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NOUVELLE
ENCYCLOPEDIE
THÈOLOGIQUE,
OU NOUVELLE
liRIE DE DICTWNNâlHES SDR TOUTES LES PARTIES DE LA SCIENCE RBLIfllEUSHi
OTTWLAMVf EH rHAlIÇAia BT PAU aRDHB AI.PHABÉTIQ Ofi,
U PLUS CLAlRfc:, LA PLUS FACILE, LA PLCS COMMODE, LA PLUS VARIÉS ET LA PLUS COMPLÈTE DES THÉOLOCÏES.
CES DICTIONNAIRES SONT CEUlt
DES LIVRES AHTCftTMIES, — DES DÉCRET*; DES CONGRÉC^TIOW» ROUAIVES,
— DE DISCIPLINE ECCtÉSUSTlQUE, -— TiE LÉGISLATION Ml^TE, Tn!t(>Hl(îUK ET PRiTlOUE» — »E PATROLCffilE, — DE BÏOCruPQIE CATllOLiatîE, — DES CONTRÉRIES, — D*BIST0IIIK ECCLÉSUSTIOUE,
DES CROISADES, — DES MISSIONS, — DES LÉGE?<DES» ^ d'A-NECDOTES CHRÉTIENNES, — D*AS€ÉTiflllE» -*
DES INVOCATniNS Jt LA SAIS TE VIERCE,
— DES INDULGENCES» — DES PROPHÉTIES ET DES WiavtLES, —DE BlBLtDCRAPÏIIE CATHOLIQUE,
— D*ÈRtDlTlON EtXLéSÏ ASTIQUE, — DE STATISTIQUE CIIRÉTIENNE,
—* d'Économie reugielse et ciiabitahle, — des persécutions, — des athées^ LNCftéDUiES, etc», —
D£S ERRELftS SOCIALISTES, — HE PHILOSOPHIE CATHOLIQUE, — DE PinSIOLOGlE SPttllTÏJALÎSTE,
D'ANTrPlilLOSOPtilSME, —DE CRITIQUE CHRÉTIENNE» — DES APOLOGISTES INVOLONTAIRES, —
DE LA CHAIRE CHRÉTIENNE, — DÏILOQUENXE, »'(/., — DE LITTÉRATURE, td.y — D^àBCBÉOLOClE, iW., — DE PEINTURE ET DE SCULPTURE, ïrf., — DE NUMISMATÏQI^E, trf.i — d'iïÉRALDïQCE, »«.,
— DE MUSIQUE, fi/,, — DE PALÉONTOLOCrF, td,, —DE EOTANIQUE, i(i*, — DE ZOOLOGIE, frf.j — DE WÉDECINE USUELLE, — DES ARTS ET IIÊTIERS.
PUBLIÉE
PAK M. L'ABBÉ MIGNE,
iSITSlIR PB LA BIB&IOTBÉQQB UliIirBRSB&l.B PO G^BKfiÉ,
OU ' DES C09A» COWftiSTA SUR CHAQUE EBANCUE Dfi LA SCIENCE ECCLESIASTIQUE. '
f^lX : 6 FR* L8 ?0L. POUR LE SOUSCfliPTEOIl A LA COLLECTION ENTIÈRE, 7 FR., 8 PR.» ET HÊIIE 10 FB, POUR LE SaU&CAIPTEDR A TEL OU TEL DICTIONrVAIRB PARTICULIER* j
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TOME gUATRIEME.
I ri fi I ■ DICTIONNAIUE DES PERSÉCUTIONS.
TOMB PREMIER. 2 VOLDUBS, PRIX : 16 FRANCS.
S»IMPRIME ET SE VEND CHEZ J.-P. MIGNE , ÉDITEUR,
AUX ATELIERS CATilOLIQDES, RUE D'AMBOISE, AU PET IT-MONT ROUGE ,
BAHRIÈHB d'bKFBR DE PARIS.
1S51
qi d iL
DICTIONNAIRE
GENERAL ET COMPLET
DES PERSÉCUTIONS
SOUFFERTES PAR l'ÉGlISE CATHOLIQUE
DEPUIS JÉSUS-CHRIST JUSQU'A NOS JOUR».
PBBSéCUTIONS DES JÎÎIFS » DES EMPEREURS ROMAINS, DES EMPEREt^RS d'oRIEEIT, DKS IRtEïfS ,
DES ICONOCLASTES, DES VANDALES, DES ROIS DE PERSE, d'aRMÉNIK,
PERSÉCUTIONS DANS LES HISSIONS MODERNES, NOTAMMENT EN CHINE, EN COCBINCHINB,
AU JAPOÎfj EN ABYSSINIE, EN ÉGÏPTE, Eïf AMÉRIQUE;
PUIS EN ANGLETERRE» EN ALLEMAGNE, EN HL'SSIE ET EN FRANCE, EN 1793 > ETC., ETC.
Lesisoarees principale» anxqnrlle» an -a pnifié sent s
IXS ACTES 1>EI APAtRES, LES TÈHES HE L^ÉCLISE, ET NOTAMIIENT Et&feBE, SOCRATE , SÔZOMÊPTB, LACTANCE,
SAINT JUSTI?ï, SAINT CïrniEX, SAINT JÉWÔSCE, SAINT JEAN DAMASCÈNE, SAINT JEAN CHRÏS09TOME,
SAL'tT €RÉGOIRE D£ TOURS, SAINT MAnUTUAS^ LE MARTlBOrOGE ROMAlff ET AUTRES» LES MENÉES DES GRECS,
SULPÏCE SÉVÈïlE, ELISÉE WARTABED, DOLLANDtS ET SES CÛNTISCATEimS, BARONICS,
StIRiCS » FERRARltiS, U3SÉR1US » BEDE» MABILLON , TILLEHONT, FLEURT,
mUlNART, LES ASSEMANI, LES LETTRES ÉDIFIANTES, TOUM>N, FONTANA, OE^tRION, ROHlBACRER,
ET LA PLUPART DES HISTORIEES AÎÎGLAIS, FRANÇAIS ET AUTRES*
âQtetir dft VHiUoire ginérak des Pertêcmiom de VEqtîte; des Passicm dmi kun rapport mec ta reïîgumt
ia philosophie f îaphuml(tgie et ta médecine tégaie;
De La f^mte (pb^aiologle, Itiâioîre et Donte); m f Oraison donmncaie (CommenlAire aur}^ da iMre dei Pauvru
PUBLTK
PAR M. L'ABBÉ MIGNE,
iDttSOR 0fi XiA BIBIOTBÊQCie tlNITEBiCLI.^ BU GIiBROÉ,
ou
I^BS mwmm COMf&BTl SUA CHAQUE RRANGDS DE LA SCIENCE eCCLiSfAiTItOG*
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TOME PREMIER.
3 TOL. nix : 16 raiNcs.
S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ L'EDITEUR,
AUX ATELIERS CATHOLIQUES DU PETIT - MONTBOOGB , B4nii|ÈitE denfbh db paris.
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InpriMrie Mmrb, au Petil-MoDirooge.
AVERTISSEMENT.
D est dans le monda un lirre pour lequel on n'a pas [m trouver un nom asse^ grand, assez splendide en dehors du nom généri- que» on la nommé le Livre^ li Bdile (BtÇXwt), eesl4-dire le livre pwr extellence, le seul digne d Ôlre ain>ii ap[)elc. H csl la base de la foi des chrétiens, le so!eil auquel toute lu- mière ici-bas est due. Lli'sioue, îes arts, les sciences» la civilisation, la politique, la morale» tout pivote sur ce livre sublime. Il est comme le centre du mondes : ce^l au point qu* tout et* quisVqîproclie de ce foyer de lumière prosfvère et grandît, et que tout te (|ui sVn éloigne déi^éoère. Ou peut me- surer la civili,salion comme la barbarie d*un peuple, son bouheur comme sa misère, sa grandi'ur comme sa décadeiuîe, au plus ou moins de lumière qu'il reçoit de ce cenSre universel, d*t)ù rijonnent sur la terre les croyances qui civilisent et qui viviïient* Ce liv-e, le plus ancien qnn nous possédions, est plein d*uoe sagesse [ilus b iUle, phis pure, d'une morale plus saine, d'une politique plus ratiaunelle, riue tous les écrits des philosophes. Aussi l'uu d'e ix s*i-criait-il :
« La majesté des Kcrituies in 'étonne
Voyez les livres des pliiloso[»[ies avec toute leur pompe : qu'ils sonttietits près de celui- là I Il (Jean-Jacques, Pensées^voL l",fL2î>, Lon- dres, IT86.) Counue tout le monde le sait, la Bible contient l'Ancien et le Nouveau Testa- ment, Ces deux parties de la parole divine forment le trésor des croyances de TE^tise. Devant ce livre il faut incliner sa foi et ado- rer , car ce livre, c'est la révélation, c est Dieu parlant aux hommes. Puis le Dieu qui Va dicté Ta scellé de son satip; divin. Le \erbe incaraé, en mourant sur la montagne sainte pour sauver IHnnuanité, attestait la vérité des Eciitures. Kien d aussi grand, d aussi saint que la Biblcj encore une fois, la Bible c'est Dieu, car c'est sa parole.
Ce que TE^lise vénère le plus après ce li- vre divin, ce sont les actes clés martyrs, qui, sur les traces de leur Sauveur, sont morts martyrs, c'est-à-dire témoins h leur tour des véritj'^s contenues dans la Bible. Les actes authentiques des martyrs, les actes vrais, contiennent lf*s réponses que ces généreux soldats de Jésus-Christ faisaient aux juges dans leurs interrogatoires : or, souvcit ces réponses sont insmrées. Ou sait tpie Jésus- Cjjr si avait Ibruiellemerit assurée ses disci- ples que quand lisseraient ifiterro-;és pjtr les persécuteurs, ce serait le S.unt-Esprn qui parlerait par leur bouche. Le livre des actes des martyrs, ronteuail toutes b^urs répmses, serait doic, «niant à c -s réponses, un livre divin, s'il était bien démontré
DiCTioîSN. D£t FEn&éct;TEO?{i. L
qu'elles nous fussent arrivées exactes, pures de tout cha-igement.
Les actes authentiques n'ont cependant pas eux-mêmes lautorité nécessaire pour que nous devions leur accorder ce titie, car l Eglise permel qu on les discute; quelque considérables ipic soient les caractères qui étaidi^sent leur authenticité, ces caractères ne sont jamais de nature à démontrer que les faits rapportés soient assez com[ilétemeût h l'abri de toute contestation pour qu'on puisse, à Féj^ard des f'éfjonses des mar- tyrs, obliger absolument la foi des Odèles. Mais dans cet état de choses, on conçoit le respect et la vénération que T Eglise uoit avoir i>our les actes de ses martyrs. Il est évident qu'après les saintes, Errjtures, ils sont ce qu'il y a de plus vém lable djns les trésors que possède F Eglise.
L'ouvrage que iious do nions au public n'est autre chose que l'histoire par orure al- pbabéti(|ue des persécutiojjs ciiduréus par l'Eglise i-atholique pour h dclense des vérités contenues dans les sauilcs Ecritures. Les ac- tesdes martyrs, quand ils eiistent, sont donc la base de uotre travail A défaut de ces actes c'est l'histoire qui nous guide. Aussi, dés le début de cette prélacc, nous prévenons lo lecteur qu^autant que nous l a vois pu nous avons donné les actes des ukirtyrs. Partout oii nous avons pu croire trouver rauthenticité, nous avons donné te\tuelle- ment. De quel droit aurions- nous mis notre siyle, nos récits, nos appréciations, h la place de ces réponses inspirées, à la place de ces monuments si vénérables? Quel est le lecteur qui puisse nous savoir mauvais gré dû ce respect qui nous a servi de règle? Quel est celui qui eût préféré que notre plume sacrilège eût comuiis uo tel crime? Oui, partout où cela a été possible, nous avons cité lextuelïenient. En présence d'un pareil devoir h acconqdir, nous n'avons re- culé ni devant les redites, ni devant les lon- gueurs. Nous n'avons jamais trouvé trop éten- dus les actes authentiques que T Eglise vé- nère et que des martyrs eux-mêmes ou des témoins oculaires ont écrits. Nous protes- tons de toutes nos forces contre ce vanda- lisme sacrilège qui se permel de décapiter b-'s monuments historiques les pi s sid ils, les plus vénérables, contîe l'orgue l inconce- vable d*écrivains qui se mettent ** la i>lace des Pères de la foi, des marlyrs de Jésus- Ctirist, des narrateurs qui ont tecueilli de la biuclio des martyrs ou de celle di^ té- moins oculaires, les clioses qu'ils raco lient. Le soin avec lequel les premiers chrétiens recueillaient ces monuments qui constatent la
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pieté, la foi» \e courage, les combats, la riinrt des martyrs, le profond ritiSi^eet avec lequel les E:^lises les conservaient, l*adjafneieent que les pers6cult*urs toéttaldût à les Jé- truire, tout cela doit nous donner la mosuro de la vénération profonde avec laquelle nons devons les recevoir et les conserver. Noos ayons donc estimé avec raison qu'il élatl convenable de donner dans notre dic- tionnaire autant que possible les pièces au- thentiques. C'est moins brillant peut-élre pour récrivain ; au fond c*est plus utile pour le lenteur, c'est plus utile pour Tbis- toire en elle-raôme*
Ce que nous avons fait pour les actes des martyrs» n#us Tavoûs fait souvent à propos des récils, des apfiréciations que nous avons rencontrés dans les Pères de l'Es^lise, dans les histori' ns universellement reçus comme autorité dans la matière. Ce qui nous préoc- cupail, c'était l'inlénH de notre livre en lui- même, et non pas b» be^o n né d'un amour- propre outrecuidant de faire ijous-uiémedes ap[>réc!a lions et des récits. Qu'on dise main- tenant que cela rompt Tunilé de couleur d'un livre et lui donne rapparence d'un Ira- vai' de juarqueterie fait u'une inlinité do pièces dissemblables, nous n'en disconve- nons pas ; seulement nous prétendfins que ce défaut, iutiniment moins sensible dans un dietioimaire que dans une liistoire sui- vie, cesse d'être un défaut pour ainsi dire» quand on considère que, par ce moyen de faire, l'auto 'ur a conservé autant une possi- ble, et les î^ièces authentiques, et les appré- ciations, èl les récits universellement re^us commô bons. 11 faut conserver rhi^toire écrite avec le plus gr«nd respect; c'est le moyen de ne p:ts la déconsidérer dans les siècl s futurs.
Nous commençons notre préface par l'ex- position de ces idées, qui nous ont paru les plus imporla!>res de celtes que nous y de- vions traiter. Parlo'is rnaii enarktdu planque nous avons suivi. Nous avons fait un Dic- tionnaire des persécuiions de l'Ej^lise d'a- près ces di)nnées,ou filutol d'après celte sy- nopse, hi.sioire des persécutés, des perséou- tears, d de persécution, des causes
des pei MS, dos e.lets des persécu-
iions.
Il ne faut demander h un ouvrage aue ce aoe son litre couii> ♦rie. Nr*us a vois lait un Ùieti^fnHHtrc (Us fterstvuiifmâ d^ VE^iht ca~ tholitnu. On voit dj premier coup les hmi- tes clans le*-(pie1les nous avons dû rester. Les perséculio îsysi peu nombreuses qu'elles soient, b-ouirerle-j [K)ur les hérésies, étaieit en delims de notre caJre; k plus forte rai- son, celles qu'un taux zèle a pu porter non ^»as l'Eglise, mais certains d entre ses enfants, à fane endurer aux dissidents quels qu'ils fussent.
il faut demander à un ouvrage tout ce que son litre com[)Orie. Nous croyons avoir, à peu de cîiose près, répondu à cette obiiga* tion. Nous disons à peu prè$^ parce quCi é|Uel$ que soient le soin avec lequel on recaer- ebe, la méthode queron êUit, il est impossi-
ble d'arriver à être complet. Il n*y a pas un ouvrage du genre qui le soit. Les diction- naires hislorkiiues }»félcndus généraux, les plus renommés, les meilleurs, ne contien- nent pas cinquante mots sur cent de notre Dictionnaire^ qui triple le Martyrologe ou Catalogue général des saints»pub!ié par l'or- dre des papes Grégoire Xlïl, Urbain VIII, Clément X et Benoît XJV. Nous croyons avoir donné des détails qu*on ne trouve nulle part dans les ouvrages spéciaux , eu particulier tout ce qui est relatiiaux persé- cutions d'Arménie sous Yesdedierd, 11* du nom, et aux sai'ils majtyrs ou'elles couron- nèrent. On trouver;! encore a 4 ns ce Die tion- mure dos traductions fidèlement faites par nous des actes des martyrs recueillis par Etienne Assemani, et que personne n'a don- nées d'une façon complète et satisfaisante. Nous donnons de même les actes des marr tyrs d'Ostie, sous Claude le Gothique, pi ince que la plupart des auteurs n'ont pas classé^
parmi les persécuteurs de FEglise, et auî le fut bien réellement, ainsi que uous le d^ montrons
Nous avons cru devoir # par une réservé que chacun comprendra, nous Fespérons, ne pas nous occuper des questions encore pen- dantes et pour ainsi dire ei litige. Bien qu'k notre gré les prétendues libertés de i*Eguse
Ï gallicane ne soient cjue les servitudes du 'Eglise, et que les ditlérentes conséquences qui en sont découlées comme faits, aient constitué de véritables persécutions, nous avons gardé le silence à cet égard. Il y a encore dans notre clergé quelques prélats, beaucoup d'ecclésiastiques, qui srmt de bonne foi dajis lopiniori contraire. L'Ëglise universelle, bien qu'elle en gémisse, a cru devoir, dans un esprit de conciliation sage. puisqu'elle l'a eu» tolérer cette opinion. 11 ne convenait pas que nous, laïque, vinssions jeter nos a[>préciations au milieu des doc- leurs, ju^es naturels dans de semblables eonllits. C'est déjà bien assez que nous osions nous faire écrivain narrateur des choses et des faits qui ne sont pas en dis- cussion. A notre avis, les laitjues doivent se mêler le moins possible des choses reli- gieuses. On ne peut donc nous savoir mau- vais ^té de mitre réserve,
Mamtenant, qu'on vienne nous dire que notre travail est incomplet sons une infinité de rat>porls, nous n'eu serons point étonné ; nous nattondrons pas ce r "proobe. Nous courons au-devant, pour le recevoir nous- mèiue à titre de vérité- Qu'y a-t-il de com- plet dans le genre? Pas un nistorien, pas un recueil, pas même les BollauiJistes; et quand on voit cette montagne de volumes k côté de notre opuscniL*, on demanderait h ce dernier d'être complet? Mais il renferme n*m pas dix, mais deux cents articles qui, tniités h fond, exigeraient plus de plare qu'il u'en prend tout entier lui-môme» Nous savons,
3u*on nous pardonne cet orgueil, comment famkait traiter un pareil sujet, s'y dévouer etilièrement, sans autre préoccupatmo, san^^ autre but^sans^ud de Taxistence matérielle,
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AVERTISSEMENT,
sànsot rîucuns autour de soi, se ïBêt-
tre à kl -ms visera la Ûrt dès le com-
menremem, et passt»r sa vie à rœuvre> coû- tent (l'être allé jusqu'où Dieu l'aurait per- mis. Leé ailleurs sont trop pressés , les éifiletîrs cHîculenU les lecteurs allendenl. À qui la foule? au siècle qui nous distrait des
Blindes choses et qui nous lorce è glisser éc une rapidité Diivrante sur loules les su- perficies. Il n'j é plus guère de Bénédictins.
On sait les différences essentielles qui font qu'un dictionnaire et une histoire sout deut travaux absottiinenl distincts : chacun a sesavantaff(?$ et ses inconvénients ; Vw\ ne saunit «in|»pi<^r?f ^* Tautre* Il n'eiilirra jamais dfi tsoDîie qa un dictionnaire
bi- remplacer les histoires
[éiién> (ùiiliculières; mais il entrera
ans U- Lions de timst que le diition*
n^ure est indispensable pour Félude du l'ait en particulier, p^kur la recherche des malé- riaux de II avait» pour la rçuiinistence ou pour la rnrm.ii^v.nn< o u'iin point d^hisloiît*, L'ins- to i fin ei il l'a i te j )0 y t ci^ u \ q ui
vtu,. ..V ,.,.>,., ., .dictionnaire poui" ceux qui savent déjA* L'ordre de ce dernier, oiicf aque fait se trouve h m ietire^ permet de le Irouver sans hésitation, el évite la peine de feuille- ter des volumes et de dé|jenser des heures précieuses.
Dans (out le cours de cet ouvrage nrms avons ronslarïjmeul visé à ne [pas émettre
iiion qui ue fût orthodoxe. Nuus - d'avance tônl ce qu on pourrait nmmo sei.s à nos i aroh s» qui ne Nous avons en général < hoi>i des tant t[ue possible, puisant aux tiÔTues.
> fe disons pins haut, nous <>up de hiogra[>bies de oiartyrs ou «e confesseurs Unnt les noms r.e sont [>..s au fri!a!n-oè dcs ^âinls; soiivcnt nous it ur air ce titre* Avons-nous besoin de
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l'intention que nous n'avons laiitorlé de mettre au nombre des s<nnts ceux qui n'ont pas fûrn»ellen«ent été recoimus coinnie tels par fEghset Evidenunent non; cet e quah- Dtat on, smis tiotre plume, cx[>rïme lim piè- gent que les personiïagcs desipicls nous parlons s*int di^^nès de la vénération pubh- que, h cause de leui s mérites, de leurs souf- frances; mais elle ne va ; omt jusqu'à con- trevenir par le faii au dccrrl dUibaiU Vlll sur celle matière- Nous î^avons parlaiicment que, (Ju* Isque soient les libes d'un (lersou- nai^e »pi lroî;a G, il ne [>eut être n»gtrdé anth fi r* sa ift « t reviHoinn.e
tel jiar i i , . ^ : t qu'il a clé proposé
à la vénéralio:! [ ubhque par r.iiUurilé du samt-siége, ou p>ar celle des éôh'^es pai lien- lièrt'Si avant que ce dro:t eût été réservé furmelJemeni uxsuccessi'ur^ de saint Pierre. Nous faisons aussi l'i même rcnuirqui- ré'a- livefneutauxmtrricles qui n'o. t pa> é^é exa* minés ni apfirouvés juiidiquemest. Hislu- rien, nous racontons les faits; quant à les marquer du sceau infaillible de Tauthenti- iiiif ce droit est réservé aux juges institués
pour cela. Nous devons dire ici que nous avons quelquefois été Irés-réservé dans ta narration de certains f^iits réputés iniracu^ leuï, Il y a des [personnes qui, par un sen- timent de piété fort mal ent^ ndue, acceptent comme conslanls tous les récits qui rap- l^ortent un prétendu miracle- 11 leur sem- Llerait en quelque sorte commettre une im- piété si elles le contestaient; c'est ui-e fai- blesse daiis laquelle un h stoneh ne doit pas tomber. Il est des auteurs ori|jinaux qu'il né faut pas suivre avec ui.e ct.yliance avt ugle ; de la meilleure foi du monde^ ils ont pu sô tromper. Il ne sufiil pas qu'ils diseni avoir vu, qu ils aient réellement vu, pour qui* les fiits racontés soieni vrius. Qui leur a dooiiô rinlaillibilité 1 Sera t-ce l'antiquïté du ri'cilî M.dgré tout le respect que nous devons oui anciens, nous ne (pouvons nous empÊcljcr de dire ceci ; Ce qui n'est (»as viai oans un temps, n'est p:is plus vrai trois cents ans, inilli ans plus taid. Les ^bserv^iteurs les mieui inlentionnés j)euTi»iil très-bien m^utquer dé discernement; le préjugé peut très-bien les avoir éi^arés. N<*ys avons eu occasion de voir dernièrement un lionin^e instruit, un de nos amis, qui ne concevait pas que nous pussions discuter une léfeendr. — Ce qu'on a cru si ioui^ti inps,d sait-il, devait élrc vrai, Discuter une ^elJe de ces j bières, c'est se donner le droit de les discuter toutes; c*cst arriver h ne plus rien admettre; c est i îiè du voltairianisme. On stjnt que (le [ artilles objections nesimt \as disculables.Ouî, lions avons souvent omis les récils de certains miracles qui nous ont paru en achés d er- reur. Souvent nous avons critique certains fdiis géiiéiaîcmcnt admis. Fal ait-il, i>àj^ exemple, que nous accepiassions c« nnu^ miracle le fait suivant ? Un sa ni envoie son disciple puiser de l'ean à une fontamc; le disciple revient épouvanté, disanl qu'il a vu une vipère dans la fuulaine; le saint rr tourne avec !e discip e, fait le signe de la ctotx sur Peau, en puise, la boit et n'en meu t pas. D abord les vipèies i e vont pïvs dans Je^ lon- liiincs, à moins qu'i 1 es n'} tombent. L< ur veu n ne se m^ lun^e | as à Teau ; ^v iûi-j1 mé- hmgé, qu'on i oui rail h' boiie impui. entent, Le venin do la vijicie n a pas d'yeiion sur le tuhedjgesi f dans létottioimaL Faut-d cro^e au récit suivant? D» ux saints mi^sinniiair^s sont plis en Amérifpi^*. On leur ouvre le ver lie, on IcMr anache le cceur, on les en fra[*pe au visage et ils parlent ensuite. Nous nou^ boinoiiSi» cetlequestion. Souvent i ous avons < lé à même de vmr avec quclir lé^^è^ reté des personnes très- pieuse- admeUai nt des laits comme miraiuleux^ huis avons souveiiir d'avoir vu, d.-ms une grande viilo de rOnist, un couvent <-ù on |)rctchtiait qu'un i^ia^d mi ni de avait eu lieu, JNous fû- mes treS'-môl venu en voulanl lonle^ier ce mtraclc. Les bonnes religieuses ne souf- fraient pas de discussion à Tcndroit de leur niiraele. Voiri le fart : Un médecin déclaia incurable une jeune bJle appartenant à Tune des nombreuses maisons rengieuses confiées h ses souis. Après cet arrêt di U seienci',
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AVERTISSEMENT.
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les religieuses Oreot une neuvaine, et la jeune fille guérit. Aussilùt on publia que le cid venait de faire un miracle; le tout re- posait sur riofaill.bditédu docteur. Qii.iol à nous» eussions-nous eu pour y croire toutes Îl^s raisons que nous n'avions certes pas, nous n'eussions pas osé pousser notre con- fiance en sa parole jusqu'à en faire la preuve d'un m irai le, sa base pour ainsi dire- Il n*y avait rien de miraculeux h ce qu^une malade guérit, quoique coniamnée par lui; au con- trains. Encore un lait rjui revient à notre mémoire. Dans les Vies des saints de la Tïié- baïde, nous voyons que le diable, pour faire perdre son sérieux à un saint qui s*était im- jmsé ! obligation de ne pas rire, faisait dan- ser en Tair une plume attachée au bout d un bâton avec une ncelle. Peut-on sérieusement aJmeitre de prireils faits? Nous ne donnons pas les noms ues personnages, parce qu'avec les roms, ces faits deviendrait-nl bien plus fiicil<*nieut une arme entre les mains de ceux qui voudraient en f^ire une moquer e : nous n'^ voulons pas prêter. Bon noiMbre d'écri- vains re oiniuandablt^s peuvent quelquefois enibarrasst^r beaucoup ceux qui les consul- tent. Pleins de bonne fui eux-mêmes, ils n ont pas usé se délier de la bonne foi ues autn-s, et ils ont adopté des récils qu'une confiance moins grandtt leur eût fait rejeter. Ils sont ainsi devenus eux-mêmes, pour ainsi dire, une seconde autorité. Du reste, nous no croyons pas que cette dernière réflexion puisse concerner antre cbuse que des faits de peu d'importance.
lie tout ce que nous venons do dire, il est juste de conclure qu'il faut de la critique et du discernement nour distinguer le vr;n du faux. Cet>endant, il est équitable de convenir qu'à Tépoque où nous sommes, les secours ne font pas défaut à qui veut écrire un ou- vrage do genre du nôtre. De nombreux au- teurs, tous fort recommandâbles, ont publié des travaux qui permettent de marcher d'un pas assez sûr dans le dédale de l histoire ec- clésiastique. A la tête de tous, il f.mt mettre les Bollandistes , auteurs des Acia Sancto- ntm, Baronius, Le Nain de Tillenionl, Rui- nart, les deux Assemani, et une foule d'au- tres non moins recommandâbles. Ce sont ces auteurs que nous avons suivis. Nous mao- querions à la reconnaissance si nous ne les citions pas, ainsi que Fleury, Rohrbacher, dont les histoires nous ont aussi beaucoup servi. Nous nous somiues aidé bien souvent de Touvrage d' Al ban liutler, tradiiit par Go- descart. Malgré toutes ses imperfections, ce livre est un recueil précieux, qu'on a beau- coup) trop pris l habitude de décrier.
Nous terinmerous cet avertissament en ré*
pétant que nous n'avons pu faire dans ce li- vre qu*un abrégét et que ce serait vraiment une prétention injuste d'y vouloir trouver autre chose que les qualités d'un abrégé. Les matières que nous avons traitées sont très-abrégées uans Fleury, qui a 6 volumes de mitre format. Tillemont, qui a IG volu- mes in-i", n'est allé que justpi/au vi* sièc;le, Rohrbacher lui-même, avec ses 28 volumes in-8% compactes, ifa fait qu'un abrégé, si on considère les faits en particulier. Les Dol- landistes seuls ont discuta scientitiqueraent ; aussi leur œuvre irest-elle pas achevée, mal- gré les montagnes de documents qu'ils ont entassés. Il y a cependant une pai tia que nous avons, autant que poss ble, donnée ni extenso : c'est ce qui a Irait aux laits parfai- tement authentiques. Là les citations ne font pas faute dans notre livre. Nous lavons déjà dit : le respect des documents authen- tiques doit être la principale préoccupa- tion de rhistorien qui traite de cesmaiiè.es. A propos d'un autre ouvrage du même genre que nous pubhons ( Histoire (fénérale des persécutions de iEtjtise ; Périsse frères J, plu- sieui'S prélats nous ont félicité d avoir d**nné sans les altérer ces trésors de Tlustoire ec- clésiastique. L'évéque d'Anjiers , notam- ment, nous écrivait ces mots : « Vos lecteurs vous sauront gré. Monsieur, de leur avoir fait connaître les (lièces les plus précieuses de ce grand procès entrci le christianisme et ildolàlrie. L'insertion de ces pièces dans le corps de votre ouvrage fait honneur à votj-e discernement. » M. Itohrbacher, qui nous a donné une si excellente Uisloire defEgtiser a pensé aussi que Tinserjou des pièces au- thentiques était bien importante. Nous ne craii^nons pas d être déiueiiti en disant que dans son ouvrage les citatiuns font près des trois quarts du texte. Quelques-uns pour^ raient prendre cette phrase pour une criti- que, ellesignitie le contraire. Hummage h 1 écrivain qui sait construire avec de tels matériaux 1 Pour nous, cetttî histoire est in- comparablement la meilleure, parce qu elle est la plus nourrie de faits; parce que c/est moins Thistorien qui j'arle ijue l'Eglise de Dieu, qu*il a constamment mise en sceuo en faisant parler ses docteurs et ses saints* Ils avaient tadlé les pierres de réditice, d les a réunies avec une certitude de coup dœil et une puissance d érudition, desquelles on ne saurait trop faire l'éloge. L'homme qui tra- vaille pour la vérité lait ainsi. Nous avons tâché a agir de môme en ellaçant le plus souvent possible notre récit, nos apprécia- tions ; nous serions trop beuxeux si nous avions quelque peu réussi*
J
AVIS,
Pour D6 pas embarraMer le lecteur, nous n*avoii8pa8 mis d^abréTiations dans ce Dictionnaire. Rien» par conséquent, à indiquer à cet endroit. Quant au classement des faits, voici Tordre que nous avons suivi ; il a ses inconvénients qui nous ont semblé moindres que ses avantages. Autant que possible, nous avons pUeé les saints du même nom par ordre chronologique, sans nous préoccuper de ce qui aurait pu nous fournir rélément d'un autre ordre de classement, des prénoms, par exemple, quand il eu existe; ce qui, du resle^ n*a pas lieu pour les saints de la primitive Eglise. Les saints à date ignorée ou très-incertaine, nous tot avons rejetés en masse après leurs homonymes à dates certaines. Nous plaçons les persécutés avant les per- sécuteurs du même nom qu'eux.
Dans les Martyrologes et dans beaucoup d'historiens, nombre de martyrs sont indiqués comme ayant souffert sous tel ou te! empereur, sous tel ou tel souverain, sans fixation exacte d'année. Une telle indict- lion est une date; mais, sans faire injure à la plupart de nos lecteurs, nous croyons qu'elle est insuffisante pour eux. Généralement on sait peu , ou du moins on ne se souvient guère, que Trajan, par exemple, monta sur le trône en 98, Adrien en 117, Marc-Aurèle en 161, Valérien en 253, etc. Or, quand il sert dit d'un saint ceci : c Soit martyre eut lieu sous Alexandre-Sévère^ i cela fera-tril que le lecteur se reporte à la date 222? Nous ne le croyons pas. Donc, pour éviter que le lecteur gourmande inutilement des souvenir! récalciirants, ou qu'il soit forcé de recourir sans cesse à un dictionnaire des dates, nous croyons conve- nable de donner ici la nomenclature des empereurs jusqu'à ceux sous lesquels l'Eglise a cessé d'être per* sécutée.
NOMENCLATURE DES EBIPEREURS ROMAINS.
N« d'ordre.
2
5
l
5
6
7
8
9 10 il 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37
80 40
NoTs des empereurs.
Auguste ....
Tit'êre • • • • •
Caligiila
Claudel*' . . . .
Néron
Galba
Oibon
YiteHius
Vespasien ....
Titus
Domitien
Nerva
Trajan
Adrien
Anlonin
Marc-Aurèle . . .
Commode • • • .
Periinax. . . '^ •
Sévère
Caracalla . • • •
Macrin
Héliogabale. . • •
Alexandre-Sévère. •
Maximin
Pubien
Gordien
Philippe
Décius
Gallus
Emilien
Valérien
Gallien
Claude II
Aurélien. . • • •
Tacite
Probus . . • • •
Carus
Dioclétien et Maxi- mien
Constance^hlore. .
Constantin ....
Dites d'avéoement
avant J.-G. 27
aprèsJ.-C. 14
37
41
54
79
81
96
98
117
138
161
180
193
193
211
217
218
2X2
235 238 239 245 249 251 252 253 261 269 270 276 276 282
284 304 306
NOMENCLATURE DES SOUVERAINS DE CONS* TANTINOPLE.
N«» d'ordre,
l.r
2
5
4
5
6
7
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9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27
30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42
Noms des empereurs. Constantin le Grand Constance. . . Julien l'Apostat . Jovien .... Valentinîen. . . Gralien .... Théodose le Grand Arcadius. . . . Théodosell. . . Marcien. . . . Léon 1«'. . . . Léon II ... . Zenon. . . . . Anastase . . . Justin l«r . . . Jusiinien I*r. , . Justin 11. . . . Tibère Constantin Maurice. . . . Phocas .... Héraclius. . . . Constantin III . . Héradéonas. . . Constance U . . Constantin IV . . Justinien IL . . Léonce .... Absimare . . . Philippique Bardanez Anaslase 11 . . . Théodose 111 . . Léon m, d'Isaurie. Constantin V . . I-éon IV . . . Constantin VI . .
Irène
Nic^phore I«» . . Michel I«' . . . Léon V . . . . Michel n. . . . Théophile . . . Michel m . . .
Dates d^fénement 330 535 361 363 364 375 579 395 408 450 457 474 474 491 518 527 565 576 585 602 611 641 641 642
696
712 715 717 717 741 775 780 797 802 815 815 820 J29 842
^•^•-1
DICTIONNAIRE
I DES PERSÉCUTIONS
n l'uim GATioiiQDi,'
AARON (saint), martjr, était Breton de iiais|aoci9« Il \ini d'abord a BamQf oi) il «*applitTiia beaucoup à FétiKle cie IT^crihiro sainte Jl passa easuite en Angleterre, où il recul la ootirortne du piarlyre sous Dioelé- tien, vers Tan 287, h Caerléon sur TUsk, dnns le copie do Monlraô|ith»avec saint Jules. L'Eglise fait la fêle <ie saint Ai^ron et de saint Jules le 1*' juillet. (Yqm, AlfprJ» ad annutn 287 J
ABACHCM (saintUfils de saial Maris el do sainte Marthe, Tr^re d*a saint Aodifat* vint à Home avec eux pour visiter les (orn beaux des anôlres. Arrêté avec eux comnie ctifé- tîer(/ti soutfril, sous Claude 1) le fiolliiuoe, la basfoniiade, le chevaleU le Feu, les ouj^les defpr, eut les mains coupées 0 ensuite fut dée4, 'ité. Son cor|»s fiit lirûiéX'E^lise honore fia méinoire le 19 janvier.
ABDAICLA (saint), martyr en Perse sous le rècjne de Sapor, a des arles cpii loi sont communs avec saint SimiVjn , évoque de Cié^iphon ttde Séleu^'ic* Nou^ jf fenvoyQns le Ippteur. (FHe le 17 ayril )
ABDAS (saint), martyr, évoque de Casear, en Clialtlée, vivait soos le roi Sapor. Ce l'ut dans (a tîG' année du rè^ne de ce nrince (par consé^ïuenl en 376 ou 377) qu'il reniprJrla la couronne du martyre avec vingt-huit au- tres chrétiens, dnns la viMe de Lédan, au payç des Huïites/ Il souffrit un veodreili, vers le 15 mai, L'Eglise fait sa fête le It»,
AQpON (sainl), martyr, était Persan d ori- in<jf il vint avec saint Sennen à Jlome; il y
g
ut irfété avec lui comme chrétien, soutlVit de tîès-ôrands tourment* pour la fu, et «er- loina enfin ses jours p.ir Tép^e^sous Vçm-
rh-ii^i en présence de 1% w Bèce» en
annde 250. Les actes il : \i\ saints
souj sans autorité. Les cluéticns de Ronje reçurent ces deux sainfs, non point coimne des étrangers, mais comme des frères t\wi li mèine espérance, la même foi leur unissaient
d'esprit et de cœur, parenté chrétienne plus puissante et plus fortq que les liens de na^ tionnhlé, et même que les liens de famille. Les deux saiot^î, après leur mort, furent dé- posés dans la maison d*un sous-diacre nommé Quirin. Sous le règne de l'emnereur Cons- tantin on déposa leurs corp^ dans le cime- tièrtj de Pontien. On dit que le nape Gré- goirelVlransporla leurs corps dans réalise de Sainl-Mirc^dans Fintérieurde la ville. D'au- tres disent que le pape Damase les avait donnés, en r.mnée 370 ou h peu près, h s^int Zénobede Florence. D'autn-s, entnJ^oot pré- twndu qu'ils furent îransportés à Saint-Mé- dard de Soissons, et qu'ils y sont demeurés jusiju*au\ guerres des hup^uenofs, qui les brùl^îrpnL L'Eglise fait la fô|e tje ces dfgux saillît !•' 30 novembre.
AHlpE (saint), diacre et martyr» versa son sanyç pour la toi à Edesse, eu bjne, du feflops de rempereur Licinius. Le juge le lit déchi- rer avec ih'^ ongles de fiT, puis ensuite le lit h^ter dans le feu, L'Eglise honore sa mémoire le IS novembre. (Extrait du Marljrologe romaîp. Pas d*actes sérieux.)
ApJÉSUS (saint), martyr, évoque de Cas- car, tlonna son sang pour la foi en Perse, sous le roi Isde^erde, ou mieux Yesded- jer'l. Le Martynuoge rom'viu le met dans le iv^ siècl*', sans dale [irérise. Il esi f»our- tant facile de l'éLiblir à fort (jeu de i-hose prùs. J^e roi Vesdedjerd moula sur le trône en ado, et mourut en V20. Or U ne régna pas tgul h lait deux ans durant le iv siècle, Sainl ibj*''sus rlul donc é're martyrisé h la lint|eTÎ90ou an eours île T^n 4tKK II eut pour comiij^noits do son niartyre seize prê- tres, neut diarres, six moines et $eid vier- ges. Sa fête a aussi lieu le 16 mai*
ABONDANCE (s.'inl), martyr, mourut à Rome pour la foi t'hrélieni:e, avec les saints LéoiK Douai, Nicéphore et n^uf autres. L*E- Klise hûpore leur mémoire le 1" mars.
il
AfiO
ABONDANCE (saint), diacre et martyr, mourût pour la foi avec saint Abonde, prètVe, ious Diocléiien. Sa fête a lieu le 16 septem- bre,
ABOraB (saint), marlvr comme le précé- dent, fut martyrisé h Rome pour la d<'fense dô M iw'lliion de Jésiis-(]bri-t. !1 eut pour comp^r- ■ son martyre tes sanrts Alexan-
dre, Ai...^ .. Lit Fortutiât. ijui «îont honorés êyoclui parTEglise, le27 février.
ABONDE fsai:it), *^vôquf^ et confesseur, souffert divers tOuritKMits pnur la foi ctiré- tîenne, k C(^me. On ne snit ni t^ date ni le$ détails de sa confession. Sa fôle arrive le 2 avril.
ABONDE (saîntK prèlre et martyr, soofîrit la niorl pouf J^isus-Christ, s^nis jr* rf!!^"ne et durant ta ref^^culion de Diofl*>lîou, avec saint Abondance, diacre, sai» t Alarcien, per- soma-:e lïîuslre de Rome, ei son tiis Jean, que les deux saints avaient ressuscité, lis furent tous e^técntés sur la voie Flami- nionne. L'Eglise honore leur mémoire le 16 sei-lembre.
ABONDE (saînl), diacre et martyr, sous le règne et durant la f persécution de Dioclélien, eut pour comfiai^non de ses soiitfrances saint Carpopbore, prdîtrt^. D abord on les nii yrtrit de coups de bâton ; on les niH ensuite en prison, ofi on les tint longtemps ^ans If^ur donner nié bo;re ni h manger. Après cette longue torture, on les mit sur le chevalet, où ils furent eruelletnent tourmentés» Enfin ils eurent 1h l^te tranchée. L'Kglise honore leur mémoire le 10 décembre,
ABONDE (saint] fut martyrisé îi Rome sous l'empire de V'alénen, avec saint Irénée. Ils avaient reiré le corps de sainte Concorde d'un cloarpie où on Favait jeté. Ils y furent eux-m 'es el noyés. Le prêtrt^ Justin
les en * lirf'^s, ils" furent enterrés dans
une cryplH (»fes du coi'ps de saint Laurent. L'Edi-p vénère li'ur in<»raotre le 26 aoiU.
' î: on ABO:^DA?iCK (^ainl), est cité
diM L^viaire de Tolède, avec saint Just,
comme ayant été marlyrisé pour la foi chré- tionnp «inus rerapereiir Numérien et sous le jii le. On ne sait pas dans quel pays il
a ;^v...... . L Le MartyrolOb't' romnin dit qulls
furent condamnés au fuu, mais que n'en ayant souffert aucune âtleintCi ils périrent par le glaive, La féfe de c^^s deux saints est célé- brée par l'Egïise le i\ décembre.
ABONDE (ç dntjt prêtre et martyr, versa son sans à Cordout% pour avoir parlé avec trop de liberté contre la secte de Mahomet, da ' î Mips oi^ les Maures étaient maîtres à ^iit. L'Eglise honore sa mémoire la
11 juillet.
ABORMIO, franciscain el Italien de nation^ fut pris, en 17^6. le dimanche de PAques, dan$ le Chan-si. Il fut irabié de prison en prison, pend:tni onze mois, et conduit eoiin a IfacaOy où on le remit aui mains du pro- cufeur de la ville, avec chacge de répondre de lui.Lessoldats lui donnèrent dessoutilcts, pillèrent ce qu*il avait de menbles et se^p'-r- lèrent envers son domestirjue à de si rudes traitemeuts, (}u1l en mourut quelques Jnurs
après. Les tribunauTt se saisirent de Faffaîr^ et le prisonnier fut forcé de comparaître. Alors le mandarin, se vovant obligé de ren- voyer, le suivit pour lui demander avant Tau- dience de voulotr bien ne rien dire des mau- vais traitements qu'il lui avait fait sujjîr et des vols commis à son préjudice, lui promet- tant qu'il ferait son possible i»our obtenir sa liberté. Le P. Abopmlo ne comptait guère sur ses [promesses; mais ne jugeant pns utij^ J la reliiiion de tirer vengeance de ce qu'il avait souffert, il fUTnitit ce que le mandarin lui ile- raauilait. Cebii-cf, bien loin de vouloir tenir parole, forma l'alfrtîUîï projet de se garantir t^ïnt h fait des accufi.slTins qu'il redoutait, en faisant secrèiement mourir le religieux dîins sa prison. Un seigiïeur condamné h une firi- son perpétuelle, et (jui sïMail trouvé renfermé avec le missionnaire, lequel lavait initié à la connaissance de la foi, lit avorter le pro- jet du mandarin. Instrnît des ordres que celui-eî avait donnés, il lui fit dire que si le P. Abormio mourait en prison, il en écrirait à un de ses parents qui était puissant près de Tempereur. Le mandarin crut qu'il évite- rait de voir connu d^i tribunal ce t|u'il avait tenté, en resserrant tellement ses prison- niers qu'ils ne pussent avoir aucune cbmmu- incation ni enlre eux, ni avec personne du dehors* Il fit construire un nouveau mur de- vant la prison, et ôt attacher les détenus avec des chaînes chacun aui deux murailles op- posées d'un cachot fort étroit, de sorte qu'ils ne pouvaient ni se tenir debout, ni s'asseoir, ni même se remuer, L'unimie adoucisse- ment qu'on leur acconiât fut de les détacher Quelques heures chaque jour. Ce supplice dura un mois et demi. Des chrétiens ayant sauté par dessus les murs, jetèrent par\me petite fenôlre du pain aux raîssioûnaires. Ayant été pris, ils furent rudement chAtiés par ordre du mandarin. Enfin, les mandarins supérieurs !e renvoyèrent à Macao sous la garde de deux soldats. En chemin, le F. .4bor- mio prêchait tous les jours. Plusieurs man- darins voulurent Tentendre et Tinvilèrent même k leur table. Un seul le maltraita dans sa route ; ce fut celui d\Hmng'Chan. Cet homme, qui avait signalé sa naine contre la reïigion par ses traitements barbares envers le P. Beulli, fil donner 3isoulllets au P, Abor- mio et le fil mettre deux fois à la torture. Voici une partie de l'entretien qu*ils curent pendant laudience : « Es-tu Chinois ou Eu- ropéen ? — Je suis Européen, —C'est faux» lu es Chinois comme moi ; la mère habitait le HoU'Koumg ;ie lai deshonorée; qu'on donne dix soullfets à ce menteur, pour avoir méconnu sa pairie.» Après les soufflets don- nés, le mandarin reprit : — « Quelle est la religion ? — J adore le Seigneur du cieL — Il n y a pas de seigneur du ciel ; tu ne sais ce que tu dis. — Dans une maison n'y a-l-il pas un chef de famille? dans un empire, un em- pereur? dans un tribunal, un président? De mrme le ciel a son Seigneur, maître de toutes choses. » Ce fut sur ces réponses yie le man- darin fît frapper et mettre aeux fois h laques- tion ce généreux confesseur de la foi. Le P.
»
t5 km
Abormio fut malade plusieurs semaines des mauvais trailf*menïs qu'il avait reçus.
ARHAAMIUS fsaiiuj, martyr, évèf^ue d\4r- beîies, ville capitale de l'Abiiidène» lui mis à murl pour la fui ehréiieone en l'an de Jésus- Christ 3iH. L'Eglise honore sa mémoire, le 5 lévrier. 11 fut on des iiouil^rcu^ martyrs que fil la persécutioTi de Sapor. (Voy. Sozbmène^ L ii,di. 12.)
ABHAHAM (saint), solitaire, prêtre et con- fdsseur, s'est distingué de plusieurs autres sainls nui ont porté comme lui le nom du palriiircne et du ï)ère dtï tous les fidèles, par l'honneur particulier qu'il a eu d'avoir pour hrslorien le grand saint Ephrem d'Edesse, qui non-seulement vivait dans le même temps cjue lui, c'est-à-dire durant le iV siècle de 1 Eglise, mais qui se représente comme son ami partiLuIrer, qui le visitait quelquefois, qui prenait par l a ses aliliction^i el à ses joies^ qui unissait ses larmes avec les siennes. L'u- nion dii ce saint avccsaiul Ephrem nous fait croire m fils ont vécu dans le même (>avs, c'est*à-ciire autour (TEdesse, capitale de Vus- rolîène, dans la Mésopolamie. Il narjuil au plus tard vers Tan 300, aulant qu on le oeut juj4;er oar ce que nous dirons de la suiîe de sa vie. Il eut pour parents des perso uns fort riches qui laimaienl extraordinairemcnl, maïs qui ne songeaient qu'à Tavancer dans le monde pendant qu'il ne (iensait qu*à s'ap- procher de Dieu en fréqueniant TE^^lise, en
ABR
U
méditant ce ou'il y avait entendu de l*Ecri-
ture, et par u autre
iM.'spect de ses parents le força de céder enfin
res exercices de piété. Le
aux iréquenlf'S instances qu'ds lui firent pour épouser une (ilfe à qui ils l'avaionl accordé encore enfanL Mais, le septième jour des no- ceSi ayant seuli dans son cœur un vif rayon de la ^r. ce, il quitta son épouse et la maison de son père, el olla se cacher plein de joie dans une cat)ane qu'il trouva vide à une pe- tite lieue de la ville. On prétend que, selon la coutume de ce lemps-lâ, les maria>;es nes*ac- complissaîcnt qu'a[i es sept jours de solenni- tés et de festins; de sorte que saint Abraham peut avoir conservé sa virginité entière et celle de son épouse. Ses parents le Irouvè- rent dans sa c^*tiane dix-sept jours aj»rès, et Dit'U lui donna la force de les faire consentir h Vy laisser en repos pleurer ses péchés t H eu mura même la porte, ny laissant qu'une petite fefiètre pour recevoir la nourriture qu on lui ap|>ortait. Il avait vingt ans lorsque se retira amsi dans la solitude, et il |»ersé- véra durant cinquante ans, c't>st-à-dire jus- uuW ce que la mort vint fen faire quitter à Hge de soixante-dix ans, cinq ans au»moins avant l'an 378, auquel saint Ephrem mourut. C'est ce qui noas a fait mettre sa naissance vers Tan 300.
Il y vécut dans une grande austérité, ne mangeant pas même de pain, dans les veilles, dans les larmes, dans rhumilité, éms une charité et une douceur éj^ales envers tout le monde, sans jauiais changer, durant tant d'années, sans se relAcher, sons s*ennuyer, un plutôt sans se rassasier jamais de la douceur de la pénitencct regardant chaque
jour comme celui de sa mort. Il ne passa ja- mais un seul jour sans verser des larmes, el jamais au cotïtratre on ne le vit même sou- rire. Au milieu d'une vie si dure et si austère, il conserva toujours un visage frais, un air agréable et un corps qui ne manquait point de force ni de vigueur, parce que la grAce de Dieu qui le soutenait suppléait au défaut de Ja nourriture, II semble ou'il y ait eu aussi quefque espèce de miracle dans la durée de ses habits. Dieu récompensa plus avantageu- sement sa piété par la lumière, la sagesse et rintelligencc que la grâce lui donna ; de sorte que sa réputation se répandant de toutes parts, on accourait à lui de tous côtés pour profiter de ses discours. Toutes ses richesses consistaient en un manteau, une tunique de poil de chèvre, un peiit plat pour manger et une nalle de jonc pour dormir; car il ne tra- vaillait à rien tant qu'à dégager son cœur et son esprit de tontes les choses temporelles, pour 1 amiliquer à la prière et à pleurer ses péchés. C'est pourquoi son nère et sa mère étant mortsdix ans après qu'il les eut quittés, il pria un ami de distribuer aux pauvres les grands biens qu'ils loi avaient laissés, sans s*en embarrasser davantage. Il restait encore quelque chose de celle distribution, lorsque 1 obéissance l'obligea de quitter sa retraite pouralier travaillera la cDr-version d*un grand village du diocèse où il vivmL dont tous les habitants étaient païens, el si attachés à leurs superslilions, que jamais ils i/ava eut voulu écouter ni divers prêtres el diacres fjue Té- véque y avait établis, ni un grand nombre de solitaires qui avaient entrepris plusieurs fois d'y travailler. Ils persécutaient même si cruel- lement ceux qui leur venaient prêcher la foi, qu'ils avaient loujours élé obligés de se reti- rer sans rien faire. L'évèque d'Edesse, extrê- mement affligé de leur résistance, proposa d*y envoyer Abraham comme le plus grand ser- viteur de Dieu qu'il connût, et le plus capa ble de les convertir par sa charité et par sa patience. Tous s*'S ecclésiastiques entrèrent dans son sentiment. Ils vinrent tous ensem- ble h la cellule du saint, et après une longue résisïance, ils forcèrent enfin son humilité, l'emmenèrent ^1 la ville où l'évêque, avec bien dr la jûie, Tordonna prêtre et l'envoya tra- vailler à Touvra^e du Seigneur. 11 leYrt au- tant en prianl Dieu pour ce peufile, dont la dureté même le touchait de compassion, qu'en leur prêchant la vérité. Il employa ce qui lui restait de son bien à y bâtir prompte- ment une église fort belle A fort ornée; de sorte que les habitants venaient tous les jours la voir par curiosité ; et» après qu'elle fut achevée, il rolfrit à Dieu par ses prières, en le conjurant d'y vouloir bientôt ras^^em- Mer ces infidèles, qui apparemment n^avaienl osé IVmpècher de la b;Uir, |>arce qu*il était appuyé de lauTorité des magistrats el peut- être par un rescrit de l'empereur môme ob- tenu par révoque. Car, selon la suiie de son histoire, il parait qu'il fut envoyée ce village S(»us le régne de Constantin, entre Tan S3Q el l'an M'». Jusque-lii il avait souvent passé a»ï milieu des idoles, dont le village était plein,
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en se contentant de gémir et de pleurer de- vant Dieu, sans dire même une parole. Mais alors aiîmé d'un nouveau zèle, en sorlant d« Téglfse, il alla briser toutes les icJoh-s du bourg et renverser leurs autels, autorisé [mr Je oîouvement de Tesprit de Dieu autant que parler lois que le grand Constantin avait déjà publiées* Ces peuples, furieux^ se jetèrent sur lui» le foueftèrent et le chassèretit de leur bourg. \l y revint auss»t«M et s en alla prier et pleurer pour eux à ré^^lise. Ils furent tout étonnés de Vy trouver le lendeinairi, et il prit celte occasion pour leur parler; mais au lieu d ' l'écouter, lis le battirent cruelle- ment et le traînèrent par les pieds avec une corde jusque hors du bourg, où après lavoir accable de coups de pierres et le croyant eipirë, ils Je laissèrent presfjue sans vie. Aussi furenl-iis étrangeoient surpris lorsque le lendemain ils le virent encore dans réglise, qui chantait les louanges de Dieu debout. Cependant leur étonnenient se changeant en fureur, ils le Iraitèreot encore comme ils avaient fait la veille. 1! plissa trois ans de la sorte, dans une suite
Ëerpéluelle d<; soulTrajices et de douleurs, lais, quoiqu'on le b tlît,quon ToutrageiU, qu'on le irainât par les pieds, tîu'oo fui fit endurer la faim ou la soii, au milieu de taut de maux, il restait ferme sans s'ébrauler ja- mais ; sans^ avoir aucun mouvement de colère ou d'aversion pour ceux qui lui fai- saient tant de maux. Au contrair^^ , j^lus ils le maltraitaient, plus il les aimait ; au milieu de leurs rail e.ies et de leurs insultes, d ne cessait point de les exhorter et de les ins- truire avec toutes les marq les de la chanté la plus tendre. Entin Dieu exauçai ses prières ^l ses souifrances, et le jour île sa miséri-» corde étant arrivé, ces iiitidèles rassemblés un jour ensemble commencèrent h se témoi- gner les uns aux autres l'admirUion où ils étaient de la patience et de la eharité du saint, cfl qu'assurément il fallait que ce qu il leur prêchait fût bien véritable, et tpills ne pou- vaient mieux faire qued^>béirà Dieu qui leur parlait par sa bouche. Sur cela ils s'en allèrent en foulehréc^lise où le saint, voyant qu ils venaient pour renoncer à leurs erreurs, les reçut avec toute la joie drmt son âme était capalde. Il les iustruisit sur le mystère de la Trinité cons;distafitielie et sur les au- tres points de la foi, et les bapU.^a ensuite jusqu*au nombre de mille personnes. Il passa encore un an entier avec eux, les instruisant jour et nuit pour les fortitifr dans la pieté. Aiais, quelque amour qu'il eût pour eux, la crainte d'être obligé de changer sa manière de vivre, ce qu'il nava'i point lait au milieu de tous les maux qu'il avait soufferts, et de se trouver embarrassé dans les soins do la terre, fit que, les jugeant assez alfermis dans la foi et la charité, d se reliia la nuit, après les avoir recommandés i\ Dieu nar une prière très-ardente et avoir béni le village par trois sigues de croix. On peut jugtT d*.* la dou'eur où fut ce peuple lor qu un ne le vit plus le lendemain, et que ceux qui l'a lièrent cher- Cher partout ne purent avoir de ses nouvelles.
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Ils eurent recours à l'évoque, qui, Tayant aussi fait chercher inutilement, vint, avec tout son cleri^é, consoler ces nouveaux fidè- les, et il en choisit quelques-uns qu'il Ot lec- teurs, diacres et prêtres. Le saint, quand il le sut, en bénit Dieu, et s'en retourna alt*rs à son ancienne demeure où il s'enferma comme auparavant. Le diable, irrité des avan- tages qu'il venait de remporter sur lui, t'atta- qua plusieurs fois visiblement ; mais il fut toujours repoussé par l'humilité et la con- fiance qu'Abraham avait en Dieu, sans avoir pu seulement lui faire peur, et le saint, sans s'amuser à lui, ne songeait (lu'à s'avancer de plus en |)îus dans la vertu. Quand il apnre* nait que quelqu'un marchait avec ardeur dans le chemin de la piété, ou qu'un autre offensait Dieu par ses criuies, il ne manquait peint de demander dans ses prières la perse- vér^mce pour l'un el la grâce du salut pour Fautre. il était assurément rentré dans la so litudc en la trente-huitième année de son âge, lorsqu'o^i lui amena Marie, sa nièce, que son frère, en mourant, avait laissée or- pheline. Elle n avait encore que sept ans; et néanmoins lesaitJt fit aussitôt distribuer aux pauvres les grands biëfis que son père lui avait laissés et I'* ût mettre dîms une cellule proche de la sienne, où il y avait une fenêtre pM laquelle il l'instr^uisaitl^ Klleprotiia telle- ment sous sa conduite, qu'elle devint parfaite imitatrice de sa vertu, h quoi saint liphrem contribua aussi par les exhortations qu'il lui faisait lorsqu'il ve*iait voir saint Abraham Cependant, au bout de vingt ans, t*lle se laissa malheureusetnei.t tromper par un laus nmine qui l'avait vue par sa fenêtre en ve- nant souvent voir le saint, et qui la séduisit. Pendant deux ans elle vécut dans le péché et ne fut tirée qu'alors de ce dé^dorablc état par notre saint, qui avait eu connaissance du lieu où elle s'était retirée. Il la gagna par ses saintes exhortations, et L^le revint pL-urer ses péchés et tinir sa vie dans la *olitude. Abraham mourut enfin dgé de soixantcnlix ans. Presque toute la ville d'Edesse voulut être présente h son enterrement ; chacun so pressa avec dévotion pour s'approcher de co corps si chaste, et pour emporter ce qu'il
fïouvait de ses habits ; ou assure que tous es malades qui le touchèrent furent guéris h rheure même. Les Grecs font la fête de saint Abraham et de sainte Marie, sa nièce, le 29 octobre, auquel ils en font leur principal oQice, conjointement avec celui de sainte Anastasie, et Ion croit que cet ollice a été compensé par un saint Joseph, qui vivait au IX' siècle. Les Cophtes font aussi la fête de saint Abraham le dernier du mojs Baùai oiiPauphi^ c'est-à-dire vers le 27 d'octobre. Les Latins ne l'honorent que depuis peu, tantôt le 2î) d'octobre avi-c les Grecs, tantôt le 16 de mars, auquel Baronius Ta mis dans le Martyrologe romain. Eux et les Grecs It nomment quelquefois seul et quelquefois avec sa nièci%(Tillemonl, vol. Vil, pag. 586.) ABltAHAM(saintj, martyr en Perse, donna sa vie pour le christianisme, en Fan de Jé- sus-Christ 339, sous l'empire el durant la
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■ ' -''^'^M^l'^n de Sapor. Ses actes étfint les mô- aide SiiiîUSapor, évôqoede Beth- .^triu; , ijuLis reivùyQTS le lecteur au litre dé Ct3 oiTDihïrsamt. La fôte de saint Abra- b^t ' 'léhréepar TEc^lise avec celle de Sl- aOTiç, 1*^ 30 iir>v*Miibre.
4a.L^U.\M DE NIUCHAB iUH (saint), coi|- fesseur, soutlVit pourb roielirclioiirie suas H.'tz^iH^j'J, ffL'UxiL'me diiiïoru, mi di* Perse, oi Van IfaV ou V55. jVpnH Iîi mort des si^triiarlyrs d Ab.ir-Sali^/, JosL'fiîi et leurs compag^ïoiSt le elief des pourroaux vint Irouver lei|rs serviteurs, et en pre-iaot ihmx qu'il jugef'dl à la SMupIjcili5 Jo leur physiu loiute, ^[us fa- ciles que les ûi|1res a |îei'siuider, il lour dit: it Comment vous mjijnue-l-oii ? — fm re^^u de mes o^ireriis, renotidjt celui ayqiojja queslioa était iulressee, le nom deKlJuren» el celui-ei s'^jppelle Abraham. Quant à notre hoooraiileeimditjon, nous sommes serviteurs de Jésus-Chnsl el dtsci^iles des saiuls que vous ^vez mis à uvirt, — Pourquoi èles-vous venus, dei|)iin(la roRieier du mi, et qui vous a au^euésî — Vous auriez nu apprendre cela de mes maîtres, répondit froidement Abra- ham. Ctî uV'laient pas des persoina^jes de t jeu de CQ^Sï Jératiûii ; ils avaient de ujagni- iques patrîmoiu.'S et un i^ranil nombre do serviteurs tels que nous, ou (»tutot meilleurs que nous, eards les avaient njsuiiits et éle- vés depuis leur tendre cnfanee ehe? eux ; nous faisio is partie de ees serviteurs ef nous soqames yenus iei ayec eux, car le comman-
dement de Dieu ui>us obli^^f de vénérer nos
"1 éj^BÏ de nos nères et
de jes servir comme nos tnaJtrcs. » te chef
sutiérieurs s^iiritueïs h 1 é^^aï de nos i»ères et
des iMJurrefiux, irrité, s'écria : « T'î es trop hardi ; tu me parles sais Peur, cpipme ua insoleuM si vous étiez en pleine j>aiiel dais votre pifys, à la btmne heure. Vos niriîires p'U jirév.uiiiue dans les atrairesd»? lèse-mf|- jeslé } i^ OU été reconnus criminels et vous n*aur]ez pas même dû vous en approcher. Ne voyez vous pas à la cour du j^rand roi, que lorsqu'yii seigieur est tombé inallnju- reusepienl dans b dis^nke du prince et qu*d est jeté dans les prisons «le t Ela<, il prend des habits de deuil, s'assied par terre, s isole de to'it le monde» et que personne, soit ami, soit ilomestique, n'oselapprocberVEt vous, serviteurs, qui êtes criminels aussi bieique vos maîtres, vous osez encore vous en van- ter uimiue aya'it fait une bonne acliou ? — Vos ust^es ne sont jjas injustes, ré["jndit Ehûren, en prenait la parole ; mais vous ne deve^^ pas nous faire m re[>roclie du notre. Uu digrilaire comblé dliofureurs jjarlerol doit éirr t'ï.h î t'i diligent dans le service de son ui.v urte qu'il serait élevé do di-
gnité eu *.-,.*.,L, Maiss*il a manqué àsondis voir, il est juste qu*il soit dégradé et puru. Si nos maîtres eussent été coupables devant le roi ou devant Dieu, tïous les eussions traité^ corn ne vous le dites, et nous ne les aurions ni app^ocbés dins outre i^ays» pî suivis dans le votre* Mais puisqu'ils sinl ir- réprochables devait Di«»u et dev.ml le roi,
VOtlS b'N iir-S
plu^quL , itu-
m ^
tes reMoues. — Je vous l'ai d(éjà (}it, sMcrin le chef des bourreaux, vous n*étes qu'un im- pertinent, et il est facile de présumer aue yous avez participé en qualité de coniprice dans tous les désastres dont ees hommes ont |itéc Mise. — Quels désastr(}s donc? demanda Abraham. — f.a révolttî de T Arménie iTa- b n rd , r é p on J i t le cl i ef d e s bo i ï r rea i u , p u i ■> 1 a m'>rt des maies,sans parler d une foule d au- tres. —Cela est trop vrai, refiril Abrahrinip non-S'ulem "Il "le notre part, mais aussi sui- vant vos usages^ car le roi vous ordoime uie chose el voos la commaidez à vos su- bordoiHiés »Jni foot h^ur d«'voir sans plus de qUi/slio 1. » (.e clef des bourreaux s'emjvorîa: a Par le dieu Miher ( le soleil), s*écria-t-il, vous parlez plus iisolemmenl que vos pré- cepteurs» el il e>t clair comme le jour qu^ yousôles des hommes plus coupable^qu'eux; or, il ne nresl nlus possible de yous sauviT; adorez le soleil, et suivez notre loi a 1 ins- tant même. — Jusqu îi présent, r^pQnt|it RIjo- ren, vous avez assez mal raio uié comme homme, et maintr^nant voilà que vous aboyez inutilement comme un cineu. Si le soleil pouvait vouseilendre, vou« lui feriez honte; mais il est i^isensible de sa nature el V'ms Têtes encore plus que lui par méchanceté. Quand est-ce que vous nous avez vus recu- ler daps la voie où otit marché nos pères? î*Je perdez pas le temps en yains discours ; Agissez 1 allons, que tardez-vous, lils dudé- moti? Mettez-. lous à Tépreuve, essayez nu- ire fermeté, alla que vous et votre père in- fernal vous soyez confondus. Je ne parle rias Seulement pour nous qui avons atteint 1 âge mtlr, mais les plus jeunes et les plus faibles d eilre nous vous pravefont ue njcpjjère k vous percer l îlme el le cueur. n Alors le clief des bourreaux, ne sachant plus ce q /il faisait et sous i'ioiluence d'une eicessiveco- jère, comm mtla ou'on les trainAt par terre si violemment et si longtenqjs, que lorsque ce SLtj]plice cessa, on les crut morls. Aubout de Irois heures ayant repris leurs sens, ils di- rent î 1 Nous comptons pour peu de chos^ ioutrage ([ue vous venez de nois f.ïire, et les douleurs que nous venons d'éprouver pour rien. Nous sommes heureux d'avoir subi vos mauvais Iraileuionts et vos supplices, pour l'amour de Dieu, comme Font fait nos pères spirituels. Allons donc, ne vous lassez pas, point de pitié; coque vous ayez fait A nos maîtres, faitês-]e-uo4s» Si leurs actions yous ont paru crînnoelles, nous le sommes da-- vanlagc, car ils nous commandaient seule- ment, c'était nous qui exéeutions en etfet avec une ardeur excessive, » Le chef îles liourreauTt, de plus en plus irrilé, ordo^m^ qu'on les batltt de vergrs jusqu'à la mort* Six bourf*eau\ attachés h chaquechrétien de- vaient remplir cet affrc x ofhLc en se re- layant tour à P)ur. Pendant que ces co^fes- ^|iurs étaient étendus h tLrre t!t demi-morts, on leur coupa les oreilles; ce qui fut exé* culé d'une luaniére $i cruelle, q^*il ne rota plus h la place qu'un trou. Aptes un éva- oouissennsit p: ' 1 ' fn baston-
n^4ei Joui les ^: ^- d^ I^uipu-
taliôu les tirèrent seules, les confesseurs bienheureux crièrent dVne voii àuppliante au chef des bourreaux : Grâce, grâce, vail- le n» .^/Vî. fiT dû roi, e\lûrumjez-uou> comme o<i ! nous sommes privée de i'uuie ut
/loùï .., ir.^ij't^'-^- Mlusjjécher^iar ce$eas-là; tu^i$ en ré^ jus n'en eiitendru'is que
nv ''* ' '" uj:»t.uunon^ céleste-^, fl uoui»re6te e^ ^ ^ei ; ne nous iVitcs jjai à demi
vp> i>r«;>L'iU; vous nau$ priveriez d*une fj^r^ie du buqbeur du ciel» vqui avrï fait tMpiev h no$ corps leurs pL-ehe*» ^n les tiai- narU par terrei el ceux que iimis avons eoiu- cais par les oreilies en le$ coupant; l'aites- nous expier de même ceux de To Jurât en nous ' le nez ; c^ir plus vous nous
i-Ȕndr* . lies sur la terre, [^Jus nous se-
rons buaui dcUi;» |ë paradis. « ^.e tinef des bourrraux, slupélail deeetle prière, leur ré- ; d'un ton plus calme: «iii je restais un I lemps ayec voua, vous seriez capa-- iil)&s dt* ifie vaipcre el de me cûi)veitir à vo- tj*e obstiuatiou : mais je vajs vous révéler mairiienaot rorure de la cour: votre eliâti- ment se horpe l<i; vous alleï partir pour TAs- syrie aliu d'y labourer la terre pour le èom]He du roi : *''"nv -pii vous verrunl appreuuront par yo> |Je ee qn1l eii CQUte à ceux
qui ^ïuj.'^MiiLia à ne point ot^éir aux ordres de Jiïcpi4r, » Abraham et Khoren lui répon- dirent ; ^ Vous nous avez oté la uioitré de nos iptiàibres^co aiment pourrons-nous travailler au ' al ^vee des corps si mutilés?
^ "S tuujours en Assyrie, dit à
^v^ i olLicier du roi, et eu y anivant,
lai: aller où il ïeurphiira, » Ces co »-
fessciiis arménien?, tjui avaient sijbi avec
I'oie uû atlreux supplice, étaient jifconsola- >lef de n'avoir pai regu la mort. CVtajlqvec des regrrl^ atpers et wm grande rejiUj^nanee qu'ils prépaient le cliemip d(^ la terre d'exil; leMrs chiiin(iS aux pieds et aux mains leur
fiêSdie^U moins que roppiession qui était parde sur leur rteui, Jorsiprits songeaient qu iU n'^yaieut pas été JMisPS di^^nes de reui- p^>i u.r 1 1 n^LiiM du martyre. Ce regret dura au >. quf: leur vie» Arrivés dans
la iuuWiJLi ,j. HabylpTie^ au pays qu'on ajj- peîle Chélier^qur, ils furent rrgus des liabi- laiiti soit en secrel, soit eii public, avec véué- ration el respect, tout cooijam'iés qu^ls étaient par la cour de PLT>e. Ib tirent tous leurs eirorts pour être utiles aux princes ar- méuiené^ et aflé^jer Je^ rij^ueurs île leur caii- tivité en pourvoyant à leurs besoins, ils communiquèrent ce projet charitable aux chrétiens |es plus ai>és dtï i^e pays ; ie9
frands et les petits y consentirent avec uii ijal empressenu:^ it. Toutes les personnel» pieuses fqient aussitôt inutées k fuire uuo
3uéte pour subvenir iu\x besoins temporeis es illustres captifs qui étaient eu exi! da;ïs ces pa)s lointains. Tous les ans, les chré- tj^*us mutilés allaient recueillir de^ aumônes et de l'argent» chacun plus ou moins, dans les provinces voisines, et les ttjiportaicut re- li^eusement aux captifs dans leur prison. Us remplireat pendant presque six ou sept an- nées ce pîeui^ olBpe. Cm voyii^es fcUi^ants
ABR II
([u^ilsentrepronaieut sans repos, dans un pays Apre et brûlapl, de Chéberzour au Méclied et au Cacligar, par toute rAssyrie enfin el le liouzislan, étaient si pénibles que p^ljorea mourut en voya^^e de lassitude et dp Texcès de chaleur. |l lut révéré avac |,es saints con- fesseurs [lar les habitants du fi^ys, Abraham continua la même œuvre de cïiarilé î i' '•"e- cuiillail en tous lieux les OJfrandes des liiié- les et les portail da is dîllérents pays poup secour-r tous les captifN; il pourvut ainsi dû son mieux à tous leur^ t>e$oais.
hà douzième année depuis leur arresta- tion, une partie des princes uut avaient été délivrés di^ leurs cham s et elaieit rentrés en fc;râc •, prièrent Abraham avec les jilus vives instances d'aller au pays d'Arménie, aûn que )a nation y pût voir Tima^e vi- vante des héi'Oiques martyrs tombés sous la hache, et d'instriiire en même temps leurs familles et leurs amis de la manière coura- geuse dont ils su|>portaieût les enpuis dâ leur captivité; car, pensaient-ils, quand les îB^jrl^rs» les confesseurs et les pnsoiijiiers, qui soutlVent pour la foi, seront vus par lui» tout le royaume d'Arméniq serif béni e[ saïK'tilié. À lu vue de ce dij^ne chi'étien qui nortp les marques de sou supplice, las eu^ fants grandiront dans la sainteté, les jeunes gens resteront dans le sentier de 1*^ ^a^^esse, les vieillards s'encourageront à la palieMce, al les seigiieurs appn ndront a pratiijuer I bu- maiiité* A sa prière, Dieu luettra la pitié dans lu ctjtur du roi, et ii se déterminera k puritier notre patrie Nos éj^lises et nos ora- toires où sont les tombeaux des martyrs, s^ gloritieruntdu voir le soldat de Jésus-Cbrist| lios martyrs eux-oiéuies, et bénhont ce martyr vivant. Le champ d'Avarair, tout blanchi des ossements dt s héros, et dont la sol a bu le san^ des saints, ce vaste théâtre de nos batailles, tressaillira de joie plus que s'il éluit arrosé [)ar des pluies abondantes, sous les pas de ce martyr; il y aura en cet endroit une rémuQU fuystérit^use enlre le martyr vivant et les maityrs morts, et tous ces cantons seront vivihés. Quand les moi- nes et les ermites d'Arménie verront ce digne conTesseur, ils auront souvenir de ceU«- im- mense armée de chrétiens qui, pour le pré^ server de tout mal, ont versé leur sang comme une oblation agréable à Dieu. Eu voyant ce serviteur des prêtres martyrs, tous DOS compatriotes se souviemJront de ses mat- trustées prêtres illustres qui furent éc^or^és par rordre du roi dans un- terre lointaine, et qui apaisèrent sa co^èr^. Peut- être aussi, eu voyant ce saint homme, le pays recontnds- sant se souviendja-t-il di^ noire longue cap- tivité ; on demandera k Dieu qu'il nous de- livre de cet esclava^^e et que lious [tuissioi-s revoir notre chère fMtrie, luui de laqueile nous lan^uissous depuis tant d années* C^ a'esl pas seulement le désir do reyoiriios familles qui nous presse, c'est celui de coih tcnipler de nouveau les é^'^^es que nou^ avons bittes et h.*s prêtres qit^ nous y avun^ placés pour les desservir* Si le bon Die 4 permet que ce saiiU humiiie »xiiï^ iu terme
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de ce voyage, et qii*il calme les inquiétudes
de nos familles, nous n*en serons que plus fondés à espérer qu'ils nous ouvrira les portes de sa miséricorde infinie, pour re- tourner dans nos foyers par le raéme che- min que les pieds (le ce saint homme vont parcourir..... Ainsi pensèrent nos bienheu- reux princes» et à force d'rnstances» ils par- vinrf*nt à lui persuader d'entre|ïrendre ce voyage. Accoutumé comme il était aux œu- vres de vertu et de charité, il y consentit sans trop liésiter, et il se rendit en Armé- nie. 11 est impossible de rendre Tarcueil res- pectueux qu'on lui fît de tous côtes : houi- mes, femmes, grands, petits, n oh les, pay- sans, chacun se prostf*rnanl devant lui, lui baisait les pieds et les mains. « Béni soit , disaient-ils, le Dieu qui vous < nvuie comme un messager céle.vle pour nous annoncer la bonne nouvelle de la résurrection et des fé- licités du ciel ; car nous vo}'ons en vous tous les morts qui ont expiré en J6su?î- Christ» avec res[>éraoce de 1 immortalité, tît les captifs qui ne sont pas encore tous déli- vrés. En vous i:ous espérons le rétatdissu* ment de la paix du royaume; par vous, nos é'^l ses, notre clergé, les saints martys qui sont nos intercesseurs auprès de Dieu, se réjouiront d'une commune joie Bénissez- nous, saint Père; vous êtes la bouche di»s saints qui sont morts; en receVriiit votre l»é- nédiction par votre bouche, nous croirons recevoir celle des saints dans nos cœurs. Vous avez ouvcil le chemin à ceux <]ui .'«s- pirent nuit et jour à rentrer datjs leur i>a- trie ; priez Dieu qu'ils y reviennent bic'Uùt sur vos traces, voui avez ouvert la route dé- fen lue du relt'ur, ronle feimée depuis si longtemps. Ouvrez-nous aussi» à nous qui sonnnes nc^cheurs, la porte du cîel j)ar vos prières. Nos supplications h Dieu se join- dront aux vôtres f>our intercéder en faveur des captifs, et comme nous avous eu le bon- heur je vous voir de nos yeux cornortis, notre félicité sera sans doute complétée en revoyant ceux que nous pleurons du fond du cœur depuis un si grand nombre d*an- nées. V'otre arrivée est pour nous un ^a\^Q ûè bonheur, et votre charilahlo présence nous est garant que nous aurons bit-nt^t l'mexprimable joie de contem|>ler ces braves et patients captifs qui soutfrent |»our l^amour de Jésus-Chnst. Leur vue j^uérira les plaies saignantes de nos Ames, et leur majeslucux flspt^cl nous ft^ra oublier nos longues dou- leurs, » Ainsi fut rei;u,dans le pays qui Ta- vait vu naître, ce saint confesseur ; mais il ne voulut pas y mener une vie publique. Choisissant un lieu écarté et éloij^né du bruit du moide, il s'y établit avec trois ver- tueux frères, et y m lurut en odeur de sain- teté après une pénitence exemplaire. 11 est diUicile de nconter la vie de ce saint er- miUi dans sa retraite, sa pénitence et toutes les vertus qu*il y pratiquait. Il veillait tnute la nuit comme une lampe ardente el jeûnait tous les jours de sa vie comme les anges qui n'ont pas besoin de se nourrir. Quant à la modestie» la douceur el rbumilité» personne
ne lui était comparable ; et quant aux be- soins temporels et aux choses du monde, il était comme un mort qui n'a envie de rien. Il était assidu à réciter l'ofïice divin, et, par une prière perpétuelle, il s'entrelt'nait sans cesse avec Dieu, 11 était le sel de TEvangile potir donner saveur ?i qui il en manquait {Madh. V, 13), et raiguillon des paresseux* Auprès de lui ravarice se senl^iit mandite, la débaucheet la gourmandise a v:dent honte d'el- lewiièmes. Il fiit la santé de notre pays d'Ar- ménie, et bon nombre de blessés qui souf- fraient secrètement dans FA me, reçurent de lui leur guérison. Il fit le doc»eur des doc- leurs el le |)ère instructeur de ses |vropres pères. Au seul bruit de son nom, les inso- lents rentraient en eux-méuies, et devant lui les impudents rougissai-nt de hrtite. Il n'hahitait qu'une hutte étroiti^ ; mais le re- nom de sa sainteté saisissait les absents rofume les présents. Les démons le fuyaient, mais les animes venaient à lui, à cause de lui; les bibitantsdi^ la tjrèfe nous repu- ta i eut heureux, et les barbares des pays les nlus éloignés venaient le voir dans s'a cel- lule. Il fût lami des amis de Dieu, el rame- na un grand nombre de ses ennends au sein df* TEgiise, Il était entré dès sa plus tendre enfance dans fi carrière de la vertu, et ce fut dans lexennce de la vertu qu'il rendit fe dernier soupir. Comme il ne se lia point par le saint nœud du mariage, il ne fut astreint à aucun des besoins de ce monde périssiible; enlin il éihangea les choses du cor|)s pour celles de Famé, et il fui ainsi transporté de la terre au citL (E, V, Irad. G. K. G. ^23.)
ABHAHA.Vl, abbé en Auvergne, confes- seur, naquit dans la haute Syrie, sur les bords de TEuphrate. Voulant imiter le saint patriarche dont d portait le noTU, il partit dans le dessein *rjd!er visiter les aTiacnorè- tes oui peuplaient i*Egypte ; ayant été pris en cfiemin par des barbares, il rest^ citiq ans en prison. Quand il eut recouvré sa liberté, il se rendit dans les Gaules et s'arrêta en Auvergne : il fonda un monastère auprès d'une égli.se que Ton bAtissail en rhonne^ir de saint Cirgues, martyr, et y f(trma un grand nomlire de disciples h la perfection évangéli(|u*.^ el à la pratique des plus s un tes vertus. Nous voyons dans saint tirégoire de Tours que notre saint abhé fut honoré du don des miracles. Il mourut vers l'an iTâ, et saint Sidoine, évoque deOermont, composa lui-même son éloge en forme d'é[iilapbo. On inhuma le corps Je saint Abraham dans Fé- glise de Sainl-Cirgues, aujourdliui nne des paroisses de Clermonb L'Eglise célèbre sa mémoire le 15 juin,
ABBAHAM (saint), diacre, du village dW- ralz,fut martyrisé sous le règne d'Hazguerd, roi de Perse, avec le prêtre Samuel, lîs souf- frirent le martyre à Varlesse, pour n'avoir point voulu renier leur foi et embrasser le culte du feu.
ABHAHAM (saintj^ évèque de Carres et confesseur, naquit dans le diocèse de Cyr. Ce saint, plein du désir d'avancer dans les voies du salut^ se retira dans le désert et y
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recul loagteaips dans la pratique des plus grandes austérilés. Ses mortifications forent si foiles et si nombreuses, qu*il toriiba ma- latle. Dieu lui ayant rendu la santé, il réso- lut lie la consacrer au service de celui qui s'ëtail souvenu d'un si humble serviteur. S*ôtait revêtu d'un babil de marrliand, il se dirigea avec plusieurs autres solitaires vers un j^rand village «lu xMont-Liban, assez près d'Emèse, dont les bahitanls étaieut eiuore ploRj^és iJans les téfrèbres du pa^ranisnie Ils commencèrent à cfianter des [)SJmines et à prêcher le nom du Crucillu ; mais les habi- tants furii-u\ voulurent les lajndtM*. Ce nu fui qii'a la prière i,e plusieurs d'entre eux, que la palienie de ct^s saints honuoes av.fît touchés, qu'ils abandonitèienl leurs des- seins, mais loutj'fôis en leur ordonnant de quitter leur village aussitôt. Au niôtiie uio- £r>ent, des serg^enls du lise arrivaient pour lever les impôts, et trouvant les habilants insolvables, ils 1- s frappèrent rudmneiU* Notre saint, rempli: de t harité, les reprit de leur inhumanité, ré, oodit dt^ la sonjme pxi- g'e, partit remprunter h Emèse,êt vint sol- der limpôt. Les habitants, p.eins de recon- naissance, le i «rirent [>our s^^ii^neur ot vm- brassèrenl la toi. 11 leur fallait un pr<^tre, ils n' D voulurent point d'autre, et il fut or- donné leur |)asteur. Après liois années de séjour au milieo d eux, les voyant bien af- fermis dans la religion chrétienoe, il se re- tira dans son aneienne soli tuile, d'où on le tira une seconde lois pour le faire évoque de Carres. Quoiqu*ii fût élevé à la dignité ép!$copâle» il re^la toujours moine par le cœur, par sa profonde humilité el par les austérités auxquelles il se livrait. La ville, qui était conûée à ses soins, était encore
i»long'*e tians rimiûété et adorait la lune. iienlùt sa piété, ses vertus, loi gagnèrent les cnsurs, el ses instructions achevèrent ce que sa sainteté avait commeneé. Le bien qu'il y ût fut si grand, que le bruit s'en ré- pandit jusqu'à laiour, etTh^'odosc letiraod souhaita de le voir. 11 le lit venir àConstan- tiuople, Vy retint et le combla d'honneurs el de resuêcts toute sa vie, A sa mort qui arriva en *22, l'empereur renvoya son corps à son troupeau, et garda un de ses v(>te- men(s, qu'il portait à certains jours par res-
f»ecl pour sa mémoire, L'Eglise fait sa fête e J^ lévrier.
ABKAUAiM (le bienheureux Georges), prêtre de la compa^^nie de Jésus, naquit à Alep el fut élevé à Rome, au collège des Mar^juileSf que les jésuites y diri;^eaient. Il embrassa leur ordre en 1^82, à Tâge de yingl ans. Pendant quelque temps, il exer^^a son saint ministère diez les chrétiens de Sainl-Thûmas ; ensuite, déguisé eu marchand turc, il s'embarqua pour TAbyssinie, Une tempête l'ayant forcé a aborder h Vile de Mas- saouah, un jeune Abyssin, qui lui servait de ^uide, le fit soupçonner par son imprudence el le trahit entièrement après qu'on lui eut appliqué la bastonnade. Noire bienheureux ayant refusé de renier sa foi et traité Malio- met d'imposteur, le gouverneur s'élant^a fu-
rieux de son tribunal pour le frapper de son cimeterre. Une force secrète l'ayant ar* rêté, il fut i'orcé de requérir le bourreau, qui émoussa deux cimeterres, sans ciue no- tre bienheureux eût été môme blessé. Cène fut que sous le troisième que la tète tomba, au mois d'avril 1595, Abraham n*avait que trentixleux ans. Son cadavre ayant été jeté à la voirie, y resta quarante jours environné de lumières rairacuieuses. Peu de temps après, les meurtriers périrent miîïérableoient. i ( Tanner, Soc ici as Je Ht usque ad sanguinis et vitœ profummem midtans, p. 184 ; Du Jarrie, flUtoire des choses ptun mémora- bles^ etc., t. Il, p. 2B)
ABHLU (Le P. £gii>e d'), jésuite portu- gais, mourut en 16iâ, martyr de la religion duélienae. Pris sur mer par les hérétiques hollandais, il fut accablé par eux de mau- vais traitements et mourut, à F époque que nous venons de dire, des suites de ses bles- sures, dans les pr !snn*i de Balavia,
ABKLU (D'), natif d'Arouca, dans la pro- vince de Béira, entra au UMviciat des jésuites à rage de IG ans, le 17 février 172^. Le 10 mars 1736, il s*embarqua à Macao pour aller évangéliser le Tonkin, avec les Pères Jean Gaspard (jatz, alkinand, Barthélémy Alva- rez, Vincent de Cunha, Christophe de Sam- payo et Emmanuel Carvalho, portugais. Le 12 avril 1734>, quatre d'entre eux furent pris îi Bàtxa , avec les catéchistes tonkinois , Marc el Vincent. Le P. Sampayo avait été arrêté par la nialadieà So-Feou, et le P. Car- valho était resié pour l'y soigner ; de sorte qtie ces deux Pères ne pénétrèrent que plus lard dans le royaume. On peut voira l'article Alvarez le détail des sou llVances et du mar- tyre de nos quatre saints missionnaires. Ils furent décapités le 12 juin 1737. La tète du P. D'Abreu, à demi tranchée, resta pendante sur sa poitrine jusqu^à ce qtie le bourreau Veut détachée tout è fait. Le catéchiste Vin- cent, qui avait été pris avec eux, était mort en prison le 30 juin 173G. L'autre catéchiste nommé Marc fut exilé.
ABIIOSIME (saint], prêtre et martyr, mou- rut en Perse noor le christianisme en l'an 341 de notre ère, sous le règne de Sapor, qui persécutait violemment TEglise. Ses actes lui étant communs avec saint Milles, ëvéque, nous renvoyons le lecteur ace titre. Les noms de ces saints sont au Martyrologe romain le 10 novembre.
ABUSAÎS, prince arménien, de la famille Arzerounik, lut Tun de ceux qui soullrirent volontairement la captivité pour Jésus-Chrisl sous le règne d'Hazguerd, deuxième du nom, roi de Perse, et qui ne furent remis en liberté et renvoyés dans leur pays que huit ans après la mort de ce prince, sous le règne de s- n lils Bérose, (Pour plus de détails, voyez iPrinc^ê arméniens,)
ABSALON (saint), martjT, mourut en Cap- padoce pour la foi chrétienne, avec saint Lu- eius, évéque, et saint Lorge. L*Eglise honore samémoire le 2 mars. (Pasdedétailscert/iins). ABUDÈME (saint), martyr, habitait Tîle de Ténédosdu tem|*s de l'atroce persécution de
l'^mperétîf tïincl^tîen. Il y versa son sang p*<mr Jt'^us-Chrîsl, Malheureusement les dé- tails nous rnrtnqtienl à son sujet. Sa fôte a lieu le 15jiiîllel.
ABYSSINtK» grande contrée de FAfrique orie'i(alo, micit^iini^ rvffîe. Les Abjssins ou Ahyssinii'ûs s' ^^^it de relie conlr/*e
vers la fî'i du ri -. i ... Coostriotîn le Grand, Il est constant qu'à répoijvie où les Abyssins embrassèrent le ehristianisnje, ils fais{iient profession du judaïsme : depuis le règdedu Ois de S:doraon jusipfà leur couversiou, leur Instoire ïrotlVe rien de certain ; elle n'apprend pi\$ inôirre qunnd une paitie des Momérites jointe h d*autres Arcsbes, passa la mer, conquit la province de Ti^^ié sur les Ethiopiens, et fitoda le royaume d'A\uma. Ce royaume était gouverné |»Hrdt'U\ ft'ères, Abraham et Atzl»ee, anand Frunience, tils d'un tnarehand alexanurin et ca[ilif, leur an- nonça TEvangile; les deux rois do;il riiistoiro et îes hymnes qn'nii chante encon^ funt Té- log!\ renoncèrent au judaïsme. Sairtt Alha- nase ordonna Frumenee |>reEiier évoque de cette nation, qui depuis n a jamais eu qu'un
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miQ fiour tout le pays, et a regardé u Alexandrie
seul évô^
TÉglise d'Alexandrie cominé sa métropole
C€ pavs ne lui a éi^^ que trop soumis,
puistpi'il a reçu d'elle les erreurs de^ Dios-
eon* et s'est sé[»aré comme elle de rËjjIise
catboliuue.
On n a que des conjectures sur le temps où rKthiopie fut en^n^ée dans les erreurs des Jaeobites. La Nubie, voisine de rEgj'jile, ne fut pervertie i[Ue vers le milieu du vnr siècle* L'histoire des Jacohiles nousïourjiit une preuve certaine uue les patriiirclies d*A- le\.indrie, dès lors hér<'tiquest ne consa- craient point révéïpif» d^Etliiopie au com- mencement de ce \nr siècle; enfin, on uo voit dans celte histoire la comrauniealiriu de TEgl.se éthio[iienne avec les patriarches jacobites qu'au commenceuuînl du ix.' siècle; on peut donc supj. oser que rEtifîopiea con- servé la foi jusqu'au itl* siècle: elle ne la perdit pas sans que ce chai^Mmehl de reli- gion excitât des (roubles. L^évt^tiueiacobiie, envoyé ptir le paLriarcbe d'Alexandrie , Ja- cob, éprouva de la résislance dans l'exécu- tion de sou projet ; i! fut chassé après quel- ques an< ées, mais le parti hérétique prévalut enfin, Labouna {Père, c'est le uum qu on dorme à révéque d'Llhiopic)jàcobite fut rap- pelé ; l'Eglise éthinpienne ne pouvait alors tirer aucun secours de l'Eglise i^recque, in- fectée et persécutée uar les iconoclastes.
Cne nouvelle Athalie voulut» vers Tan l'60, détruire la èmûlle de Sc'ilomon ; elle réussit en partie, usurpa la couronne et la laissa à un lils né de su mariaj^e avec un sei^ieur éthiopien ; cette nouvelle race royale a donné de grands rots à TEthiopie ; elle finit vers Vmi 1300. Ikun-Amlac, desc^-ndant du seul prince de la n)aisO'i de Salomon, échappé à lafttr-"^' -^-rusurpatrice^recouvraleroyaume de > ; un de ses successeurs, nommé
Co envoya des dépotés au concile
.de r% Ôavtd, sou arrière-petit-lîls,
à^ utâ iz ans et sous là tutelle de sa grand'-
mère ttélène, demanda à Etnmâiiuèl, roi de Portugal, du secours ftmtro ses ennemis, et des prédicateurs qui Tinstruisissent de la foi cathoïijue. Après la mort de cette sage ré«
§ente, bavid se plongea dans i oisiveté et ans le libertînai^e : Haiuel tranhé, visir du roi d*Adel, mahouiélan, le chassa de jiros- que tous ses Etals. Dans celte trîsie situa- tion il eut recours S Jeai ïl!, roi de Foi tu- pal, comme il avait eu recours à Emmanuel ; il mourut avant que d'avoir obtenu ce qu*îl souhaitait, Claude, son fds et son suc- cesseur, fut i^lus heureux ; le roi de Foriu- gai lui envoya des troupes qui lui furent très-utiles ; ce religieux prince joij^nit h ces troupes un (mtrîarche, des éveques et des niissiouiiarres orthodoxes. Saint l^^aaee, fon- dateur de. la cruopaj^nie de Jésus, que le [*ape Jules 111 charu^ea d^ celte entrej>rise aposto- lique, choisit Jean ^ug*iez pourpalriaitlie>et pour sutfraganls et roadjulei sis (Tu patriarche, AndréOviédoet MelchiorCarnr^ro : lefjatrîar- clie partit de Lisbonne Fan 1550.
Cependant Llautle avait suicédô fi David son père, sous le nom d'AlznaL Le roi de Portugal n'avait [ms voulu exiïoser le | atriar- che à Fincoustance du [jrînce abyssin : il avait ôrdunné que Nugnez attendit à Ooa le retour de J;icques ï)ias, son atnb-ussadeur vers l*empereur d'Ethiopie. Gonsalve Itodi'i- guez, jésuite, accompagnait l'ambassadeur ; ils trouvèrent le nouvel empereur da» s des senliments fort contraires à ceux que David avait fait naraitre. Claule avait de grandes qualilés, de Fess^rit vi plus dï^lu ie qu'un mince n\n a d'ordinaire ; il faisait fe théo- logien, et il pouvait lefaiie, car les mrssion- naïres avouèi enl qu'il en savait plus que ses doeteurs, et que dans les disputes, qui! ai- mail, il donnait à ses erreurs uu loui fort subtil et foit imposant. II publia une confes- sion de f d (iour ju'lifier son Eglise suspec- tée de judaïsme; il avait râine grande. Avec le secours de quatre cents Portugais, il re- coiquil ses Etats ; mais a.uès dix-huit ans et quelqut'S mois de guerre conlre ItS ma- houiélans d'Adel, aU.iud< nné de Ses troupes dans une bataille, il lint ferme avec di\-hu t Portugais et mourut giorieuseiutnl comme eux.
André Oviédo était arrivé en Ethiopie dès Yn^ 1557, 1 1 quoique Teiupereur lui eOl iié- fendu de parler di rclivjion à ses suiels, il en avail converti un petit nombiC. Adamai Srghed^ frère et successeur de FJauJe, prince fi'i'oce, exila Ovsédo cl ses compagnons sur une haute montagMe froide et stérile; ils y
fassèient huit mois exposés aux injures de air, aux bétes féroces et a un peuple [;ï\is f - roce encore. Privés de la coijsolaiion de pouvoir dire la messe, on leur avail cMé jus- qu'à h'ur calice; on peiséc la encore plus cmelleinent les nouveaux fidèl»'S, plu-ieurs obtinrent la couronne du martyre. Ûi.c prin- cesse du sang royal, que la cunosîlé, ou (jIu- t(jt la providence avait conduite à la caverne qui servait de relraite aux jésuites exilés, et qn*elle vit envîionn''e d'une lumière luira- culeuse, obtint d'Adaiiias le rapp<d des sauilf
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mi^siontiaires. L^h'^nr^ux succès du zèle d'O-
TÎ, do aiiïîja bientM ta ra^e du er^é^utl^ur; peu s'en fallut qw il ne UM de sa profTo main h saint éw(^v]ue ; il le biiînit Hvt3C laus 1. s f*ur(i/g^is dnrjl il retint les fv^mniûs ri les etifânts daiï^ r*-sclavftge. Sn cruauté ne se bornait p^ïs aux catholiques ; ses sujets lual- traiU'S élevèrent sur le trône Tazcar, lils rui- turel de Jacob son frère. Adanias, pnssé par les rebelles, fit r« venir d:ins son camp les PorîujBaiset lesjésuitesj d'nbonJil futv/nneu: dans une sèc*jnde bataille il vninqnit l'usor- pateor et lui ôfa la vie^ Il rie tut pas si heu- reui contre un grand capilnine élhio[)ien, IsddC Bamaeas, lequel, mécontent ifAftaniMS, i^lrodmsit les Turcs dans TElhiopie ft ré- duisit ce prince h de ^t ai: les exiréntités. Ààpmas mourut dans ce triste et il Tan 1563. Les grands d^Ethiopîe se partagèrent entre plusieurs Jïfétendants à Teniirtre et ce n<- fut qu'après dix-sept ans que Mnlec-Segned, lîls d'Ad-'fnttts, posséda tranquillement la cou- ronne: quoique attaché aux erreurs de sa SÉ^'te, il Larissa les c Ihuliques en ftnix ; il ai- ma ( i.i vertu. Un historien hérétique nous a| lie 1 ii.noceiici' des mieurs el la vie
sa jt.suites lui iu^pirrieit le (Jus tou-
ebant iniérèl, quelque éloigné tpril fût de leur doctrine. Il n'eut point de lils légitime, màï^ îl en cul deux îiatur^d-^. Quoique sou itichnation le portijt h ruettre >ur W trône Ideob, le plus jeune de ses (ils, la justice remporta, el se voyant près de mourir, il dé- ciar.i ZadengheUson Jie^eu, sou lé;^itimç suc- cesseur. LrS grands, qui voulaient firoliler d'u.-e minorité, n'eure^^l tiucun é:j;-»rd à la der- nière volont de rempeieiir, vl ils f^réferèrent iaccrb.qui n avait que 7anN,àZaden^heLLeur aniijition fui tiomi^iée : l.icob, ^orti de leu- fa tce^ voulut être le mailre. txs detix prin- cipaux se^neurs qui Ta va i eut mis sur le ifoot* , ramenés a leur devoir par rnis^rati- tUJe de celui auquel ils lavaient sacnlié, tirèrent de j>risoti Zadeiinhel, leur roi légi- time, et le touronnèrent. Il prit le nom d'Atz- naî-Segued IL iMùih fuy/itit avec huit ij5ar les qui seuls n'avaient poinl ehani4,é comme si lortuiie, fut arrêté et livré à fempereur qui, sans écouter des d<4ian«-es ab.-ez i»ien îon- d» es et une politique cruelle, pardonna à ruaufpaleur el se contenta de le bannir. Tous les partisans de ru>ur[mieur éprouvè- rent fa clémence de leur monarque léy;it<me ; il ne se vengea d eux qu'en leur iminlruit
Far sa conduite combien i\ était ûi^nc de eiufiiro.
Oviédo, devenu patriarche par la nn^rt de Nugnez, mo .rut à Fromena, Tan 1577, au IIéois de se;?tetiibre. ïion extrême pauvreté, joiiite aux persi'cut uns qu*il soullrait <>vec une ; uthMice inviuei^Jts sa charité, les frc- qutjnts rai. actes que Dieu opérait pir son seivireur, L" faisaient lecbercher é|Jialemei*t des r.-f > tt d. s schisinat.qucs. Après
sa nif^i honorèrent son sé,'nlere : les
guéris'uus de?* itittladrs et les conversions qui &û tirent à son tombeau le faisaient re- ^der comme un bouime miraculeux, qui exar^t encore après sa vie âOii aposlûki.
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tes cinq con)|r»agnons d'Oviédo continuèrent] de trava lier k la conversion de l'Klhiopie î FraeçoisLopez mourut le dernier, fan 1591» Leur mémoire l'ut f riiglemps vénérnhk* aui schismatiqi.es, d«»nl quelques-uns rendaient ; un témoignage frréciisat>le de leur s 'dut» té dans les inform.itions juridiques que rarclie^ vèque de tioa en lit faire par Michel de Silvfff i son grand vicaire.
Le P* Pierre Paès, castillan, choisi parse|^l sup<''rieurs pour la missinn d*Elhiofije , avaif| f dès Launée 1580, tenté ce voyage. Dieu, qui * voulut lui faire acheter, par de cruelles souf-j frances, les succès qui lui étaient réservési ré|iiouva par les plus tristes aventures, pat i de dures {rnsons, f>ar l'aifieux travaîl desga^J 1ères auxquelles les Turcs le condamner rit,.j Entin, Tan 1603, il pénétra jusque dans FE-^j th opie el fut favorabïement rei;u jmr l'em-.l f>ereur iacob. Après la révoluïirm qui réta- blit le prince lé^^itime, Paès trouva encore plus de faveurs aij| Tes de cr i-rineo. Al/naf- Seghe 1 avnii autant d'esfirit que de cou- rage; drotl et sinrère, il aima et embrassa la vérité sitôt qull Tapirgul: « Je ne pui*^, disait-il , ne pas recrfU naître pour chef de TKc^bse le successeur de Pierre, a^ quel Jé- sus-Christ a donné le s^dn de paître tes bre- bis et ir^s agneaux et sur leqtrel il a londé son Eglise. Je crois que lui refuser Tohéis- sanio , c'est la refuser à Jésus-Christ. » Il al jura .'- es erreurs, et après avoir caclié sa conversion pendant quelque temps, il se déi'dara ouveitem tit calhoîique et il écrivit, l'an ICOV, au roi d'Esj agoe, Phihfipe lll, pour demander un patriarche, des évêques el des missioi^naires,
La ftiveur extraordinaire de Loeçd-Mariaoi av*Y(t irtité les grands; ils chercnaient un prétexte pour le jierdre. Les écrits du prince en faveur de la rebgion romaine leur en of- frirent un qu Us ne né^'^gèrent pas, Zaslaeé, homme d'une naissance obscure, mais que son mérite militaire é.^.alait aux premiers de la cour, donna le sij^nal de la revoie ; il fut ingrat et pertide envers son souverain qui ]\'ivait rap elé de Texil au pitJ l'usurpateur Jacob ravail condamné, L^empereur suivit le rebelle pour le combattre ; mais d^ms la maridie ri fut atranduimé de Has-Athaiiase. L'abouna ou Févéque hérélique Pierre, était poriui les révoltés ; jiar un attentat inouï en Ethiopie, il osa ahsoudre les Ab.ssins du serment firôié h rempereur.On combaltit, et Teuipereur, tr-dii \mr ses propres troupes, mo frut en combattant. Lœça-Âlariam jesti- lia Tamilié que îron prince avait pour lui et fut tué en le couvrant de son corps*
Susncios, arrière-petit-îils de l'empereur David et héritier légitime de i'empire, afirès Aiziaf-Se^hed, s'était retiré |jarmi les Galles puui- évutM' la cruauté de 1 usurpateur Ja- cob. 11 saisit roceasion de monter sur le trône, et il envoya un de seS amis pour traiter avec le laineux Ras-Alhanase, qui avait déjà disposé doux fois de la couronne î mais pour assurer retîet de la né^çociation» il suivit lui-même, avec ^e» tiH>apiis» h dé- puté qu'il envoyait Atbanase délLbérait,
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quand rarrivée de Susneios le coîUraigoit à se déterrainer. Susnoios fut reconnu souve- raio par toiile Farraée d'Alhanase; il s'atta- cha à rétablir la juslire et à remédier aux maux que les guerres civiles avaient causés. La reli(5iori eut sa première attention. Il fU venir à la cour le P. Pierre Paès» jésuite, qui avait converti son prédécesseur Atïiaf- Seghed. Le P. Paès gagna la coniîance de Susneios aussi proiuplement qii'il avait ga- gné le cœur dWtznaf; ce digne missiorinaire, selon le témoignage des hérétiques mêmes, joignait à une vertu héroiiue, à un esprit universel, une prudence rare et une poli- tesse perfeclionnée par la vraie charité ; il ouvrit les yeux du prince aux lumières de la foi. Susneios, sans être etFrayé par les dis- jcràeesd'Alza.if, pensa sérieusement h rendre PKlhiopie calholîque; les moines abyssins et Vabouna ou métropolitain, héréliques» furent confondus dans plusieurs conféren- ces ; Ras-Zela-Clirisl, frère utérin de l'empe- reur, beaucoup de grands et plusieurs olJl- JÎers distingues, re loncèreni au schisme. L'empereur crul ne devoir plus ditlerer à Ordonner que tous ses sujets reçussent le concile de Calcédoine. L'nbouna Siméon, à la tôle des moines, employai d'abord les sollicitations les plus fortes et finit par ex- communier tous ceux qui ab.indonneniient Tancienue religion ; on lit [)eu d'attention à des excommunications si téméraires, La ré- volte d'Eraana Chrislo, frère utérin de Tern- pereur et d'OKlnis, gendre de l'empereur, donna plus d'inquiéuide ; elle fut bienlùl apaisée par la mort d'OFJnis et de l'ahouna Siméon ; d'autres rebelles, qui s'élevèrent l'un après Taulre, ♦nirenllemême sort. L'em- pereur profita de tant de succès ; il déclara à ses peuples sa conversion par une espèce de manifeste, où il faisait d*atîreux portraits des patriarches d'Alexandrie et des métro- prilitains d'ivlhiopie. Les moines schismnti- ques, que les jésuites avaient tant de fois réduits au silence, eureni recours aux ca- lomnies; ils en répandirent de bien ridicu- les pour rendre les Pères odieux.
La mission d'Ethiopie lit, l'an 1623, au mois de mai, une grande perte ; le P. Pierre Paès, appelé par l'empereur (on nomme vul- gairement Tempereur, Négous)^ pour enten- dre sa confession générale, mourut d'une maladie conl raclée par la f.'*ti;j:ue du voyage et d'un jeOne rigoureux qu'il n'avait point voulu interrompre; sou corps usé parles travaux apostoliques ny put résister. La cour le regretta, mais l'ctnpereur en fut in- consolable ; il vint dans i'é(i;iise des Jésuites se jeter sur le lorabaau du Père et l'arrosa de ses larmes : «t Ne me parlez point de mo- dérer ma douleur, s*écriait-il; j'ai perdu Tarai le plus lidèle, j'ai pei*du mon pèi*e ; le soleil qui a dissipé les ténèbres dont TElhio- pie était couverte, s'est donc éclipsé ; nous D'aurons plus devant les yeux ce modèle^ de pénitence, de dévotion, d'humilité. » C'est ainsi que son aflliction s'exprimait. Quatre ans après la mort du P* Paès, Melec- Seguea» Négous, avait écrit au roi d'Es-
pagne et au pape pour demander un pa* triarche et des missionnaires, (LHt, éâif,^ t, YL p* 6i.) Alphonse Mendez, jésuite do Portugal, fut sacré en qualité de patriarche, le 25 mai IC^/'i, On lui nomma deux coadju- teurs ; Jacques Sicco fut le premier, avec le titre dVvôque de Nicée : il eut le droit de succession immédiate. 11 avait lon^tejips professé la tliéoïogie ?i Coïrabre, puis au collège Romain, Le second qui fut 'nommé fut Jean de la Hocca, qui ne put pas dépasser Go*, où il fut contraint de rester; il avait le tited'évôjue d'Hii'ra|>olis, Le premier coadjute..r, Jacques Sicco, ne paiviut (tas non plus en Abyssine; il mourut durant la traversée. On ijomraa pour les remplacer le P. Apollinaire Ahueida de LisbotJiie, Aus- sitôt que Melec-Segued * t son frère le Kas- Sela-t.hrrstos furent informés de la promo- tion de Mendez, ils lui écrivirent pour h^Uer sou arrivée, et (KJiir qu'il amenât avec lui d'antres missionnaires. Le Négous, en dic- tant sa lettre, dit qu*on pouvait eitrer dans son royaume par Dankali ; mais le secré- taire, au lieu de ce mot, écrivit Zeila. Crtte erreur fut fatale aux PP, Fnuiçiiis Machado et Bernard Pereira, auxquels ebe coiUa la vie. Quoi qn'il en soit, le d mger pour péné- trer en Ahyssinie était grand, et quelle qtte fût !a route qu'on suïvIî. elle exposait è une nmltitude de dani^ers. La voie de mer n'é- taii pas plus sûre que cel e de ierre. >lendez sépara sa troupe en deux bandes; quatre de ses religieux allèrent par mer, quatre par terre. <^.eui qtn s embarquèrent lurent
iilus heureux que les autres. Le bâcha de Mussaouah ne voulut jiourtant les laisser [»asser qu'aprè-5 que le Né^ous lui eut en- voyé un zeura o.t âne sauvage, espèce d'a- nimal qu'on estime heaueoup dans ces con- trées, et dont TAbyssinie lournil les plus beaux. Ceux qui voyageaient par terre ne savaient pas même les noms des \r. u]>!es au milieu desquels ils devaient passer ; ils se séparèrent ; deux priretit le chemin de Zeila, les deux autres celui de Melinde. Le roi de Zeila se saisit des PP. Machado et Pe- reira, et les tit enfermer dans un cachot ; ils y demeurèrent fort longtemps. Vainement le Négous iDsi^la pour les ravoir, et tit tou- tes les olfros imaginables pour leur rançon ; Je roi barbare leur ht tr'anclier la tète. Les deux autres, après une marche de plusieurs mois, revinrent sur leurs [las, et àBaçnïni re- joignirent le patriarelie, avec lequel ils dé- barquèrent h Baylour dans le Duikrdi. Six semaines durant, ils voyagèrent dans des déserts brûlants pour ariiver, le 17 ju n lti-25, aux monl.Tgnes de Duan, où ils trou- vèrent le P. Emmanuel Baradas,un nevi u du Néj^ous, et plusieurs seigi.eurs d'Abjssinie, qui les y attendaient depuis longtemps tléj,\. Ils gagnèrent Frémone le %\ du même mo.s ; ne )»ouvanl pas tout de suiie voir le Négous qui était fort loin de \i\ occupé à iaire la guerre , ils s'occupèrent à évangéliser les environs de Frémone. Ils y eureni des suc- cès qui dépassaient toute espérance. Les prê- tres et les moines schismatiques firent tout
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ce guAls purent pour nuire aux succès des •missionnaires.^ Ils les ncciisaient d'être les ennemis de Dieu» et d*altirer h leur suite 1oii(es sortes de malédictions. C'étaient eux disaient-ils, qui faisaient lomber sur l*Abys- sinie les nuées de sauterelles qui désolaient les campagnes. Mais bientôt le peuple vît
Sue les missionnaires passaient sans que les eaux anHoûcés vinssent après eux ; il cessa de crt>jre à des calonanies qui d'abord Ta- YaJelil trouvé crédule* Peu de temps après le "Négous revint de fa guerre» il tit au pa- triarche et à ses missionnaires une réception magnifique, L*annéo d'afirès, dans une as- semblée solennelle, on proclame Funion de VAbyssinie avec Home, et on reconnaît la 5upréniâCie du souverain pontife. Le bruit de ces événements produisit en Europe un effel Vraiment merveilleux. On se racontait les f^rodiges que Dieu accomplissait dans co bienheureux pays, et lesjésuites brûlaient du désir d'j rejoindre leurs confrères. Phrsienrs partent d'Italie, cinq viennent de Lisbonne. Bientôt les rj>nversions devinrent exeessi- Tement nombreuses ; ces adhésions à la foi catholique se comptaient par milliers dans chaque partie de ce vaste territoire j mais Dieu voulait qu'il fût arrosé du sang des martyrs* Dans le Tigré, deux nrètres furent assommés par Tordre du chef d'un village. Le Nègous avait porté une loi qui défendait de Suivre une autre religion que la religion tratholique. Ici nous ne saurions être de la- vis de xîeux qui approuvent une telle con- duite de la part d'un souverain. Trouver bon qùi'nn prince force aujourd'hui ses sujets à se faire catholiques, c'est s'enlever le droit de trouver mauvais que demain il les en empêche. Nous n'aimons pas mieux le sabre mis au service de la propagande catholique qu'au service de la propagande mahoniétane, Le Négous, en violentant les consciences, tit un lorl immense à la religion dans ses Etais ; il enprèj^ra la ruine. Les raissionuaires, qui rapporteiil les événements que nous venons de raconter^ trouvent la conduite du Négous digue d'éloges. Nous serions tenté d'en être peiné pour eux. Soixante moines d'un mo- Bastère aimèrent mieux se précipiter du haut d'un rocher cjue d'obéir aux ordres de leur souverain. Evidemment c'étaient là des maityrs. Hérétiques , dira-t-on. En lait oui, en intention non. En suivant la religion de- puis si longtemps suivie en Abyssinie, pays isolé du reste dfe la chrélienté, ces hommes pensaient avoir gardé pure la foi qu'ils avaient puisée aux sources de la primitive Cglise. ils mouraient pour leur conviction. Nous estimons qu'il eût mieux valu les con- vertir que les précipiter; et nous trouvons étonnant que les jésuites , qui avaient tant d'influence sur Fesprit du Négous, n aient pas empêché les atrocités que commettait ce tyran en opposition formelle avec resprit évangé- lique* Mais on ne se borna pas là. On Gt la guerre aux hérétiques, qu'on traita de re- belles. Six cents religieux ou religieuses s'avancèrent à la tète de leurs troupes, por- laot sur leurs tètes des pierres d'autel, et af-
DlGTlONn. DES P£BS|GteTI0!f9, 1,
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firmant au peuple qu'à la seule vue de ceâ pierres les catholiques s'enfuiraient sans combattre. Le narrateur rlit que, comme ils fureut tués les premiers, leur mort ne con- tribua pas peu à détromper ces hommes sim- ples et Ignorants. C'est la seule réUe\ion qu'il fasse sur cet événement* Quant à nous, nous trouvons admirable la ftù de ces moines et de ces religieuses, qui, croyant combattre pour la bonne cause, attendaient avec toute la ferveur de la piété la plus sincère que Dieu fît des miracles en leur faveur. Mais c'étaient des rebelles, dira-t-on. N'arrangeons pas l'histoire pour le besoin d'une cause i et sou- venons-nous que nous ne sommes pas si sé- vères dans certaines circonstances. Nous di- sons : Les martyrs d'Arménie j nous disons : les martyrs de la Vendée.
La vraie cause de la ruine de la religion en Abyssinie, ce fut cette conduite odieuse du gouvernement, cette tyrannie du Négous. En comprimant violemment les consciences, il prépara l'explosion. S'il eût laissé la li- berté, il n*eût pas fait d'hypocrites ni de conspirateurs. Les hommes 'qui autour de lui n'avaient nas eu le courage de résister à ses ordres, se Wsèrent de sa tyrannie, et pro- fitèrent du premier prétexte qu'on leur oÛVit de se révolter. Nous estimons être bien plus dans le vrai que ceux qui prétendent que ce furent l'erreur, la superstition , la disso- lution des mœurs, enracinées depuis si long- temps, qui étoutfèrent le bon grain. Non; ce grain qu'on avait semé |fOussait en Abyssi- nie avec infiniment de vitalité. Ce qui le tit mourir, c'est qu*oa ne sut pas le cultiver. Une femme voluptueuse, disent les narra- teurs, causa la ruine de li religion eu Abys- sinie. Nous ne croyons guère qu'une cause si minime puisse en général produire d'aussi grands résultats. Ce ne fut pnint pour les désordres d'une femme voluptueuse que les rebelles prirent parti. Encore une fois ils sai- sirent u[i prétexte pour secouer une odieuse tyrannie. Técla Georgis, vice-roi du Tigré, avait épousé une tilîe du Négous. Cette femma fut mauvaise épouse, et mérita par sa con- duite dissolue les reproches les plus sévèjes de la part de son mari. Elle se réfugia nrès de son père, qui raccueillit dans son palais, et la mit ainsi à l'abri de la juste colère de son époux. Georgis lit entendre des plaintes parfaitement fondées, et demanda à Melec- Segued de ne pas tolérer les désordres do sa tille ; de permettre qu'on procédât h un Jugement qui intervînt |3our montrer si elle était coupable ou innocente. Le souverain s'y refusa. Georgis fut pendant quelque temps dans la plus noire mélancolie, dans le plus profond chagrin. 11 résolut de se ven- ger. Four se faire chef de parti, pour com- battre son souverain en se mettant à la tète d'une iiarlie des Abyssiniens, vinl-il mon- trer au peuple ses gnefs domestiques, et par- ler du déni de justice dont il était l'objet? Aucunement. Le |*euple ne prend pas j.arli pour un mari tronqïé et malheureux. S il I0 lïlainl, c'est déjà beaucoup 11 ne se soulève pas pour de semblables causes. Georgis lo
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savait bien. Il apostasîa h\ religion calholi- lJll^, qui! aTait embrassée, et «e mil h la tète ac tcnis ceux dont les lois récetnmeût por-- tées violenlûieot la conscience. Alors il fut enlGîldu. Le feu de la révolte s'étendit do tfiuU's parl5; il y eut un embrftsementpresqne gf^^érnl. On résolut le massacre de tous les missionnaires. Ils furent prévenus à temps, i*t setiiirenl oa 5^!' ' •org:is, laricux do
voir sft proie lai < , tourna sa rage
rontre Jftpquos son coiiti-sscur» qui avait rlé élevé dans un séniin^ii'e fondé a Frémone. 11 se le fil amener enehatné iiu milieu de son Cttnip, Lui-m«^rne lui porta le premier coup. ÂusSiIaH Î es se précipitent et le per-
cent delc^i -■,■-■-. Ceux qui ne peuvent pas «sonttibuer h sa mort viennen! tremper dans son 9ûn% h trointe de leurs glaives. Sur le premier cadavre, ils jurent tous derte pas idéftoser les arimes avant d'avoir détroit en Abyssinielà foi catholique, et exterminé tous ceilx qui vienflent l'y prêcher. Tout ce qu'un trouve de crucilix, rie médaiHes, de reliijue^, devient la firoie du feu.L»^ v: -. .t.^ ,....,.,,^ Iteba Christos vîcivroi duTi j ses ordres une a rm ée cOnsi te rn ni»' com i >a 1 1 re les rebelles qui furententife'emf.^nt'défiiil5î. Té- dft GeoFgis , trouvé caelté dans une grotte, fut amené au catuf» û\\ ^égon<; et rondamné k Mra pendu.Maîst.indrsiiue . ^ ^ les^irmesdu
souvtTrtin étaient vieiosi l'unantreelïes
feeevaieiiL do rodes échecs. Les habitants du tastOjlrés-indépetidiuits par caractère, ne pu- rent sup[>orter les viotener-s qu'on commit à leur égard pour les amener fr la f<d catholique. Le Négous avait <^irdonné de les convertir. Le vic(?-roi publia un édft sévère qui exigeait qa^ffuniMiaiernenl lnus se 'fissent calriofi- ques. Il om^îloya contre les récalcitrants des amendes et les supplices. Ausf^it^t les habi- tants du Lasta coi^rurent aux acraes, et h plu- «ieui's re|)rises (aillèrent en pièces les trou- pes du viee-roi. Les schismaliques insistèrent fflloi*s très- fortement auprès du roi , pom* oii'on rétablit Tnndenne liturgie, Mendez, qui 1 avait supprimée, la rétablit h la denianJc du prinee, après en avoir corrigé les nom- breuses erreurs. Sur res eiilre faites ai'riva le F. Apollmaire Altonda, évèque m partibu^ de Nicée, nommé coadjuteur «le MentU*z, et porteur de lettres du pa(»e pour le NY'^ous, pour Bosihdcs s »n lils et notir Mendez. De pins un bref accordait à 1 Abvssinie, pour IfKÎK îe jubilé publie à Home en 1625, Ce jii >it des fruits abondants. 0e
ii« uiverçîions s opérèrent.
Jje notîveaux rrôu.»ies ne lardè(\Mit pas à éclater. li.isdides, déjA avancé on ^ge, con- voilait la eounofine (jne la loTijjue ev stenee du Ni^^ous refopéehïit d'avoir aussi vite qti*il Saurait désiré. Il bli\mait to*Jt ce que Atsait Melec-âegue*!, désapï>rouvîi!l tous ses ac»e<,el,en tout ce qui dépendait de lui, <k>n- naît des ordres contraires aux siens. Ci» prince avait embrassé fa loi catlîolnjue par com[vlfi- saiico pour son père pluitVt que [mr convic- tion. Heauooup d*Abyisins, qui avaient agi p hfs, ik'attendaient qu*une
t>' pour revenir à Terreur
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et se rattacher à l'église schismattque d'A- lexandrie. SercaChrislos» vice-roi du Gojam, était le plus ardent de tous ces mécontents. Il parvint à faire accepter à Basilides le tilre de chef de la conspiration ; mais ayant mis trop de précipitation h aj^ir, i! fut découvert et amené devant Melec-Segïied, auquel il dé- voila ses desseins et ses complices. Le vieux Négoos, déconcerté de voir son fils dans une conspiration pareille, et effrayé de voir les tendances de la plus grande partie de ses su- jets l'i regard des questions religieuses, sen- tit, disent les narrateurs, son courage taiblir. Il publia un édit qui permettait dé retenir tous les rt tes anciens. Pour nous, nous admet- trons volontiers que son courage f^iiblit en celte circonstance ; mais comme il Tavait di- rigé jusque-là dans des voies du violence et U oppressioTï, nous ne sauHons lui laire un crime de son changement. Il fit ce qu il de- vait faire en proclamîmt la liberté de cons- cience. Il fit au patriarche la promesse d'en- lever des anciens rites ce qui était contraire à la foi calholicpie. Ce prince trionîi>h?i peu aj»rès des habitants du Xasta, Après une Victoire sanglante qu*il remporta, quelques- uns de ses olliders satsirent le moment oîi il visitait le champ de bataille pour lui parler en faveur de Tancitmne religion du pays. ^ Princéjui di<>ent-il5, ceux que vofis voyez étendus morts,qnoiquerebelles,quoiquo bien diçnes de perdre la vie» sont néanmoins yos sujets. Dans ces monceaux de cadavres, vous voyez de nombreux ser\'itcnrs, d'anciens amis, des parenfts* Ce carnage^ (;*esl la reli- gion nouvellemeTït introduite qui la causé, et elle en causera de plus sanglants et de plus atfreux encore, si vous n y avisez. Car- dez-vous de croire que la guerre soit termi- née, ce nV*st là que le commencement de pins grands désastres. Partout le peuple frémit et redemande la foi d'Alexandrie, qu^il avait reçue de ses ancêtres. Vous connaissez, prince, l'audace et Ja fureur de la multitude; elle ne respecte rien, pas mémo les rois, sur- tout lorsqu'il s agit de religion. Pour nous, jamais nous ne vous abandormerons; mais seuls contre toutes les provinees,{iquoi abou- iimni nos efforts? Déjà, et nous ne i avons appris ju'avee la plus vive douleur, filusieurs d entre les chefs et le plus grand nombre dos soldais ont déserté vos drapeaux; les autres suivront bientôl leur exemple» si tous con- tinuez à érouler les docteurs étnmgers. Que -lalbi romaine soit plus sainte, nous Taccoi^ derons, quoique vous n'ignoriez pas, prince, ^ue des personnes très-habiles le metleut en doute, Qu*une réfunue dans le$ mujurâ -soit nét^ssaire, nou5 ravoueroris encore; mais il faut y pi*océder avee douceur et at- tendre que les esprits soient mieux préparés. Ne pas en suspendre maintenant la poursuite, c'est courir k une ruine cerlalïK*, c'est vous perdrf* et perdre Fempire. » (Henrion, UiH, rte$ mmifyrti^ lom. lU, pa^^ 2<b.)
Les Négous d'Abyssinie étaient un peu à la dfserétiun de rarméê, (jui les nommait et Ir ;\\i suivant son caprice. Melec-Se-
fe^ 1 1 r pas h force de protéger k reliè^oû
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catboli-: ^*'' rîvail cjubri^sséc. Les dis- cotirs >, lus prièros menaçantes
de son ui>t i toniiiiiireiU. il consentit qu'on assooiblrfl (uus Itîscorp.s de l'Etal, poar dis- cuter U question de savoir sj on iS'SrdtuaU ou noi Ja religion aaholique. Ce fui là la jual, car Meloc-Sei^uod devuil mîiiiïtt>nir (»our lul-iuéme et f)Ourles catholiques la liberté de COI qu'il avait n^tguèio «ccordéeà
$es aù'^ >. A rassemblée qui fat couyû-
qu6e» on iiadniitnile patiionbe iii aucuii des âuti*> raî^sioauâires. La rclii^ioii calijolique fw M ; cependant beaucoup d'Abf ssuis
pp' it que jamais ils ito se rendraient
C<y' rapostôsiw. Le i ntriaclie.futaccusé
di ^'1 f-" Mil Furdre, ainsi que les au-
ti ' de ne plus prêcher à Ta-
TTt .i. . w.* i« ui u- -i^Tia uoe ville où ils durent aliendre leur euibarqueiuent pour aller aux Indes. Le 14 juin 1632, lîasihdes publia un édil qui ordonnait de revenir a la loi d*A- lexandrie. Melee-î?egu(*d, livré aux reuiords les (ilus cuisants en voyant les fatales con- séqnenœs de sa faiblesse, ne prenait plus aucune uouriiture, ne se livrait h aucun re- pos. 11 ût veuir le P. ï>k%ù de Matos et pro- mit devant lui de rétablir le culte eatbolique, 5*il revenaU à la santé; mais il mourut entre les mains du, missionnaire» le 26 senleuibre 163^, dix ans api es sa conversion. Il avait soixante et un an^; il en vivait régné vingt- àait. Dès lors Basdides ne garda jilus au- cune niesurei après avoir fait tuer ou empoi- sonner ses frères, qui étaient au nombre do viîi^t-cinq, dépouillé de ses titres et relégué dans un désert Sera Chrislos son oticle, duot il redoutait la capacité, il recounut pour abonna un aventtir*er é^j^yplion, lequel se di- sait envoyé par le patriarche d'Alc^^andî ie* On n'était pas même certain qu'il fut prèh e. 11 était vjoleîil de caractère avec le public, flatteur vis-à-vis du Négous, 11 déclara imrné- diatcoieul qu'il ne pouvait pas demeurer en Ab^s^^iaie, si les jésuites v restaient. On coiliirma donc rorure précédemuient donné de leur soHie. Mendez écrivit au Négous uoe lettre Irès-respectucuse et cependant très- forle^ dans laquelle il le priait de lui dire pour quelle faute on voutdt faire partir les jésuites, atia qu'il [tût en instruire le souve- rain pontile et les princes catholiques qui le lui demandaient. Il réclamait e i outre une conférence publique où il pût être mis en présence des docteurs abys-^ias, et où on dis- cutai la boiité de Ja reli^inn ratiiolique. Mais les hérétiques, redoutant la capacité de Men- dez» ne voulitrent pas que leur nouveau chef se luesunU avec lui. Ils engagèrent li.isiiides à r^sfuser la conférence, puisque» dirent-ils, la question élait jugée. Les jésuilesreijurent, AU uiois de nmrs I63"i, Tordre de se rendre à Fréuione. On n'exoçpt^ que le P. Louis Azevedo, qui avait passé plus de vingl-liuit ans dans cette mission. Il ne vécut que quel-
Ï\ies mois anrès le départ de ses confrères. Il ',Ui^ jésnit<*s conlièrent leur cher
Ih'I ^ a des iûi;iue8 aussi instruits que zéies. iNuu contents de cela, ils se dé<;ident à rt'sier en Ab/ssinie , quels qiwî soiwt les
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dangers qui puissent les j attendre, ils sui- vaient d'adleursqn*on avait le dessein deles livrer aux Tnn^s. Le baliamagasch iean Akajs était depuis queîqiie temps darts TindépeUr dance et s y maintenait; ils se mirent soo^ ^B proiection, et lurent bien reçus par luL Bès que le Négous en fut itnV/riué,i1 envo^^(i un corps de troupes pour coniraindro les jé- si!it< s à partir, Les soldats d*Akaz rcs^én nt triomphants, et le Négous, cnmj*» ,maiil qu ît ne |Jonvail rien obtenir par la lorce, eut re- cours h la prière. Il deuianda h. Akai de faire partir les jôsniles poui' TJnde, le nnniia^^ant, l'U cas de refus» de Tattaquer avec toute son ^rm^'^e. Akaz fut ébranlé par ce message, et les jésuites virent bien que les disfiositions de leur prolecteur étaient cliangées. Alors ils se ilécident à panir et h ne laissi r que quel- ques-uns d'entre eux en Abyssinie. Afolli- îiaire Ahneida^ évéque de Nicée,, fut désigné avec six jésuites, pour y demeurer. Akaz en retiut deux aoiirès de lui, en les faisant ha- liiller comme les autres Portugais qui étaient à Sun service; puis il donna aux autres des lettres de recommanilation pour le gouver- nenr de Massaouafi. Cette ville i-st un pnrt di la mer Houge, vers lequel il les fit conduire par un corps de six cents soldats. Les enne- mis des jésuites avaient fait croire aux Turcs que ces religieux emportaient avec eux tou- tes les richesses d'Abys>jiiie, Aussi on les fouilla avec un soin extrême; on ne trouva en leur possession que deux calices et quel- ques reliquaires. Le bncba de Soualrim, do qui Mas^aouah dépendait, était lui bomtge \iolent el excessivement oufude. Avant Tiir- rivée diis iésuites,il s'était vanté qu'il les tue- rait tous de sa propre main. HasiTides lavait prié de lu faire, iï ne fut an été dons ce de^- sein que par la pensée que les l*ortn|^ais r^- chi-teraient les captifs en payant une f rte ram^on. Il fit dire aux jésuites qu ils enssent à ciioisir entre la mort et un racnat de trente mille ccus, que successivement il réduisit à vingt, [ïuis à quinze. Il les uîenaçait de les faire enqmler, s'ils ne comptaient pas sur rheure cette dernière somme. Enfin, quel- aues-uus de ceux qui lenloui^aient le déci- oèrent h accepter quatie mille trois cents écus, qu'avancèrent les marchands portugais sur la parole des jésuites. Ils devaient s'em- barquer dans deux heures; mais, changeant bientôt de résolution, il exige que trois des jésuites restent en otage jusqu'au payement de la somme promise. Le patiiarcne Diego de Matos et An tome Fernandez furent dési- gnés pour rester. Fernandez était âgé de |»lus quatre-vingts ans ; les autres religieux filment tout ce qu'ils purent pour rester à sa place. Le P. Jerùine Lobo dit au bâcha que le P. fernandez étant si âgé, il s'exposait, s'il ve- nait à mourir, à perdre ainsi une rançon; qu*il serait plus prudent de clioisir è sa place un otage parmi ceuï qui étaient pins jeunes. Le bâcha consemif a e*>U(* substitution* Le P. Lobo, ayani f de faire ren-
voyer atis^i le] jdit de l'Inde
h ilome et îi Li;*boune,,jpourf rar+onM^r Pétat .(le.lfi.^iii^ioja d'Abyssinie. Le ,iS<^^é*'al des
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jésuites s*adro5sn h Tambassadeur de France à Home, lequel écrivit au consul de sa nation au Caire. Ce fonctionnaire fil écrire par le bâcha de celte ville h celui de Souakim, gui était son subordooiiL^i qu*il eûl à rendre im- méd iatenieiit !es prisonniers. On les relâcha en elfet , mais ce nt> fut qu'après que le cu- pide hacha eut extorqué encore aux naar- chfinds porlu^ais six nulle cruz/ides*
Les jésuites restés en Abyssinie étaient dans la position la [»his détilornble : obligés de se cacher sans cesse, ils erraient dans les lieux sauvages» exposés sans cesse à être dévorés |)ar les aniniawx féroce??, ou bien à mourir cle faim, Basil ides , sachant qu'il y avait encore des jésoiles dans ses Etals, fit mettre dans un cachot le vicoroi Técla Em-
Sftûuel, f|yi les [irotégeait» lî mit à sa place ecla Clnnslos, ennemi déclaré des calho- liques. Ce nouveau vice-rot, avant été infor- mé que trois Pères jésuites étaient cachés dans une vallée avec quelques Porluga s, plaça des troupes en embuscade, cl s'enq»ara blés' Pères Bruno de Sainte-Croix, tiaspard Paez et Jean Pereira. H les lit iujmédiat» ment mourir en les faisant [»êrcer de nombreux coups dY'pée. Les pQrtui;ais, ayant a[^pris leur mari vre, recueillirent leurs corps ; quanti ils les enlevèrent, Bruno et Periira respi- raient encore. Ils prodiguèrent des soins empressés à ces deux saintes victimes. Bruno survécut; mais Pereira mourut quelques jours après, le 2 du mois de mai. Basilides témoigna que cette exécution sidlisait h sa vengeance, mais il n\igissail ainsi que pour s'empaier plus facilement de Tévèque Al- meida et des |ésuitfS qui étaient encore avec lui. Il défendu qu on les imiuiétàt eu au- cune façon, leur permit de retourner dans leurs maisons, et montra même le désir de les voira la cour. L'rvèque de Nicée s'était réfugié auprès de Jean Akaz, qui n'hésita pas îi lui conseiller de protlter de la permis- sion qu'on lui accordait. Za Maria m, vice- roi de Temben, était d'un avis diUerent et répétait aux luissionnaires que la douceur qu 01 leur ffiisait voir n'était qu'un piège aans lequel ils devaient bien se donner garde de toniCer, Malj^Té cela, les jésuites estimè- rent qu'il convt liait de tenter les dispositions du Négous : ils se rendirent h son camp. L'évôquede Nicée, le P. Hyacinthe Francescni et François Rodriguez ne reçurent sur la route que des ténioignages de vénéiation. A peine furent-ils arrivés, que Basilides tes fit charger do chaînes. Ils comparurent de- vant rabouna, qui les traita avec inhniment de dédain et de mépris, puis tinit par dire que Katlaire n'était pas de sa compétence, et que c'était au Négous à prononcer dans l'in- lérét de la chose publique. On forma pour juger les missionnaires un tribunal composé des grands de l'empire» qui prononcèrent la peine de mort. La senlence ne fut pas exé- culéti immé^li .lement : Basilides voulait montrer que la uioil n'est pas un supplice sUiiisnnl au gré de certaines Ames. Il confia les prisonniers h la garde d*un hérétique pxtrômemoût inhumain, qui trouva dans les
atroces imaginations de sa cruauté k moyen de satisfaire les désirs du tyran. Rien de ce qui peut être mis en œuvre pour faire souf- frir cruellement ne fut omis par cet homme, La faim, la soif, les tortures, il employa ïout avec une férocité sans éji^ale; la nuit, il fai* sait placer les prisonniers, étroitement en- chaînés, sous son lit; le jour, il les faisait traîner derrière son char. Leurs membres» entamés parles fers dont ils étaient chargés» étaient couverts d'ulcères. Le moindre mou- vement déterminait d'atroces douleurs; n'im- porte, il fallait qu'ils marchassent le jour, et la nuit, qu'ils se tinssent dans la même po- sition ^ans pouvoir en changer, tant ils étaient étroitement attacïiés. On les exila ensuite dans une île du lac Dembéa, oxi il y avait des moines fanatiques qui les abreuvèrent u'ou- Ira^os, les accablèrent de mauvais traite- ments. Ils eurent dans cet exil q^nelques con- solations : les catholiques venaient les visi- ter, atln de s'éditier de leur exemple et se retremper au spectacle de leurs souffrances. Les moines héréiiqyes, furieux de voir les marques de vénération qu'on prodiguait aux sainls confesseurs» écrivirent au Négous pour luidirequ'il était scandaleux de laisser vivre les ennemis de la foi et de la religion de l'Abyssinie, les artisans de tous les trou- bles qui depuis quelque temps avaient a^té TElal. Cédant à leurs obsessions, Basilides leur abandonna les captifs. Ces moines fu- rieux se saisirent aussitôt des trois marlyrs» et les dépouilLint de leurs vêtements, les sus|>enditent h des branches d'arbres où tls les lirent mourir sous une g'éle do pierres. Cette murt arriva dans le mois de juin tli38. llnerestaitptusquetesPP. Bruno et Cardeira; ils étaient [ïrès de Za Mariam, qui ne voulut jamais consentir qu'ils quit.ass nt l'as. le qu*il leur avait donné, Ba.-ihiles l'altaqua et fut vaincu; mais, peu diî lemjîs après, ce brave défenseur du catholicisme tomba et périt dans uneembuscade. Bientôt les missionnaires furent découverts, et» le 12 avrd 1640, mou- rurent du même g nre de supplice que leurs sainis compagnons. Après leur moit, iln'y eut plus en Abyssinie, pour aclministrer les sacrements aux catholiques, que cinq prêtres irortugais et quatre religieux abyssins. Voici les noms des prêtres portug-^is : Bernard No- gueira, vicaire du patriarche Mendez ; Jean- tiabriel, Grégoire Pirez, Antoine Almanea, Christophe lionçalez. Les quatre prêtrts abyssins étaient ; Tabba Abaïa Meh^a Chris- tosï Melca Cliristos, supérieur du sérninairo de Gorgora ; Paul de Saiiite-Cruix, el Orasi Christos. Presque tous furent égorjjés; mais avant d'arriver à ce terme latal, ils furent exposés à toutes les soutl'rances que peuvent occasionner la faim, la soif et le dénuement presque absolu de toutes les choses néces- saires à la vie.
Pendant que les derniers événements que nous venons de raconter avaient lieuje pape chargeaii les c^ipucins,qui avaient une mis-^ sion en fegypte, de travaillera ranimer la foi qui était sur le point de se perdre en Abys- si aie, Le Pure supérieur des caoucins û'ku-
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gyptd était le bienbeureax Ag»-\thange de Vendôme. Sitôt qa'il eut appris Fétàt d-éplo- rable autjuel était réduit le catîiolicisnie on Abyssiiiie» et les persécutions dont il éti^it l'objet, iJ aJIa trouver le patriarche d'A- lexf^nd^ie et le conjura de prendre iiitié des catholiques pers(*culés. Sur sa prière, le pa- triarc!he nainmîi abouia.à laplacc de Taven- turier duquel nous avons pHr\é plus haut, Vabbé Marc, ami du P. Agalhange. Le supé- rieur des caf>adas avait eu avec ee Marc plusieurs conférences, h la suite desquelf^^s il croyait lui avoir doué le disir de reve:iir è Tu'iiié. En outre, le palriarcho érrivit au Négous de traiter les catholiq les avec moins de cruauté^ et de cesser d* employer vis-à-vis d'euT les mesures viol^nles qiie répvouve toujours Tesprit évaigélique. Marc, en pas- sant à Souakim» où Mendez était encore dé- tenu, lut remit une lettre du I*. Agathaige- Meidez ne partagea pas les illusions du bon capucin : il entrevit ce qu'était Marc» et ne fut aucunement dupe, ni de ses faux sem- blants d'amitié, ni de la tolérance qu'il af- fectait de montrer envers les calholiqufs. Le P. Agfllhange devaif expier bien chèrement sa conliance et l'amitié qu'il avait témoignée à ce Judas. Il destina cinq des religieux de son ordre à entrer en Abyssinie, et se mit lui sixième h. leur lète. Il partit du Caire, avec le P* Cassien de Nantes» le 23 décembre 1637, et s'embarqoa avec un hacha que le Grand Seigneur envoyait à Souakitu. Ils fu- rent à peine arrivés en Abyssinic, que, bien gue déguisés en marcîiaiids arméniens, ils lurent pris et conduits à lahouna Marc. Il les reconnut aussitôt, et déclara que Grêlaient des
{>rètres catholiques romains, ennemis de la 6i d'Alexandrie, et qu'ils venaient en Abvs- sinie pour l'y détruire s*iî était possible. Ces
f>nrole5, dans la bouche da traître, éqtiiva- aient à un arrêt de mort. Il le savait bien: les deux saints lurent lapidés sur-le-champ. Leur mort bienheureuse arriva en 1038. Ainsi le P. Agaihau^çe fut tué par celni-lii même en qui il avait mis si eodiance, à mii il avait accordé son amitié, et qu'il avait fatt élever à la dignité de laquelle iï se servait pour faire mourir son bienfaiteur et son ami. Les PP. Chérubin et François s'embarquèrent à Mascale, et furent massacrés h Magadoxo. L»-s PP. Anioiiie de Virgolela et de Fetra San^a furent loni^qemps h Massaouîih, sous la protecnon du bâcha de Souakini. Ils y tirent de nombreuses conversions* Le P, de Vir- goleta mourut au commencement de 10^2; le P. de Petra Sanln demanda des auxiliaires. On lui envova les PP. Félix de Sainl-Séve- rin et JosepK Tortulaoi d'Altino. Quand on sut en Abyssinie Farrivée de ces deux nou- veaux missionnaires, Talarme y fut grande* Un nouveau bach.i venait de succéder, à Soua- kim, h celui que nous avons vu si favorahlo aux catholiques. Basiltdes lui écrivit , et ch/irgea ramb;is$adeur porteur du message de lui faire c^ndeau de cent cinquante onces d'or et de cinquante esclaves, tu le funant de lui remettre ces étrangers, on bien de les iure mourir loi-mûme. Aussitôt le ba ii^ lit
venir et décapiter en sa présence les PP. Fé- lix de Saint-Sé vérin et Joseph Tortulaoi. Il connaissait particulièrement le P. de Petra Sanla, il ne voulut pas le faire venir et se borna à ordonner qu'on lui apporliït sa tèle. Le patr arche M nui \i était, pendant ce temps- là, dans riiide, S m ceur gémissait aux la* menl;ibles récits des douleirs de son E^^lise ab^n lonn^'e, el des soufrrfinces des bienheu- reux martyrs qui, après loi, avaient évangélî- sérAhyssînie. Lcsautresjésuites.qui comme lui en étaient sortis prenaieiU part à srs douleurs, et ne pouvaient se pardonner d'ê- tre sortis d'une contrée où ils eusstuit f>u, comme leurs successeurs, recevoir la cou- ronne du martyre* llsrés^ilurenld'y rentrer; mais leurs f'Iforts à cet é^ard > eineurèrent stériles. Ce fut sur ces entrefaites que Men- dez rei;ut de Nogueira, alors à Massaouah, la leilre suivante, écrite au nom du Ras Sela Chrislos :
Tiès-illuslres seigneurs, évoques et gou- verneur des Indes, Itas Sela Christos,à tous les dnétiens catholiques et vrais enfants de TEglisede Dieu, paix et salut en Notre- Seigneur,
« Je ne sais ni en quelle Langue je dois vous écrire, ni de quels termes je dois me servir, pour vous représenter les périls et les soulîrances de celte Eglise gu*on alllii^e, d*au* tant plus que je les vois de mes yeux. Je prie Notre-Sei^j'ieur Jésus-Christ, qui a été attaché ea croix, qui csl plein d«* nnsé- ricorde, de les faire coimailre à tous nos frères, à tous les recteurs, pjélals, évéqnes, archevêques, rois, vice-ruis, pritu-es, gou- verneurs, qui ont quelque autorité au delà des mers. J'ai toujours cru, et je me suis souvent dit l\ nioi-mémt\ qu'ils nous auraient secourus et qu'ils iVauraient ims tant tardé à nous racheter des mains de ces barbr.res et de cette nation perverse, si la multitude el rénormité de mes péchés n y élaieîil un obstacle. Autrefois, lorsqu'il n'y avait point d'Eglise ici, lorsque le nom do chrétien et de caihoUque nous était inconnu, on -est venu à notre secours, on nous a délivrés de la puissance des mahométans, Aujourdhui qu*il y a un si grand nombre de lidèles, on tious oublie et personne ne fienseè nous secou- rir» Quoi I le pontife romain, notre père, notre pasteur, que nous chiTissons tant, n est-il plus sur la chaire inébranlable de saint Pierre, et ne vcul-il plus songer à nous consoler? Nous qui sommes ses brebisj o'aurons-nous pas, avant que nous sortions de celle misé- rable vie, la satisfaction d'a[iprcndre qu*il pense à nous» et qu il veut em[>écbcr que ces nérétiques, qui nous font nue si cruelle guerrirp ne nous dévorent? Le Portugal n'a-t- il plus de pri ices qui aicil le zèle ardent qui enlbmmait Christo[dîe de tîama? N'y a-t-il point quelque jïfélai qui lève ses mains au ciel pour nous obtenir le secours dont nous avons besoin ? Je n'eu nuis plus, je me lais> mit langue se sèihe, et la source de mes lar- mes ne tarit point. Couvert de poussière et de ceidrcjo prie et je coijuro tous les fidèles de nous secourir prompieraenl, de peur qu-i
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noiisnej>i5rissions. Tous les jours mes chat- nos djuvienTtetit plus pesantes et on me dit : Kangez-voiis de notre parti, rentrez dans noire commanion, nous vous rappellerons de votre exil. On me tient ce discours pouf me perdre et pour faire férir avec mot tout ce qu'il y a ici île catholiques : on veut rui- ner l'Eglise de Dieu, et la ruiner de fond efl comble. Si donc il j a encore des chrélienS au iMh de la mer,' qu'ils nous en donnent des preuves» qu'ils nous reconnaissent pour leurs frères en J^sus-Christ, nous qui soute- nons la vérité roimne eux ; qu'ils nous déli- vrent de cette hfVésie et de cette capli^vtté d'Egypte ► — îf t, ajoute No^oeira, finissent les paroles du Ras Sela Chnstos. iriotre ami. Il me îe<* n dictées lui-môme sanglotant et fondant enr larmes, pendant la visite que je Iu4 rendis au mois d'août de ranoée der- É^re WêB, C'est h mon tour aujourd'hui de pleurer. On torrent de larmes nie fait tomber m fflume de la main, je ne pots écrire. Jugez de ma tristesse et d^^ ma douleur. Je suis aitifé dans ce port de Massaouah le 26 de ce mois {Janvier i6V9), j'ai exposé ma vie, il n'est point de danger que |ë naie couru, per- iuade qaé rtm [jdèles amis des Ind-^s ou du Portugal nous auraient envoyé quelques se- eourst et le n'ai rien trouvé. J'ai même été mal reçu des Banians et partieuli(>rement de Xabaiidar et de X^irrati, qu'on sait être ici les maîtres de l'argent. [Is ra'o t fiit très-mau- vais visage, et pas un n'a voulu me montrer aes lettres, ni me faire nnrt des nouvelles qu*i! recuit. J'ai écrit plusieurs lettres de Dembea, je n'en ai aucune réponse. Je crois que toutes ont fait naufra;.:e et queDieu,pour mes t>échés, rfa pas permis qu'une seule soit arrivée jusqu'à vous. Je retourne vers le Ras iela Chriî*tfrs, et je laisse ici Jacques Xarera, çai est fort connu des Banians, Il attendra les réponses a mes lettres, et il me les appor- tera, â'iJ en vient quelques-unes. I! deiueure ordinairement h AdJi, [lajs d'Engana, Mes «compagnons, abba Melca Chrtstos , abba TêîlsaChrisfos, Jean-Gabrirl, (îrégoire, An- toine d'Aîmana et Christophe ne sont p!us que âi*È squi'letïes animés ; ils Ont été trai- tés en prison, fouettés ; leur peau est tom- bée de misère ; et, s'ils ne sont pas morts, du moins ils ont soulT^-rt tout ce qu'une ex- trême pauifreléa fie [>lus rude, m«'ndiant do I>orteefi porte. Le 21 Of tobrc de Tannée l(iV7 on a fait niotrrir, en hiin^^de notre 5«iinl6 religion,abba Zara Chri stos, disciple de Fabba Eéril, frère de rabbaGrégnire, et le sénateur Arnlo, aussi ret:ommandab!e pour sa piété que iK)ur sa doctrine. Le 30 se, tembro de 1 année 16îk8, on a mis en prison dom Jfmm t^ca Manam, dom Jean, dom Melca Christos, dm Théodore, Le capitaine Gabriel Doua- céos a élé exdé pour li'avoir pas touIu me livrer entre les main?* des liérétiques, I s se mnl portés aut plus gnn Is excès conir»» moi : ils m ont traité avec toute sorte d'inhumanité. Ils m'ont dé.ioncé à Tabbé Eraaia Clhistos, nolrn plus cruel ennemi, qui adéj,^ fait mou- rir tant de catholiques. Enfin, je pars d*ici Sê&s la moindre cousolatioai et sons aucune
espérance, n'ayant ni vivres ni habits, et n'o^ sant pas demeurer davantage, de peur des Turcs, qui pourront arriver au temps de la navigation. Je reviendrai l'année prochaine, si Dieu le permet. Je prie le Seigneur que celte lettre puisse t^^lre Ine de tous nos pro lats et autres ecclésiastiques, et jîrincipale- ment de M, le |jatriarche et du ï*. Emmanuel d'Aluiêida, s'ils sont encore en vie. Prosterné le visage contre terre, je me recoiniuande à leurs prières, et denruVie leur bé'iédiclion, — A Massaouah, le 30 janvier ItiVO Ber- nard NoGLit:iftA.»(Henrion, Hht. des missionst L llï, p. 297.)
L'auteur de cette lettre prérieuse fui pen- du dans le Gojam, en 1053. iMendez mourut aux Indes quelque temps après, âgé de soitanle-seize a?is< On a reproché à ce pa- triarched'avoir compromis la mission d'Abys* sinie, en voulant forcer les Abyssins a re- noncer h certains usages, à certaines eoulu- mes, suivis de temps immémorial dans ce pays, et que la religion ne condamnait pas, disait-on, formellement. La pluralité des femmes» la circoncision, robservance du saJb- bat, sont au nombre des choses que le pa- liiarche voulait proscrire. Nous ne cro vous pas que Ceux tjui soûl sérieusement catholiques puissent trouver qu'il ait usé, relativement a ces choses, d'une rigueur (rop grande. Si on peut reprocher quelque chose à Mcndez, ce n'est pas d'avoir usé de trop de sévérité pour mairitenir la doctrine en telles circonsianGes; c'est d\ivoir permis, quand il pouvait remoô- cher, qu'on employât des moyens violents pour convertir les dissidents; c'est d'avoir ainsi laissé se produire en Abvssinie Tirri- lalion qui y causa la ruine de la mission et celle des tVuits de catholicisme qu eilu avait produits.
Urbain Cerri {Etai préserU de VEgllie ta* mmne^ p. %iS). parlant dvs tentatives faites après roxpulsion de Mendez pour évangéli- sor rAbyssinië, s'exiinme ainsi : « Les Bétor- més et lescapuci is, ayant entrepris de puis ce temps-là de s'établir en Ethiopie, furent mis à mort cVSouakiiu et dans d'autres endroits; et l'évéque deCrisotioH, qui fut envoyé dans ce pays-h^ en qualité de vicaire apostolique, ne put aller que jusqu'au Caire. Depuis cela, uu maronite, qui avait été trente ans en Ëthio* pie, étant arrivé h Jérusalem en 1665, rap- porta les particularités suivantes : que le roi qui persécutait la religion était murt (le 30 sefilembrM de cette année); aue son llls (Han- nés ou Œiafe Segued), qui fui avait succédé, témoignait être bien intentionné pour les ca- tholiques, et qu'il leur permettait d*exercGr
publiquement leur rdigion ; uuc, dans une
il V avait pluj 30,000 catholiques, et que dans la ville où il
pn»vince frontière d'Egy
avait demeuré avec sa lïunille, l*"ur nombre montait à environ six radie: qu'ils parlaient portugais et qu'ils souhaitaient extrêmement d'avoir dos prêtres; an'eurui on pouvait faire de grands progrès dans la conversion des schismaliques, pourvu que les missionnaire^ voulussent se contenter de ce qui est néces- saire à la vie et ne s'appliquassent à autre
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chose ({w'ï VavancetûeDt de la gloire cte Dieu. Cetl le ayant été communiquée
à une eoji^ i parliculière, le 7 décem-
bre 1666, U lui résolu qu'on renouvellerait lu missioa et qu'on enverrait dans re najs un certain Antoine Amirade, natif d'Eloib- pie, h qui on doma le titre de vicaire apos- tolique, et qui avait été chapelain du patriar- che et fait ensuite évoque de CalipoU. Pour cet effet, on donna aux missionnaires de Tar- «cent, des li?reset aulres choses nécessaires. Elaot arrivés à Suçz, ils tirent savoir à la congrégation» en 1669, que la persécution j régnait toujours, mais non pas avec la même violence que dans les commencements. En 1671, la coogrégatiou apprit que ces oiis- %h - et le vicaire apostolique avaient
él laort par un elTét de la haine con-
tre la rcJigmu catholique. Ainsi cette nûs- &ion fui entièrement àMûdonnée. Mais, de- puis ce temp^lc^, on Va jointe à celle d'E- gypte et on a ordonné au supérieur d'en- voyer des missionnaires en Ethiopie dès qu'il X aurait une occasion favorable pour cela, et on a eu soin, en même temps, de procurer t'argent nécessaire à cette entreprise, »
De MaOlet nous permet de suivre la trace des essais de missions tentés pour TAbyssi- nie ; « 11 y a huit ou dix années (vers f 093i, écrit ce consul, qu*il se trouvait au Caire des missionnaires italiens de la réforme de Saint- François, indépendants du gardien de léru- saleox et cependant entretenus aux dépens de la Cuitodie de Terre-Sainte, dont les reli- gieui de celle ville (mineurs obscrvantins) demeuraient en un même hospice avec les premiers. Celte indépendance et la dépense nécessaire à reutrelien de ces religieux mis- sionnaires, chai^rinaot ceux de Jérusalem, ils agirent si ibrtemcnl i Rome, soit en olfrajU de se charger de la mission d'Ej^yple et de fournir pour cela les sujets nécessau-es, soit en V représentant d'autres choses , qu'euQn, après I envoi de plusieurs commissaires en ces r[uartiers-ci, la congrégition de la Pro- pagation de la foi, établie à Rome, leur ac- corda celte mission d'E^^ypte. Le gouverne- ment delérusaJem, en étant en conséquence enlré en possession, renvoya d'aborJ tous les missionnaires qui étaient des sujets de cette même c/)ûgrégalinn, et n'en adopta que deuï. Ceux qui avaient étécongt'^diés, étant retour- nés à Home, travail lèrenl longtemps pour se faire rétablir en Egypte ; mais n'ayant pas trouvé moyen d y réussir directement, ils y parvinrent par mie autre voie, its nrésenlé- i pape et à la congréj^Htion de !a Pro-- •n une relation, laquelle a été iiii- uniuée. Elle était dressée par les deux des leurs que la Custodie de Tcrre-Sainto avait girdéSy et portait en substance que telles et telles personnes v désignées les avaieiil as- suréi.*s que, danjs le pays de Fungi, sur les contias d'Ethiopiei il y avait un Irès-j^raud nombre de familles chrétiennes catholiques, qui s'y étaient retirées dVVbyssinie, lors de la persécution y livrée aux c^itholiques, en l*an 16V0 ou ^1 dudil siècle j que ces pauvres âmes, au nombre de plus ds quinze cents,
étaient sans pasteur et sans aucun secours spirituel , offrant lesdits religieux de s'y transporter et de pénétrer même jusqu'en Ethiopie, où ils assuraient qu'il y avait beau- coup d'autres eatholiijnes et des dis[iosilions favorables h réunir celte Eglise à la romaine. Celle permission ne fat |»oint seulement ae- corJée à ces Pères, mais l'on fut encore si persuadé de (a réalité des choses qui étaient représentées et du succès de la réunion de PEglise éthiopienne, que le pape Innocent douzième, sous lequel cela se j>assait, lit un fonds considérable pour rentretien perpétuel d'un grand nombre de sujels destinés à cette mission que l'on appela d*Ethioph\ et dont le soin fut commis aux religieux réformés de Saint- François. On leur permit en mémo temps de tenir deux ou trois religieux au Caire, en qualité de procureurs de celte mis- sion; et, pour la commodilé de ceux qui iraient ou viendraient d'Ethiopie rn^me, d'avoir un hospice à Achrnin (la Panapolîs des anciens), dans la haute Egypte, lieu qu'ils avaient représenté être nécessaire pour le rafraîchissement des religieux qui passe- raient du Caire en Ethiopie, el où il y aurait aussi beaucoup de fruit à laireauprèsdes chré- tiens cophtes qui y étaient en grand nombre. C'est de cette soite que ces religieux, exclus en quelaue manière de FEgypte, trouvèrent moyen cie s y rétablir. Cependant comme on ne parlait i Rome et dans toutes les cours catholiques que de cette grande mission, les RR, PP. Jésuites crurent ne devoir point s oublier dans une coinonclure si impor- tante pour la ghiire de la religion... Ils ju- gèrent h propos, avant de s'adresser à Sa Sainteté, de prévenir le roi de la résolution qu^ils avaient prise d'envoyer de leurs ou- vriers dans cette grande mission d'Elhiopicç résolution que S/>1 loua et promit de se- conder. Cette démarche ayant été faite, le R. P. Verseau, de leur conipagnie, passa de France h Rome, avec de fortes lettres de re- commandation... Il arriva au Caire en 10^7, avec des ordres de protection, que lui et les siensy ont constamment éprouvée de ma part, bien m delà de mes obligations. Je l'ai reçu dans ma maison avec son compagnon ; j'enga- geai ensuite la nation (fraugaise) h leur en acheter et présenter une autre, ce qui n'avait point encore eu d'exemple.,. Quant à Fen- trcprise d'Ethiopie, j'en dis mon sentiment ay R. P. Verseau, et que ce serait tme es- pèce de miracle de pouvoir y pénétrer, et plus encore de s'y conserver" et dy faire quelques progrès. Je l'assurai, comme le temps l'a justifié, que Fhistoiretles chrétiens établis sur les contins de l'Ethiopie était une fable, et lui promis cependant que je ne né- gligerais aucune oceasion de contribuer au di sseio qu'il me paraissait avoir de tenter une entrée dans cet empire. Après cela il partit pour la Syrie, où il (il sa résidence en qualité de supérieur général desa compagnie, tant de cette contrée que d'Ethiopie. Alors étaient au Caire deux sujets de sa compa- gnie, donl l'un Italien et Faulre Français. Le dernier s'a p| vêlai l le R, P. Brévédent, et on
peut dire que c /'tait un saint religieux, élai- gné de 1 esprit d*inlrii;ue et de dissimolatioii, et d*un« hamilitt^ profonde. En Tann^ie 1693, un certain Hadgi-Ali, marchand, vint d'Eihio- pie auCaireavec quelques commissionsdu Né- gOus(Yasousl")» dont Tune était de lui a mener quelcjues médecins, s'il en trouvait... 11 eut bcsoi'i pour sa propre personne de quelques remèdes de chirurgie, et le hasiirdl'ayantcon- doil e'itre les mains du sieur Charles Poncel, Français établi a uCaîrCi il s'en trou va fort bien et lui proposa sur celte expérience de passer avec lui en Ethiopie, où il lui promit de lui faire faire une fortune e msidérable. Le sieur Poncet ra' ayant communiqué la chose, jo rinvitai à m;cepler cette proposilioiit dans Tespérance que j'eus d'introduire avec lui auelques-uns des Pères jésuites dans îa cour aAbyssinie. Je leur tis p-irl ensuite de co dessein, qu'ils approuvèrent cxtrômement,et duquel nous doniiAmes avis au R. P, Ver- seau, Cependant, comme le temps du départ de cet Hadgi-Âli [»ressait et que nous ne doutions pnint que le R. P. Vi^rseau n'ap- prouv;1l ce que nous lui avions prO[»osé, le R. P.Brévédent, d^''guisé en domestique, par- tit du Caire le 10 juin l(î9S, avec le sieur Poncet et lui, sans avoir I approbation de son supérieur... Comme la t^nvano fut re- tenue longtemps dans li haute Egypte par la crainte des Arabes, le U. P, Grenier, jé- suite, envoyé par le H. P, Verseau en cette ville, pour détourner le voyage du H, P. Bré- védent, arriva assez à temps pour le rappe-- 1er; mais trouvant la chose a moitié con- sommée, et satisfait des mesures qui avaient été prises, il lui laissa continuer sa route. » Dans la relation que Poncet a donnée de sa curieuse eïcursmn hors de l'Eij;ypte, il dit que, durant le trajet dcMoseho h Donsola, duiau 13 noverubre, il rencontra des peuples quitbienqu'dsiissentalors profession du ma- hométisrae, n'en savaient quelaformutede foi. « Ce qui est déplorable, ajoute le voyageur, et ce qui tirait des larmes des yeux du P, Brève Jent, mon cher compagnon, c*ost qu'il n'y a pas longtemps que ce pays était cnré- tien et qu'il n'a perdu la foi que parce qu'il ne s'est trouvé personne qui ait eu assez de lêle pour sa consacrer h l'instruction de cette nation abandonnée. Nous trouvâmes encore sur notre route quantité d ermitages et d'églises à demi ruinés. » Pendant le sé- jour des voyageurs à Sennaar, capitale de la Nubie, on apporta à Poncet une fille maho- métane, âgée de cinq h six mois , pour la traiter d'une maladie : «Comme cette enfant était à Texlrémité et sans espérance de vie, dit-il , le P. Brévédent la baptisa sous |»ré- lexte de lui donner un remède, et cette fille lut assez heureuse pour mourir après avoir
reçu le saint ba[>tème Le P, Brévédent
était si pénétré de joie d'avoir ouvert le ciel à cette âme, qu'il m'assurait, avec un trans- port que je ne puis exprimer, que, quand il n aurait fiit que cela en sa vie, il se tenait pour bien récompensé de toutes les peines qu'il avait eues en ro voya-^e. « Lorsque ce missionnaire se trouvait h Tripoli do %ric,
se
on lui avait donné fort mal k propos un vio- lent purgatif de pignons dinde, dit catapu- tia, et ce remède, toujours dangereux/bii avait causé un flux dont il était incommodép et qu'il cacha par modestie h Poncet. Cepen- dant sa positmn empira, et à Barcos, il se vit en peu de jours réduit h la dernière ex- trémité, a Je n'eus pas plutôt appris l'état où il était, dit Poncet, que je me fis porter dans sa chambre, quoique je fusse alors très-mal. Mes larmes plutôt que mes paro- les lui tirent connaître que je désespérais de sa guérison et que son mal était sans re- mède. Ces larmes étaient sincères, et si j'a- vais pu le sauver aux dépens de ma vie , je laurais fait avec plaisir. Mais il était mûr pour le ciel, et Bien voulait récompenser ses travaux apostoliques.,... Pour rendre justice au P. Brévédent, je puis dire que ja- mais je n'ai connu d'homme plus intrépide et plus courag^eux dans les dangers, plus ar- dent et plus ferme lorsqull fallait soutenir les intérêts de la religion, plus modeste et plus religieux dans ses manières et dans toute sa conduite — Pendant tout le voyage, il ne me parla que de Dieu, et ses parotes étaient si vives et si pleines d^onction, qu'el- les faisaient sur moi de profondes impres-- sious. Dans les derniers moments de sa vie» son cœur se répandit en des sentiments d*a- mour et de reconnaissance envers Dieu, si ardents et si tendres que je ne les oublierai jamais. C'est dans ces sentiments que ce saint homme mourut dans une terre étran- gère, à la vue de la ville capitale d'Ethiopiep comme saint Franrois Xavier, donti! portait le nom, était mort autrefois à la vue de la Chine , lorsqu'il étnit près d'y entrer pour
gagner ce vaste empire k Jésus-Christ H
mourut le 9 juillet de Tannée 1B99, à trois heure* du soir. Plusieurs religieux d'Ethio- pie, qui furent présents à sa mort, en furent si touchés et si édifiés, que je ne doute pas qu'ils ne conservent toute leur vie un grand respect pour la mémoire d'un si saint mis- sionnaire. Ces religieux vinrent le lende- main en corps , revêtus de leurs habits de cérémonie, ayant chacun une croix de fer à la main. Après avoir ftut les prières pour les morts et les encensements ordinaires, ils portèrent eux-mêmes le corps dans une église dédiée h la sainte Vierge, en laquelle il fut inhumé. »
Quand Poncet se fut rendu h Gondar, Tem- pereur lui dit être allligé de la mort de son compagnon, dont on avait fait connaître le mérite et îa capacité à ce prince. Connue on ne recevait aucune nouvelle ni du P* Bré- védent, ni de Poncet, les PP. Grenier et Pau- let, jésuites, pleins de zèle pour la mission d'Abyssinie, partirent avec des lettres du consul de Maillet. Le roi de Sennaar h-s re- çut avec honneur, comme des envoyés du roi de France, et les recommanda h un am- bassadeur du Négous qui était venu conclure la paix entre son maître et lui ; ils aceom- |iagnèrent cet ambassadeur A son retour en Abyssinie, m.iis il n'est plus fait mention d'eux. Quoique les franciscains réformés
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italiens eussent un des leurs attaché au roi de Sennaar en qualité de médecin^ et qu'ils prissent le titre d'envoyés du pape auprès du Négous, moins favorisés que les jésuites, ils durent attendre une réponse aux lettres quIJs avaient adressées à Yîisôus» à Fabouna et aux moines abyssins, pour leur exposer Jeur conjnaissïon* Le voyage de Poucet avait un double but : d'abord, de guérir le Né- gous malade, ensuite de déterminer Yasous à envoyer un ambassadeur au roi de France, 11 reparut, en etlVt, au Caire, avec un cer* tain Mouriid, et le P^ Verseau, qui s'y trou- vait alors, les accompagna à Paris. Lorsaue Poncet repril, en 1703, avec Monrad, le cne- min de rÂbyssinie par la mer Kouge, le P. du Bernai," jésuite, qui voulait pénétrer dans c<.*t empire, alla 1 attendre à Suez. Ce religieux se tlt, h son tour, passer pour le i>erviteur du médecin» Jacques Christophe, uiarcband cypriote, se joignit i^ eux, \Ltis dès
3u'ou fut arrivé à Djedda, le P. du Bornât ut retourner au Caire avec Christojihe, tan- dis que Mourad et Poncet poursuivaiesilleur deâttnée errante; le premier mourut à Mus- kate, et le second passa en Perse, où il acheva sa vie marquée par les servic^^s qu'il a ren- dus h la géographie des coiittées inconnues dont il a parlé, Bruce et Sait ï\n\i tiait ''avec plus de justice que le cousu! de AJaillet, L'Arménien Elias, attaché au service de la nation française, fut envoyé en Abyssinie par la voie de Missaouali» pour préparer Yasous h recevoir, comme ambassadeur de France, Le Noir du Roule, vice-consul à Da- miette, dont le succès eût ouvert cet eiopire aux jésuites. Malfieureuseriient du Route périt assassiné le iî5 novembre 1705, à Sen- naar; caiûslroplie que Bruce impute calom- nieusouient aux franciseaius réformés, alors établis en Nubie, et qu'un sentiment de ja- lousie contre les jésuites, auxquels le vice- consul frayait le chemin, aurait, dit-il, por- tés à faire échouer son ambassa^le* Le P. Jo- seph, leur préfet, avait non-seulement péué- tre en Aliyssiuie, mais reçu de Yasous une lettre pour le pape, et il conduisit à Home sept Abyssins, La cupidité des Nubiens, excitée par les présents dont du Roule était chargé pour le Négous, explique le meurtre des frant;ais, et la calomnie de Bnice est d'autant plus évidente quo les franciscains réformés ne séjournaient pas à Sennaar au moment de FattenUt* L'auteur anglican se borne, au reste, à reproduire les odieuses accusations du consul de Maillet*
Malgré le malheur que du Roule venait d'éprouver à Sennaar, il resta dans l'Albara des missionnaires qui eurent assez de cou- rage pour tenter un voyage en Abyssinie, et assez d'adresse pour réussir. Ousl'as, étran-
?;er à la tamillede Salomou, occupait le trône orsque arrivèrent les PP. Libéral Weis {ou de Wies), préfet aiioslolique d* A ut riche; Mi- chel Pie cTe Zejba, de la province de Pa- doue, et Samuel de Bionnu (ou de lieamo). Dé dans le Milanais, religieux de Tortlre de Saint-François. Ce prince, dit Bruce, avait conçu^ comme Yasous, une idée avantageuse
ABf
Si
delà religion romaine; aussi il les reçut favorablement et les mit snns la garde d'Ain Egzié, ancien officif^r d'Yasous et gouver- neur du Walkayt, Il leur donna , en outre, pour interprète" un moine atiyssîn qui avait été h Jérusalem et qui était très-attaché h la communion de Rome. 11 le ch^irgea de de- meurer sans cesse auprès d'eux et de veiller h leurs intérèls. Charmé de leur pauvreté et de leur refus constant d'accepter les biens qu'il leur offrait, il leur déferulit néanmoins de prêcher en public , dans la crainte d'à* raeuter le peuple : « L^œuvre que nous en- treprenons est dilUcile, leur oit le prince; elle demande du temps, des ménagements et de la patience ; Dieu n*a pas créé le monde en un instant, mais en six jours. » Se déro- bint lui-mt^me h ses courtisans pendant la chasse, Ou>tas allait vi>iter les missionnai- re-, entendait la messe, communiait de leurs maitis. Ces démarches furent bientôt con-- nurs de beaucoup de nrôîres et de laïtiues de sa cour, mais la sévérité du Négous leur iiUffOsa. La race de Salomon ressaisit le scep- tre, au mois ne janvier 17H, dans la per- sonne d« David, iils de Yasous. Le chef des moines de Del»ra-Litianos déclara alors, dans utie assetnbîée du cleigé, et od'rit de prou- ver que Iriiis frôlres catholiques, avec un interprète abyssii», étaient établis dans le Walkayt depuis plusieurs années, et qu'ils avaient été entretenus, protégés , consultés par Oustas, qui assistait souvent à la messe» célébrée suivant le rite romain, David, élevé dans les préventions du schisme, ordonna aussitôt (hirrêler les missionnaires et leur interprète, Tabba Grégoire* Les confesseurs furent conduils d^-vant le plus partial et le plus barbare de tous les tribunaux, L'abba Masmaré et Adug Tesfo, qui avaient fait le voyage du Caire et de Jérusalem, et qui en- teudaient l'arabe, interrogèrent les froncis- cains et traduisirent leurt^ réponses. La pre- lïjière question fut ainsi formulée i * Rece- vez-vous ou ne recevez- vous pas le coiicile de Calcédoine comme une règ'e de foi, et croyci-vous que le pape Léon Ta présidé et dirigé régulièrement et légitiûiementî >» Ils répondirent « qu'ils regardatcnl le concile de Calcédoine connue le quatrième concile général ; qu'ils nTevaienl ses décisions comme des régies de foi, i(u ils croyaient que Je pape Léon i avait présidé et dirigé régu- lièrement et légitimement, comme chef de l'Eglise aitholique et successeur de saint Pierre et vicaire de Jésus-Chnst sur la terre.» A ces mots, un cri général s'éleva avec fu- reur du milieu de l'assemblée, et l'on n'en- tendit que ces paroles terribles : « Qu'ils soient IjqiidéslQuiconiine ne leurjetiera pas trois pierres, sera maudit et ennemi de la vierge Marie 1 « Et squdain cette sentence cruelle fut exécutée. Un seul prêtre, homme distingué par son savoir et par sa [)îété, et Fun des ctiefs de l'assi-mb ée , déclara avec véhémence que les missiomarres étaient ju- gés irrégulièrement et injuslcmenl ; mais sa voix se perdit au oalieu des clameurs de celte multitude de barbares. Les inarlyri
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restèrent en butte à là fureur de leurs fana- tiques ennemis. Oa leur rail une corde au cou et on les traîna sur une pLice, derrière l\^;^Use d*AbbOt dnns le dieniin de Tedda, où, conforméïueïU h la sentence» on les la- pida. Us reçur^'iit la mort avec une paUence et une réitgnation égales à celles des pre- miers inarlyrs. Non contents de ce triple meurtre, les moines abyssins voulurent im- moler Tabba Grégoire T interprète des pin^- très d'Europe ; ma s David, eonsidénint que Gréj^oire, en résidant avec les missionnaires dans le SValkayt^ n avait fait qu'ari;r»mjtlir les ordres d'Oustas, nlovb soi souverain » n'autorisa poifit sa mort, et le renvoya da is sa province. (Honriun , Hist. des mUsions ^ foL Ul, p, 299» etr„ citant Urbain Cerri, do Maillet, Poncet,. Bruce. ) .Depuis lors rAbyssinîe n'a plus été une terre de persécution, les enfants tie saint Vincent de Paul Tout de nouveau évan^;éii- sée» et maioteuaût la religion catholique y est tolérée.
ACACE (saint), évoque d*Autioehe (petite viJIede ^ïivy^ie^ Àniiochiatul CragHfn), eut la gloire de corn lia itre pour la foi sous le ré^ne de Tempereur Dece, par ordre du consulaire Martien. Ce saint évéque avait uiiiiiUenu, durant le cours de la [lursécutioi, tout son troupeau dans la foi, tar^dis que tes marcio- nites, nombreux daus ce pays, sacritiaicntaux. idoles par la crainte des supplices. Nous donnons ici les actes cités par Huinarl.
Martien, personnage eonstilaire et enne- mi déclaré des cluLitîens, se trouvant à An- tioche, petite ville de son gouvorneuient, ordonna qu'on lui amcuiU Tévéuire; it se nommait Acace, et sa vigueur episcopale, jointe h une chaiité universelle, lui avait fait donner le surnom de bouclier et de re- fuge du pays. Lorsque ce saint homme eut été introduit en la présence dt> Martien, ce gouverneur lui du : « Puisque vous avez le bonbeur de vivre sous la protection des lois romaines» vous éles oblij^é d airoer et d^a- dorer noa princes, qui en sont eux-mêmes les proleeieurs* » Acace répondit à Martien : « Saches que de tous le.> sujets de lempire, il n'y en a |iointqui aiment et qui hoooreut plus rempereur que les chrétiens. Nous prions saos discontinualion pour sa person- ne, et nous demandons h Dieu, dans nos prières, qu*il lui accorde une vie longue, pleine de succès heureun et comblée de tou- tes sortes de bénédictions; qu'il lui donne lesjjril de justice et de sagesse pour gouver- ner se^ peuples, et que tout son règne se passe dans une paix tlorissante, et qui entre- tienne la joie et l'abondance dans lotîtes les provinces qui lui ohéisseni, Martien : Cela est fort Jouable j mais alin que l'empereur puisse être encore plus forlenjent [persuadé de vo- tre Udélité et du zèle que vous avez pour SQù service, c^mme aussi de rattachement <|ue vous dites avoir pour sa personne, ve- mi lui otTrir avec nous un sacritlce, /tracé; Je viens de vous dire que j*olîre mes vœui pour te salut du prince , à mon Dieu» qui Oit le seul 64 véritable Dieu : niais^ à lé-^ni
du prince, il ne peut exiger de nous aucua sacrifice, et nous ne devons lui en offrir au- cun ; car eaflo ce qui s^appelle sacriûcc n*est dû à homme t<d qu'il soil. Martien : Bépon- de/.-raoi : Quel Dieu adon^z-votu donc, afin que, do notre côté, nous puissions atissi lui
Îrésenter nos vœux et notre encens ?.'l€acf: e souhaite de tout mon cœur que vous le counaissiez. Martien ; Apprenez - moi son noiu, Âeacc : fl se nomme le Dieu d'Abra- ham, dlsaac vl de Jacob. Martien : Sonl-ce là aussi dos dieui? Acace :Non, sans doule ; ce soit des hommes auxquels véritablement Dieu a parlé. Il ny a que lui si*ul qui soit Dieu , et lui seul doit être adoré, craint et aimé. Martim : Quel est-il enfin, ce Dieu ? Acaci : Adonoi, le Très -Haut, qui est assis sur des e^iérubiris et sur des séraphins» ^/iïrfim : Qu'est-ce qu'un sérajibin? icàCtf •• C'est un dt*s ministres du Dieu très-haut, et un des principaux seigneurs de la cour cé- leste, qui approche le plus près du Irône. Mari i en : Quelles chimères nous débitez- vous là? Laissez toutes ces choses invisibles, et a lorez plulAt des dieux que vous puissiez voir et connaître, Àrace : Diles-raoi donc , à votre tour, quels sont ces dieux h qui vous voulez que je sacrifie? Martien: Apol- lon, le sauveur, le libérateur des hommes, qui peut nous préserver de la famine, de la peste et des autres fléaux; qui éclaire, régit et gouverne l'univers, .icare ; Apollon , di- tes-vous? Quoi, ce jeune fou, qui, é[ins de l'amour d'une lilie, courait après elle, sans prévoir que dans bt moment même il allait la perdre pour toujours? Il est constant qu il n'était pa.* proplièle, puisqu'il ignorait ce qui devait lui arriver, et il était encore moins dieu, puisqu'il se laissa tromper par une tille- Mais ce ne fut pas là le seul malheup qui lui arriva, ni la seule sottise qu'il lit. Comme il aimait les beaux garçons, il con- çut une passion détestable f>our le beau Hyacinthe, connue tout le monde sait, et il fut assez maladroit pour casser la tète à ce beau mignon» du même palet dont il jouait avec lui. N'est-ce pas aussi ce dieu quit avec Neptune, un autre dieu ( omme lui, se fit maçon et se loua à un roi*''*, pour bâtir les murailles d'une ville ? Ce fut au5$t lui qui, chassé du ciel et n'ayant le sou, se mit à pçarder les troupeaux du i-oi Admète. Et vous voulez m obliger à otfrir des sacri- fices à une telle divinité? Ne voudriez-vous pas aussi que j'en oîfrisse à Esculape, quoi- que foudroyé par Jupiter? à Vénus, malgré sa vie libertine et ses iîif Imcs amours, et à cent autres monstres semblables, à qui vous sacritiez vous-môraes? Ne croyez p^is que La crainte de perdre la vie au nnlieu uns plus affreux supplices puisse jamais me faire ré- soudre à adorer ceux que je rougirais d'imi* ter, pour lesquels je tiVii que du mépris, que de riiorreur. Dites-moi, si quelqu'un, dans son gouvernement , après avoir commis dd
Pareils forfaits , voulait se justrlier par exemple de vos dieux , aurie/-vons pour eux assez de respect et de complaisance pour le renvoyer absous? Et eepeadaut vous ado»
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rez dans yos dieux ce que vous puniriez sévèrement dans les hommes. Martien : Xe sais q\ie c'est votre ordinaire» à vous autres chrétiens, de vomir force injures contre la majesté de nos dieui; c'est pourquoi je veux que vous veniez tous présentement aveo moi au temple de Jupiter et de Junon^ pour leur rendre, dans un banquet reli- gieux que nous y ferons en leur honneur^ ce qui est dû à ces granles divinités. Acace : Bon ! j'irais sacrifier à un homme dont on voit encore aujourd'hui le tombeau dans l'île de Crète (Candie)! Quoi,, est-il res- suscité ? Martien : Tout cela ne sert de rien ; il faut ou sacrifier, ou mourir. Acace : Voilà vustemenl comme en usent les brigands dd Dalmaiie, dans les déGlés de leurs monta-* goes, envers les pauvres voyageurs que leur malheureuse destinée y conduit : La bourse ou la vie I vous demandent-ils : il faut lais- ;»er Tune ou l'autre. De môme ici , il faut, ou perdre la vie« ou commettre un crime. Je vous déclare que je ne crains rien, que je n'appréhende rien; les lois punissent les adultères,, les voleurs, les homicides : si j'é-» tais coupable de quelqu'un de ces for- faits, je serais le premier à me condamner et à me punir sans attendre votre jugement. Mais SI tout mon crime est d'adorer le vrai DieUy et que pour cela seul je sois conduit au supplice, ce ne sera plus la loi qui me condamnera, mais l'injustice. II est dit en plus d'un endroit dans nos livres sacrés [Pê. xui et lu) : Ils se sont tous détournés au bon chemin; ils sont tous devenus inutiles : il n'y en a pas nn qui fasse le bien^ il n'y en a pas un ssul. Et il est écrit ailleurs {Liac vi) : Vous serez jugés de la même manière que vous jugerez^ H l*on votts fera comme vous faites aux autres. Martien : Moi, je n'ai jpas ordre de juger, mais de contraindre ; c est pour- quoi, si vous n'obéissez de bon gré, je sau- rai bien vous faire obéir par force. Acace : Et moi j'ai aussi reçu un commandement au* quel je prétends déférer ; c'est de ne point renoncer mon Dieu. Si vous croyez ôtre obligé d'exécuter les ordres d'un homme mortel, qui demain sera la pâture des vers, quelle doit être ma fidélité et mon exactitude à obéir à un Dieu dont la diirée est éternelle et la puissance inQnie, et qui a prononcé ce terrible arrêt contre ceux qui le renonceraient {Matth, x) : Quiconque ne confessera pas mon nom devant leshoinmes^iene le reconnaîtrai pas non plus moi-mime en la présence de mon Père^ lorsque je viendrai^ tout environné de gloire et de majesté^ juger les vivants et les morts I Martien : Vous venez tout à propos de décla- rer cette erreur de votre secte, qu'il 'y avait longtemps que j'avais envie de savoir. Vous dites donc que Dieu a un ûls? Acace :.0\iU il en a un. martien : Et qui est-il ce fils de Dieu ? Acace : Le Verbe dfe grAce et de vérité. Martien : Est-ce là son nom ? Acace : Vous ne m'aviez pasdemandé son nom, mais quelle était sa puissance. Martien : lih bien ! son nom? Acace : Jésus - Christ. Martien : De
Selle femme Dieu a-t-il eu ce ûls ? Acace : lus-Ghrisi est né de la bienheureuse vierge
AGA V
Marie. Martien : Dieu a-t-il eu ce fils à la manière des hommes ? Acace : Le Fils de Dieu a été conçu dans le sein de Marie par l'opération la Saint-Esprit. Quand Dieu créa le premier homme, il lui forma un corps avec un peu de terre, et ensuite il lui inspira l'Ame et la vie. Car ne pensez pas gue c^tte divine Majesté , qui est un pur esprit, souille son infinie pureté par le commerce d'une femme mortelle. Ainsi le Fils de Dieu, îe Verbe de vérité est sorti de l'entendement de Dieu; c'est ce qui est exprimé dans les Kvres divins, en ces termes : Mon cœur a produit une parole sainte {Ps. xliv). Mar*' tien : Dieu a donc un corps ? Acace : Lui seul se connaît ; pour nous, nous ne sau- rions dire quelle forme il a, parce qu'elle est invisible. Nous nous contentons cie re- connaître et d'adorer son pouvoir souve- rain. Martien : Si Dieu n'a pas un corps, comment lui donnez-vous un cœur? car. tout ce qui a sentiment doit nécessairement avoir un corps. Acace : La sagesse subsiste indépendamment des organes du corps; c^est Dieu qui en est le principe. Et quel besoin, je vous prie, l'entendement a-t-il d'uû corps ? Martien : Revenons au point. Con- sidérez les cataphryges (anciens hérétiques); ce sf»nt gens qui professent une ancienne religion-, eh bien, ils ont renoncé à leurs vieilles erreurs, et se sont joints à nous pour oflrir des sacrifices à nos dieux. Croyez- moi, hâtez -vous d'en faire autant. Ras- semblez tous les chrétiens qui sont sou$ votre charge, et persuadez-leur d'embras- ser la religion de l'empereur. Que tout le peuple vous suive au temple. Acace : Ce n'est pas à moi que tout ce peuple obéit ; c'est à Dieu. Ainsi il m'écoutera volontiers lorsque je voudrai lui enseigner des choses justes et raisonnables, et qui ne seront point opposées à la loi de Dieu ; mais tous m'aban- donneront, n'auront (jue du mépris pour mes paroles, s'ils reconnaissent qu'eues soient con- traires à cette divine loi, et que j e cherche à les pervertir. Martien : Donnoz-moi leurs noms. Acace : Leurs noms sont écrits au ciel et dans les sacrés registres de Dieu. Croyez- vous que les yeux d'un mortel puissent lire des caractères formés de la main de Dieu môme ? Martien : Où sont les autres magi- ciens, vos compagnons, ces adroits impos- teurs, qui font, comme vous, profession de cet art trompeur? Acace : II n'y a personne au monde qui ait plus d'horreur de la ma- gie que les chrétiens. Martien : Cette nou- velle religion que vous introduisez, qu'ust-ce autre chose que magie et qu'enchanlements ? Acace : Appelez-vous enchantements ce que nous faisons à l'égard de vos dieux, que nous renversons souvent d'une seule parole, et que nous dégradons de ce haut rang où vous les aviez placés, leur ôtanl la divinité qu'ils te- naient de vous ? car enfin, ces pauvres dieux demeureraient imparfaits, si le bois ou la
{)ierre venait h manquer à l'ouvrier qui le3 ait. Pour nous, nous craignons, non celui que nous avons forgé de nos mains , mais celui qui nous a formés des sieaoesîqui
a ACA
nous a créés comme le maître et .e seigneur de la naturOt q»ii nous a aimés comme un bon père, qui nous a arrarliés h la mort et à Teofer, comme un pastiiur soic;'ieut et af- fcdioimé. Martim : Donnez-moi, vous dis-je, les noms q-ue je vous dfiïnande ; et craignez qu*uo second refus ne vous coûte cner, Aeace : Je comparais devant vous , et vnas oie demandez mon nom ; vous voulez aussi savoir celui des autres ministres du Sei- gneur. Croyez-vous en pouvoir di^snrmer plusieurs, vous qui ne pouvez résister h un seul. Eh bien I si vous aimez tant à savoir des noms, je m'appelle Aeace; et si vous en voulez encore savoir davantage, ou me nomme A^^athange, et mes deux compa- gnons, Pison, évoque des Troyens, et Méan- are, prêtre de celte Eglise* Faites mai i te- nant GO qu'il vous plaira. Martien : Vous tiendrez prison jusqu^ii ce que j'aie informé l'empereur de vus sentiments, et j'attendrai là-dessus ses ordres.» Decius, afant lu cette relation , ne pot s'empêcher d^ admirer les réponses vives, et [ïleines de feu et de jus- tesse du saint évêque Acace, Et tournant en raillerie toute celte dispute, il ne laissa pas de récompenser Martien du gouvernement de laPampbylie; mais il permit à Acace de proiesser libremenl sa religion.
L'Eglise fait la fùte d ? saint Acace le 31 du mois de mars. Saint Acace, après ce glo- rieux combat, convertit beaucoup d'inlldôles à la religion chrétienne, et plus tard mourut tran(|uillemeiit <lans la paix du Seigneur.
ACACE (saint), est indiqué dans les mar- tyrologes latins et grecs comme ayant souf- fert le martyre avec saint Ménandre et saint Polyène, eu môme temps que saint Patrice, à Prase en Bitbynie, Les actes de ee saint évoque ne donnent pas de détails sur le mar- tyre des trois saints que nous venons de nommer^ Leur fête est, comme celle de saint Patrice, célébrée par TEglise b* 28 avril. Le martyre de ces saints eut lieu dans le nr sièc|e, sous le règne de Dioctétien,
ACACE (saint), prôlre et martyr, illustra par sa mort la ville de Sébriste en Arménie, sous I*empereur Dioctétien, Il eut pour com- pagnons de son martyre le saint prêtre Hi- rénarque et sept femmes cbrc tien nés. L'Eglise célèbre leur ftHe le vingt-sept de novembre.
ACACE (saint) , martyr , babitait Milet quand l'empereur Licinius, violant les enga- gements qu'il avait pris, se déclarant l'en- nemi de ce qu*il avait protégé, se mit h per- sécuter violemment les chrétiens. Saint Acace fut arrêté, souffrit divers tourments, fut jeté par les persécuteurs dar^s une four- naise où la Providence le conserva miracu- leusement, et enlin eut la télé trancbée. Sa fête a lieu le 28 juillet.
ACACIUS (saint), martyr. Ton des quarante martyrs de Sébaste, sousLicinius. Voy. Mar- tyrs DE SÉBASTE.
ACATHE (saint), centurion à Byxance, SOUS le rè^ne de 0ioclétien et de Maximien, fut accusé par le tribun Eirmus défaire pro- fession du christianisme. Le juge BUiien lui iil soulTrir à Cérinthe d atroces tortures, puis,
ACE
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le proconsul Flaccus le couaamna, quand on l'eut ramené à Bysance, h perdre la tète. On dit que son corps ïut porté miraculeusement sur le bord do la mer*^ Squillace, où il est conservé, dit le martyrolOj^e romain, avec honneur. L^Eglise célèbre sa fête le 8 du mois de mai*
ACCLTRSE (saint), martyr, était religieux de Tordre de Saint-François* Il eut la gloire de mourir pour la foi h Maroc en Afrique* Il eut des compagnons de martyre, ce lurent les saints Pierre, BiTàrd, Ajut et Othon. L*é-
Eocjue où eut lieu leur martyre est inconnue. ,*E.-;lïse fait leur fiHe le 16 janvier, AGEPSIMAS (saint), martyr, mourut en Perse pour la foi chrétienne, en Tan de Jésus- Christ 3H0, sous le roi Sapor, surnommé Longue-Vie, prince qui ravagea l'Eglise du- rant quarante années. Saint Maruthas, qui finit son histoire de la persécution de Sapor par celle du martyre de saint Acepsiraas et de ses compagnons, dit avoir recueilli tout ce qu'il raconte, de la bouche de témoins oculaires. Durant trois années, Acepsiraas, évi^que, Joseph, prêtre, Aithilahas, diacre, soutfrirent d'incroyables tourments* Us de- meurèrent dans une alfreuse prison, furent plusieurs fois appliqués à la question, cruel- lera 'Ut torturés, sans cesse menacés de la mort. Ce fut dans la trente-septième année^ de la persécution du roi Sapor, qu'un nouvel édit parutr enjoignant auï magistrats, aux gouverneurs de provinces, de sévir avec une nouvelle rigueur contre les chrétiens, non qu'ils eussent commis de nouveaux crimes, * mais, disait Téilit, parce qu'ils détruisaient la doctrine anciennement reçue dans le royaume, parce qu'ils enseignai*ent au\ f>eu- ples le culte d*un seul Dieu, condauinaient celui du soleil, détournaient du mariage » défendaient d'eidrer dans les armées du prince, et de faire du mal ?k qui que ce fûts parce quUls [jermettaient de tuer toutes sortes d animaux, de donner la sépulture aux morts, et disaient tjue c'était Dieu, et non le diable, ijui était te créateur des ser- pents et des scorpions, n Certes dans ces dîtïérentes allégations il y avait, lescljréliens s^en ibnt gloire, intiniment île vérité. Mais il s'agît de bien comprendre certaines d'entre elles; celle, par exemple, où il est question du mariage. Les Perses se faisaient ou alfec- talent de se faire une fausse idée de la doc- trine dos chrétiens sur ce poini. Non, les chréîiens n*attaquaient pas le mariage comme mauvais en soi ; seulement, ils prét< ndaient que la virginité était un état medleur et plus parfdil* Dès que cet éditent été publié, on arrtUa l'évi^que d'Honite en Aî»syrie. 11 se nonjuiait Acepsimas. Il avait quatre-vingts ans. Son g and âge ne put le met re è labri des mauvais iraitemenls des persécut«*urs. On le mena enchaîné jusqu'à Arbelles, où se tenait le gouverneur de la province. — Eh quoi! loi dit, en le voyant, ce magistrat, lu nies la divinité du soleil que tout TOrient proîrfanje ! Vraiment, je ny |>ni5 croire, — .icepsimas lui répondu que lui, de son côté, ne savait comment croiie que des bommo^
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[taisonnables -pussent préférer )a créature à [son auteur, et qu'il ne ilétrirait poiut sa J vieillesse par une semblable et si criminelle l^émence. — AussilAl qu'il eut fini de parler, ge gouverneur loi fit garrolter les deux pieds lavec de grosses cordes^ et l*ayant fait cou- [cher sur la terre, ordonna qu'on le frappât il cruel leraent, que bientôt son corps tout [entier n'offrit plus que Taspect cf une plaie îi^^nante. Au sortir de cet supplice atroce, fut jeté en prison,
A cette époque aussi on arrêta un nommé losepb» prêtre de Béth-Catuba, ainsi qo'Aithi- ^has, diacre de Téglisede Befh-Nuhadra. Ce iiacre était un homme aussi éminent par sa tsamletô que par son profond savoir. Tous fdeui furent amenés devant le gouverneur, rt[ui, s'adressanl à Josepb, lui demanda s*il [adorait le sole îL —Comment 1 dit Joseph^ |1rous croiriez que j*adore le soleil, moi qui Il enseigné aux autres à le considérer )mme une créature inanimée, et qui n'a ien de divin ! Non, vous ne connaissez pas les chrétiens. — Le gouverneur le condamna lu même supplice que le saint évêque. Jo- se[>b, couché parterre, fut frappé successive- ment par dix itourreaox,(pii se fatiguèrent h cette cruelle lâche. Il était tcUemeni déchiré
3ue les assistants pensaient qull allait ren- re rârae. Mais lui, les jeux levés au ciel, et ranimant ses forces, "dit à haute voix : ^ Oh l je vous rends grâces. Seigneur Jrsus, Fils de Dieu, car vous avez daigné me laver dans mon sang , comme dans un second baptêmet pour me puriOer do mes péchés. » Les bourreaux, entendant cette prière, le tourinenlèreni avec une nouvelle rage. En- suite ils le mirent, chargé de chaîne j, dans la même prison qu*Acepsimas.
Après cela, ce fut le tour d'Ailhilahas. Quai.d il fut devant le trihunal : « En quel- ques mots, lui dit le gouverneur, adore le soleil, qui est un dieu, mange du sang, mords-loi , je te laisserai vivre. — J'aime mieux mourir, pour vivie dans Féternilé, dit le saint, que de vivre aux conditions que vous m'otfrez, pour ensuite ôtre condamné à une mort qui n*auraitjamais de lin. —Qu'on lui lie les mains sur les genoux, dit le ^^ouver- fif ur ; qu'on lo mette suus une poutre, et que douze hoaimcs foulent sur les extrémi- tés» » Après cet atroce sup[ilice , le saint sut à enuurer une fustigation eicessivemenl 'barbare ; ses os étaient disloqués, sa chair ^mbait en lambeaux, quand on cessa do le lourineuter. Il était dans un tel état de fai- tile^-se, qu'il ne pouvait plus faire usage de tes membres. On fut contraint de le porter laus la prison. Dès le lendemain les saints lartyrs furent ramenés au tribunal. Les lenices les plus atroces leur furent laites, [sans pouvoir en rien ébranler leur cons- tance. Ils furent couchés à terre, et on leur lia le corps et les membres avec des cordes tellement serrées, qu'on entendait ciaqiter 'îurs os. Durant celte ctlroyable torture, hjs )Uiciers royaux les pressaient d'obéir Emx lits du miinfirque. Les saints no taisaient l'une réponse : «Mous plaçons eu Diau
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toute notre confiance; nous ne voulons pas obéir. B Les persécuteurs, au comble de la fureur, leur refusèrent la mort pour les vain- cre par la souffrance prolongée. Trois ans ils demeurèrent en prison, privés de tout secours et sans cesse tourmentés de la fa- çon la plus cruelle par leurs impitovables bourreaux. Cependant le roi arriva dans la Médie. Adarsapor, le premier des gouver- neurs des provinces d'Orient, raccompa- gnait. Les martvrs, tirés de prison, furent amenés devant lui. Ils étaient méconnaissa- bles. Les païens euï-mèmes ne pouvaient s'empôcher de les prendre en pitié* Adarsa- por siégeait entouré de beaucoup de satra- pes et de gouverneurs. «Professez-vous la religion du Christ? leur dit-il.— Oui, répon- dirent les martyrs, et nous n'adorons qu*un Dieu, qui a créé Funivers et ciui en est le maître. — Obéissez au prince, oit le juge. —Votre espérance demeurera vaine, dit Acep- simas ; nous n abjurerons pas notre foi. Condamnez-nous à n'importe quels stippli- ces ; cessez do nous faire languir. Jamais nous ne nous laisserons intimider par vos menaces. Nous avons appris à ne pas redou- ter la mort. — G*est le propre des criminels de la souhaiter, reprit le juge; ils sont par là déUvrés des peines qu'ils méritent. Vous vivrez, mais je vous rendrai la vie aussi insupportable qu'une mort continuelle. Je veux que vous serviez d'exemple à tous ceux de votre secte. — A quoi servent vos menaces? reprirent les saints, le Dieu en qui nous mettons notre confiance saura nous donner de la force et du courage. » —Adarsapor, furieux, proféra contre les saints les plus cruelles menaces. « Votre sang, leur dit-il , va souiller vos cheveux blancs; je vais détruire vos cor[is, les réduire en pous- sière et les jeter au vent/— Faites, dit Acep- simas, nos corps vous appartiennent ; quant à nos âmes, elles sont a Dieu, et vous n y pouvez rien. Vous comblerez nos désirs les plus ardents, en exécutant vos menaces. » Adarsapor, cédajil à sa rage, commanda que trente hommes, tirant en sens divers avec des cordes les membres du saint vieillard, essayassent de Técarieler. Pendant ce temps- là, deux licteurs le frappaient encore avec des courroies. Ce fut au milieu de ce sup- jîlice atroce qu'Acepsimas rendit ïàme. Des gardes furent mis aupiès de son corps ; mais au bout de trois jours, malgré leur sur- veillance, les clirétiens remportèrent. Il fut enterré par Tordre et les soins d'une lillo du roi d'Arménie, alors en otage chez les Perses. Le mémo supplice fut intligé à Joseph et à Aithilahas ; mais ils n*y perdirent pas la vje, étant plus forts et f^lus jeunes. Le dernier disait au juge : « Vos tortures sont trop douces ; vous pouvez les augmenter tant qu il vous i-laira.— Quoi l s'écna le ju^e, ces hommes vont à la mort comme d autres iraient à un lestinl —N'en soyez pas surpris, lui répondirent lus assislauts, ceci est une conséquence de leurs croyances qui leur pro- mettent une autre vie dans un monde que les yeux ne saundent pas \oir. v Alors il tm
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Et déchirer fivec la plus révoltante cruauté» onlonnan! que, s'ils sumv;ueia, iL*; fussent conduits ûn\\$ le tr pays pour y subir le der- nier su;iplii'r. I>ieii les gnni^tt h ùi' nouvd« les gloires, ^h survécureul. On les Inuisporla donc sur des b<$tes de somme à Arbolles. Durflnl le chemin ils endurèrent un r^iiiinueil supplirr^, occasionné tant par tesdouiours que leur crmsaii^ul leors blessures quti par la barbarie di^ leurs ganii's, qui se faisaient un jeu r.nicl d(* les bmrmenlcr. A leur atri- Yée, iîizdnndocte, dame de la ville» obtint, en donnant une grande somme au gouvtfr- nettr, de garder quelque Umi[)S les deux saints dans sa maison. Elle leur prodigua tous les soins do la plus ardente charité* Vieil les fit retomber en bénédictions sur son ôrae, en rattachant de plus en plus h son amour. Au bout de quelque temps les deux martyrs forent enlevés de ce pieux asile. On les înit en ]>nson. Ils y restèrent sii mois, entièrement privés dos soins les plus strie- lemeui nécessaires h leur position. Au boni de ce leiufïs arriva un nouveau gouverneur, qui surpassait beain-oun en cruauté le pre- mier. Il éliiit porteur a'nti édit du roi, fiar lequel il était ordonné que tous les chré- t:i*ns qui refuseraient de sacrifif^r et d*adorer le soleil fussent lapidés par des gens de leur propre religion. L(*s rln^-tieu^, énouvan- tés û une telle aboniinaliofi, f»rifent la fuite, et se rérugiènvnl dans les déserts, dans b'S Toréls, ûiius les montagnes, partout entin où il n'y avait d'nulre dan^«*r que de mourir de mi5ére ou d'être la proie des biHes féroces , mais où du niorns aucun monstre ne se trouverait qui leur ordonnât d'être eux- môraes les bourreaux de leurs frères. On mit des soldats à leur poursuite. Beaucoup furent arrêtés.
Les deux frères en Jésus-Chnstj mie déjli les souffrances avaient ceints de la glorieuse couronne du marlyn% furent amenés devant le gouverneur. Joseph fut attaché par les gnts orteils et suS|f»nidu la tète e^Ti bas. Dims K'i'lU: jx^sitiou, il fui liorribleiiiout fouetté durant deux lieun^. Il parlait durant ce temps-là de la résiuïXH'li*»?», «* Ouoi ! lui dit le juge, quand tu seras n lu me pu-
niras?— Ntu»,dit Joseph; ni j appiis la
ilrjuf'eur et le pardon des injures. Nous reo- dori.s le l>ien î»our le mal. — Comtueit, lu me feras du bien po«r le mal ipie h* le fais /♦nîMt'r.riuii. Il iiy aura alors fHusde faveur . plus de >;rèiTe à ubtenir, — Je [Kri»*rai n Oieu de vrni» amener h b connais- son nom, taudis que vous ôtes on- I wi ,' M,iiiS cette vie. — Tu penseras, dit le juge, à tout cela dons le mondn où je vaî*^ l*ori- voyer, mais dans c^lui-ci obéis au roi. — La mort d'jnt vous me mçnacez, dit Joseph, ne nr«'|'OnviuUe pas, elle est Totijel de m#^s plus iudi n s désirs. » L*iîiterrogatoire d'Aithïla- has tisiwM montré en lui 1*_'S mêmes setiii- menls', il fut condamné a*! mén»e suppUec que Joseph. Le juge I ^lier, pertsant
qiif r»'iernj<h iVwn ii, qni veoait
r^it h rni faire 1 - tuéme religion
?|ue ce misérable, dit le saint diacre j je ne erai pas la mùiue chnse que lui. » Alors It juge ordoitia qu'on le tlngcllât ue nouveau. On le ht avec une si révoltante cruauté qu'il eut bienl/ït toute sa chair en lambeaux. 11 perdit connaissa^ic^n Alors on le jel*t dans uq coin, comme une chose inanimée. Un mage
2ui le vit en eut pitié, et s'approcha ni il ta son manteau pour en couvrir le saint martyr. Le gouverneur, Tayanl su, fit donner aïi ïuage chanlable deux cents coups de bû- ton. Ce mage aussi, lui, perdit eonnaissanre.
Cinq jours après ces événements^ Tam- sapor arriva dans les environs d'Aï bulles, au chclteau de Ueih-Thabala. Le gouverneur lui envoya les deux saints. Promesses, me- naces, toutles trouva inébranliibles. « Avalez au nioinsdujusde ces raisins, leurdit-«»n, pour laisser croire au peuple que vous avez obéi* —Loin de nous un tel crime, répondirent- ils. La dissimulation est incompatibicavec no- tre foi, qui ne veut pas que nous produisions le swindaîe par rap[iarencemftmedu crime<» Après qoehfues instants de délibéraiion, le gouverneur et Thamsapor condamnèrent les deux saints à la peine que portail le der- nier éditt à être lapidés par oes chrétiens. Ce fut h Arbelles que Joseph fut exécuté. On avait assemblé cinq cents chrétiens pour son supplice. Au nombre d'entre eux était Jazduiîdocle. On voulut qu'elle piquât seu- lement le saint ave»- une plume, ahn q j'elle parût avoir obéi aux ordres du roi. Elle re- fusa avec tant de générosité, que les païens eux-môines furent en admiration devant elle. Tous n*iniitèrent pas son généreux courage; il y eut des chrétiens assez lAches pour lapi- der le saint. On lavait préalablement enterré, de maîiière que la tète seule fût au-dessus du soL Bes gardes furent mis au]>rès de ses restes ;Vmais, à la faveur d'une tempête for- midable qui arriva dans la nuit du troisième jour, les chn»4ieiis^ les enhivr cent, et leur Vendirent les honneurs dont ils étaient di- gnes. Saint Aithilahas fut mis à mort de la même façon k Beth-Nuliadra. Ainsi, ces deux glorieux combattants, après avoir si long- temps soultert ensemljle, turent séparés au dernier moment. Dieu les réunit au ciel. L'Ej^lise romaine vénère la mémoire de ces trois saints martyrs, le U du mois de mai-s. (Stephi^u Assemani, trad, de rauteur,}
ACttE (saint) souffrit le martyre^ Amiens, en 290, avec saint Acheul, sous le règne des empereurs D<odétiûn et Alaximicn. On ne mii r*en de positif ni sur leur vie, ni sur les circonstances Ue leur martyre. L*Egli$e célèbre leur fête le 1" du mois dv mai. A AmifiDs» oonefâil^ malgré uela, leur fête que le ^ du m^mo muï&
ACtlKUL i&àm). Vo|/. k jprécédent.
ACMILLÉr l'un des serviteurs de
sainte Uomji le), la mère et non lias
l'épouse du cuii^ul Ciément, martyr, fut déca- pité à Torracine avec saint Néfic\ jjor ordre de Domilien. L'Eglise fait sa fête le Î2 tuai.
ACUILli^E (samti» diacre et mnrl>r, eut ta gloire de donner sa vie i)0ur J éj»as-Gbrist, à V alence en Dauphiné. Il eut peur mmp9?
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gnons de son martyre le prôtre Félix et le tuacre iPorttinat. Ces saints martyrs ayant été envoyés parsaîirt Irénée, évoque, pour prê- ter la parole de Dieu, et ayant converti à la foi de Jésus-Christ la plus grande par- tie de la ville, furent mis en prison par le 'général Comète. Ensuite ils subirent une longue flagellation, eurent les jambes bri- *téesy ittttnat attachés h des roues qu'on fai- 'jMQt tourner avec beaucoup de vitesse, sus- iMSidiis sur le chevalet au milieu d'une «paisse ftimée, enfin mi6 à mort par le glaive. l/Eîàîie faiit collectivement leur fête le 23
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j^GfllLLÊE (saint), mal*ty^, honbré par TE- %Use le 1" mai. Sans autre indication.
ACHOD, prince arménien, de la femille 'Camsaragauk, fut Tun de ceux qui souffri- rent volontairement la captivité pour Jésus- 'Christ, sous le règne d'Hazguera, deuxième 4u nom, roi de Perse, et qui ne furent remis en liberté et Tenvovés en leur pays que huit uns après la mort ae ce prince, sous le règne de son fils Bérose. (Pour plus de détails, voytz
PaIHCSS ARMjfeNIENS.)
ACISCLB (saint), martyr, habitait Cor- doue, avec sa sœur Victoire, sous le règne de Dioctétien. Le président Dion les fit pren- dre tous les deux et cruellement tourmenter. Ils Teçurent la couronne du martyre ensem- ble, *et «ont honorts par TEglise le 17 du ifiaoîs de novembre.
ACOSTA (Simon b*), Portugais, de la com- pagnie de Jésus, faisait partie do la troupe ae missionnaires que le P. Azevedo était ^enu recruter à Rome pour le Brésil. Voy. -AzevBDo. 'Leur navire fut pris le 15 juillet »71, [Hir des corsaires calvinistes, qui les massacrèrent ou les jetèrent dans les flots. Notre bienheureux, dont Textérieur et les manières annonçaient une naissance distin- • guée. fut amené devant Sourie, le chef cal- viniste. Moyennant une rançon et une sim- ple dénégation il eût sauvé sa vie, mais il aima miteux dire la vérité, fut étranglé et
I'eté par-dessus le bord. Il n'avait que dix- mit ans. (Du Jarrie, Histoire des choses plus mémorables^ etc. ; t. Il, p. 278. — Tanner, ^cietas Jesu usque ad sanguinis et vitœ pro- fHsion^m militans, p. 166 et 170.)
ACQUIGNY, village situé aux environs -d'Evreux, célèbre par le martyre de saint Ifaxime et de saint Venerand, qui y eurent k tête coupée par les idolâtres. Ces deux craints avaient d'abord prêché en Lombardie. Voyant leurs efforts infructueux, ils pas- sèrent les Alpes, et Auxerre, Sens et Paris forent su<H;essivement témoins de leurs pré- dications, ils continuaient leur marche, se •dirigeant sur Bvreux, lorsqu'arrivés auprès d*Acquigtiy, une troupe d'idolâtres s'em pa- vèrent d'eux et leur coupèrent la tête ainsi ^'à trente-huit soldats qu'ils avaient con- vertis.
ACTES DES MARTYRS. On nomme ainsi les récits écrits des soulfrances, des combats des confesseurs et des martyrs. Ces Actes iant de tout temps été regardés par TEglise ^mme éminemment dignes de sa vénéra-
tion. Ils viennent au premi^ rang qwrès les saintes Ecritures. Quoi de plus précieux pour elle, en effet, que l'histoire exacte, au- thentique, des saints qui ont souffert, qui sorït morts pour la défense, pour la conlir- matioQ des vérités contenues dans les saintes Ecritures?
Quand Jésus-Christ donna pour mission à ses apôtres, à ses disciples, d aller prêcher les nations, il leur annonça qu'ils seraient persécutés ; mais il leur promit en môme temps que quand ils paraîtraient devant les ijuges de ce monde, le Sairil-Esprit parlerait par leur bouche, et dicterait les réponses qu'ils animaient à faire. Quoi donc de plus saint, de plus vénérable que les interroga- toires de ces héros qui mouraient pour la foi chrétienne? Il y a, dans les Actes, des pas- sages qui évidemment sont inspirés : nous en avons pour garant la promesse de Jésus- Christ lui-même. Il importe aux lecteurs de savoir comment ces Actes ont été recueillis dans les différents siècles, de savoir en un mot teur histoire précise! Le P. Ruinart, bénédictin de Saint-Maur, a traité ce suget avec uqe telle supériorité, que nous serions vraiment coupable en subjâtituarit notre récit au sien.
Divers moyens dont les chrétiens se sont ser- vis pour recueillir et conserver les Actes des martyrs.
Le premier moven, et un des plus ordi- naires dont les cnrétiens se servaient pour avoir la communication de ces Actes, était de gagner à force d'argent les commis du greffe où les registres publics étaient gardés, ei d'en tirer des copies. Secondement, lors- que les juges faisaient tourmenter quelque' clirélien qui avait été dénoncé eu qui s'était présenté dé lui-même , plusieurs fidèles qui n'étaient pas reconnus pour tels se mêlaient parmi les païens, et recueillaient soigneuse- ment les demandes et les réponses, et les autres circonstances de ces sortes de procès criminels. Puis, de ces différentes pièces réunies en un corps, ils en composaient un discours suivi, en forme de relation, qu'on portait à l'évoque ou à celui que l'évêque nommait pour en faire l'examen : l'approba- tion donnée, ce discours était distribué aux fidèles, qui en faisaient leur lecture ordi- naire. Ce fut par l'un de ces moyens que les Actes qui contenaient la première confession de saint Cyprien (Cvor., ep. 77) tombèrent entre les mains de Nemésien et des autres confesseurs d'Afrique qui avaient été con- damnés aux mines, et que ces généreux sol- dats de Jésus-Christ les reçurent comme des armes que le ciel leur envoyait pour les mettre à couvert des tra^its de la persécution et de la fureur des tyrans. Et que l'on no s'imagine pas qu'il n'y eût que les personnes considérables par leur naissance ou par leur dignité dont on prit soin de recueillir les Actes : la vénération que les chrétiens avaient pour les martyrs était telle, que, çuivant le témoignage du diacre (Ponce) qui a écrit Ja "Vie de damt Cyprien, ce même honneur était
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accordé aux personnes du peuple, et même aux catéchumènes.
•Ces précieui restes de l'antiquité se sont encore couierrés par la plume des martyrs même qui écriTaient leur histoire. Sainte Félicité nous a laissé la sienne; Sature, Fia- rien et quelques autres ont fait un récit de leur martyre; saint Ignace, dans celte lettre digne d*un apôtre, qu*il écrivit aux chrétiens de Rome un peu avant sa mort, leur apprend la manière dure et cruelle dont il était traité par une troupe de soldats insolents qui le conduisaient. Nous devons à saint Denys d' Alexandrie ce que nous savons des mar- tyrs de cette ville, et nous rapprenons d*une relation de leur mort, que ce savant homme envoya à Fabius , évoque d'Antioche. Et le même saint Denys, écrivant conire Germain, ne fait point de nifiiciiUé d^insérer dans sa lettre ce qui s'était nas^^é è son égard lors-
2u'il confessa Jésus-(:hirst. Nous avons en- n, dans les lettres de s int Cyprien, plu- sieurs circonstances de Thistoire des mar-
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1)rOTince qui défendirent qu'on gardât panni es actes publics les interrogatoires des mar* tyrs , de peur que ces pièces juridiques , où la constance des accuses triomphait de Tinr juste cruauté des juges, n'éternisassent lit victoire de ceui-là et la honteuse défaite de ceux-ci. C'est la pensée d'un ancien auteur
Îui a écrit le martyre de saint Vincent, que acien , gouverneur d'Espagne , fit mourir. Un autre historien {In pa$$, S. Anast. fMo^ nis Salonitani) s'exprime de la même sorte au sujet des gouverneurs de quelques pro- l vinces d'Italie. Mais le désordre fut si grand ^ et l'injustice si criante durant la dernière persécution, qu'on ne sauvait pas même les apparences dans la condamnation des chré- tiens : on les tuait par troupes, sans observer la moindre formalité, et on se jetait sur eux comme sur des ennemis déclarés de l'Etat et de la patrie (Euseb.). C'est ce qui fait que non-seulement leurs Actes, mais leurs noms môme sont demeurés inconnus à la pos- térité.
tyrs : ce saint docteur s'en sert pour animer ryp t- j* -* t- 1.1 * ^ i
ceux qui se préparaient à soutfrir pour la foi, ^ ^^'if/, /"^ i^L'^i^^^y dam le$ c ou qui pouvaient être un jour exposés à la .. «^'^'^^ ^^* /W^^«' '^ ^^^^ ^ martyn. persécution. Souvent même les évoques, sur te point de répandre leur sang, écrivaient à leur peuple pour l'avertir de ne point se
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laisser ébranler par la vue des supplices ni par la crainte de la mort, et pour 1 encoura- ger, par leur exemple et par celui des autres martyrs, à y courir avec joie. 11 nous reste, dans Eusèbe, une belle lettre de ce carac- tère; elle est de Philéas, évêque de Thmuis. Il l'écrivit aux chrétiens de son diocèse, lors- qu'il allait au martyre, pour leur apprendre 1 état où il se trouvait, mais principalement pour les exhorter à persévérer, après sa mort, dans les sentiments de piété et de re- ligion envers Jésus-Christ qu'il avait tâché de leur inspirer durant sa vie. Enfin , les Eglises qui av.iient porté ces illustres con- fesseurs, se trouvant honorées par leur mar- tyre, en ramassaient les circonstances dans une lettre circulaire , qu'elles envoyaient aux autres Eglises, afin que leur gloire ne demeurât pas renfermée dans un seul en- droit, mais qu'elle passât avec leur nom jus- qu'aux provinces les plus éloignées. Smyrne en usa ainsi après la mort de saint Poly carpe; Lyon et Vienne firent la môme chose au martyre de saint Polhin, et plusieurs autres villes écrivirent aussi de ces lettres.
Les païens font tous leurs efforts pour les supprimer.
Il faut cependant demeurer d'accord qu'un erand nombre de ces Actes se sont perdus .dans la longue suite des temps, ou ont été supprimés par la malice des persécuteurs; car les ennemis du nom chrétien, s'aperce- vant que leur lecture servait beaucoup à alTerrair les fidèles dans leur religion en- treprirent une guerre ouverte contre leurs Mvres. Arnobe, avant la sanglante persécu- tion de Dioclétien, avait reproché aux païens un procédé si peu équitable (Libr. iv adv. Gtni.). Il ^ eut même des gouverneurs de
Et c'est de là aue les saints Pères ont pris occasion de se plaindre aue de tant de mar- tyrs qui sont morts pour la foi, il y en eût si peu dont les Actes fussent parvenus à la co'^naissance des fidèles, et dont on pût faire publiquement la lecture dans l'Eglise; car c'était une ancienne coutume de l'Eglise ca- tholique de lire, dans les assemblées publia ques des chrétiens, les Actes des martyrs au jour de leur fôte {Apud Lab.., t. II). Nous ap- prenons, de divers passages de saint Augus- tin, que c'était l'usage de l'Eglise d'Afrique; et du recueil des canons de cette Eglise, que cet usage fut reçu du consentement unanime et par un décret solennel des Pères {Ibid.^ t. VU). C'est ce décret que le pape Adrien cite honorablement dans la lettre qu'il écrit è Charlemagne, pour répondre aux objections que l'Eglise de France opposait aux décisions du septième concile général. Mais une cou- tume si sainte et si édifiante n'était pas moins en vigueur dans les Gaules que dans les autres parties du monde chrétien, comme on peut le voir dans un sermon de saint Césaire d'Arles {Serm. 95). Ce saint prélat s'y plaint de la délicatesse peu religieuse de quelques jeunes filles, qui s'asseyaient pour entendre la lecture qu on faisait des Actes des martyrs, et qui, dans une santé parfaite et une jeunesse vigoureuse, se servaient de la permission qu'il avait accordée aux infir- mes et aux valétudinaires de s'asseoir du- rant cette lecture. Saint Avit, évêque de Vienne, dan^ une homélie dont il ne nous reste rien qu'un fragment, dit qu'on vient de lire les Actes des martyrs de Savoie (la légion thébaine), selon l'usage prescrit par l'Eglise. On trouve des Actes de martyrs in- sérés dans nos liturgies, et le savant P. Ma- billon en a donné une au public, après l'avoir tirée d'un ancien manuscrit du monastère de LuxeuiUqui contient plusieurs de ces Actes. Ou peut^dire la même chose des Eglise^
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d'Espagne, non-seulement parce quelles se sont toujours conformées à celles des Gau- les, mais parce qu'on en a un témoignage particulier dans la préface que BrauUon , éyttque de Saragosse, a mise au devant de la Vie de saint Ernilien, qu'il a composée, dit-il, afin qu'on la pût lire à la messe qui se célé- brait au jour de sa fête. Au reste, la même coutume était observée dans les monastères, et les anciennes règh-s des moines y sont expresses. Saint Ferréol, évoque d'Uzès, en fait une ordonnance. Aurélien, évèque d'Ar- les, veut (ju'auï féïes des martyrs ron dise trois ou quatre leçons, dont la première soit de l'Evangile, et les autres des Actes dfS martyrs mêmes (Cop. 18 in Ord. Pm(.), Et saint Césaîre,son successeur, se sert des mêmes termes, dans la règle qu'il a compo- sée pour des religieuses {Aptid Bolhnd. 12 Januar.), Il semble cependant qu'Agobard, qui gouvernait l'Eglise df* Lyon au i\' siècle, n'ait pas approuvé cet usage, et (|u'il ait voulu insinuer, dans un de ses ouvrages , que 1 on ne doit recevoir dans 1 oflico ciivin que des leçons tirées de l'Ecriture sai le {in lib, deCorrect. antiphon.jA] faut aussi avouer ue l'Eglise romaine, pour obéir au décret u pape Gélase, ne permettait pas, dans les basiliques de la ville, la lecture publique des Actes des martyrs, «quoiqu'elle les reçût ailleurs. Mais cela ne doit s'entendre que de "i basilique de Latran et des Actes dont les uteurs étaient inconnus, selon que l'a re- OArcrué nilustre antiquaire de notre siècle D. Mûb* in diiquitit. de cursu Gaitic, § 1); €t Ton ne saurait douter que la Vie des :saiQts n'ait été lue à Rome, dans les assem- téesdu peuple, pour peu qu'on fas^e alten- Nion à ces paroles d'Adrien V\ dans la lettre Jqui vient d être citée (Epist. ad CaroLMagn,} : t« On ne lit point dans l'Eglise, dit ce pape» hes Vies des saints Pères dont les auteurs [sont incertains, mais seulement celles qui [portent le nom d'auteurs connus et ortlio- rdoxes. » Celte vérité se soutient par le té- kmoigDage de Jean, diacre de T Eglise romaine, [qui a écrit la Vie de saint Grégoire le Grand ïlln Prœfat, ad Joan. VJil), Et ce qui avait [donné lieu è une nrécaution si sage était la ^mauvaise foi et l'insolente malignité des f hérétiques, qui avaient fabriqué les Actos do [quelques martyrs, et les avaient remplis de f fables absurdes et de faits ridicules et mons- llrueui. Au reste, les principales actions des martyrs étaient insérées rmrmi les prières de la messe, comme il est facile de le montrer ^p«r les plus anciennes lilurgies des l'.glises ^de France, car la liturgie Mosarabique et par ► celle de saint Grégoire même. Car ce que nous appelons maintenant préface, et ce qu'on nommait alors le témoignage, n'était autre chose qu'un narré et une eiposilion succincte des foils les plus glorieui du martyr en l'honneur de qui ron célébrait la messe* I Cesi de cette sorte de préface historique qu'on doit entendre le passage d'Hilduin, au*on lit dans une lettre de cet abbé de dainl'Benis à l'empereur Louis le Débon- naire {Èp, Hild. prœf^ artopagiUc,)^ et qui
DtCTIOf<7(. DES PERSÉCUTIOffS. 1.
est conçu en ces termes : «f Les anciens missels dont on se servait en France, avanl qu'on j eût reçu celui de Rome, faisaient mémoire des martyrs au milieu de la véïù- bration des saints mystères, et marquaie it en abrégé les tourments qu'ils avaient souf- ferts. » Mais comme dans ces préfiices, et mt^me dans les véritables Actes aes martyrs, les choses étaient souvent rapportées aanî> un style ou trop élevé, ou trop peu clair, ou avec moins d'ordre qu'il n'eilt été nécessaire [ïour en rendre au peuple l'intelligence fa- cile, les évéques avaient coutume, au jour que TEgiise consacrait h. leur mémoire, do les exposer d'une manière fannlière, accom- modant leur discours h la portée de leur au- ditoire : de là sont venut'S ces homélies à l'honneur des martyrs, qu'on trouve à cha- que pas dans les Pères.
Les chrétiens en fnhaimt leur heîure w~ dinaire.
Ce n*élait pas seulement dans les assem- blées publiques et dans les é^^lises qu'on li- sait les Actes des martyrs ; mais chaque fidèle en particulier, e»^ faisait da ^s son lo/is sa lecture la plus ordinaire* Saint Nil, diseiplo de saint Chrysostome, recommand*.^ f irt celle lecture h soi propre disciple (Lib. \\\ rp i; Jnstit, divin. Lifter, c. 3'2j ; Cassiodore la juge très-ulile aux moines; et Guillaume, abbé de Saint-Thierry, écrivant aux Frères du Monl-Dieu, croit qu'il est *^ pronos d^ repré- senter souvent aux novices quels ont été les martyrs, et leur remettre à tous moments devant les yeu3t leurs actions el leurs souf- franceSt rien n'étant plus propre h exciter en eux Famoiir de Dieu, et t^ les porter au mé- pris d eux-mèiues. On a vu des saints avoir pour ces sacrés monuments un respect si profond el une attache si religieuse , qu'ils les portaient sur eux, ne (»ouvant sïni sépa- rer môme dans leurs voyages. L'auteur de la Vie de saint Siran ra^sporte que ce saint, dans le voyage qu'il lit à Kome, av^iit tou- jours entre les mai'is ks livres de l'Ecriluru et les Actes des martyrs ( S.tc. ii Bcurdiet,^ p. W7). Et une lettre qu'on trouve parmi celles de saint Boniface nons apprend que ce saint archevêque de Mayence avait îe méuae eraprrssèment pour cette lecture : car la personne qui lui écrit cette lettre s exruse de ne lui avoir pas envoyé THist âio des martyrs , qu'il lui avait demandée , sur ce qu'elle n'avait pu encore la recouvrer ; mais que, si Dieu lui conservait la vie, elle la lui enverrait au plus tôt {Buggw fp., inter Bonif. 35). Et l'on ne doit point douter que saint Boniface n'ait pris dans cette lecture le goût du martyre et les dispositions nécessaires pour le ^^soulFrir comme il faut. Mais rien n'est plus éditiant que ce qu'on raconte, sm* ce sujet, de saint Armstase, religieux persan et martyr; car on dit de lui qui! arrosait do ses larmes les livres où les combats des martyrs el leurs trofihées étaient décrits. Il deniandait sans cesse de jnouvoir, coramo eux , mourir pour Jésus-lihrisl , el il no croyait pas qu il y eût pour lui dans la \ir
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quelque outre chose qui fût plus digne de toute son applicarioû fjOB ccUe Icct.ire (/a fius À€t. a Synoû* approbaL}^ Ce fut cette aévolioij atffcliieiise des ûJèles euvors les mîirtjTS qui mit d.iïjs les éi^Iises l»is images ?t les peintures, aOn^diseril les sâiiils Pères^ jup vent oui étaient privés de la connais- s.mce des lettres ne le fussent pas du se- cùurs de tant de beaux exemplrs. QaA elTet ne firent-ils pas» par ces exemples admira- bles, sur le cœur de sainte Thurèso (Chap. 1 desaVie)] Mais, saos parler du tous les ptl'els surprenants qu*ils ont produiis dans TAme d'une infuiité de personnes, nous nous cou- lenterons de rapporter quels ont Lii'% pour ces çraods hommes, les sentiments de Josu|*h Scaliger, qu'on u^accusera pas sans dtmte «le donner dans une dévotion de fenmie. Ce sa- vaflt critique