiques poussaient ces inconscients). La foule se précipita de la rue des Clefs au commencement de la rue des Bleds, (rue Ignace Chaufîour). La vue de la maiso
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L EMEITE DE LA PIQUETTE
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hermétiquement fermée, lit redoubler les cris sauvages et toutes les rues avoisinantos furent envahies. On commença alors ;i assiéger la (icnieurc du vicllard en dépavant la rue; en vain des fenêtres du premier étage, Metzgor harangua les forcenés en invoijuant le respt^ct de la proprl<Hé privée, les mêmes cris lui répondaient. Enl«Mi(lanl ces sinistres clameurs, il s'empressa de quitter ses foyers par l'impasse qui se trouve derrière sa maison.
La ville de Colmar offrait alors un lamentable spectacle. Des bandes avinées parcouraient les rues au milieu des ténè- bres profondes; les réverbères brisés n'éclairaient plus et l'émeute semblait maîtresse La maison Metzi^er venait d'être la proie des furieux; un volet avait cédé et la foule était entrée par la fenêtre et commenrait à jeter les meubles dans la rue. D'autivs plus enrag('»s étaient grimpés au grenier pour tiécouvrir la toiture. Le tumulte était extrême.
Lo maire, averti du désordre, s'avanra bravement entre le procureur-général Kossée e( le commissaire de police. Mais que pouvaient-ils faire comprendre à une foule avinée et ne sachant plus ce qu'elle faisait 1 Le rappel de la garde natio- nale avait été battu ; i\i'^ malveillants avaient crevé les caisses des tambours malgré que ceux-ci eussent eu une escorte. On voyait bien que la populali<»n tenait pour les vignerons et ne s'inquiétait pas du sac de la maison M»»tzger. malheur auquel plusieurs personnt^s pouvai(Mit elre exposées.
Aucun garde national n'avait paru. Le mal était à son comble, on ne savait conmienl y remédicM'. Les gardes requis a la maison commune avaient refusé de niarclier sous prétexte que c'était une aflViire de nabelous qui ne les regardait pas !
Le maire fit battre un second rappel vers dix heures du soir (chacun alors tenait à garder -a maison: ce rappel eut autant de succès ((ue le premier. On ntî vit qu'une vingtaine d'otïiciers et une ciiupiantaine de gardes nationaux au lieu (lu rassiMnblemenl. Que poi:\ail-nn faire avec ce petit groupe (l'iKunines conln» quelques niillieis d émeutiers ? Le colonel IJaillet lit luarcber inulilemenl sa inMite trou[)e; il ne put percer la foule compacte dans es rues étroites du vieux Col- mar Enfin, après mille peints. I" maire parvint 'a la maison
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Metzger et la fit occupe r r:i chassant les occupants. 11 faisait noire nuit.
La troupe n'avait j^a^ »'\ » nppoléo cl il fallait ro|)en(lanl rétablir l'ordre, l.c j>n'IVl arriva oulin avec un détachement du 26® et un escadro!) de diauuns. venus de Neuf-Brisach. On avait en outre envoyé des ex[)rès pour faire venir deux batteries de Schlesladt el de la troupe do li.^ne de Ikdforl.
A l'arrivée des draij;oiis i\m voulaient (b'blaytM' la rue, trois coups de fusil partirent i!u cùlé des vii^nerons. L^s journaux dirent qu'un dragon fuLbl'ssé grièvement (l), el mourut le lendemain à rhùpital de-; Calherinettes (2). Il dut n'être i\\io blessé. L'avocat Sandlii-r.' dans sa relation de l'éuieut»' au Courrier du Bas-fi/ii/f. n'en parle pas.
Enfin la lassitude iraL;iia tout le momie, lesdrapm- .ivaient déblayé la rue, l«^s vignerons s'étaient depuis loiiiih'inps presque tous retirés ; les gens sans aveu l(^s sr.ivirenl cnlin. La place fut libre. Mais avant de rentrer cliez eux. !!•> « uiîmi tiers allèrent ravager le jardin Metzger près la porte de B de. ('c fut leur dernier exploit: force resta à la lui. La triste jour- née du 28 octobre était finie, l'ii jeu:i(* îioinmc avait été blessé du coté des vignerons.
Le mardi 29, rm se leva anxieux. 0;j\illail-il se passor ? On entendait dans les rues les sourds roul< nii»nl>» du «anon et l'infanterie et la cavalerie occupaient Ins pl.nrs. Si réjncido continuait elle serait bien rerue. Le lonscii niuniri|Mi s'^'lail déclaré en permanence. A sa réunion, piu- d'un ronseillor s'éleva contre la conduite vexatoin' des nnpîtiy^ s tt surtout contre celle du directeur, cause» de (oui b' d««.r-.lr(\ O.i apprit tout d'un coup, que par un motif faci'e ;: ( x; iiqi <'r. il 'onsen- tait enfin k l'abonneine il. Il mellail ainsi \o m i. h'' \ la ni.iin du conseil qui, sans s'iiupiiéter plu^ loin. Il (l(? su.iie ; uMu r l'heureuse nouvelle i)ar le commissjiii'e de ])ulire. a.:euiiipagn''! d'un détachement «b^ la ganle nali(H)alc.
(1) Les registres de la mairie no .siiTiialciil (ju'un «Ircès \v \H novembre, c'est celui de (ili.'iliiuicls rlaudc. c'.ii'iUii'j'r jhi 'M tViw- tilleric, âgé de 27 ;;ns. jié à IJMH'^'-Laslic (Pny-dc-IN.uuv.
(:2) Courrier du Bafi-Hhin, 'M orlubre [KV.). W y ûv.-iil cmore uu autre journal en Alsace, iulilulc : Journal du Ilnul et ./..• /;..^- Rhin. Il était officiel et rornplait peu d'abuunés.
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L EMRT'TE DE LA PIQUETTE
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Cette nouvelle causa une grande joie à la population encore toute abasourdie de l'ômeule de la nuit. L'aspect de la ville avait complètement elinui^p. les \ iuinuTjus qui n'avaient pas paru dans la matinée, liMuoiirnaioiit leur satisfaction par de n(ïuvelles libations auxquelles étaient conviés les passants, et la journée se termina ain^i.
Mais le lendemain, on commenr-a à réfléchir sur la soirée du 27. On répétait que le parquet avait été saisi et qu'il y avait déjà une \\>[o d'émeutiers contenant entre autres Béat PauJi qui allait être mis en prison. Par ciuitre, on sut que le directeur vicomte d»» (j'oismare, était destitué: digne récom- pense de sa brutale conduite.
Sat isfaction avait donc été doiuiée complètement à Témeute. On c'onlinuait d'arréicr d(» prét<Midus coupables, entre autres iinr (ille de dix-neuf ;in>. prévenue* de recel d'objets de la maison Metziçer. Les [>ersonnes arnHées étaient prévenues de réunions illicites ayant pour but de pilier et d(» détériorer des elVets et iU^^ [U'opriétés mobilières.
Les arrestations maintenues se montèrent h trente et une. On peut juger de la désolation qui régna en ville.
La conduite des dr.igons (1) fut admirable pendant le cours de l'émente; ils ne s<* servirent pas de leurs armes et se contentèrenl de (b'blayer l'^i.îenuMit b^s ru<»s étroites où se tenaient les vign(M'ons. Les gronp.'s disp(»rsés un moment se refuimaienl «le nouveau aux cris : A mort Melzer! à mort Hartmann! La Iroupo campa en paille sur le tbéAtre du désonlre el les bourgeois pureiil dorniii' Irauipiilles,
(4>ll arriva à Nenf-lîris.icli. eu ■.,\-\\\ liS T. nue [lènihle aventure au preuiier flniiîous : t'u sous- iiii:er i\re. uuuuié t* leliard — nom prédcbtiiu' — se mit à «ricr d^iis tnir brasTJCjic : \ ive la Républi- que î lurarcêré dans h; |>ris »u du r'<rps, il eu lut extrait et conduit à (>>bnar au IjouI de (jualre j'turs ..xecies uienoles et la chaîne au C')l. Après Irnis |')urs. il liil Ir.i.isIV'r.' a S- ras}»)Ui';: p;)ur passer au r.ousi'il (le «(uerro.
Le lendemain (W. rarresl;.!ioii du uian'eluil des I 'gi.s. le général de Sfhaueusre jieeourul in<[ie('l«'r le r \i:i!ueu! . Après une allocu- tion Hsse/. s»''v<'re. il teriuiii." par \c (ri de : \ ive le :i')i î Les cavaliers vexi'S d(» la uien-iui.il»' r<'-irrei.l uniei>. et îe i^n'-u/ral désappointé {<r.».Ljiui e«'s ui /.s ; c( Je v r ; l)i('ii ([\ïc P x'hard u'csl pas le seul l ». ■M. Liiss'.unie. lieuleuùiil-col ;.<'l d rli.t-ui.i [or reuiplat^a le 14 novpiuh.'-e \ :\i M. Gladv dans le . iiuuiauuiMn'^ir» de la plaoe.
A
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OÙ se réfugia, dans la lurit du 27, le vieillard dont on avait dévasté la maison? Joan l'Iric Metzger était né a (]olmar le 20 septembre 1752. Son p^e était médecin-physicien de la ville. Après avoir cir.dic la théologie à Tubingue (un de ses oncles était pasteur dans les Indc-^ hollandaises) et le droit h Strasbourg, il revint dans sa ville natale où il travailla chez un procureur, M** Braconnot. Ennuyé de la procédure, il se livra aux expériences agricoles à la mode alors; il préconisa l'abolition des jachères, l'élevage des bestiaux, la culture de la garance (il livrait la sienne à la maison llaussuianui l'usage du trèfle et des plaides fourragères. Entre temps il Hv-ju Mi- tait fort la sociéh' du pn^'lr» PfefTol et les amis de celui-ci devenaient ses amis.
Les études agronouii.|ues firent connaître le jeunr lunnine. Il fut nommé en 1784 du consed de la ville, puis au mouuMd de la Révolution, il s'en déclara un des adeptes, fut clii député suppléant en 1789, puis membre du 'lislricl, du con- seil général du département (burctau du bien public, du déparlement), juge suppléant, etc , elc. Il était encore jeune, aimait le travail. (> fut la belle épojpu^ do son existence. On le vit éloigner Euloge Schneider et son sombre attirail, pro- téger les pasteurs protestants, etc. L'amitié de Kevvbell le lit nommer commissaire du gouvernemenl pour la réunion de Mulhouse k la France et les habitants, connue souvenir, lu' offrirent un vase en vermeil haut de 40 ccntiuu''tres, chargé d'ornements ciselés et reposant sur un plat en argent et por- tant cette inscription :
La RKPiBLigiE de Mi uioisk
REMET LES CLEFS DE SA VlLI.i:
AU crroYEX Jean - Uliuc Mefzueu
COMMISSAIRE DU DlRECTOUtK EXK:iTiK,
EX SUITE DU TRArrK CONCLU LE 0 PLUVIÔSE AN VI
ENTRE LUT ET LES SIX DÉPITÉS SUIVANTS DE MuLIIOUSE !
Jean lloFKn, Josué Hofer,
Paul Hucuenin, Jérémie Kohxiilin,
Jacques Kiiechlin, Sébastien Sim*:ulln.
Le 18 Brumaire le trouve du Conseil des Cinq-Cent*^. Il y adhéra et entra au Corps législatif, et n'en continua pas moins de voir Rewbell et Rapinat alors en complète dis-
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l'kmevte dk la piquette o3
grâce. Ce dont se plaignait un préfet, l'ex-prctre Marié Noël, auteur de tant de compilations classiques. Nous avons déjà dit que Napoléon Tappela pour son malheur à la direction des contributions indirectes du IJaut-Rhin. Il n*y resta que quatre ans et retourna à ses études favorites et c*est avec raison que Laurent dit de lui :
II était dans Colmar \n\ citoyen tranquille, Habitant tour à tour la campagne et la ville^ Riche et de l'indigent dans les temps malheureux, Accueillant la prière et prévenant les vœux
Et c'est ce brave citoyen dont la maison fut saccagée! Les haines politiques sont quehjuerois bien injustes ! L'Annuaire de 1833 disait de lui : « Les essais de culture de vers h soie « et spécialement ceux de M. Metzger péro h Colmar ont <( prouve que cette branche d'industrie pouvait prospérer « dans le département. » Son fils était aussi un philan^ thrope; il s'occupait surtout de la race ovine et de son perfec- tionnement par les mérinos.
Le vieillard, forcé de quitter précipitamment sa maison, par une froide nuit d'hiver, ne fit plus que végéter. Il s'étei- gnit trois ans après le sac de sa demeure en 1836, âgé de quatre-vingt-quatre ans.
Il a publié : Observations sur la nécessité de conserver a Colmar le tribunal d'appel (sous l'empire). Paris, Baudouin, in-80, 10 p.p.
Son portrait, gravé au bistre par Lebert, d'après Casimir Karpf, se trouve au musée des Unterlinden.
Comme on l'a vu, la garde nationale avait été plus que tiède pour répondre à l'appel du maire, le 28. Elle avait bien ir.arqué sa sympathie pour la cause si juste des vignerons, mais il n'y avait rien de politique dans le fait. Des esprits méchants firent cependant accroire au docteur Morel que la garde citoyenne avait été poussée h la désobéissance par des meneurs des sociétés secrètes! Le maire, enchanté de se débarrasser de cette cohorte en armes, adressa le 30 octobre le rapport suivant au Roi :
Sire, Des désordres ont eu lieu a Colmar, l'action de la loi a été interrompue. La voix et Texemple des magistrats qui appe-
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*>4 HEvct i}'al>ai:k
laient la gard»» nalionale ;i romplir h* juvinior «le ses ilpvuiis. celui (le niainlt»nir l'oljôissaiiei^ aux \n\< o[ «li* ivlahiirla paix, publique, u'onl rlo cnlondus (pu* par ronl ,i.^•lr^l(^s ualionanx sur onze ceiils Honl -«<' «•omposf» la ^^anl«' iialiniiali» (h? (ioluiar. Son chef iuulrrois, M. !«' i nUmel Haill»*!, a (Irploy»' un cou- rage et un dévoueiinMit (pii cJicn haicnl «i voiler le lort (l(î ses camanules. Tout en lui rendant «•«• lénioiirnai.^» ainsi qu'aux riloyens qui ont répondu à rap;>f^i do la lui, j<' n'iMi dois pas moins aux princip*'^ rons"rval<Mus «l.» .cite insiilulion, de signaler à Vfdre Majc^lé la «un.hiilr <l ^ la i:.ii(l(* nationale de ('olmar et d«' lui propo^ci- d'rn ordonner la «li^^olulion.
Sur le ra[>p()rt du niinihlre de l'intérieur d'Aruoul, Louis- Philippe s'einpre^^sa de rendre l'ordonnance Miivanle :
« La garde nationale de ('olniar (llaiit-Hliin) est dissoute. « Elle sera innnédia terne ni réoriianisi'e. o
Cette mesure. hlAmée par ton ^ le^ journaux de l'opposi- tion, déplut énormément aux (iolniarirns et fit de nouveaux ennemis au docteur Morel.
Il ne resta plus en ville qnt^ les sapeurs-pompiers comman- dés par le capitaine en })remier Hits, hier et le capitaine en second, l'hôtelier des l)^»ux-(!lefs. Hieilenach.
La garde nationale de (iolmjii" el le directeur des contribu- tions indirectes avaient donc été piniis à caus(» de l'émeute des ^6 et 28 octobre d).
Nous avons dit que les arreslalions maintenues se mon- tèrent à trente» et une. Treize? incul|M's durent passer le :2S dé- cend)re dans la session extraordinaire de ce mois. || y avait, Jean-Daniel Karcher, 43 ans. ])ro}>riétaire parent de Melzi^en;
(I) Dans l'.ul le myauine, «les ImuMcs avaieiil éclaté à cause des mesures lisrales sur le via. A Cii.-.lr; r-î'.fiix. 'es vi^Mierons qui voulaieid niei;n^ en liher!»' leurs r? m r;.(l,s dt .fuus en pï'ison, furent repouss- .*•. j ;.r ii s (.\\ liers ,!ii :. iu.
A Aubiêrcs, un jour de niarcln', « n piMidil (ju.* Ire rats fi l'arlire de la Lil>crté avec celle inscription : A Iwis l(^s 11;. Is! S'ils se nion- treut ici, ils seront j)ondus coiuiuc leurs Irèrcs. \itiJà la condam- nation dos l{ats! etc.
A lJar-le-l)ur, on Vf.yail au i'.i-.ïr (1«\^ Oiseaux, d;ns une vilrir.e, trois rats en train de jaui^or un tonnc.ai. Le cjuj) d'i'Uat do 18j1 lit disparaître cette innocente cliariie. La terreur blanche était à l'ordre du jour en ce niomenl.
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L*ÉMEUTK DE I..V PiyiBTTE 55
Nicolas Wuesl, 35 ans, vigneron; Laurent Mayer, même âge, maçon; Ursule Wendiing, 19 ans, servante; André Dor- thaler, 33 ans, vigneron; Jean (iralT. 55 ans, teinturier; Antoine Stockniever, 52 ans, jardinier; Jean Siehert, 30 ans, vigneron; Jean Haller, û'\ ans, mémo profession; Frédéric Fischbach, jardinier; Hoeliret, domestique (fugitiO ; André Béat, 43 ans, et Jean-Benoît Bastard, :20 ans, vignerons.
Comme Ton voit il n'y avait (jiie six vignerons prévenus, contre un propriétaire, deux jardiniers, deux domestiques et un maçon
Quatorze prévenus passèrent eu police correctionnelle. Beltzinger, Mehr. Kuehs, A. ilenVlé. Dreise, Kraptiell, Dor- Ihal, Ficlibach et cinc] cpii avaient déjà paru devant la cour d'assises : Wuest, Mayer, Béat. Ilaller et Bastard. Ils pas- sèrent le 6 janvier 183 i devant les juges du tribunal civil qui durent acquitter les prévenus comme avait fait le 30 décembre précédent la cour d'assises par la boucbe du jury. Ces der- niers étaient prévenus simplement de ne pas s'être dispersés, après les sommations faites, ec qui était assez anodin.
lI<\lons-nous de dire cpi'à la lin de novendjre, neuf habi- tants de Colmar avaient liéiiélicié d'une ordonnance de non lieu : les trois frères Steiulé, Cbaleaubodeau, Joseph Gril- ninger, Jean lleister, J. Buhl, JeanEberlé J. Ilaumessel.
Ainsi de tout ce long procès, il ne restait plus rien que la garde nationale dissoute et h) directeur des contributions révoqué net.
Les vignerons étaient vain([ueurs sut toute la ligne, les juges les avaient acquittéset le droit sur la piquette avait été fortement abaissé.
Us avaient raison de se plaindre, car le notaire Félix Ghauf- four disait déjà au roi Charles X en 1828 :
« Une grande partie du peuple gémit, Sire, sur les mesures tt ([ui entravent généralement les vignobles et plus particu- « lièrement le nôtre dont les produits sont privés de leur seul « écoulement : c'est la plainte de nos montagnes; tandis « que la plaine regrette, de son côté, une autre culture jadis « prospère pour elle. »
Et maintenant pour résumer en quelfiues mots Témeute de la piquette, citons la dernière phrase de l'avocat Charles
.">() KEVi K i»'al>aci:
Saiidherr, iiiHiuhrc du conseil miini(ij)al, lirée do sa lelln* au Courrier fin lUm-Rhin du 5 noveud>re : ^ (lotte révolte. « écrit-il, est la preuve que le peuple n'a ju<(ju'à présent a rien appris, rien obt^'iiu de la Révolution de Juillet que la « science de dépaver et de harrieader ses rues ! »
APPENDICE
COt R IVASSISKS 1)1 nAt'T-RlllN
Andipncp du 28 décnubro IS3H.
rHKSlDENfM-: DE M. DE GOLBÉRY, CONSEILLEH A I.A COUH
Les prévenus Karcher, Wuest, Mayer, Grafl", Ursule Wend- ling, accusés d'avoir, dans la soirée du i!8 octobre dernier, fait pallie de réunions ou bandes qui se sont livrés à force ouverte au pillage et au dégAt d'elfels et de propriétés mobi- lières ;
Karcher, Maytîr, Dort ha 1er, accusés de s'être rendus com- plices de ces |}illages et dégîUs ci-dessus qualifiés et pour avoir, avec c<»n naissance, aidé et assisté les auteurs et dégtUs dans les faits (jui les ont préparés ou qualifiés.
Ursule Wenliing, accus«'e de s'être rendue complice des pillages et dé;:\:ls ci-de>sus qualifiés ri pour avoir sciemment recelé tout ou pnrtic des objets pillés ;
Stockmeyer. Siebert. accusés de s'elre rendu-; «'omplices de pillages et dét'ùts ri-de-sus qualiliés et jxiur avoir, par des discours et des cris proférés dans les lieux publics, provoqué les auteurs de ces pi lia ij es et dégî\ls à les commettre ;
Wuest. Mayer. (iralV, Stockmey(U\ Siebert. Ilaller, Fisch- bach, Bœhrct. Béat. Rastard, accusés d'avoir fait partie d'une réunion de vingt personnes armées, qui, dans les soirées des -t3 et 28 octobre derniers, ont résisté aux violences et voies
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l.'h-MEUTE DR IJ^ PIUL'KTTE 57
de fait à la lorce publique agissant pour Texécution des lois M),
Karcher, Béat, Bastard, accusés de s'èlre rendus complices de la rébellion ci-dessus qualifiée, pour avoir provoqué par des discours ou des cris proférés dans des lieux publics les auteurs de ladite rébellion à les commettre,
Le substitut du procureur général M. Rielf (depuis premier président) occupe le fauteuil du ministère public. 11 a parfai- tement reproduit les divers faits de Taccusalion (1).
Les témoins à charge sont au nombre de 57 qui ont tous comparu sauf le lieutenant Chavillard et un sergent du 26«. Ces derniers s'étaient fait particulièrement remarquer par leur fermeté et leur ménaiçement envers les citoyens.
Le prennor témoin esl le préfet Brel dont la déposition, Ibrl longue sur des fails icénéraux, reconnaît parmi les accusés un homme (jui a «Mupérhé le factionnaire de la préfecture «rélre désarmé, M. Bret. a toujours été très convenable et très impartial. Il a été écouté avec beaucoup d'attention.
Le docteur Morel a également raconté les diverses phases de rémeule, il a principalement appuyé sur les causes du marasme du peuple, Pimpot et l'obstination d'appliquer aux Alsaciens des lois (jui ne peuvent convenir à notre province. Les droits sur la picjuelte ou le Tîunckwein sont moins fAcheux en Champagne, à Bordeaux ou en Bourgogne, où cette boisson se prépare tout autrement, mais ne peuvent s'api)li(|uer sans vexation à notre pays où le Trinckwein se fait avec des marcs déjà pressurées. Le gouvernement avait autrefois compris cette dilVérence, si bien qu'il existe une circulaire de 1819 qui exempte nos picpiettes de toute rede- vance; mais depuis on en est revenu aux anciens errements. Pour prévenir des désordres ultérieurs le préfet et le maire avaient offert de faire accompagner les employés par un offi- cier municipal, mais M. de Croismare s'y élait opposé avec beaucoup d'humeur. On a dit au maire que Mayer et Dor- thaler avaient crevé la peau d'un tambour; quant à Karcher, il se trouvait dans la maison Metzger et ce fut lui qui apporta de la lumière ijuand il put y pénétrer. Le colonel Baillet rend compte des scènes des 2G et 28 octobre. Il fit d'inutiles efforts
(1) Courrier du Bas-Rhin, 31 janvier 1833^ loret 2 janvier 1834.
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58 KfivuE d'alsacé
pour rétablir Tordre et réunir la garde nationale. 11 ne sait rien sur le pillage de la maison Metzg(M\ 11 fait môme une observation très favorable aux accusés. Il prétend (juc l*is groupes se composaient d'bonimes que l'on voit rarement, d'ouvriers étrangers, (jui le jour, sont renfermés dans divers ateliers. A cinq heures un quart Taudience est levée.
Audience du dimanche 29.
A onze heures, la cour entre en séance. Une foule immense s'était portée au palais dont les avenues sont gardées par 50 hommes de la ligne alin que le bruit des corridors n'em- pôchàl pas la cour et les jurés d'entendre les témoins.
Le commissaire (jîoll et l'agent de police Mussmann char- gent quelques accusés, entre autres Jean Ilaller qui aurait levé le poing sur le commissaire devant la maison du direc- teur. Les accusés s'agitent et répondent avec une grande véhémence. M. de Golbéry leur déclare qu'il ne tolérera aucun écart, et les engage dans leur intérêt à garder une attitude convenable. Les dépositions deviennent monotones; le sieur Seigy tend à prouver (jue les trois coups de fusil n'ont pas été tirés dans les rangs de la garde nationale, ni dans ceux de la ligne. In témoin, Ohl, déclare, après avoir été plu- sieure fois interpellé et (jue sa déposition lui a été lue, qu'il a vu Karcber jeter une pierre contie la maison de son parent Metzger. Une vive discussion s'engage alors avec le minis- tère public et les déf( nseurs, et le président discute avec ceux-ci. L(îs débals deviennent lro> .«nimés. L'audience est levée à quatre heures et demie.
Audience du :u>.
Elle est ouverte à buit heures du matin. Après avoir entendu d<*s témuiii.s à (b'cliarge, le substitut llieiï soutient l'accusation avec beaucoup de chaleur. Un défenseur, M^^Belin, expose avec beaucoup de clarté les faits généraux et justifie la conduite des prévenus Ilaller et Béat. M« Ignace Chauf- four a parlé avec l'accent de la plus vive conviction, il a comparé l'état de la législation anglaise sur l'émeute à nos institutions. Il regrette que la France ne possédât pas de
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L EMEUTE DE LA PlQUETTa
oy
jury d'Enquête sur les causes des mouvements po|)ulaires. Sa plaidoirie a été profonde, forte en raisonnements, belle de di'-lion, il défendait Mayer, Siel)ert et GrafF.
M** Gallel, défenseur de Fischbach. Wuest et Behret, insiste surtout sur la mauvaise assiette de l'impol, cause du malaise içénéral et de l'agitation des classes inférieures.
M^ Yves parle avec cette vivacité d'esprit, ses brillantes saillies, cet entrafnement d'élocution qu'on lui connaît. Il attaque les abus demeurés dans toute leur forre, malgré la récenb» Révolution, et parle <li'*' «onlributions indirectes et des nombreus«'s émeutes occasionnées sans cesse par elles; il y en a eu 883! Le président a souvent interrompu sa plai- doirie, prét(Mïdant ({u'on alta«piait les bases mêmes de l'ordre social. Une fois, 1M<^ Yves, pour ('(!art(»r le reproche de s'en être pris au eber de l'I-itat Kpiant aux promesses de Juillet), lut une brorbiire allemande intitulée : Der patriotischer Elsasser, rédigé, disait-il, ^ur les instructions de deux dépu- tée et par un avocat de Colmar. brocbure dans laquelle on promettait au peuple alsacien la diminution de toutes les charges, au bonnes femmes du café, des bestiaux, du sel, etc. L'hilarité du public a été réprimée et l'audience levée à neuf heures et demie du soir.
Audience du 3J.
Les répliques durèrent toute la matinée, le ministère public se montre encore plus virulent que la première fois; il s'élève contre le système (h^s avocats ; il srMuble reprocher à l'un d'eux d'avoir dit que l'émeute est légitime si rimpôt est vexatoire. A ce moment, M^ Chaulfour s'est levé et demande acte à la cour de ce (jue l'avocat du roi lui prétait ces mots. Il développe ensuite sa doctrine et donn<» lecture du passage qui faisait l'objet de la discussion. La cour, après avoir lon- guement délibéié, refuse l'acte demande par M*^ Chaulfour qui dut entendre du président une rude mercuriale à son adresse.
La brochure d'outre-Rhin a été de nouveau discutée. Elle Elle beri^a d'espoirs vains toute une population tranquille. M^ Belin eut la méchanceté de lire une lettre du députe Hart- mann, lorsqu'il siégeait au côté gauche; il promettait de s'oc-
60 REVUK d'aLSACK
cuper de l'amélioralion matérielle de la nation. Le président interrompit alors l'avocat en lui disant que rien ne prouvait que M. Hartmann se soit écarté de promesses qu'il avait faites et qu'on ne devait pas Texposer à devenir Tobjet de la haine publique.
M. de Golbéry monti^a que nos députés s'occupaient de la classe laborieuse. Ainsi, il y avait quelques jours, Nicolas Kœchlin défendait dans le conseil du commerce la cause des vignerons alsaciens.
M. de Golbéry fut généralement très impartial pendant les débats et dans son résumé. Après avoir semblé demander un acte de rigueur au jury, il a déclaré qu'il ne voulait pré- venir par ses réflexions qu'un acte de faiblesse ou une pro- testation politique. « L'ordre public, dit le magistrat, n'a « besoin que de justice et de vérité, » il engagea les jurés a éviter les éclats bruyants d'une popularité « qui serait le plus sanglant outrage si elle était obtenue au mépris de l'ac- complissement des devoirs. »
Puis, il lut les trente-sept questions posées au jury qui — à ce qu'il paraît, avait une conviction toute faite, car au bout d'une demi-heure — le temps juste de répondre aux questions, l'huissier annonça sa rentrée dans la salle d'au- dience. Il était deux heures moins un quart du matin. M. de Golbéry, après avoir recommandé le plus grand calme au public, donna la parole au chef de jury qui répondit négati- vement à toutes les questions.
Le président prononça alors ces paroles :
« Je dis aux accusés que sans doute le jury les a déclarés non coupables que parce qu'il n'a reconnu en eux aucun des véritables auteurs des émeutes des 20 et 28 octobre. Rappe- lez-vous que les promesses de vos magistrats sont exécutées, qu'ils ne s'engagent jamais en vain. Le maire de cette ville vous avait promis la cassalion de l'abus qui causait tant de maux; le préfet avait confirmé cette promesse, un seul fonc- tionnaire (le directeur des contributions indirectes) avait refusé de l'accomplir. Il a été sur le champ révoqué. Con- fiez vous donc a vos magistrats et sachez surtout que les nombreuses améliorations que réclame la triste position des
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l'émbute de la piquette 61
vignobles ne pourra jamais être le produit rémeule et de la résistance aux lois. »
Des applaudissements s'étaient fait entendre lors de la déclaration du jury; le président les fit de suite cesser. Puis il déclara Taudience levée. La salle retentit alors d'applau- dissements, des groupes se formèrent sur la place; mais Tordre ne fut nullement troublé. Ainsi finit l'Émeute de la Piquette.
Artb. Benoit.
NOTES SUR INGWILLER
AUX 17^ & 18^ SIECLES
(le qui su il nVst pas un travail de première main. Ce n'est que la reproduction, développée par enrJroits, sommaire ail- If^urs, de quatre articles parus en juin dernier au Evnng Prot. Klrchenbote. liCur aut«'ur en a puisô la matière dans les documents suivants conservés aux archives municipales.
Ern?)r/. Tauf- iind Ik'f/rœbnisbuch (1570-1783).
Eixiny, IleirafaverzeichniH (lo73-1613et 1652-1783).
Kathol, KirchenbCicher (1095-1724).
KnthoL Taufbuch (17 4()-I776j.
État des comptes de la ville pour les années 1635, 1637 et 1638.
Rappelons, en fi^uise d'introduction, qu'Ingwiller, situé à 20 kilomètres nord-(^st de Savorne. sur la Moder et sur la roul<^ de Wasselonno à Bitche. est le chef-lieu d'un des cinq consistoires de l'inspection ecclésiastique de Rouxwiller. (le consistoire comprend les paroisses de PfalVenhofen, Wei- terswiller, Weinbourg, Obermodern, Zeitzcndorf et Schillers- dorf.
D'autre part, Ingwiller était, avant la Révolution, le clu'f- lieu d'un des 10 hiiilliaiies du comté de ilanau-Lichtenherfç. On sîiit que la familh; de Lichtenherp:, mentionnée dans les chroniques dos 1206 et représentée par trois de ses meu)hres sur le siège épiscopal de Strashonri^, s'éteignit (1480) avec Louis VIH, (pii portait dcfMiis I î58 le lilre de comte, et dont le frère, Jac(pies, esl enterré ii Rciporlswiller. Ses domaines, partagés entre les seigneurs de Jlnnau et de Dcux-Ponts- Bitche, funnit réunis de\ nouveau (1570) sous Philippe V comte de llanau, gendre du diTui^r comte de Deux-Ponts.
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NOTBS SUR rNGWILLER
63
Philippe V s'intitula comte de llanau-Lichlenberg et intro- duisit la Réforme dans ses Ktats, que ses descendants possé- dèrent jus(iu'en 1736. (l'est h celle date que Jean-Reinhard, mori sans progéniture niAle, eut puni* héritier son gendre, prince héréditaire de Ilesse-Darmstadl.
Ajoutons rjue ce comté était la plus vaste seigneurie d'Al- sace. Il avait plus de 52,000 ijahitanls, 10 villes, t30 vil- lages, etc. {Voir Anna fes f/c VEaf. 18i)l, p. M\\\). Sa capitale était Bouxwiller, dont les sires de Lichtenherg avaient déjà hîUi le chAteau, qu'ils tinrent en fief des évèques de Metz, ('/est ainsi que Bouxwiller fui ni siècle dernier un centre important, siègr» de la régence, de la chambre des comptes et du consistoire pour l^s possessions alsaci(MUu»s de la maison df Hcsse-Darmstadt.
I
L*année de malheur 1637.
Le petit pays de llanau, comme on l'appelle aujourd'hui encore dans la hasse Alsace, oui peu à soulîrir de la première période de la guern^ de Iniito ans, parc(» que Jean R miî- hnrd 1, son suzerain, avait < ii soin d(» payera Mansf^dd miip forte rançon. Mais lorsque le dang<M' devint de plus en plus grand, Philippe Wolfgang, su«'i'«'sseur di* Reinhard, se vit réfjuit à placer ses ternv> sons li doîninalion de la France qui avait déj^ dans la ville voisine do Sav(»rne. un puissaîit ((Mitre d'opérations et ini solide point d'appui
i'/est ainsi qu'en n>3-4 |)lusieiirs villes du comté, et Ing- willer était du iioud)re. reçnrenl une garnison fiançaise qui leur épargna les horreurs d(» la guerre propriunent dite. Toutefois les nombreux j)assagesde troupes, (pji éijuivalaieut à prescju'aulant de pillages, joints à la détresse générale des contrées environnantes, eurent bientiM raison de la prospé- rdé du pays. La sécurité (îlle-meine n'était (jue relative. Wi^ 163.'î, un bourgeois de Niedermodern avail été tué par les soldats à Ingwiller, et un autre, de la ville même, eut le même sort en 163;) La même a:inée, un homme de Weiss-
1
64 RBVUB d' ALSACE
bourg, poursuivi par des soldats, trouva la mort en se jetant dans les fossés des fortifications. En août 1636, le régiment de cavalerie de Callenbach, de l'armée du duc de Weimar, occupant la place, un aubergiste, un boulanger, un garçon brasseur furent tués et une fille d'auberge lunltraitée au point qu'elle expira au bout de deux jours.
Cependant la commune était si riche en forets et en terres, que plusieurs années se passèrent avant que ses finances fussent complètement épuisées. En 1635, elle put encore payer une contribution de 140 livres (1,800 fr./, (pioiqu'elle eût déjà à subvenir h l'entretien des nombreux paysans qui s'étaient réfugiés derrière ses remparts (1), et quoique la petite vérole sévit en même temps avec une intensité telle (jue la mortalité de l'année fut trois fois plus forte que celle de la moyenne des dix années précédentes (111 décès au lieu de 35). Mais à parlir de ce moment, la situation empira rapi- dement. Dès l'année suivante, pendant laquelle les Français el le duc de Weimar rapprenaient Saverne après un siège de 7 semaines, on compta 220 enterrements, bien qu'il n'y eût aucune épidémie; il est vrai que tous les villages voisins sont représentés sur cette liste nécrologique Mais c'est en 1637 que la détresse fut à son comble, moins comme morta- lité, bien qu'il y eût encore une centaine de décès, que commr misère matérielle el morale.
Dès le début de cette année néfaslo, le lieutenant-colonel Français Riva, de . urmée de Weimar, se présenta aux portes de la ville et demanda i\ey> quartiers pour le régiment du r.olonel Wurmbrandt. Le magistrat cliereba prudcmuKMil .-i temporiser, prétextant la nécessité d'attendre les ordres du prince. Le régiment s'arrêta provisoirement h Weinbourg, mais les officiers s'établirent dans les moulins et les tanneries qui étaient dans le voisinage immédiat des portes; et pour leur faire prenrlre patience, le magistrat dut se résigner à leur envoyer un muid de vin rouge et pour 2 schillings (2)
(1; Nous voyons mi^mr. parmi cos iJii;itifs, un bourgeois de Gebling près de Metz, une veuve du cloilrc d'Herbitzlieim et nii tisserand de Burbach.
(2) Le schilling valait alors (>5 rentimes et le pfennig environ ifâ centime.
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NOTES Sia INGWri.LKK 65
de pain. Lorsque l'ordre vint enfin d'ouvrir les portes, une partie seulement du régiment en profita, le reste campa h Neuwillers. La ville n'eut pas k nourrir toute la garnison, mais seulement les émissaires et messagei^ envoyés a Neu- willers, Wœrtb et Wissembourg et les délacluMuents français ou weiroariens qui passai(?nt sans cesse. Les frais d'éclairage des corps de garde étaient aussi h sa charge ; ils s'élevèrent h 11 livres 19 schillings et 4 pfennigs (près de 150 fr.) Puis elle dut fournir du plomb pour fairo des balles.
Enfin, comme une attaque des Impériaux était imminente, on l'obligea h construire un pont-levis. Pour ce travail, qui dura plus de quatre semaines, elle ne dut pas seulement fournir les matériaux, mais aussi le salaire des charpentiers etmôme celui des soldats qui aidaient les ouvriers. A peine était-il terminé que, dans les premiers jours d'avril, le colonel impé- rial Bamberger parut avec 1 ,500 hommes d'infanterie et de cavalerie. H trouva a qui parler et fut repoussé avec une perte de 50 hommes, dont 4 morts, que le pasteur Bœringer d'Obermodern enterra. Beaucoup dbabitants avaient fui h l'approche de l'ennemi ; cependant une partie des bourgeois prirent part au combat et reçurent comme récompense un muid de vin, ainsi que les soldats qui en avaient déjà vidé trois pendant la lutte. Ils n'eurent que deux blessés.
En automne, le régiment de Wurmbrandt fut remplacé par celui de Schmidtburg, qui était depuis deux ans à la solde de la France, et qui se conduisit fort mal, au point de provoquer des plaintes réitérées de la bourgeoisie, plaintes absolument infructueuses d'ailleurs. C'est un soldat de ce régiment qui maltraita tellement la veuve du pasteur Muitcu- lus d'Imbstreim, retirée à Ingwiller, que la mort s'ensuivit. Cependant le nom de Schmidtburg, alors si mal famé, ne devait pas tarder à devenir populaire dans ces mêmes lieux. En effet, après la fin de la guerre, trois barons Schenck de Schmidtburg, originaires de l'électorat de Trêves, vinrent s'établir en Alsace et s'allièrent à la noblesse du pays. C'est ainsi qu'en 1662 l'un d'eux épousa Marguerite de Waltmans- hausen, qui lui apporta en dot un château et un domaine à Ingwiller ; ses descendants y demeurèrent jusqu'k la Révo- lution, servant pour la plupait dans Royal Alsace.
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66 HKVIK n'ALSAtiK.
Uu fait qui montre que les soldats de Wuriiibrandt ga- gnèrent dans une certaine mesure la confiance de la bour- geoisie, c'est que des treize baptêmes de Tannée, trois eurent uncaractère militaire et que tous lestroisseproduisirentavant l'arrivée du régiment de Schmidtbourg. Dans Tun, le cuisi- nier-chasseur du major Noë paraît comme témoin ; dans Tautre, Tenfant d'un simple soldat eut pour parrains et mar- raines un capitaine et un enseigne avec leurs femmes. Enfin le lieutenant-colonel Riva lui-même, un chef d'escadron et un capitaine furent parrains du jeune baron Jean-Thierry de Waltmanshausen, dont la famille appartenait <i la no- blesse locale.
Si l'on envisageait le simple total des contributions de guerre qu'Ingwiller dut payer en 1637, on trouverait que cette année fut moins funeste à la ville que les deux précé- dentes et l'on ferait une conclusion fausse. 11 ne faut pas ou- blier, en effet., que la situation générale, la misère publique et privée, avaient beaucoup empiré. La famine régnait au point que dix-sept personnes y succombèrent dans le courant de cette unique année, parmi elles, la veuve d'un greffier municipal, un garde-champêtre, un forgeron avec femme et enfants, enfin le comptable même de la ville, qui, ruiné par les gar- nissaires,se sauva à Strasbourg dans l'espoir de s'y créer quel- que ressource et y trouva promptement la fin de ses maux. Une vieille femme et un jeune homme mouinirent de faim en prison.
Joignez a la famine les rigueurs exceptionnelles de deux hivers consécutifs. Un forgeron, qui allait chercher du pain pour les siens h Strasbourg, fut trouvé gelé dans la forêt de Brumath, et une paysanne de Ffaffenhofen eut le même sort près de Ilûttendorff. Un tel état de choses dénoue les liens de la société et de la famille et ramène la barbarie : les céré- monies du culte ne se faisaient plus faute d'assistants, les décès n'étaient plus signalés au pasteur et les cadavres étaient enfouis sans appareil religieux. Au milieu des chaleure de l'été, une vieille veuve resta toute une semaine sang sépulture, et la menace de prison décida seule le fossoyeur k creuser une tombe. A l'enterrement d'une autre pauvre veuve, une seule
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NOTES SUH INGWILLER 57
personne suivait le cercueil, de sorte que le pasteur ne put dire le sermon d'usage; en relatant ce fait, il ajouta en guise de morale : Dum moritur dives, concurrunt undû/ue cives : Si morilur pauper, sequitur cix unus et aller. Les travaux les plus urgents ne se faisaient plus. L'horloge de la porte inférieure ne fut pas réglée une fois de Tannée, pas un puits communal ne fut curé, les fonctionnaires muni- cipaux ne furent point payés, et l'on ne put réunir les 4 livres d'indemnité que touchaient d'ordinaire les magistrats venus de Bouxviller pour procéder à la vériiieation annuelle des comptes. Les contributions directes (Beth) qui, en 1635, avaient encore rapporté 106 livres, 3 schillings, 11 pfennigs, ne produisent plus rien; pas uu vingtième des intérêts échus ne putétre acquitté, et c'est en vain que les autorités essayèrent de faire un emprunt k Bouxviller. Aussi les frais de guerre, notamment ceux du nouveau pont-levis, durent-ils être cou- verts par une collecte, qui ne réalisa d'ailleurs que 34 livres et 8 schillings.
Au moment de l'entrée en fonctions des magistrats annuels, il était d'usage que la nouvelle municipalité offrit à ses élec- teurs, aux frais de la ville, un h{\w(\\\Qi(Be,^efsungsschmaui). Cette fois, détail bien carartcristique, il ne se trouve pas un aubergiste qui fut disposé a faire crédit au trésor public, et le bourgmestre dut fournir lui-même un muid et demi de vin. De la sorte, il arriva que les dépenses ne dépas- sèrent guère les recettes. Ces dernières montèrent a 90 livres, 6 schillings, tandis qu'en 1635 elles s'étaient encore élevées à 250 livres, 19 schillings.
A la fin de cette désastreuse année, la ville était ruinée pour un demi-siècle, et sa populatiou décimée au point que pendant toute la génération suivante la moyenne des naissan- ces, qui avait été de trente sept dans la précédente, ne dépassa pas le nombre dequatorze, puis s'arrêta kvingtjusqu'enl709. Les registres de 1638 signalent quatre naissances, ceux de 1639 une seule.
Et, dans le reste du comté, les choses étaient k l'avenant. Le bon comte Philippe Wolfgang en eut le cœur brisé et mourut dans la force de l'âge, en 1641 .
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H8 KKVI K i)*ALSVt:K
m Coutumes religieuses
Les registres paroissiaux qui nous renseignent sur ces cou- tumes ont une valeur très inégale. Avant l'ordonnance royale de 1685 qui réglementa la tenue de l'élat-civil et exigea que les actes fussent signés par les témoins ou les intéressés, chaque ecclésiasticjue les rédigeait à sa guise, plus ou moins brièvement, selon ses ajouts et les accompagnait générale- ment de réflexions ou d'explications pouvant intéresser la pos- térité. Souvent les registres devenaient de véritables chro- niques qui reflétaient non seulement le caractère de leurs auteurs, mais aussi leurs craintes et leurs espérances secrètes, leurs jugements intimes sur les événements dont ils trans- mettaient le souvenu' h leurs sucesseurs.
L'édit de 1685 modifia peu les actes catholiques qui, rédi- gés en latin, pouvaient être soumis h la signature des témoins sans crainte d'indiscrétion. Les pasteurs, au contraire, usant de la langue vulgaire, furent tenus désormais h plus de ré- serve et durent s'astreindre à une phraséologie oflîcielle qui leur interdit forcément toute observation trop personnelle. Aussi plusieurs d'entre eux prirent-ils l'habitude, peut-être sur l'invitation même de leurs supérieurs ecclésiastiques, d'avoir un double registre, d'abord l'oiliciel, sec et correct, prêt à être mis sous tous les yeux, puis l'autre qui permettait aux sentiments intimes de se donner libre cours comme par le passé. Cet autre, de beaucoup le plus intéressant, n'a pas existé ou du moins n'existe plus pour Ingwiller, aussi peu que les procès-verbaux des assemblées presbytérales. Tou- tefois le registre officiel nous oflre encore une assez riche moisson de faits curieux.
Voici d'abord quelques legs pieux. En 1588, l'épouse du noble Stumplî laisse à ses pauvres iO florins (430 fr.j, deux quarts de blé à la léproserie et un quart ii chacune des dix-neuf familles pauvres. L'intendant Guillaume de Sasspach, victime de la peste en 1596, fit distribueraux indigents huit quarts de blé et leur légua un capital de 70 fl. A la demande du pas-
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leur, un sire de Waltmanshausen donne h T^glise un grand Unceul et un cercueil si bien tail que quatre hommes pou- vaient le porter, chose (jui ne s'était pas encore vue (1605. En 1638, au milieu des calamités publiques, 10 fl. (62 fr.) furent répartis en aumônes après les funérailles de Tinten- danl de cour, baron Jean KratTt do Waltmanshausen.
Puis nous relevons deux cas d'adultère, punis de bannis- sement selon l'usage de l'époque, et suivis du divorce légal. Deux autres divorces furent prononcés par la chancellerie de Bouxwiller pour cause de départ d'un des conjoints.
Pour la célébration du mariage, disons que les fiancés portaient la couronne virginale en se rendant à l'église. C'était alors la coutume générale. Encore k la veille do la Révolution, les demoiselles de Strasbourg et de Metz, h quel- quelques conditions qu'elles appartinssent, ne manquaient pas de s'en orner. Il y a quelques années, la couronne se por- tait encore à Engwiller; aujourd'hui, elle ne se voit plus qu'à Mietesheim.
Passons aux actes de décès, qui nous renseignent sur les maladies, épidémies et autres causes de mort. Il est fait plu- sieurs fois mention de la lèpre, non seulement h Ingwiller, mais aussi à Neuwiller et à Donenheim. La première de ces localités possédait une léproserie (jui, comme partout ailleurs, était hors des murs. Puis nous voyons sept épidémies de va- riole et trois de dyssenlerie. dangereuses surtout pour les enfants, tandis que la peste s'attaque aussi bien aux grandes persimnes. En 1574. elle fait quarante-neuf victimes, chiffre élo(|uent lorsfpi'on !<• compare avec la moyenne de la morta- lité des trois années [M'écédentes. (letlf^ moyenne n'est ({ue de seizf». Dans l'hiver (h; 158i-8:j, elle cause soixante-trois décès à Ingwiller et (Hiaranto-qualrc dans l'annexede Meru-bhofen : en 15!)7, cent-dix-neuf dans loute la paroisse; en 16011, cent onzedppnisleâOacuM «eulemenl. A celte dernière date, il y eut jusqu'à vingt-huit cas en une semaine et plusieurs fois six dans la même journée. Il ne fut pas rare de voir trois enter- rements simultanés, et souvent la même tombe recevait les trois bières. Deux fois môme, on ne creusa qu'une fosse pour quatre corps.
-Vioulons comme détail curieux, que c'esl le même pasleur — il se nonii!>ait ll/.h'lii — qui a présidé h lous ces deuils «M
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qui nous en a transmis le souvenir. Il fut le premier pasteur (ringwiller et fonctionna sans interruption de 1570 h 1614.
Lorsqu'un nourrisson mourait subitement, le pasteur était tenu de faire une enquête pour savoir s'il y avait eu négligence ou môme préméditation, et les résultais de l'en- quèle étaient inscrits sur le registre paroissial.
Dans la soirée du r» novembre 166/J, un duel îi Tépée eut lieu entre un bourgeois et un soldat originaire dr Brumutb. Ce dernier succomba h ses blessures, son adversaire quinze jours après. En octobre 1663, deux hommes furent mordus par un loup enragé et moururent quelques semaines après, lorsque leurs blessures élaiciU presque guéries. En 1586, le porcher se noie dans Télang de Vollach, en voulant sauver une de ses bétes. C'est du moins ce que raconte son valet, seul témoin de Taccident. Mais lorsque le cadavre est retiré de Teau, le sang s'échappe du nez, et le même phénomène se reproduit au cimetière, trois jours après la mort. Le pas- teur en conclut, selon la croyance bien connue, que le valet et la veuve, présents dans les deux cas, ont provoqué l'acci- dent, et vit son soupçon se confirmer, lorsqu'au bout de trois semaines les inculpés déclarent vouloir s'épouser.
Ce peu d'exemples suffît ?i montrer le genre d'intérêt que les registres d'église peuvent offrir a l'historien. Ils nous apprennent surtout, et jusque dans le détail, comment les funérailles se célébraient alors; ce qui est d'autant plus pré- cieux que la première ordonnance ecclésiaslique du comté (1573) ne fournit que de rares indications sur la matière, et que les sèches notices du deuxième règlement (1659- sont confirmées et complétées par les développements Jiuivanls.
A dire vrai, le rite funéraire ne s*est pas sensiblwnent modifié depuis trois siècles. Au son des cloches, le cortège so rendait de la maison mortuaire au cimetière, où le sermon succédait au chant des enfants. Cepentlant, h Menchhofen, l'allocution du pasteur ne fut introduite (ju'en 1615 sur l'ordre des conseillers de iiouxwiller. Quand le défunt était un enfant, la cérémonie était abrégée. On enterrait les non baptisés « in ailes stille ». l'our b^s baptisés non confirmés, on sonnait la petite cloche; et seuls les plus dgés d'entre eux avaient droit ;i un sermon La p^tit»* riorhp <«M"vait éi>.M
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NOTES SUR INOWILLER 74
lement aussi h rento»*rement des personnes mortes peu chrétiennement; par exemple en 1597, pour une servante qui habilail la ville depuis dix-huit mois, sans avoir jamais assisté h Tinstruction religieuse et a la sainte Cène; et en lf>07 pour le vitrier Fries, de llaguenau, mort sans s*ètre réconcilié ni avec Dieu ni avec les hommes.
Au contraire, lorsqu'il s'agissait d'enterrer quelque per- sonne considérée, les écoliers chantaient depuis la maison mortuaire jusqu'au cimetière, et recevaient alors un présent. Ainsi, \\ la mort de Jean Krafît de Waltmanshausen (1638), cet intendant de cour dont nous avons déjà eu occasion de parler, chaque chanteur reçut un schilling. Parfois on disait des prières funèbres k l'école, en mémoire d'un décédé, el alors la famille faisait aussi un cadeau aux enfants. Après l'enterrement du pasteur Jean Leitsch, chacun d'eux reçut un pfennig?! c«»tte intention.
Les non-lulhérions morts dans la commune étaient égale- ment enterrés par le pasteur, mais sans cérémonie ; ainsi en 1621, un étudiant en théologie catholique qui se rendait au collège des Jésuites de Molsheim, et, en 1639, sept soldats français.
On agissait de même à l'égard des calvinistes. On ne fît d'exception que pour un capitaine hollandais, mort de la pe- tite vérole pendant une visite qu'il faisait, en 1607, k son cousin de Waltmanshausen et (jui, s'élant recommandé aux prières de la paroisse, fut enseveli solenriollemenl, porté par quatre échevins.
Plus lard, d'autres «exceptions furent encore admises : «mi 1675, 1679 et 1713 en faveur de calvinistes : en 1682, pu fa- veur l'un tanneur catholique.
Souvent la guerre einpéfhait l'observance stricte du rituel. Dans la période néfaste de 1637-3i), plusieurs personnes furent enterrées sans l'assistance du pasteur, leurs noms ne figurent même pas au registre. De même en 1674 et 1678. Dans l'un de ces cas cependant, le sermon d'usage fut prononcé quel- ques semaines plus tard, dès que la situation fut redevenue normale. C'est en 1678 aussi qu'un enfant tout jeune du pas- leur Luck fut enseveli dans l'église même, le cimetière étant occupé parles sfildals. On sait f]u'»^p tPinp« r^rdinaire Ip droit
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de sépulture dans rniceinle sacrée était réservé aux seuls nobles. A Ingwillor. rVtaient les familles Riitlel de ïreppach, de Waltmanshauscn et de Schmidtburg (jui jouissaient de ce privilège.
Les suicidés ne pouvaient prétendre à aucune cérémonie. Souvent la question de préméditation faisait Tobjet d'une enquête préalable, dont le résultat était consigné avec soin sur les registres, deux qui avaient provoqué leur niuil par imprudence ou témérité étaient traités îi Tinslar des suicidés. C'est ce qui advint (loi)i) à un meunier tué h l'auberge par son valet le lundi \c PAques. Un bourgeois de Schwindratz:- heim, écrasé par une voiture, étant en état d*ivresse, eut le cortège et les cbants, mais point de sermon. L'enterrement d'une femme qui s'était jetée dans un puits eut lieu sans au- cune pompe funèbre; tandis qu'une autre, morte en 163f^, après avoir eu une jeunesse légère, avait exigé que ses éga- rements fussent signalés et blâmés publiquement en cliaii'e et qu'une mention en fut faite sur le registre.
Le lépreux et le bourreau (avec tous les nuMnbies <1p sa famille) étaient enterrés h part, au lieu dit « fiefi Ghh- weyler ».
En 1725, un bourgeois, meurtrier de sa femme, avoua son crime et fut condamné parle Conseil souverain à être roué vif après avoir eu la main droite préalablement coupée. Son corps resta exposé sur la roue au Galgenberg, alin que relte vue inspirât une crainte salutaire. Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'il ne fut pas question d'une c'réinonie reli- gieuse.
En somme, l'on voit que, sauf pour ces dt'rniers cas, el comme nous le disions plus haut, les usag<»s morli:aiies n'ont guère changé. Le si^rmun formait déjà le centre du ril(». pour remplacer l'appan'il plus sensible o{ phisIhéAtra! «b»s |H)nipes catholiques.
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NOTKS SUR INGWILLBR
IV
Prosélytisme
Philippe de Hanau, ayant embrassé la Réforme, la fil in- troduire, par Bucer et Hcdion (1545), dans la partie du comté que sa famille possédait depuis 1480; et lorsqu'elle hérita du reste de la seigneurie en 1570, la messe fut abolie aussi. Cependant, malgré la règle cujun regio ejus religio, il sub- sista une minorité dissidente que la révocation de Tédit de Nantes vint sensiblement renforcer, grâce aux moyens de propagande que Ton sait. Le hameau de Hohatzenheim, au canton de Hochfelden, passa tout entier au catholicisme en 1688; et c'est depuis ce moment que la chapelle voisine, éle- vée il la place d'un château féodal et mentionnée dès 1180 dans une bulle d'Alexandre lll parmi les biens de l'abbaye de Naswiller, sert de lieu de pèlerinage. D'autre part, le cal- vinisme s'implanta également dans la région, lorsqu'après 1648 on eut recours aux étrangers, surtout aux Suisses, pour repeupler le comté dévasté.
Hâtons-nous de dire que ces dilïérents cultes semblent s'y être toujours bien accordés. Car nos documents, durant les deux siècles qu'ils embrassent, ne font allusion qu'à un seul différend, survenu en 1699, à propos d'une vieille femme protestante qui aurait été enterrée dans la partie catholique du cimetière. C'est du moins ce que prétendit le curé qui réclama et obtint le déplacement du cercueil incriminé.
ingwiller appartenant depuis 1480 à la maison de Deux- Fonts-Bilche, le luthéranisme n'y put dominer que lorsque la mort du comte Jacques eut mis son gendre, Philippe IV de Hanau-Lichtenberg, en possession de lout le comté. Cepen- dant les nouvelles doctrines semblent avoir pénétré et même s'être propagées dans ses murs déjà auparavant. En effet, une notice du pasleur Bœringer d'Obermodern (1636) parle du culte évangélique en 1570; et le curé Jean-Lambert de Jou- dainville, dans un acte de baptême (1697), dit que le baptis- tère fut détruit (eoersus et disruptus) par les Luthériens en 1557.
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Quoiqu'il en soit, une fois le changement officiel de reli- gion consommé, on ne vil plus guère de conversions isolées avant la grande pression exercée depuis 1685 par le gouver- nement du roi. Nous n'en trouvons que trois en faveur du pro- testantisme : en i6if^, celle d'une vieille femme et d'un au- bergiste, admis à la Cène luthérienne peu de jours avant leur mort, et, en 1669, celle de la femme du vacher. Quant aux recrues du catholicisme, nous n'en savons rien avant 1695, puisque les registres antérieurs sont perdus. Dans les 30 ans qui suivirent cette date, trois curés surtout eurent des succès de propagande : de Joudain ville (1697-1702), déjà nommé, Adami (1706-9) et Michel Baldeck (1718-21). Le se- cond étant désigné comme curé royal, c'est-k-dire salarié sur la cassette particulière du souverain, il est probable que set prédécesseui^s et ses successeurs le furent également, ce qui expliquerait leur zèle missionnaire. Le premier des trois con- vertit vingt-et-une personnes dont une veuve avec sept en- fants. Un habibitant de Menchhofen, un de Weinbourg et un de Douxviller. Le curé Schott eut deux prosélytes en 1714. Des dix gagnés par Baldeck, un était de Houxwiller et un de Weinbourg. La plupart de ces conversions étaient occasion- nées par des unions mixtes ; souvent il s'agissait de Suisses immigrés qui, étrangers dans le pays et rompant toutes les atlnches avec leur passé, pouvaient aussi aisément changer de religion, sans que cette démarche entraînât pour eux les désagréments auxquels s'exposent ceux qui continuent k vivre au milieu de leurs anciens coreligionnaires.
Une seule fois il est question de contrainte (coactaj h pro- pos de la convei*sion d'une femme.
Trois des cas mentionnés sur les registres catholiques sont particulièrement intéressants, parce qu'ils rappellent des cir- constances qui se reproduisent encore de nos jours, par suite de ta prétention habituelle de l'Eglise romaine de considérer les baptêmes et mariages protestants comme nuls et non avenus. En août 1698, un mariage mixte entre deux per- sonnes de Menchhofen, béni par le pasteur de Durstel, fut annulé par le vicaire général à Strasbourg en vertu de l'or- donnance royale qui interdisait absolument ces unions, et le roupie fut rebpni par le cuip. En janvier suivant, l'pnfant
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d'un luthérien près de renier sa foi fut rebaptisé, et le bap- tême protestant qui lui avait été administré plus de deux ans auparavant, est qualifié de nefaria temeritas. Enfin, le 6 novembre 1710, rédigeant l'acte de baptême d'un enfant issu d'une union mixte, le curé Wunderlich remarque qu'à vrai dire sa naissance est illégitime, le mariage des parents n'ayant été béni que par le pasteur d'Asswiller à l'insu du vicaire général, que toutefois, vu la gravité de la question, il préférait la laisser en suspens et remettre la solution à celui de ses successeurs qui serait appelé à délivrer un certi- ficat de ce baptême insolite. Largeur de vue rare pour cette époque — et peut-être même pour la nôtre !
Voici le pendant de cet acte de tolérance relative. Invité \i baptiser un enfiuit du berger catholique de Waldolwisheim, (jui pour lors se trouvait *en fuite, le pasteur procéda a la cérémonie demandée sans formule, ni observations, ni res- triction.
Le cas des époux Lorenz (I707j mérite aussi d'être signalé. Le mari était catholique, la femme protestante. Depuis long- temps le curé Adami réclamait la conversion de cette der- nière, parce que son père avait passé au catholicisme avanl qu'elle ne fut confirmée. Elle, repoussant toutes les sollici- tations, le maréchal d'Huxelles^ gouverneur d'Alsace, et le vicaire général lui interdirent la participation aux sacrements luthériens et obtinrent de la régence à Bouxwiller que l'ordre fut adressé au pasteur de ne prêter aucun appui k la récalci- trante. Sur ces entrefaites, celle-ci donna naissance a un ♦•nfanl, et comme elle persistait toujours dans son refus, le père se décida h baptiser lui-miMne son enfant selon le rite protestant, avec parrains et témoins protestants. L'acte figure au registre prolestant avec une citation dogmatique destinée h. en prouver la validité. Le registre catholique n'en fiiit aucun mention, preuve que les autorités n'intervinrent pas, soit qu'elles n'eussent pas connaissance de la chose, soit que, fermant les yeux, elles usassent d'une mansuétude dont elles donnèrent aLrs peu d'exemples.
Le succès le plus important pour le catholicisme fut l'abju- ration de la famille Schenk, de Schniidtburg (1730), et il est regrottahle cfiio nous n'«qyon«; pins les notes de l'année où
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elle eut lieu. C'est après la mort du baron Frédéric Reinhard (7 juillet) que tous ses enfants, ainsi que son gendre Mader, inspecteur des forêts du prince de Hohenlohe à Zinswiller (canton de Niederbronnj, renoncèrent publiquement h la religion de leurs pères. Cette famille est aujourd'hui éteinte en Alsace; mais une de ses branches survit en Hesse-Darm- stad et une autre en Autriche.
Enfin, en vertu du fameux édit de Louis XIV, dix-neuf enfants illégitimes de mères protestantes re^-urent le baptême catholique pendant les deux périodes qui nous sont connues (4696-1719 et 1746-70). Moyenne : un tous les trois ans.
Disons encore un mot des réformés. On admet générale- ment que leur état civil était porté sur les registres catho- liques, bien que les ordonnances d'Alsace ne renferment aucune prescription à ce sujet. Tel semble en effet avoir été l'usage, à en juger sur le fait suivant. En 1763, le pasteur Pétri baptisa un enfant réformé. Huit jours après il fut cité devant le maréchal de Contades, (jui édicta que les pasteurs lulhériens n'avaient point le droit de s'occuper des réformés, du moins pour le casuel. L'année suivante, d'autre part, un enfant rélormé d'ingwiller ayant été baptisé par le pasteur de Baerenthal, le même maréchal ordonna que le père fil inscrire la naissance sur le registre catholique, et y apposât s.i signature h côlé de celle du curé. Ce dernier toutefois ne procéda pas à un nouveau baptême et se contenta d'ajouter en marge la mention : cafcinista. Il ne semble donc point c|u'on ait appliqué aux réformés une règle immuable et uni- forme. En tout cas, l'ordonnance du maréchal de Coniades ne fut pas observée longtemps; car dès le 19 mars 1769, nous voyons le past<»ur Pélri baptiser de nouveau un enfant réformé.
Ces diverses circonstances firent que le catholicisme pro- gressa constamment a Ingwiiler depuis la liu du 17^ siècle, comme on peut s'en convaincre par les chiffres suivants. De 1696 à 1700, la moyenne des baptêmes catholiques est de sept par an; de 1747 a 1751, de treize; de 1770 h 1774, de flix- huit. De nos jours, sans doute, d'autres circonstances ont mo- difié sensiblement cette progression, sans ramener, à beau- *iv\\p près, la proportion (icsrnltes à l'état d'avant la guerre dr
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Notes suh unowiller
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Trenle ans. Tandis qu'en 1849, des 2,219 habitants, 549 étaient catholiques et 486 Israélites, on y compte aujourd'hui 502 catholiques, soil encore plus du quart de l'ensemble de la population chrétienne.
Notre conclusion sera celle-ci. L'histoire religieuse d'Ing- willer, comme celle de tant d'autres de nos villages d'Al- sace», vient confirmer ce que M. Plistor disait naguère en rendant compte des études de M. Reuss sur l'Eglise protes- tante de Strasbourg en 1686 et sur la situation légale des protestants d'Alsace au 18^ siècle : « Après avoir lu ces pièces, l'on ne pourra plus répéter cette phrase banale : Les protestants ont joui en Alsace, sous l'ancien régime, d'une pleine liberté de conscience..., ni cette assertion qu'on trouve dans la plupart de nos histoires de France : Tandis que les calvinistes de l'autre côté des Vosges éUiient en butte h la persécution, les luthériens d'Alsace ont continué a jouir pai- siblement de la liberté de conscience, garantie par les traités de Westphalie. » f Annales de l'Est, 1888, p. 258, et 1889, p. 448).
Th. Schoell.
LA VIE A STRASBOURG
AU
commencement du XVII® siècle
Rien n'est souvent plus difficile que de pouvoir se faire une idée juste de la vie de nos aïeux aux siècles passés. Une tentative de ce genre absorbe souvent pendant des années la patience d'un érudit, obligé de glaner de tous côtés de menus faits dont il fera plus tard un ensemble bien coordonné. De nos jours on commence a s'intéresser vive- ment k la vie d'autrefois; à mesure que l'intelligence s'affine on se plonge de plus en plus volontiers dans l'étude du passé. On est curieux de savoir comment ont vécu ceux qui nous ont précédé, quelles ont été leurs habitudes quoti- diennes^ leurs mœurs, leurs pensées. On compare tout cela k notre vie k nous, souvent l'on reste étonné en constatant combien l'homme change peu.
A cet égard il n'est pas de lecture plus captivante que celle du gros volume laissé par maître Daniel Martin qui vivait à Strasbourg dans la première moitié du XVII® siècle. Le titre de l'ouvrage ne semble nullement faire prévoir ce que l'on y trouvera. Le Parlement nouveau est simplement un de ces manuels destinés aux personnes désireuses d'ap- prendre le français. Ce gros in-i2 de 8i9 pages est divisé en cent chapitres, chacun consacré k un détail de la vie k Stras- bourg. Chaque page est divisée en deux colonnes; k gauche le texte français surmonté de la traduction littérale alle- mande en petits caractères, k droite la traduction allemande correcte.
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LA VIE A STRASBOURG 79
L'auteur semble avoir vécu pendant assez longtemps dans la vieille cité alsacienne car il en connaît admirablement les mœurs et coutumes (1), dont beaucoup se sont transmis fidè- lement jusqu'à nos jours. Il était originaire de Sedan et nous ne savons que bien peu de choses sur sa vie. Il s'intitule linguiste, ce que nous traduirions de nos jours par professeur de langues vivantes, et il devait tenir une école dans la rue du Dôme et avoir des pensionnaires de différents pays, venus H Strasbourg pour apprendre le français. Car, c'est là un point digne de remarque, le français était plus répandu en Alsace du XVI« au XV1II« siècle qu*on ne le croit générale- ment. Les persécutions religieuses avaient chassé de France de nombreux huguenots, presque tous des hommes fort dis- tingués et qui s'étaient établis dans le pays ; la guerre de Trente-ans amena en Alsace, à diverses reprises, des armées françaises qui finirent par y rester à demeure et à répandre la connaissance de la langue française, jusque-là cultivée exclusivement par la noblesse et la haute-bourgeoisie qui avaient toujours eu des rapports très étroits avec la France.
On venait donc de tous côtés à Strasbourg pour y apprendre le français, comme le fit (Jœthe un siècle plus tard. Mattre Daniel Marlin comprit qu'il y avait une lacune h combler et il se mit à parcourir les rues, fréquenter les boutiques, à causer avec Pierre et Jean. Il réunit ainsi une foule de ren- seignements du plus grand intérêt, les groupa méthodique- ment et nous laissa ainsi, sous la forme du dialogue, le ta- bleau le plus vivant qu'il soit possible d'imaginer du Stras-
(i; Ferd. Reiber croit qu'il habita Strasbourg de 16i6 k 4637 environ. Le privilège de sa grammaire, daté de 162i, énonce, en effet, que depuis cinq ans il enseigne le français à la jeunesse stu- dieuse de Strasbourg ; et dans la préface du Parlement nouveau de 1637, les éditeurs disent que la mort l'empôcha de corriger les épreuves de ce livre. Dans ce dernier ouvrage, Marlin rapporte lui-même qu'il a 43 ans en l'écrivant. — (Kûchenzettel und Regeln eines strassburger Frauenklosters des XVI Jahrhundert, p. 47-48.)
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bf>Drg à'ski*}r%. l\ a *ià iuhf^ftr àoo traraii T^n mT .» l'àf e de i3 ai» (f .
A Tant de tracer on tahieaa fie la rie 9trasboiirçe«>be d'af^rès Daniel Martin iffTefqneH remarques préiimioaires s«jDt Of^ee^y- !4alre>4. L>it:»>llent maître n'a pas seulement l'intentioD d'ap- pTf'ndre le français à *e^ él»^v^. il veut aus«îi en faire des bomrneSy leur ineulquer le^ i*AÏnp^ maximes d'à ne morale ^lev^ et de^ senti rrent^ d'indabrenee envers lears coo»:^i- t/Aensi. Il leur recommande la piét^ àincère, mais non exté- rierire et de fioacbe seolemenî. il 1^^ encooTa.sre h lire plotùt la Hihie r(ij*a «»'adonner aax jeux de cartes, il 1^ engage h oinerver envers leurs semblables une p*>lîlesse courtoi"*** et leur donne des ex^*mples tout «-i fait exquis. La langue qu'il leur enseigne est d'une rare saveur bien faite pour faire la joi^ de f:eux qui ont encore gard^ de nos jours le culte d'une langue souple, riche et harmonieuse. Si on rencontre parfois deji traces de précicisit^^, amenant un sourire involontaire, ou une expression d'une verdeur un peu trop énergique, il ne faut pas oublier que nous sommes au XVII* siècle et que nul n'y faisait alors attention. Nos arrière-petils-neveux souriront san» doute aussi un jour de l'aiïéterie de certaines habitudes de notre langage.
Le titre de son ouvrage est un peu long comme on va en juger. Il le nomme : ParU'ment nouveau ou Centurie inter- linéaire de devis facétieusement sérieux et sérieusement facé- tieux, comprenans sous des Tillres do Professions, Charges, Artifices, Mesliers et autres Eslats tous les mots et phrases
(i) Déjà en 1022 Daniel .Martin avait publié à Strasbourg une curieuse grammaire française et allemande à l'usage des Alle- mands. Les règles y sont en latin et les exemples en français, alle- *uiand et latin (Favus prœceptorum linguœ Gallicœ. Argentinai anno 1021, in-8o, titre gravé .> Ce livre se vendait chez l'auteur. Voiri rommenl débute sa préface : Amis lecieurs, mon destin m'ayant porl^'; en ces quartiers, où nostre langue est autant de requeste que chose qui soit, j'y ai trouvé les esprits ne respirans que Tesludc d'icelle... Et le vofume est de 1621 î— M. Reiber, dont Tadinirable collection a été vendue récemment (1896) possédait rexemplalrc de l'auteur avec 40 ff. de notes manuscrites auto- graphes. Le volume net in-8o était orné d'un titre gravé avec 6 armoiries, relié en parch. ave. pi.
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L\ VIE A STUASBOURG
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nécessaires en la convorsalion humaine, ol par ainsi servant dî Dictionnaire et ISomenclatiue aux amateurs clo deux lan- gues Françoise et AUcmantle. Ouvrage non moins utile pour le public, que déleclahlc pour la variété dos renronlrcs, pleins de doctrine admirable cl de moralité, autant qu'il est pos- sible, parsemé de Discours, Histoires, S(Milenres et Proverbes, non moins utiles que facétieux. Ensemble la table des Tiltres et ses principales martières f-s'/V) y traiclées. Par Daniel Mar- tin, linguiste. Dernière édition, reviie, corrigée» et augmen- tée.— A Strasbourg, aux despens des ]i(»reliersdefeuEverard Zetzner, anno 1060. — En regard se trouve le titre allemand commençant ainsi : New Parlement oder bundert kurlz wei- lige, docJi nutzlicbe Gespraech, frantziesiscb und teutsch... La première édition a paru à SlraslxRirg en 1637. Les exemplaires en sont aujourd'bui introuvables. La collection de Ferdinand Ileiber vendue tout récemment, en contenait un (I). La nouvelle édition que nous publions aujourd'bui est faite d'aj)rès colle do itîliO. Nous n(* donnerons (jue le texte franeais, nous contiMitant de ne rojjroduire en note des fragments du texte allemand, (jue lorscpi'il olVie des particu- larités locales.
Cbarles NEnLiNCEii.
{[) II parait que c'était le seul coinvu. Une (iutrc édition se trouve mcDlionnée dans la (lalaloguc do la collçcliou Ilcilz. très briève- ment sous le no ;ir>27, connue suit : Les Coilociuos français et alle- mands avec unegraunuaire iVai.raise. Slraf>hour^» H\l^, in-li.
Deux autres exemplaires se trouvent dniis la riclic collection de M. Charles Mehl. Ce suit :
DasNcw Pr.rlauient. Parlement nouveau, <.der(ieniein(iospnech, Teulseh und Frautzœsisch, ^muIz nuliîlicb allen denen, so diesc zwotpracbcu recht fcrtig zu lelir-neu l)ei:oliien. ou Colloques fa- miliers franoois et allemands, fort })roprcs pour tons ceux qui dé- sirent parfaitement apprendre les dcùs la niques. Iteveues et corri- gés pour la scccmde fois par S. Telles, â Strasbourg imprimé par Th. Paslori lti63. Vol. iii-8o. (IH pa.-os y couqiris le titre;. (Col- lection de M. Charles Mehl).
Parlcinonl ou Vocabulaire frar.rois cl allemand nouvellement inventé pour la C'imiu'xlitc di s viiya^cins qui désirent apprendre l'une on Piiulre langue. A licsar.*.' ii (I S(^ \<m..1 à Mrash org chez IvMiis D'iussclol. niarrbaud-lilra're sous les an ; <[cs a\i U'tm de
82 REVUE d'alsace
Jcsiis. s. d. iii-12 carl. 2[0 pngos cl 5 (T. (17^ siècle/ Colloclion de M. Charles Mchl.
Vax oulrc. la Bihliollicciiie Nationale possède de Daniel Martin les trois ouvrages suivants :
io — Acheininenicr.t à la hiuguc allmande, c(»ntenant des rèigles faciles de la prononciation expriuicc par le moyen des lettres Franr(îises c;:niinc aussi l'explication de chasque partie d'oraison, avec un Abrège de Syntaxe. Item le Trucheman des François et Allemands, c'rst-à-dire, devis ou colloques franu)is et allemands pour toutes occurenccs, dressez à l'usage de la Soldatesque Fran- (^oise venant en reste ville ; comme le contenu le monstre en la page suYvante. l^c Tout dcdiê à la Noblesse franu)ise cbercbanl de l'exercice à sa vertu en la (iuerre d'Allemagne. Par Daniel Martin, Linguiste. Da.i /x/ A'urfcp Anlpifunf/ su der Teutschon Sprach... — Strasbourg. Kverhnrd Zetzner, libraire, l'an 1().*15, in-i:2 C24G pages ; provient des Auguslins de Paris.
IVibl. Nal. X i49i0. 8o.
— C'est une grammaire ; les règles se Irouvent dans la pre- mière partie et les cxcm|)les suit d'un intérêt alsatique nïoindre dans la seconde. Le volume se termine par les (îrûces et par ce distique :
Au commencemenl et au bout Soit l'.ué (pii de rien fit tout.
^. Le (luidon Alleir.and. enseignant la [«rononciation allemande, cxprîmie par h? moyen du son des lettres Frauroises, avec l'expli- cation des cb.ssjpic [)artie d'or?:is()n, un abbrégc de Syntaxes, et des Dialogues ; dédié à la Jeunesse Françoise <Mirieuse d'apprendre la lî.ngue allemande. Pi.r Dr.nicl .Martin, linguîfcte. De noveau im- primé, reveu et cirri^é. I>.*r TeutscIieWegiceiser... — Strasbourg cbez (irorge André Dolhopf; Jean Kverard Zetzner, marchands libraires, l'an de grâce 16'J'î, in-l:\ {/yMS pages).
Hibl. Nat. X 1 iOS.'f. in-8o.
(La préface est identique à VArIttnninf'm^*iit... de hVMy. Les exenqiles sont s JUS forme de conversation et se rapprochent du Parfef}i(*nf noiir^nn d.»nt elles forment un utile complément et que nous [»ublien»ns également. Il est terminé aussi par le même (listi({ue.
il. — Le l'arfî/it (iuidon aicmaud rcveu et rcn'juvellé. t'usei- gii.-.i.t la prononciation alemande. exprimée par le miïen du s')n «les Lettres Fram.oises. avc(^ ri'Ajilicalion de chaciue partie de l'Oraisfui, un Abrégé de Syntaxe, et des Dialogues; i\. quoi on a ajoiMé une fort belle Nomenclature, et une Instruction pour bien composer lesLcllres, suivie de quebpies compliments sur ces deux langues, le toute fort commode à la Jeunesse Fraui.oise, curieuse d'apprenilre la Langue Allemande : Par Dcniel Martin, mr.ître de langue, i\i' nouveau revu cl corrigé, par II. S. P'r Ifutsche voll-
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LA VIE A STKASUOIIIG
83
PARLEMENT NOUVEAU
OU discours familier sur chaque profession, charge et mestier, contenant tout ce qui se dit ordinairement au commerce de cette vie.
AVANT-Ii!:U OU PRKLUDE
Bon jour et bon nouvel an. Monsieur mon pure. Je prie Dieu, qu'il vous face la grâce de le commencer avec ioye et le passer en sant(* et prostérilé ; et non seulement celuy-cy, mais aussi plusieurs autres à voslre souhait.
Dieu vous face la mesme grâce, mon clier fils; et vous y face croistre tant ei] corps et esprit, (ju'en sa crainte et vraye connoissance. Ainsi soil-i!.
Bon jour mon cousin.
Et h vous aussi, mon cousin
Comment vous va '!
Je me porte assez hicn, Dieu in(M«*i, ct)mine vous pouvez voir.
Et vous ?
Je suis encore en l)onniMli>.p()qli«)M, Dirn .soit loué, et tout presl à vous servir.
Je vous remercie de vosln^ oiïiv: mes revenus sont trop petits, pour entretenir un tel s<rvi((nir (pie vous.
Dieu vous aide, Dieu vuu- >(>il m .lide. Dieu vous assiste, Dieu vous bénie.
n me semble cjue vous avez (Hernuô :
Non pas? N'est-ce pas.
komnen VVecQ-Weispr... — A CuloiMic c'irz l''i'aiiM)is Mellernich, marchand-libraire, l'an \'\2, in-k\ fis p.
Bibl.Nal. \ \V.YX\, in-go.
(Ce voliiino irninv* [tins .Miciin inUr.M [rtjir l'hisloire des mœurs cl des rouliiuM's d,' rA!s;.c<\ CVsl iiiic -rMiiinairc banah^ comuic loiitos 1rs aiilics, nuis îcinr;,»»' i»;!i- une strie do formules fort inlrressault'-;. Nuis iii(l!in»'is à v \<",;i- une ( idilrr-iaron de Daniel Marlin. doul le sl\le ne se rrcinii;,:! i:iii!(^ pari. Le irrainl succès dont jouissiiil .>b;rlin au \\ 11'' s. rxpli.pie r-'jl liieii b: loiilalive des faussaires. y
84 RSVLE D* ALSACE
Aussi ay-ic, j'ai toussé et esterniié en mesme temps.
J'ay un grand'rhcunie, et une forte toux, qui m'escroulle tout le corps.
Uui est-ce lî», qui nous vient à la rencontre?
(7est le iils de nostre voisin.
Dieu vous ganV.
Et vous aussi. Que faites-vous icy?
Je suis en chemin pour aller chez le barbier me faire tirer du sîing(l).
Dieu vous l)cnie la saignée (2).
Cïrand'merL'v. Et vous, où alloz-vous?
A l'estuve H), pour suer et me baigner.
(\) La saignée élail 1res pratiquée jr.dis. KUc élait obligatoire à <1( s (laies fixes (hms les ordres monasliciucs. Au XVlle siècle les Alinanachs publiés M Slrashi.urg portaient à rerlaincs dates des doubles croix, ce qui signifiail qu'il fallait se faire saig:ner ces jours-îù. On se rendait h ret ellel chez le barbier dont la bouti(iue élî.it reconuaissable aux bandelettes <]ni pendaient h ses fenêtres. D'un coup de iMiirctte il ouvrait une veine du bras en reconiman- dai:l de tuisscr afin de mieux faire couler le sang. (Juand il chan- gciiit de <M)uleur on meltail du coton sur la plaie et on serrait fortcincnl avec des bandelettes CVoir pour plus de détails le cbap. ti fi-de:-sous) .
(-1) En allemand : (riûff/c im L'rcklein.
(.'{) Les (tuvcsrtaicnt des bains chauds. On y allait non pour entretenir la propreté corporelle, mais pour se débarrasser de |)ctit malaises, maux de dents, maux d'veux ou de petits malaises mal définis. Le médecin Mangue n- le cette habitude encore au début du XVIlIe sièele. 11 dit que dans ces Badstuben où régnait \nw ebr.lcur excessive, on se faisait verser une grande quantité d'eau chaude sur le corps, puis on se faisait appliquer sur la peau un certain nombie de petites ventouses de cuivre « larges comme un <louble et scarifier par les muuchcteures d'une Ibunmc » (Bibl.
Du temps de Daniel Martin celte opération coûtait deux sols, plus deux liards (pfnn donnait au gar(.oiH[ui vous tendait un linge au s ;rtir do l'étuve pour essuyer les pieds et vous essuyait la lôte « en la frottant d'un frottoir blanc, arrosé d'eau d'anis ». Généra- lement on appliquait au moins dix ventouses, cjuatre sur le dos, deux sur les reins, deux au-dessnis des coudes et deux sur les cuisses. On ne chautTaiL les bains que trois fois par semaine, les lundi, mercredi et samedi, il y en avait doux spécialemenl afîeclés aux liommcs, celui de la W se et celui de Spire, et trois aux femmes ceux de la \ÀQ{zum Tims3n) du Cercle (sum ll^uf) et delà Plante. Auparavant hommes et femnx's se baigr.aient ensemhle.
LA VIE A STUASBOIRG Ho
Dieu vous bénie le bain.
Je vous remercie de bon cœur. A Dieu.
Il m'en faut aussi aller. Bon soir.
Dieu vous donne aussi le bon soir, et la bonne nuit.
Dieu vous donne bonne nuict, et bon repos.
J'ay ouy dire que vous estes fiance avec N.
Vous avez ouy la vérité.
A vostre bonne santé donc. Dieu vous donne toute sorte de félicité en vostre mariage.
Grand'merci, Monsieur.
Et a vous toute joye en Tenfanl, que Dieu vous a donné : car (à ce qi.e j'ay entendu) vostre femme est accoucbée. mais je ne sçay, si c'est d'un fils ou d'une fille.
C4'est un garçon. Dieu merci.
Dieu le veuille accroistre en corps et esprit, et le combler de ses dons tant spirituels que temporels.
Je vous remercie très affectueusement de sa pari, et vous asseure qu'il augmentera le nombre de vos serviteurs.
Serviteur, Messieurs. Serviteur à toute la compagnie.
A vos bonnes grâces, Monsieur.
Avec vostre permission je saluerai voi bonnes grâces.
Grand bien vous face. Je vous baise bien humblement les mains.
Je vous remercie de très bon cœur.
Dieu soit céans.
Dieu vous conserve en bonne santé.
Dieu vous donne bon voyage.
Dieu vous conduise, et ganl ^ de mauvaise rencontre en vostre voyage.
Soyez le bien-venu.
Et vous le bien-trouvé.
CIIAPITIIE PREMIER
Du maistrd d'escola
Où allez- vous? Où est-ce que vous allez? Je vais à l'Escole françoise. Où la tient-on? Où est-ce qu'on la tient ? En la riie du Monstier (i).
(i) Rue du Dôme arUiclle.
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86 iiEviE d'alsace
En quel endroit ?
Joignant le boulengcr (1), du costé du Monslier on vers la grande Eglise (2).
Que donne-on par mois? Qu'est-ce qu'on donne par mois ?
On donne seize schillings : ou un risdale, ou bien quatre schillings par semaine.
Combien de fois y va- on le jour?
Deux fois en payant seize schillings :ou une fois seulement en donnant douze schillings.
Quelles sont les heures que Ton y va '?
Le matin on y est de dix heures jusques h onze : et Tapres- disnée de trois jusques à quatre.
Scavez-vous bien pounjuoy le mayslre a choisi ces heures plustost que d^autres ?
Ouy, c'est a fin que les csct)liers de classe y puissent aller sans empeschemeut en leur eslude latine; car en s'en allant de leur nagent, ils vont tout droil à leur maislre de langue.
Qu*apprend-on en cestc escole outre la lecture Françoise?
On apprend h parler, et aussi à escrire, qui veut : et mesme ceux qui ne sont pas paresseux, ne se contentent pas de sçavoir peindre les lettres Françoises, conmie on les escrit avec la plume : mais s'exercent deux fois la semaine h com- poser des thèmes François.
Qu'est-ce que vous enlendez p^ir là?
J'entends que le maislre leur dicte le Mercredi et le Samedi quelques lignes en Allemand, qu'ils tournent eu lYançois, la correction desquels fait insensiblement apprendre la syntaxe Françoise, exerce et empesche d'uublior la déclinaison des noms et la conjugaison des verbes.
N'cst-il pas bon d'exposer ce qu'on a Icu?
Ouy, et très utile : car pour bien tost estre savant en la langue, il faut lire, exposer, composer et parler ô toutes occasions qui se présentent, sans estre honteux défaillir: car qui ne parle jamais mal ne parlera jamais bien.
Vous avez raison : apprenlif n'est pas maistre (3).
(1) Neben dem Weissbodon. got;en dcui Munster Ohor.
(2) La cathédrale.
(3) En alleuuuid : Der Pajist isl auch Sc/i:iier f/eires.^n.
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LA VIE A STIlASHOir.G li
Où avez-vows appris h lire en allemand ? En Tescole du paysan bleu, à la placiî d: s (lorJeliers (i), près (la ponl d'arche, non loing de l;i Chouëltv
Ce niaislre m'a appris à connoislre les b'llre.>, h ospcllei cl lire couraniment dans un livre d'ahecé, sans me servir de louche.
Combien de livrets avez-vous perdu el desebiré en tout le temps, (juc vous avez esté à Tcscole ?
Je n'en ay usé ni perdu pas un : car j'avais une malelle d'escole, dans laquelle je le serrois, et si avuit ledit livret du carton en la couverture, et des aiguillettes (|uc je nouois et fermois soigneusement, tellement (pi'il ne s'y faisoit point d'oreilles d'asne.
Voyez louchant l'Escriture au chap-dc rKscrivain.
CHAPITRE DEUXIÈME
Du Boulenger
Voslre pain commence à se moisir (2J.
Sa moisissure se passera bientôt : car voilà la dernir^re miche.
Il nous faudra recuire demain.
La servante mettra à ce soir à poinct la farine, ou appres- lera le levain et se lèvera de grand matin pour faire et pestrir la paste, et chauffer le four.
Cuisez-vous donc au logis?
Ouy, nous avons esté contraints, d'y faire faire un four, parce que le fournier (3y achevait de nous desrober ce que le larron de musnier nous avait laissé : et au lieu de farine de froment, que nous lui livrions, nous rendoit du pain de seigle, ou de mesteil (4), et- mesme si petit, que pour luy faire avoir son poids, il le moiiilloit de telle sorte, qu'à peine le pouvions-nous manger, et s'esmioit au potage en guise de bouillie ou panade.
[\] Place Klébcr arluelle.
[2] Ewer Drod fangt an eu sc/iimlen.
[H] Der Schwarsbeck.
[■i\ Rocken oder MMcprbvod.
88 REVUE d'aLSACE
Avez-vous tous les outils ou ustensiles nécessaires et appar- tenantes à un four?
Je crois qu'ouy.
Car nous avons une paelc, un fourgon, un cscouvillon, une maict, un racloir et un plumail, et un sas ou sassct (1) pour faire de la fine farine h faire paslez, flans (2), tartes, etc.
Je me suis aussi fourni de deux cordes de bois d'aulne, parce que le chesne ne fait pas assez de flamme.
IIé,^e vous prie, faites-moy un gasloau. je vous envoyeray du beurre et un œuf pour le pestrir avec. Vous en mangerez vostre part.
Envoyez donc vistomcnt : aussi bien veux- je cuire un pasté de ménage, fait d'une grasse pièce de bœuf bien lardée de lard, et picotée de doux de girofle.
Quand est-ce que vous enfournerez ?
Incontinent que le four sera assez cband : car la paste est desja assez levée, le levain était forl aigre.
Je me réjouys de manger du pain tendre.
Si est-ce, que le rassis est plus sain.
Pour mon regard j'aime le pain rivé (3), qui a beaucoup de croûte et peu de mie.
Je le croy bien, vous avez encore toutes vos dens affilées comme le rasoir d'un cbaslreur : mais moy, qui suis desja une vieille édentée, je cberclie le pain (jui a beaucoup de baisure (i), ou que les autres ont escrouté.
J'eusse esté une bonne paysane, je mange volonlrôs un gui- gnon de pain bien frotté d'ail et salé (Ti ;.
Oslez-moy celle paille ! (Test bien le tbériatjue des villa- geois, mais je ne me musqué pas Tbaleine d'une telle drogue.
De combien de sortes de pain cui^ez-vous !
[i] Haï fer, /ù'ucke. Biidcltriscfi o(h*r Wischet\ Rachtrag, Teiyscharvp, Kf'hririscli, Si<'h odev Iiruf/er. [2] Fladen. [3J Das Orthrod. [4] Das vie/ stoss/uif.
[5] Coutume encore l'orl en usî.f:(» dî.us les c'am[)îjgnes aux envi- rons de Strnsbour:,'.
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lUSBOURG
farine sas els et ser\' i oinc et d'oi • )ain d'espe
nais non p ;
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fromage j :
îin d'yeux i
v'euglc, co I ris du Pai
ine pièce !
r(4).
SIÈME
Dourvoy !
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"èO
REVUE I) ALSACE
Je sçay un garçon de dix-sept à dix-huit ans, qui parle aussi bien François qu'Allemand. Ce sera iustement votre fait.
Vou'.ez-vous que je l'envoyé quérir?
Guy, s'il vous plaft : vous m'obligerez fuil.
Le voicy desja.
Suyvez-moy, mon amy, et m'aidez a acheter force petites choses au marché.
Marchandez ces poulets.
('ombien faistes-vous la paire de ces poulets ?
Je les vends VII quart d'escu la paire.
N'avez-vous point de honte de faire un poullet huit sols?
Soit honteux qui desrobe et est contraint de rendre, comme dit l'Allemand.
La rareté cause la cherté.
Les soldats n'ont laissé ni riflle ni raffle (1) en nos villages et hameaux.
Ce peu que vous voyez, a este couvé et escols(enclos) en ceste ville.
Je vous en donneray six bats ou douze sols de la paire : et prend ray toute la volière, ou couvée.
Ils sont petits et maigrets.
Lardez-les, ils seront plus gras.
Ils ne sont pas k vendre h moins de six bats et demi.
Je n'en donnerais par un liard d'avantage : voyez si vous voulez recevoir de l'argent.
Vous vous morfondez là pour néant : car ie suis asseuré qne personne ne vous en donnera tant que moy.
Prenez-les : il m'en faut retourner au logis.
Combien de paires y en a-il?
Il y en a six qui montent à deux florins et six bats, ou vingt quatre schillings, ou trente six bats.
Tenez, voilà un florin d'or, qui fait deux florins, puis deux pièces de trois bats.
Il est vray, iustement le compte.
Marchandez ces œufs.
[i] Stumpffnoch StieL
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LA VIE A î^TRASHOCUG 91
J'en voudrois bien acheter deux ou trois douzaines, s'ils estoient frais et non couvés.
Femme, combien d'œufs au schillings, ou combien donnez- vous d'œufs pour un schilling (i) ?
Cinq pour trois bats.
N'est-ce pas horreur? Cinq œufs pour six sols! J'en ay veu souvent donner en mon pays douze pour un sol.
Nous ne sommes ni en vostre pays, ni en ce temps-lk. Poulies mangées ne pounent plus.
En voulez-vous donner trois pour un schilling ou un pour un sol?
Je prendray toute la pancrée.
Prenez-les, que ie m'en retourne viste au logis, donner la mammelle à mon enfant, ou allaicter mon enfant qui crie au berceau.
Si ce n'estoit cela vous ne les aurioz pas pour le prix. Je sçay bien que vous les revendrez deux ou trois sols la pièce.
Je sçay tel qui en a mangé h Savernc ii un quart d'escu la pièce.
Voilà des fromages bien passez, ne vous en faut-il point?
Guy, toute mangeaille m'est bonne. Marchandez-les.
Vous le pouvez bien faire vous-mosme, ces coquetiers et marchands d'œufs, de fromage et de beurre, sont Lorrains.
Païs, combien la pièce de cos petits fromages?
Six gros : ils ne son pas petits pour le priex. S'ils estoient plus gros, ils seroient aussi plus chers.
En voulez-vous quatre gros, ou deux bats ? Us seront bien payez.
0 que nenny.
Je ne les voudrais pas apporter pour le prix, quand ils ne me cousteroient rien d'achai)t.
Donnez, donnez^ si vous pouvez, j'en prendray une demie
douzaine.
Quand vous les prendriez tous, vous n'en auriez pas meil- leur marche.
[i] Fraiv, icievieleyev gebt ilir um einen SchilUng. Cette locution est encore employée très couramment . Par Schilling (schilli) on entend aujourd'hui une pièce <le monnaie (Iflivo de la valeur de quatre sous.
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92 REVL'E D*ALSACE
Je n'ay pas le loisir de beaucoup barguigner, ic vous en donneray cinq gros ou sols. Meltez-y encore un demi-gros, ou deux blancs. Je n'en feray rien. Voyez si vous me les voulez laisser pour ce prix. Prenez-les.
Tenez, voilà un ducalon pour les six, que j'ay mis dans nostre hotte. A quel prix le mettez-vous donc? a deux florins. Ouy-dà. Ne savez-vous pas bien qu'ils valent autant par- tout? J'aimerois mieux de la monnoye.
Je ne vous puis pas peindre l'argent (dit rAllemand), je le vous donne tel, que je l'ay receu d'un autre.
La femme au beurre, combien vendez-vous la livre de voslre beurre frais?
Je n'en ay point de liveres. Ge sont tous quarterons, demi- livres et coins de beurre (1). Que faites-vous donc le quarteron? Quatre sols.
Ce seroit seize sols la livre. Si vous en voulez rabbatre deux sols sur livre, ie prendray tout ce que vous en avez :*ce n'est qu'un demi-gros sur un quarteron.
Prenez, que je m'en aille me réchauffer au poile, .ie suis toute transie de froid.
Que voulez-vous encore acheter? N'avez-vous pas encore fait toute voslre emplette?
Il s'en faut bien. Il me faut encore acheter cinq ou six pots de beurre fondu (2), des choux cabu (3j, des choux verds, des choux surs (i), et autres choses, que le lecteur de ce dis- cours trouvera es chapitres, du jardinier, coquetier, marchand de farine, brasseur de bière (5), marchand de vin, grais- sier (()], etc. [l] Ks seynd lauter vierling, halb pfund und butterwecklein, [2] Fûnffoderscchs Becker Aiickpn oder Schmnltc, [3] Krautkœpf, [4] Sauerkraut. [5] Biersiedpr. [G] Krempen.
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LA VIE A STRASBOURG 93
CHAPITRE QUATRIÈME Du Cabaretier
0 que j'ay soif ! le pasme comme un poisson hors do Teau. Ma langue s'Utache quasi îi mon palais. Je crache blanc comme coUon de Malle. Si je rencontrais maintenant quel- qu'un qui fust altéré comme moy, et me voulust tenir com- pagnie, j'entrerois au premier cabaret que nous rencontre- rions en nostre chemin.
Bien que la soif ne me travaille pas autrexent, si ne lais- serai-je d'estre de la partie, et vous mener en bon lieu, pour- veu que vous me promettiez de m'en sortir, ou de me des- frayer, et pour r'^compense ie vous enseigneray vne recepte qui vous empcschera d'avoir iamais soif.
Declarez-moy donc ce beau secret, vous serez franc d'cscot.
Beuvez toujours un quart d'heure avant qu'avoir soif, elle ne vous viendra iamais.
Il y a longtemps que suis desjeunc de telles drolleries. Dites-moy quelque chose de nouveau.
C'est toutes fois une ordonnance de Rabelais, célèbre doc- teur en médecine, qui dit aussi que pour estancher la soif, il n'y a point de plus asseuré expédient, ni plus agréable au patient altéré, que de boire souvent et h longs Iraicts.
Je ne lairray pas pourtant de payer vostre escot : menez- raoy seulement où il y aye du vin d'une oreille. Je hais le ginguet (1), le vin verd et de deux oreilles, la piscantine, et la piquette, bien qu'on dise qu'ils désaltèrent mieux.
Je vous nommeray une bonne partie des tavernes ou caba- rets et hostelleries de cestc ville...
En ceste rue des pierres (2; il y a le poile des Gourmets que je say mener le branle, parce qu'il y a un honneste et aimable homme d'hoste fourni d'excellens vins et de bons morceaux, n'cscorchant pas le monde mais contant raison- nablement.
[1] Reissdœj^Tne?% saurer Wein, Trabenrein, Leyer. [2] Aujourd'hui Faubourg de Pierre,
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94 IIEVL'E d'alsace
Pli4S avant au fauxbourg est riIomnie-Gris, la Charrue*, la Corne-de-Ccrf et le poile des Jardiniers aux Deux Anges.
Au le marché aux chevaux (1; TArbre Vert, et le Cercle d'Or, dont les principaux chalands sont paysans, manou- vriers, aides à maçons, escorcheurs etgadoùards.
Devant la petite houchcrie^ il y a la Ilautemontée.
A la place des Deschaussez ou Cordeliers est le trou des naseaux autrement le sep do vigne (2).
A la vieille eslappe(3), la cave-profonde et l'Estable.
En la rue haute, l'Aigle noir, le Vigneron, la Croix Rouge, le Coq-Rouge et le Lion rouge qui a pour voisin et chaland l'Exécuteur delà Haute justice.
Au marché au hlé, il y a le Saumon et le poile des Sei- gneurs.
Au Hameau des pinçons (4), il n'y a que TEspieu et la Mousche.
A la Poissonnière (5), le Bouc et le Pied de Bœuf.
Devant la Grand' Boucherie, la Couchette.
Devant la Douane, la Fleur et la Hache'.
En la rue des Corbeilles (0) devant le portail du Monstier, la Cave du Faucon et un peu plus bas le Vieux Palais.
Au le marché aux cerises, ioignanl l'hostel Nostre-Dame (7) il y a le Cerf.
Vis à vis de l'Hoslel l'Evesque, le Parc des bestes.
A la Place Sainct-Estienne, la Pucelle.
Le long du quay et es environ il y a la Couronne, la Pomme d'Or, le poile des Bouchers, le Poisson de la Perche,
li] Rossfnajit't au']. Place Broglic. Los noms marqués 'désignent des maisons cxislaut encore.
[2] Das Ituhenfoc/i oder der Rebstock (Place Klébor acluollo).
[3] Auf (lem altcn Weinmarckt.
[4] Im Finclcireiler. Il doit son nom aux nombreux pinsons qui peuplaient les nombreux jardins (|ui s'clendaicnt jusqu'au Hcirilz Il était habile par des oiseleurs (jui vcndaicnl le produit de leurs chasses devant la Pfalz et sous les Arcades CVoir jjIus loin rhapilrc 02 et Seyboth Strasbourff historiq(te\). 5Si*).
[5] Auffm FiscfnnarcJct.
[()] In dffr Nivrbcntfassp [i^uj. dordnangassc].
[7] OKuvre Nnliv-Dauie (J'napv Fraudfn Ifau<).
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LA VIE A STRASBOURG 95
le Bœuf, le Corbeau, la Pinte, le Bateau, l'Espadon, le Loup, la Rose, la Poule Noire, le Cheval, TAuge.
Vers la Tour blanche (i), le Grand poile des Jardiniers et le Tillet (2).
Vers la porte qu'on appelle kronenburgertho»% le Mont de TEstoile et le Sauvage.
En la ruelle dite Utzengessel le Tonnelet rouge.
Devant le Pont Saint-Nicolas il y a l'Esprit.
La Tressure est en la rue appellée rue de la Tressurc (3), entre la Poissonnerie et la rue des Tonneliers.
Je me tiendray au premier cabaret, puisque nous en som- mes si près.
Entrez le premier, et parlez pour moy.
Qu'est-ce que vous demandez. Messieurs ? Voulez-vous boire une pinte?
Ouy, Monsieur l'hoste ; mais mettez la main en bon lieu, ou tirez-en de la bonne broche : car cet honneste homme est entré sur ma parole, que nous aurions céans un traict de bon vin.
Quel vin vous plaît-il boire f J'en ay de Ilambach (4), de Iloichenweyer (5), de Reisfold (Gj, d'Andlau (7), de Barre (8),
(1) Weisse?' Thurin,
Ci) Pour le Tilleul.
(^) Lnngengasse,
(4) Village du B.-Rh.. arr. Savernc, canton Dnilingen.
ff>) Haut-Rhin, arr. Cohnar, oant. Kaysersbcrg. Riqueurhr, dit Ch. Gérard, le Clos Vougeot de l'Alsace, qui offre son vin gris Eschgjnesler, sou gentil qui embaume tout un appartement, son Schœnberger, si moelleux à la bouche^ mais qui excite trop le cerveau, son Sporeiiy son Sonnerxbei^g, qui était aux comtes de Wurtemberg, son Lûppelsberger. le vin favori de Jean de Man- dercheidt [Ane. Alsace à table 318],
{Vi) HeichsI'eld, B.-Rh., arr. Schlostadt, cant. Rarr. — Il produi- sait jadis le meilleur vin de la Rasse-Alsace que les Strasboupgeois se disputaient avant la récolte [Ilid. 317].
[7] B.-Rhin, arr. Schlcsladt, cant. Rarr. Le Kastelberg, le \Vi- belsberg et le Statndes clianoinosses d'Andlau étaient particuliè- rement renommés.
[8] La vallée de St-Ulrlc à Rarr était autrefois un vignoble re- nommé, comme le prouve ce vieux dicton :
Willst du haben gitt rothen Wein, So fa/n* in Si i Irkhsthal hùicm.
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yb REVUE D ALSACE
de Dorlesheim etc. J'en ai de toutes couleurs, du blanc, du clairet (i), du rouge, du paillet (2). J'ai aussi des vins sophis- tiquez, du vin d'absynthe, de sauge, du vin de cerises, de prunelles, de rosmarin, de fenouil, d'eleinc, du vin cuil, de la malvoisie, du vin d'Espagne, du muscat de Lyon (3).
Je ne boy pas volontiers ces vins brouillez mais le vin pur comme il vient du sep de la vigne, de la cuve ou du pressoir.
Vous beuvcz donc volontiers le moust ou le vin doux.
Excusez-moy, i'ay horreur d'on avaller une goutte, quand ie pense aux araignes et autre vermine, qui ont esté esca- chées avec les raisins. J'entends et attends qu'il aye bouilli, et soit en sa boite, comme il est ordinairement après la Sainct Martin, selon le proverbî?, à la Sanct Martin on boit le bon vin.
Avez-vous encore du mousl, monsieur Thoste?
Nenny, tout mon vin a dosja bouilli, il pique sur la langue, la douceur on est passée.
Tirez nous pinte de clairet de Rossheim, pour estancher la plus grande ardeur do mon altération. Un plus grand vin nous y enyvreroit.
Voulez-vous pas aussi un espcron de vin, comme une langue de bœuf salée et enfumée, une jambon, du rosti froid, une douzaine d'alouettes, un demi-cent d'escargots, un demi oison rosti, ou bien un plat de saumonneaux.
Nenny, nous sommes assez altérez sans cela.
Apprestez nous seulement un quateron d'escrevices : ou bien au défaut de cela, une salade bien huilée, salée avec peu de vinaigre, mais fort, et des quartiers d'œufs à Tentour.
Bien, Messieurs, ie m'en vay y mettre ordre.
Revenez, s'il vous plaît, vous seoir auprès de nous, pour nous tenir compagnie.
Excusez-moi pour ce coup, Messieurs, vrayment il ne puis.
(i^ Schieler Wein.
f2) Gelber Wein,
(3) Wermuthwein, Salbeywehi, Reps, Kirsc/tenwein, Schle- henwein, Rosmarinwein, Fenchclirein, Alantwein, Gesoitener- i4^ein, Malrcisier, Lyonhrher Musaitollcr,
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LA VIE A STKASBOtnG \) t
Tay (les hostes la haut k qui il me faut faire le conte cl recevoir les escols.
Serviteur Messieurs, voila une pinte du vin que vous avez demandé, et une couple de pains blancs. La salade sera incontinent preste. Quand il vous prendra envie de taster de meilleur vin, ou avoir autre chose, heurtez, si je ne suis icy haut, et demandez, ou conr.mandez, vous serez ponctuelle- ment servis.
En bien payant, non pas? Valet.
Cela s'entend : car la récompense doit suyvre le service, comme Fombre le corps.
As-tu bien rincé ce verre ?
Non seulement rincé, mais frotté de cendres et de papier mouillé, il n'y a rien qui nettoyé mieux le verre de toute gi'aisse. Vous diriez à voir cestuy-cy qu'il vient de la verrerie.
Verse donc plein, mais ne respands pas car je suis marry de voir perdre une seule goutte de la liqueur du bois torlu ou de rhuile de septembre. •
N'ayez peur de cela, i'ay achevé mon apprentissage au meslier de valet de taverne.
Faites-vous gaillards, messieurs :je reviendray bien tost.
A vos bonnes grâces, Monsieur.
Grand bien vous face, Monsieur.
Excusez-moy de quoy ie boy le premier, la grande soif me fait commettre cette incongruité.
Hé, Monsieur, que dites-vous, n'avez-vous pas lapuissance de tout faire a vostre plaisir en la compagnie de vostre ser- viteur. Et même sans cela ie n'ay pas autrement soif.
Monsieur, c'est moy qui suis vostre serviteur.
Mais regardez, si ie n'eusse pas este une fort propre ser- vante qui tiens ma vasaillesi nelte ; on ne diroit pas qu'une mousche y ait beu .
Je le croy bien, car le verre ne seroit pas vuide.
Permettez, ie vous prie, que ie m'en versée a moy-mesnie.
Laissez moi faire, ie suis mieux en main que vous : i'ay le pot à ma main droicte. Tenez, Monsieur, serviteur.
Je vous baise les mains, Monsieur. le vous feray tout incontinent raison, de peur qu'on ne m'apporte un réchaud.
Pourquoi donc une chaufferette?
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98 REVUE D* ALSACE
Un bon drolle d'altéré voyant en une compagnie que celuy, qui devoit boire a la rondo, lenoil trop longtemps le verre en la main, s'amusant h devisor, il dit tout haut au valet qu'il apportait une eschaufTetle h ce Monsieur, parce qu'il voyoit bien qu'il bevoit volontiers chaud.
Tenez, Messieurs, voilà une excellente salade, elle ne sçau- roit estre meilleure, quand ce soroit pour la bouche d'un Iloy : et si voilà un reste de rable de lièvre froid, qui vous fera grand bien à la jambe.
Ne feignez point d'en manger.
le vous asseure qu'il n'a aucunement esté margoussé par gens malhonnestes : mais découpé sur la fourchette par uu galant homme, qui a aujourd'hui disné icy avec un colon- nel.
Vrayment on est bien et habilement servi en ce logis.
Vous auriez raison de le louer.
Si l'hoste ne nous donne une eslrillade au sortir de céans, ie le reviendray voir souvent.
Il le faut appeler qu'il vienne conter.
Holà hau Monsieur de céans, venez nous reprocher nostre vie.
Que demandez-vous, Messieurs ?
Nous voudrions bien sçavoir ce que nous avons dépensé.
Non pas ainsi, Monsieur, mais dites que nous voudrions volontiers sçavoir ce que nous avons gaigné en cet attelier.
Que nous donnerez-vous, Monsieur l'hoste, et nous vuide- rons vostre logis.
Vous avez bien hasto. Messieurs : pourqiioy vous en vou- lez-vous si tost aller.
Nous voulons regaigner nos logis avant qu'il soict nuict toute close : vous voyez qu'elle vient à force.
Vous avez encore une demie heure de bon : toutes fois à vostre bon plaisir. Voilà vostre oscot sur le Irenchoir, il n'est pas grand.
Comment est-ce que vous contez?
Que veuilent dire ces zéros (ou nulles?)
Veulent-ils dirent que nous ne devons rien?
Chaque zéro signifie un schilling d'icy.
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LA Vie a STRASÛOUIIG 1)1)
Effacez cela, nons ne sommes pas paysans : escrivez on chiffres ordinaires aux arilmeticiens.
Qu'est-il besoin de beaucoup d'escrilurc? Vous devoz seize schillings. le vous conteray tout par pièces. Vous avez eu pour diz batz de vin, pour deux balz de pain, pour quatre balz d'oiseaux rostis, un demie-rable de lièvre de six batz, et une salade de deux batz. Le tout ensemble fait vingt quatre batz, seize schillings ou un risdale. Vous no vous sauriez plaindre de ce conte en ceste cherté de vivres.
Aussi ne faisons-nous. Puisque vous estes si raisonnable, nous n'en rabbattrons rien, mais vous payerons à vostre mot sans grommeler.
Et moy, pour vous donner d'autant plus de subject de me venir bien tost revoir, ie vous feray présent d'une pinte de vin de satin, ou de veloux (comme l'appellent les bonnes gueules fresches) (1), qui coule doux comme soye bleue, et qui ne se vallette pas. Regardez, je vous prie, queile belle couleur il a dans ce cristalin de Venise : il est riant h l'œil, et friand a la bouche. Tastez-le, s'il vous plaît. Monsieur.
II est en bonne main.
Posez que je sois un Roy, et vous mon cscbançon, quand vous aurez fait l'essay, ie vous feray raison sans appréhen- sion d'estre empoisonné.
A vous bonnes grâces donc, Monsieur : ie commenceray puisque vous feignez ou faites difficulté de boire le premier.
le vous baise les mains, M. Thosle.
Ce que i'en ai dit n'est pas à bon escient, ie me gausse seu- lement.
le l'entends bien. Tenez, faites moy bien lost raison, et beuvez à Monsieur que voilà, qu'il en dise aussi son ad vis.
Encor que ma soif soit passée, si vuideray-ie encore ces- luy-cy par curiosité, pour taster s'il est tel que vous le qua- lifiez. A vous Pays.
Dieu vous le bénie.
0 qu'il est délicat et gaillard.
C'est du pur Hambacher, sans aucun moslange.
(1) Von einem Schleckicein darûber man die Knechte nirht gehen lœsst.
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iOO REVUE d'aLSACE
La seconde pinte, que nous avons beiie sous le nom de Hanibacher estoit plus fort, mais plus rude et non si ag- greable.
Il estoit sans doute brouillé.
Je n'y contredis pas.
Quand vous reviendrez une autre fois, ie vous donneray d'abord de cestuy-cy, pour en boire à gogo, ou a plaisir.
Vuidez tout, Monsieur. Ce seroit dommage de verser une goutte de ce vin dans le baril, ou en la bouteille au vinaigre.
Nous vous remercions de vostrc bonne boisson, et vous donnons le bon soir.
Bon soir, Messieurs. Dieu vous donne la bonne nuict.
CHAPITRE CINQUIÈME De la Cuisinière
Il est temps de mettre le pot au feu. Va quérir la chair qui est en cave, et la lave bien, que le potage ne soit pas salé; car je Tay salé afin d'estre de meilleur goust et l'empescher de corner (i) ce pendant je feray du feu.
Chambrillon, donne-moy la boette au fusil.
La voilà. Madame.
Y a-t-il de l'amorce, des allumettes et une bonne pierre à feu (2)?
Ouy, Madame, mais l'acier n'y est pas.
lia, le voilà sur le ménager.(3).
Va quérir des chenovettes, bourrées et des busches (4).
Bien, Madame. Si j'avois la clef de la charbonnière, j'ap- porterois aussi du charbon.
H n'en est pas besoin jusqu'à ce qu'on vueille rostir. Pends
(1) Das es îiicht schmuttere.
fè) Diebuchs zum Feuerseuf/. 11 y a quarante ans on se servait encore courauimenl dans nos canipairncs du briquet pour allumer le feu. L'emploi des allunieltcs ne se rq)an(lit que très lentement.
(A)DerIIafe?isc/taff, csi)ère de dressoir encore en usage dans beaucoup de cuisines alsaciennes snrlout à la campagne où l'on orne les rayons d'assiettes peinte? de couleurs criardes.
(4) Hanffstœnjel, Hpis8ir?Uen un<f Scheiter.
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Lk VIE A STRASBOURG 101
ce chauderon h la crémaillière avec de l'eau ne<te, pour en remellre au pot, quand l'autre sera esbouillie : que nous n*a'yons du rosli et du bouilli en un inesme pot. Appresle aussi Tescumoire pour escumor le pot : car il n'y a rien qui me desgousle plus que de voir de l'escume sur la chair. Puisque nous cuisinons sur l'aire et non dans le fourneau, mets le bois de travers sur les deux landicrs, ou chenets (1), afin qu'il brusle mieux. Hache ce rosli froid tout menu, comme chair a paslé, j'en feray un hachis avec du beurre frais, des espices, et un oignon coupé en rouelles (2).
La graisse de rost seroit bien aussi bonne que le beurre.
Guy, qui en auroit. Ne sçais-lu pas bien qu'on la mangea hier toute en une sauce faite d'un fil de vinaigre et de mus- cade.
Il m'en souvient bien, car j'y Irempay aussi mon pain.
Va quérir une jatte de fer blanc, à cause qu'uned'estain se pourroit fondre sur le rechaud fait h gril, où les charbons s'embrazent comme en une fournaise : on n'a que faire de souffler pour les faire brusler. Attise le feu. Agence bien ces tisons avec les molettes ou tenailles : ne vois-tu pas qu'ils sont roulez en bas des landiers? Puis après rolave, etescure toute celte vaisselle sale, qui est sur l'esvier, ou plus tost aivier. Plats, escuelles, cuilliers, cuillicrs à pot, assiettes, tailloirs ou trenchoirs, bacins, couloirs, chandeliers d'airin, casse (3), poiles ou paeles, poïlons, le poilon h papin (i), ou bouillie, mortier et pilon, pots de fer, d'airin, de cuyvre, et de terre, la bacinoire (5), les pots de chambre, les couperets et le hacheret ((>), et aussi la cassolette d).
Aiguise ce taille-i)ain (H), il os[ mousse connue un fleuret, il coupe tout ce qu'il void.
(1) BrandreiteL
(i) Eine rœdlecht geschnitt^ne Ziribel.
(3> V Yasser pfann.
(4 ) Pœppenpfœn ni 'fin.
[3] Bettpfanne.
[0] Das /lackiTïP.'ispr und /uuim:*ss 'r.
[7] Das Ranchpfanmlcin.
[8] Das Bi*odmesser,
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102 REVUE d'aLSACE
Je n'ay point do queux ou pierre h aiguiser (1).
C'est il faire a un liard, Tesmoleur qui est devant noslre maison Tesmoudra : aussi bien est-il espoincié, et plein de dcns.
Porte le luy donc : car c'est un couteau qui a une fort bonne alumelle bien acérée. 11 est aussi amanché de corne de cerf. Tire ce roU de la broche, il ne fait plus que se hazir (2), et le laisse en la lèchefrite devant le feu.
Ne ielte pas les relaveurcs dehors, j'en veux faire de la niangeaille pour nos pourceaux, avec du son et des feuilles (le choux. Si je sçavoi quelque bonne cuisinière, qui te vou- lus! instruire, je te incltrois auprès d'elle, pour apprendre h appresterou accoustrer toutes sortes de viandes, faire des sauces, cuire à l'esluvée, fiircir ou faire des farces, fricasser, faire des paslez en pot, cuire du poisson, frire des poisson- nets avec du beurre et de la farine, faire de toutes sortes de bignets, soupes dorées de pain blanc et de pommes coupées en rouelles, des gaufres, des petits choux, faire une bonne aumelette, des œufs brouillez, des œufs pochez, des œufs k la Iluguenotte, c'est à dire des moyeux ou jaunes d'œufs bien battus et versez dans le jus et la graisse d'un gigot de mouton, et cuits en un plat sur le réchaud (3).
Et piirce que nous tenon? des pensionnaires de divers pays ou chasjun fait diversas sortes de potage, je voudrais que tu en appris>35 h faire Û2 toutes façons pour leur complaire en temps et lieu.
Comment. Madame, y en a il donc d'autres que ceux-cy que je say très bien faire? Assavoir : Potage au beurre, a la chair, au lard, au laict, aux navenux, à l'avoine, aux oi-
(\) Vyptzstf»in.
(i) Verdorren.
(3; linihen tnachen rerdampffetiy fîkUet mnchen, rœsien, ha- tenpasteten mac/ipn, fisc/i siffJen, fischiein fuit butter und mœl backen, allerhand Kùchleiny f/uldeîie schnitteny œppfelkûch- leiriy tra/jTeln, schneeballen, ein guten eyerkucheny gerûhrte ^^!/^f* 1 (ffbac/iPtie Eyer, nie auc/i eyer a nff Huguenot tisch (wie sie es nvui.?n) rubeveiti?n,da8 eyer dotter Kloppfen, diesclbigen in eines hamtnelschlegels feiste und safft mit muscat nuss auff einer glutpfnmien sicischen zweyen schûsseln kochen*
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LA VIE A STRASBOURG 103
gnons, aux poireaux, aux choux blancs aux choux verds, k Toseille, au gingembre, au persil, aux cabus seurs, aux bou- dins, k charbonnier, aux pois, au riz, aux lentilles, au pavot, aux amandes, au cumin, au fromage, à l'orge, h la bière, au vin. Il la crème.
Si lu sais faire tous ceux Ta, lu en sais une bonne partie, mais non pas tout : car en quelques lieux on fait aussi du potage au chanvre, aux harengs, au merlus (1). On fait aussi une sorte de potage qu'on appelle ragoust, item du chan- desu avBC du pain esmié (2), du sucre pilé, de la canelle baltueavec de bon vin froid. Item un restaurant de nou- veaux mariez fait d'œufs ballus de sucre, de beurre cuits ensemble avec du vin. Ilem un polagc pour un malade et dcsgousté, fait d'un œuf ballu avec un peu de verjus, du beurre frais versez en l'eau bouillante et salée, que ceux de Strasbourg appellent kisselsuppeJe voudrois que tusçeusses aussi apprester de l'orge mondé, du mil, du ris, des espi- nards, des arlichauds, artifis, toupinamboux, asperges, cham- pignons, polirons, morilles, phasioles ou fèves de Rome (3), houblon, poids verts, ou p.is en gousses.
Pour estre bonne cuisinière il seroit aussi besoin que tu sçeusses bien accomoder une salade de laictues pommées, de pourpier, chicorée, endive, câpres, bettesiaves, cresson, re ponces et de choux-blancs découpez, saupoudrez de poivre et force sel, bien huilez et environnez de quartiers d'ceufs.
(1) Stockfisch.
(2) Ein Kaltschal mît cerribemrhrosam.
(3) V Velsch e boh n en .
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A TRAVERS LE PASSE
SOUVENIRS D'ALSACE
POHTIIA ITS, PAYSAGES
(Sui/e (i)
XXXVI
Antoinette Lix. — Chemin de fer de Munster au Rhin. — Le Perruquier de Zellenberg. — Écoles et marchés. — Monument Bruat. — Cantate et festin.. — Fêtes d'inau- guration.
L'Alsace a toujours élc une terre de vaillance et d'héroïsme. La rppublifjuc et l'Einpirc ont connu ces soldats légendaires, ces lîouinies de bronze, (jui ont illustré leurs noms sur tous les champs de bataille, les Kellennann, les Kléber, les Lefévre, les Rapp et tant d'autres dont l'histoire a buriné les hauts faits sur ses tables d'airain. Il lui était réservé de con-
(l)Voy. pp. ^31-40?) du trinirslro Oclobrc-Novcmbre-Décombre d8î>r); pp. l>i-5) rlii IrinK^sIre JanYier-lVv!'ier-Mar.s, pp. 15G-207 du Irinicslr»' Avril-Mai-Juiu, pp. 3i0-:n7 du Irimcslrc Juillel-Aoùt- SepltMubnî i«Si)ô cl pp. ")2î.)-r)V) rhi (riniestre Orlobrc-Novembre- Défcnibre,
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A TRAVERS LE PASSÉ 105
naître, dans les jours sombres, une femme dont Tinvraisem- blable bravoure deviendra légendaire aussi. C'était M"® An- toinette Lix, née h Colmar le 31 mars 1839, fille d'un ancien grenadier de l'armée française. N'ayant point de patrimoine, elle avait dû, toute jeune, se créer des moyens d'existence en se faisant institutrice. En 1860, elle revenait de Pologne où elle avait fait une éducation dans une famille noble et riche à qui pesait le joug de la Russie. Dans ce malheureux pays, les ferments de révolte grondaient toujours h l'état latent. Le peu- ple polonais, excité par la noblesse, se préparait en silence k des levées en masse. C'est dans ce milieu, qui sentait la pou- dre, qu'Antoinette Lix, imagination exallée et cœur brave, élevée comme un garçon par son père, apprit h manier les armes et k monter k cheval. L'insurrection ayant éclaté, elle revêtit un costume d'homme et y prit une part active comme officier de partisans. En 1860 je lavis k la Mairie de Colmar où elle était venue me prier de lui faire obtenir un passe-port pour retourner en Pologne. Elle comptait traverser l'Allema- gne sous un déguisement masculin et se faire passer pour un voyageur de commerce.
M. Julien Sée (1), qui a fourni k la Chronique d'Alsace un fort contingent d'intéressantes notices et traductions, a publié en 1884, dans la Revue Alsacienne, une biographie très bien écrite d'Antoinette Lix, en utilisant les renseignements que notre vaillante compatriote lui avait communiqués. Il me permettra, j'en suis persuadé, de recourir k son travail pour compléter mes souvenirs personnels.
« En 1863, elle était en l^logne chez Madame la comtesse Lubienska qui lui avait confié Téducalion de sa fille, lorsqu* éclata l'insurrection que la Russie eut tant de peine k domp- ter. Elle se mit k la tète d'une troupe de partisans, sous le nom de lieutenant Tony (diminutif masculin de son nom d'Antoinette). Ses compagnons d'armes ignorèrent toujours son sexe. Frappé un jour d'un coup de lance k la poitrine, elle fut reconnue par une religieuse, M'*e Wolowska, qui la soigna dans sa cellule pendant les six semaines qu'exigea sa guérison.
[1] Aujourd'hui bibliothécjdre à la bibliothèque Forney, rue Tilon k l^aris.
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i06 REVUE d' ALSACE
« Revenue en France en 1866, elle va soigner les cholé- riques dans le Nord et sa belle conduite lui valut d'être nommée receveuse des postes à Lamarchc (Vosges) où elle assista, comme chef d'ambulance, au combat qui eut Heu le 11 décembre 1870. Un des Vosgiens, grièvement blessé, était resté entre les mains de l'ennemi. Elle se met en devoir de le délivrer.
« Pour arriver au malheureux que nous cherchions, nous 'dûmes longer dit-elle, toute la colonne prussienne et nous frayer un passage k travers la neige qui, à certains endroits, atteignait 80 centimètres de hauteur. Enfin, nous trouvons celui que nous cherchions, étendu sous un arbre et entouré de médecins militaires. » (Jui ctes-vous, me dirent-ils? — « Aide-major, répondis-je. » Ils me regardèrent d'un air in- crédule, m'interrogea nt sur l'opportunité de l'application immédiate de perchlorure de fer pour arrêter l'hémorragie. Je conseillai de préférence une application de neige, en atten- dant que le blessé fut transporté à l'ambulance. A partir de ce moment, ils ne m'appelèrent plus que « Herr Doctor ».
La paix signée, elle quitta l'uniforme et revint à son bureau de poste.
« Le gouvernement lui a décerné la médaille d'or de If® classe en récompense de sa belle conduite pendant la guerre et de son dévouement dans les ambulances. Des dames alsaciennes lui ont offert une épée d'honneur d'un travail remarquable. Elle vit aujourd'hui retirée au couvent des dames de Notre-Dame-de-Sion, dont la supérieure géné- rale est la sœur d'Edmond Valenlin. l'ancien préfet du Bas- Rhin qui se signala par son héroïsme au siège de Strasbourg.
« La Société d'Encouragement au Bien a couronné le livre qu'elle a écrit en 1872 sous le titre : Tout pour la patrie, et dédié aux Alsaciens exilés.
Comme un progrès en appelle un autre, la ville de Colmar, en 1861, s'est trouvée lancée dans une série de projets im- portants qui ont sollicité toute mon attention. La plume
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A TBAVBBS LE PASSÉ 107
grinçait sans trêve pour élaborer les projets qui se succé- daient sur le tapis vert du conseil. Après le canal de Colmar au Rhin est venu le chemin de fer de la vallée de Munster h. Colmar, puis le projet de prolongement de cette ligne jus- qu'au Rhin et au-delk. La ville contribua pour 21,000 francs aux frais des éludes de cette ligne qui furent confiées à M. Degrand, ingénieur en chef du département. C'était le germe d'une grande idée qui devait entraîner d'importants sacrifices de la part des communes intéressées et qui avait engagé les villes de Fribourg et de Neuf-Brisach a voter 600,000 francs pour leur part contributive ù l'exécution de la ligne badoise correspondante. Mais ce projet subit des vicissitudes diverses : il resta en suspens pendant des an- nées et ne fut parachevé qu'après l'annexion.
Les hasards de la vie me firent faire connaissance, en 1861, avec Lapoutroie et Zellenberg. J'y acquis presque droit de bourgeoisie par mon mariage et eus ainsi l'occasion de visiter souvent cette partie de la montagne qui, de Kaysers- berg a Sainte-Marie-aux-Mines, offre les sites les plus mer- veilleux et les plus accidentés. La famille de mon beau-père, alors percepteur k Lapoutroie, était originaire de Zellenberg, petit bourg situé sur un contre-fort des Vosges, h deux lieues de Colmar et dont le vignoble partage la renommée de celui de Riquewihr situé tout près. Il y possédait l'an- cienne maison russe d'où Ton découvre un des panoramas les plus splendides de l'Alsace. Par un temps clair, on y voit Vieux-Brisach, la Forêt noire, la ligne blanche du Rhin et dans l'horizon lointain, estompé comme une brume violette, la cathédrale de Strasbourg. Dans le voisinage immédiat, les trois châteaux de Ribauvillé, ces nids d'aigles suspendus sur des précipices, complètent le décor de ce paysage unique. Ainsi que l'indique une inscription gravée sur la façade, la maison fut consti'uite dans la seconde moitié du siècle der- nier par un sieur Joseph Millier, natif du village, qui était allé exercer sa profession de perruquier de l'ancien réçimç
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108 REVUE d' ALSACE
en Russie où il avait fait fortune en poudrant u frimas les jeunes beautés moscovites, lières comme toujours d'imiter les modes françaises. Cet ainiable Figaro séduisit, par l'élégance, de ses manières, une jeune russe d'origine aristocratique, sinon morganatique, qu'il épousa h Moscou et amena en France. Elle s'appelait Eudoxia Dischkéwa et a continué, longtemps après la mort de son mari, à habiter la maison, après avoir convolé en secondes noces. L'ancien coiffeur, qui possédait de nombreux arpenls de vignes, avait eu soin de construire sous sa maison une grande cave voûtée pour y loger les énormes foudres contenant ses récoltes. Il paraît que la très consolable Eudoxia n'a pas fait le bonheur de son second époux, M. Drolla. Comme certaine princesse de Wurtemberg-Montméliard, elle avait la passion des chiens, ce qui agaçait le? nerfs do Tirascible mari. Pour se les atta- cher (les chiens) elle les nourrissait de saucisses, donnant ainsi une entorse au proverbe d'après lequel on ne doit pas attacher ses chiens avec des andouilles. Le mari se scandali- sait de celte prodigalité un peu trop moscovite. N'importe; Eudoxia devra h cette luxueuse fantaisie, qui m'a été certifiée par un témoin oculaire, de figurer sous un aspect séduisant et original dans ma petite galerie de portraits alsatiques.
Lapoutroie, chef-lieu de canton important, est situé au fond de la vallée de Kaisersberg au milieu d'un paysage monlueux et très pittoresque que dominent le Seelbourg, le Fodey et le Brézouard. Cette région vosgienne, où l'on parle exclusivement le français depuis la période gauloise, prend un cachet particulier de grandeur sauvage dans la partie qui avoisine le lac Blanc et Ui lac Noir, situés au sommet de la montagne.
Elle gagne énormément il être connue et, chaque été, les touristes y aflluent pour admirer ce beau décor de la nature et respirer l'odeur balsami^jue des sapins. Sur la route du Bonhomme, a deux pas de Lapoutroie, on voit une de ces bizarreries de la nature qui semble avoir été créée par la main de riioaime ; c'est un roclicr énorme dont le sommet repré- sente h s'y méprendre la tête de Louis-Philippe avec son lé- gendaire toupet.
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Après une courte échappée dans le pays des bons souve- nirs,-il fallut reprendre le harnais des occupations munici- pales. Tous les projets dont j'ai parlé plus haut étaient arrivés h maturité et Texocution de plusieurs d'entre eux commencée. Il restait à mettre au point celui de la transformation du quartier de la Poissonnerie. Toute l'année 1862 fut consacrée aux préliminaires de ce travail. Il y avait h. acquérir tout un enclos de vieilles bAtisses et de jardins ayant appartenu jadis h la Commanderie de Saint-Jean, puis à construire deux grandes écoles, un maiché couvert, un pont sur la Lauch et enfin à percer deux rue.3. Il fallut pour cela, contracter un emprunt de 350,000 fr.
On continuait aussi à s'occuper beaucoup du musée. Je préparais la refonte du catalogue de M. Ilugot, pour le mettre au niveau des nouvelles acquisitions. On aimait à passer en revue la collection des gravures anciennes dont le fonds, déjà très important, venait d'être enrichi par l'acquisition de quelques collections particulières. Parmi les dons de l'Etat se trouvait la belle œuvre de J.-B. Pirancsi, le célèbre graveur italien du XVIll* siècle. Celte œuvre qui, à juste titre, peut être appelée colossale, se compose de seize volumes grand in-fol. représentant, gravé à l'eau-forle, tout ce que Rome ancienne et moderne oiïre de monuments remarquables, ce que l'antiquité a laissé de plus précieux en bas-reliefs, vases, autels, tombeaux, etc. On est confondu d'admiration devant un pareil talent servi par une pareille persévérance.
L'œuvre des Piranesi, père et fils, cgmprend 1733 planches d'un très grand format, parmi lesquolles les sculptures de la colonne Trajane et de la colonne .Anlonine sont particulière- ment remarquables.
Les constructions des écoles et du marché couvert se pour- suivaient, en même temps que M. BarthoUli mettait la der- nière mnin au monument de l'amiral Bruat. La ville venait de payer 150,000 fr., pour l'acquisition de l'ancien hôtel de Préfecture dont elle ne pouvait prendre possession que deux
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ans plus tard, après l'achèvement du nouvel hôtel. Elle versa, en outre, une somme de 26,000 fr., prix, d'estimation du mobilier, plus ou moins luxueux, qui garnissait les apparte- ments de l'ancien bâtiment.
L'inauguration du monument Bruat fut fixée au 2t août i86i. Tous les détails de cette solennité, qui devait amènera Colmar quelques illustrations de l'armée et de la marine françaises, étaient réglés k l'avance. J'ai déjà groupé dans une autre partie de ces mémoires les chiffres réalisés par la souscription : ils donnent la n>esure du sympathique accueil qu'a rencontré la pensée créai rice de ce monument national, sur tous les points du globe, partout où flottait le pavillon françuis. Il ne sera pas hors de propos de donner ici un aperçu sommaire de la dépense, afin deconserverle souvenir du sérieux efl'ort que l'artiste, d'une part, ot la municipalité de l'autre, ont dû faire pour consacrer à la fois la mémoire d'un grand homme et d'un grand événement. Vdici les chiffres :
1. Exécution des modèles des statues . . . Fr. 2,652»
2. Moulage des esquisses, modèle du monu- ment, grandeur d'exécution 5,529»
3. Sculpture en pierre des quatre figures allé- goriques 16,000 »
4. Fourniture du bronze et fonte de la statue
de l'amiral . 10,000 »
5. Moulage et exposition d'un modèle en plâtre du monument au Palais des Beaux- arts (dépense facultative a la charge de M.
Bartholdij 5,488 »
6. Achat des blocs de pierre rose de Lulzol-
bourg (Bas-Rhin) 7,700 »
7 . Taille des pierres et construction du monu- ment 6,500 »
8. Transport de la pierre de taille et des sta-
^"fs 2,874 »
9. Dépenses diverses 1,810 »
Total général non compris les frais d'inau- S^^^^^on Fr. 58,533 »
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L'inauguration fut brillante et favorisée par un temps splendide. Les contre-amiraux Jurien de la Gravière et Bo- nard, anciens frères d*armes de Bruat, y assistèrent avec d'autres officiers de marine et prononcèrent des discours qui furent très applaudis. Les sociétés orphéoniques d'Alsace, accompagnée? par la musique du 1«' régiment de cuiras- siers, chantèrent une cantate dont les paroles, composées par M. Edouard Fournier, devenu depuis directeur du ThétUre- Français, ont été mises en musique par le compositeur al- sacien J.-B. Weckerlin, alors professeur au Conservatoire de Paris. M. Weckerlin et un autre compositeur alsacien, M. J. Ileyberger, avaient déjii prêté le concours de leur talent h l'Orphéon de Colmar pour l'interprétation musicale des œuvres du patissier-pocHe Mangold. Œuvres désopilantes, écrites en idiome colmarien, ces petites opérettes, ffarts und Grédele, S'Lob vom ledige Stand, Dreifache Hochzitt im Baesethaly etc , ont eu un succès de fou rire et entretenu longtemps la gafté dans la société colmarienne, alors que V Académie du Dimanche offrait à une vaillante jeunesse l'émulation de ses jeux athlétiques ; alors que l'avocat Yves, rivalisant avec le pâtissier taciturne, écrivait pour elle en beaux alexandrins, des vaudevilles qui affrontaient gaîment le feu de la rampe; alors que l'aimable et spirituel notaire Richart jouait le Carnaval de Venise en frottant l'une contre l'autre ses paumes harmonieuses, dont il parvenait h tirer des variations musicales.
Une compagnie de marins commandée par un lieutenant était venue de Cherbourg par les voies rapides, pour suivre le cortège qui s'était formé devant l'ancienne Mairie rue Tu- renne. Le défilé de ce cortège aux brillants uniformes, enca- dré par l'infanterie et la cavalerie delà garnison de Colmar, offrait un fori beau spectacle. Suivant le vœu exprimé par l'administration municipale, M'n« l'amirale Bruat, gouver- nante des enfants de France, avait demandé îi l'empereur la décoration de la Légion d'honneur pour M. Bartholdi, qui y avait des titres incontestables. C'est le jour même de l'inau- guration de son œuvre, le jour de sa trentième année, que notre jeune artiste reçut cette distinction : les acclamations de la foule qui le salua lui allèrent droit au cœur.
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ai REVTE D^ALSACE
Celte pelile chronique d'une solennité inoubliable doit se compléter par la reproduction de la cantate de M. E. Four- nier. La voici :
L'Amiral Bruat
(]e fut un bien noble courage : Pour guide il accepta Torage, Pour ennemis il prit