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BULLETIN
DE LA
SOCliTÉ ÀIICHÉOLOGIQUE 1)0 FIKISTÈIIE
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BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE
DU FINISTÈRE
1894
QUIMPER
IMPRIMERIE CH. COTONNEC, PLACE SAINT-CORENTIN, 54.
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BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DU FINISTÎE
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LISTE GÉNÉRALE
D£3
MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE
DU FINISTÈRE (Janvier 1894).
Présidents i MS^l'Evêque de Quimper etde Léon. d'honneur. \ ^- ^^ Préfet du Finistère.
' M. le Sénateur Maire de Quimper, f.'r(fsiden(:M.i6V"HERSARTDBL\VILLEMARQUÉ, membre de l'Institut {M. F.).
' M. LUZEL, archiviste départ. \ Baron HALNADuFRETAY,auVieux- PrésiSnta { Châtel, par Châteaulin.
I L'abbé PEYRON, chancelier-archi- l viste de l'Évêché {M. F.).
Vice-Préaîdent honorRtre: M. TRÉVÉDY, ancien Président du Tribunal civil de Quimper.
M. le Vte DE BLOIS, Avmard, an- cien Conseiller de Préfecture. I M. SERRET, à Quimper. Secrétaires. { M- LE BRAZ,> professeur au Lycée de Quimper. M. l'abbé ABGRALL , chanoine honoraire. Bibliothécaire-archiviste : M. LUZEL.
— auxiliaire: M. SALAUN.
Trésorier: M. LE MAIGRE, directeur do la Société Le Finistère, 15, rue Royale, à Quimper,
[. F. slgniBe membre fondateur.
n,g,t,7rJM,GOOglC
MM.
AFFICHARD, propriétaire à Quimper (M. F.).
Baron D'AMPHERNET, propriétaire à Versailles.
L'abbé ARHAN, vicaire à Lanmeur.
ASHER, lib", Unter den Unden, J3, Berlin (Prusse).
M. ASTOR, sénateur, maire do Quiinper {M. P'.).
AVRIL, Gustave, 2, quai de l'Odet, à Quimper.
LE BAIL, avocat k Quimper.
BARBE, notaire honoraire à Moëlan.
BEAU, directeur du Musée de Quimper, membre du Conseil municipal.
BIGOT, architecte diocésain honoraire (M. F.),
BIGOT, architecte du département (M. F.).
M"' la Vicomtes.se DE BLOIS, à Quimper.
DE BLOIS, Xavier, à Evron (Mayenne).
DU BOIS 8AINT-SÉVRIN, inspecteur des postes à Rennes.
Comte DE B0I88IER, à Chàteaulin.
BOLLORÉ, Paul, capitaine breveté, chef de service de géographie à Hanoi (Indo-Chine).
BONDUELLE, entrepreneur à Concarneau.
DE LA BORDERIE Arthur, membre de l'Institut, à Vitré.
BOURGAULT-DUCOUDRAY, professeur au Conser- vatoire do musique, 12, avenue de la Motte- Piquet, à Paris.
Le Marquis DE BREMOND D'ARS MIGRÉ, Con- seiller général du Finistère, président honoraire de la Société archéologique do Nantes, au châ- teau de la Porte-Neuve, prô.s Pont-Aven.
BREST (le Maire de la ville de).
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MM. BRiOT DE LA MALLERIE, maire de Ponhars(M.r.). DE CADENET, chef de division à la Préfecture, à
Quimper. OANET, Georges, négociant à Quimper. LE CARQUET, percepteur à Audierne. Comte DE CARNÉ, Edmond, à Quimper. DU CASSEL, au château de la Grivellière, par Lassay
{Mayenne). CAURANT, ancien député, au Faou. DE CHABRE, avocat à Quimper. L.'abbé CEVAER, recteur de Kernével. DE COETLOSQUET, Maurice, à Rambervillera
(Vosge-s). CORMIER, juge do paix à Fouesnant. CORRE, ancien docteur-médecin do la marine, 4î,
rue de la Mairie, à Brest. COTONNEC, imprimeur à Quimper. DANILO, négociant à Douarnenez. DAMEY, notaire à Douarnenoz. Le Général DARD, 24, rue de l'Université, à Paris. DARGENT, Yan, artiste peintre à Oréac"h-André, par
Saint- Pol-de-Léon , DEYROLLE, artiste-peintre à Concarneau. DREUX, inspecteur d'Académie en retraite, à Quimper. DECOMBES, président do la Société archéologique
d'IlIo-et-Vilaine, à Rennes. DU(.'0URT10U.\, direclpur des Contributions directes
à Quimper. DULAU et C'", 37, Soho-Squaro, Londres. L'abbé EUiiENOT, recteur de Cléguérec (Morbihan).
n,g,t,7rJM,GOOglC
MM. L'abbé FAVÉ, vicaire d Ergué-Gabéric. Le docteur LE FÈVRE, à Morlaix. L'abbé F'LOC'H, recteur de Goulion. GAIDOZ, directeur à l'Ecole dea Hautes-Études, ?2,
rue Servandoni, Paris. GANTIEll, négociant à Douarnenez. GAVERAND, juge de paix à Pont-I'Abbé. LE GENDRE, ancien Conseiller do préfecture à
Quimper. LE OUAY, ancien )uge de paix, au Cluyou, en
Ergué-Gabéric. GUÉPIN, expert, propriétaire à Quimper. L'abbé GUILLARD, à Quimper (M. F.). L'abbé GUILLOTEN DE CORSON, au château de La
Noë, par Bai n-de- Bretagne (I Ile-et-Vilaine). Le docteur LE GUILLOU, 33, rue Vulbourdin, à
Toulon. LE GUILLOU DE PENANROS, juge au Tribunal
civil de Brest. LE GUILLOU DE PENANROS, Théophile, négo- ciant à Douarnenez. LE GUILLOU DE PENANROS, Paul, à l'ile Tristan,
Douarnenez. LE GUILLOU DE PENANROS, Joseph, à Penfoënnec,
en Poullan. GUITOT, négociant, membre du Conseil municipal, à
Quimper. IIALNA DU FRETA Y, Chaules, au château de Ker-
louarnec, en Ploaré. HÈMON, Louis, député du Finistère, à Paris (M. F.).
n,g,t,7rJM,GOOglC
a
MM.
DE JACQUELOT DE BOISROUVRAY, Charles, à
Quimper. M" la comtesse JÉGOU DU LAZ, au château de
Kerloguennic, en Maël-Carhaix (C.-du-N.). JENKIN JONES, pasteur l'Eglise réformée à Quimper. M. le comte DE KERANFLEC'H-KERNEZNE, au
château de Quélenneo, par Mûr (C.-du-N.). KEIïBRIAND, receveur des Douanes en retraite à
Douarnenez. M. le vicomte DE KERGRI9T, au châtean de Rohou,
en Carantec. DE KERJÉGU, Jambs, députe du Finistère, à Paria. M. levicomtti R. DE KERRET, au château de Quillien,
commune de Brasparts (M. F.]. L'abbé KERSIMON, recteur de Ptoumojçuer, par
Saint- Renan. DE LA LANDE DE CALAN, Charles, à Kerminaouot,
en Trégunc. DE LÉCLUSE, Emmanuel, à Douarnenez. DE LÉCLUSE-TRÉVOÉDAL, Amédée, industriel,
maire d'Audierne. DE LÉCLUSE-TRÉVOÉDAL, Emile, à Audierno. L'abbé LINGUINOU, recteur de Kerfeunteun. LORANS, président du Tribunal civil de Quimperlé
(M. F.). LOROIS, ancien députe, à Saint- Maurice, Carnoët. MAHÉ DE BERDOUARÉ, contrôleur des Contribu- tions directes, à Quimper, LE MAIGRE, capitaine au 105', à Riom {Puy-de-Dôme). MALEN, ancien professeur, à Quimper (M. F.).
n,g,t,7rJM,GOOglC
12
MM. MALHERBE DE LA BOISSIÈRE, à Erguo-Armel
(M. F.). L'abbé MILLOUR, ancien aumônier de la marine, à
Plonévez-i^orzay. LE MOALIGOU, docteur-médecin à Quimporlé. MOR(JRETTE, ancien chef do division à la Préfecture. MOREAU DE LIZOUEUX, Stanislas, à Quimper
(M. F.). MORLAIX (le bibliothécaire de la ville de). LE NOBLE, à Quimper.
OHEIX, Robert, à Trévé, par Loudéac (C.-du-\.;. PABAN, rédacteur en chef du journal Le Finistère. DU PERRAY, à Quimper. Docteur PILVEN, à Quimper. POCAR'r-KEHVlI_,ER, ingénieur en chef des ponts et
chaus-sées, à Siunt-Nazaire (M. F.). PORQUIER, Adolphe, néf^ociant à Quimper. DE POULPIQUET DE BRESCANVEL, (Jésaibe, au
château do Tréfry, par Quéménévon. E. PUYO, ancien maire de Morlaix. DE RAISMES, ancien sénateur, au château du Sach,
en Guilligomarch. Comte DE RRALH, au château de ïoulancoat, en
Rosnoën, par Le Kaou (M. V.). RICHARD, Amkuée, receveur de l'enregistrement en
retraite, à Chàteauneiif-du-Eaou (M. F.). RICHARD, notaire à Quimpei-lé. LE RODALLEC, juge de paix à Quimpcrié. Baron DE ROSMORDUC, au manoir de Coalromaro'h,
par Plo-stin-les-Grèves (C.-du-N.). R0U8SIN, château do Keraval, en Plomelin (M. F.).
n,g,t,7rJM,GOOglC
a
MM. L'abbé LE ROUX, Alexandre, professeur au collège
do Saint-Pol-dc-Léon. Le docteur ROUXEAU, Alfred, ancien interne des
des hôpitaux de Paris, à Nantes. ROY, receveur municipal à Quimper. RUER, archite«lo à Douarnonoz. DE LA SABLIÈRE, au château do Lanniron, près
Quimper. Comte DE SAINT-LUC, ancien député du Finistère,
au Guilguifen, en Landudec, Comte DE SAINT-SIMON, au château do Kervoazec,
en Saint-Goazec. *
Vicomte DE SAISY, Paul, ancien député du Finis- tère, à Kerampuil, en Plouguer. LE SAGE, ancien percepteur à Quimperlé. L'abbé SALAUN, chanoine à Quimper. SALZAC, percepteur à Cli.'json (Loire-Infériouro). LE SCOUR, avoué à Quimper.
SÉBILLOT, Paul, boulevard Saint-Marcel, 80, Paris. SOUDRY, avoué à Quimper (M. F.). L'abbé STÉPHAN, recteur de Guerlesquin. QUIMPER (Le Supérieur du Grand -Séminaire) DE ÏONQUÉDEC, Henri, à Morlaix. TYMEN, François, à Kerdaëc, en Pioaré. VESCO, receveur {particulier des Finances à Quimper. VILLARD, photographe à Quimper. Vicomte DE VILLIERS DU TERRAGE, inspecteur
général des Ponts et Chaussées en retraite, 30,
rue Barbet de Jouy, à Paris. DE VUILLEFROY. Georges, à Quimper.
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Eohangres ou service gratuit.
Académie des Histoires et Antiquités, à Stockholm (Suède).
Bibliothèque Nationale, Paris.
Bibliothèque de l'Institut de France.
Bibliothèque Mazarine.
Dom PLAINE , bénédictin à Silos , par Burgos (Espagne).
Société Archéologique d'Hippone (Algérie).
Société des Antiquaires de Picardie, Amiens.
Société Archéologique de Bordeaux.
Société archéologique de Nantes.
Société archéologique d'IlIe-et-Vilaine, Rennes.
Société d'tmulation des Côtes-du-Nord, St-Brieuc.
Société Archéologique des Côtes-du-Nord, St-Brieuc.
Société Polymathique du Morbihan, à Vannes.
Société Académique de Brest.
Le Journal des Savants.
Lo Directeur du musée ethnographique du Trocadéro, 28, rue Mazarine, Paris.
La Revue Celtique, rue Richelieu, 67, Paris.
Bibliothèque communale de Quimper.
Revue historique des Provinces de l'Ouest, rue d'Ar- gentré, Nantes,
Société d'Études scientifiques du Finistère, h Morlaix.
Société Académique d'Aix (Bouches-du- Rhône).
Société Historique et Archéologique de Château- Thierry (Aisne).
Société Archéologique de Bodfort.
Société Archéologique de Saintes.
Société Archéologique d'Angers.
Bévue des Traditions populaires, Paris.
Revue des Sciences naturelles, H, boulevard Saint- Oermain, Paris.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Séance du 25 Janvier 1804.
Présidence de M. le vicomte HERSART DE LA VILLEMARQUÉ membre de l'Institut.
ÉlRÏent présents : MM. le baron HALNA DU FRETAY, LUZEL, MALEN, LE MAIGRE, l'abbé FAVÉ, l'abbé ABGRALL, DUGOURTIOUX, 8ERRET, l'abbé PEYRON, LE BRAZ, JENKINS JONES.
Ouvrages déposés pour la bibliothèque :
Revue Celtique, vol. XIX, n° 4, octobre 1893,
Revue des traditions populaires, tome VIII, n° 12, décembre 1893.
'Revue des Sciences naturelles, tome III, n" 2.
Journal des savants, octobre et décembre 1893.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
L'administration de la Revue des traditions popu- laires demande l'échange avec notre bulletin. Adopté.
La Revue des Sciences naturelles de l'Ouest de- mande également l'échange. Adopté.
M. Proaper Hémon, conseiller de Préfecture, communique à ta Société une photographie de l'an- cien moulin de l'Evêché avant sa démolition. Des remerciements sont votés à M. Hémon.
On donne lecture d'une lettre très savante de dom Plaine au sujet du grattage du manuscrit de Lande- vennec.
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M. Luzel fait observer que l'inspection du manUS' crit est un fait matériel et que M. do la Borderic est dans le vrai.
Le Cartulairo redemandé et examiné de nouveau, confirme cette observation.
Présentation de M. Sataiin par MM. de la Ville- m.&rqité et Luzel. M. Salattn, qui est secrétaire des Archives départementales, est nommé bibliothécaire- adjoint de notre Société, en remplacement de M. Bonduelle, décédé.
M. de la Villemarqué donne lecture de ses Joculatores bretons (suite).
Lecture est ensuite faite d'une note de M. Jen- kins Jones, sur le Cool-Brenn,
La séance est levée à 4 heures.
I.e Président, Hersart nE r,A VILLEMAKQUË. Le Secrétaire,
A. SERRET.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Séaace du 22 Février 1804.
Pr^idenM de M. le vicomte HERSART DE LA VILLEMARQUË membre de l'Institut.
Etaient présents: MM. LUZEL, le Baron HALNA DU FRETAT, MALEN, LE MAIGRE, les abbés PEYRON, ABGRALL et FAVÊ.
Après la lecture du procès-verbal de la séance pré- cédente, M. le Président donne connaissance d'une lettre de dom Plaine témoignant de son étonnement qu'on n'ait pas publié dans le bulletin un extrait plus long de la note où il veut démontrer, contre M. do la Bordcrie, que le mot gratté et surchargé dans le cartulairo de Landévennec (P 1 46) est Clodovus (Clovis) ou (Uodoveus et non Karolus. Il faut le répéter, cette discussion est malheureusement conjecturale, car le savant bénédictin, forcément éloigné de France, n'a pu voir le cartulaire et examiner de visu le texte en question. Or, pour un fait matériel, on ne raisonne
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pas d'après deq oonvenanceB ou des probabilités, mais d'après la réalité elle-même.
Tout ce que notre éminent contradicteur a trouvé par ailleurs des rapports de Clovis avec les Bretons ne fera pas que c'est le nom de Clovis qui a été pri- mitivement écrit dans la charte xx' du cartulaire de Landévennec.
Ouvrages déposés pour la bibliothèque :
Bulletin de fa Société d'émulation des Côtes-du- Nord, 1893. Revue celtique, vol. xv, n" 1, janvier 1894. Académie d'Hippone, bulletin de 1893.
Sur l'invitation de M. Bigotfil», architecte, M. Hardy, entrepreneur des travaux de reconstruction de l'église de Saint-Mathieu de Quimper, a bien voulu faire don au musée archéologique de quatre pierres provenant des enfeux de l'ancienne église et portant des armoi- ries, et d'une cinquième qui surmontait la porte du bas-côté nord et qui contient cette inscription en lettres gothiques :
BN.LAN.1558.FUST
FAICT.CE.COSTÉ.DEGLISE
P.LONORÉ.LORS.FAB.
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Une note sera publiée plus tard sur les pierres armoriées.
Des remerciements sont votés k M. Bigot et à M. Hardy qui promettent de céder à notre musée tout ce qui serait trouvé d'intéressant dans les démolitions.
M. Porquier, adjoint au maire de Quimper et membre de notre Société, transmet à M. Luzel, direc- teur du musée départemental d'archéologie, dix-neuf pièces de monnaie en bronze aux effigies d'empe- reurs romains ayant régné de 244 à 273, que M. Daniel-Beaupré, agent-voyer à Auray, l'a prié d'offrir en son nom à la Société archéologique du Finistère. Ces pièces ont été trouvées à Kerro, près du bourg d'Erdeven (Morbihan) ; comme l'a remarqué le D' de Closmadeuc dans une communication à l'Institut (voir notre bulletin de novembre t893, p. h.); elles étaient enfermées dans un vase en bronze en forme d'aiguière, avec une anse latérale en bronze massif décorée de sujets en relief. Voici les plus remarquables de ces monnaies :
Effigie. Revers.
(Jallien. Vîrtus Augusta.
Gallien. Fortuna redux.
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Valérienjeune (frère de Oallien) Oriens Au^'-t. Postume. Consul ii.
Postumo. Victoria Âugusta.
Postume. Saeculo frugifero.
Postume. Saeculi félicitas.
Tetricus père. Pietas Augusta.
Tetricus — Laetitia Augusta.
Tetricus fils. Pîetas Âugusta.
La Société adresse ses remerciements à MM. Por- qnier et Daniel-Beaupré.
Une lettre de M. Trévêdy, vice-président honoraire, exprime le désir que notre confrère, M. Ouépin, fasse des recherches dans son jardin, sur la rive gauche de rOdet, pour y retrouver l'emplacement et les restes du tuyau de plomb qui passait par ce terrain pour con- duire Teau de la source de Pon-ar-Stung duns l'enclos des Cordeliers.
M. Luzel fait observer qu'un tronçon de ce tuyau existe dans une des-vitrines du musée.
Af. de la Borderie mande à M. le Président qu'il vient d'obtenir de M. L. Delisle la copie du calendrier liturgique de Landévennec du x* siècle, oii se trouve la note sur la destruction de l'abbaye par les Nor- mands en 914. Cent un document précieux sur lequel i! promet de revenir.
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M. le W Corre, dans une uitation et un dottuin à l'appui, montre que à Cuba l'on emploie encore les moulins à bras qui ont été décrits par M. Le Carquot comme étant en usage à l'Ile-de-Sein. (Bulletin, 11* livraison 1893).
Notre zélé confrère revient sur la question des écri- tures anciennes et des signes gravés sur les mégalithes ; na note sera publiée dans ce bulletin.
Ensuite lecture est donnée de la première partie de la Monographie de Plounévez-Portzai, par M. l'abbé Pouchous, ancien recteur de cette paroisse ; de la des- cription du Retable de Kerdévot, par M. l'abbé Abgrall ; de l'élude de M. Tabbé Favé sur un Noël breton provenant de Saint-Pabu. A propos du Hétable de Kerdévot, notre trop modeste et savant confrère M. Malen appelle l'attention sur l'art flammand en Basse-Bretagne.
La séance est levée à 4 heures.
Le Président, Hebsart dk la VILLEMAKQUÉ.
Le Secrétaire,
J.-M. ABGRALL,
Chanoine huouraire.
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EDCore à propos de récriture celtique
Par le D' A. CORRE.
La note que j'ai commuoiquée à la Société l'année der- nière, à la suite du mémoire du docteur Letourncau, a donné lieu au rappel d'un rapport jadis lu au Congrès de Nantes (1845) et reproduit dans nos bulletins (T. xx, p. lvi]. J'ai le regret de ne point partager les opinions émises par la plupart des Irés distingués savants de notre région. J'estime qu une question de préhistoire ne se doit pas juger avec les seuls arguments fournis par l'histoire, et recueillis à une époque où personne n'était en mesure même de soupçonner la valeur de certains faits.
Je suis, en ce moment, trop surchargé de travaux pour donuer à ma note le développement que j'eusse désiré. Au moins suis-je obligé de maintenir mes assertions. A mon avis, la question de l'écrilure chez nos ancêtres n'est point tranchée ; elle ne fait peut-être que commencer à être entre- vue sur son véritJible terrain, c'est-à-dire sur la base réelle- ment scientifique de la comparaison des signes rencontrés sur les mégalithes avec ceux que l'on observe en divers
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milieux ethniques, civilisés, barbares ou sauvages, de nos jours ou d'époques plus ou moins reculées. Très intéressantes à cet égard sont les notes de MM. W.-J. Jones et A. de Bloîs de la Calende [Bull, de janvier 1894, p. 5-7) : elles nous montrent, chez des Gallois, l'emploi d'un système mnémonique autrefois en usage chez les Américains, et elles aident à com prendre l'évolution de la science destinée A conserver les idées, sous la forme la plus simple.
Les Celtes (et lorsque j'écris ce mot, je n'entends pas spécifier un groupe humain déterminé dans l'ensemble dès races antiques de l'Armorique, je me laisse aller à une habi- tude courante, sans doute critiquable, mais sans inconvénient entre personnes initiées à nos origines), les Celtes, dis-je, le bloc des races dolichocéphales et brachycéphales soudées par la linguistique et qui ont peuplé les pays bretons, ont eu des signes d'écritures, et, parmi les plus récents, des carac- tères alphabéti formes empruntés (d'imitation] à des peuples de civilisation plus avancée. Le D' Letourneau a bien posé la question ; je l'ai étendue, en soulevant l'hypothèse logique de l'emploi de signes mnémoniques et figuratifs avant celui d'un alphabet. Il me semble insoutenable de denier aux signes étudiés par le savant archéologue le caractère alpha- bétiforme et je suis surpris qu'on n'ait pas attaché plus d'importance & l'inscription relevée par notre confrère, M. Le Carguet, sur une pierre de la carrière appelée Le Kan- naïk, inscription communiquée par M. de Bonnemére à la Société d'anthropologie de Paris (Voir le bulletin d'avril 1893, p. 241). Ce serait bien en effet d'une inscription rupes- tre qu'il s'agirait, régulièrement tracée, avec ses petits traits ou points indiquant la séparation des lettres, et celles-ci
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offrent les plus remarquables alTinités avec les caractères de diverses écritures très antiques ; mais attendons la photo- graphie.
J'arrête, pour le moment, mes observations à ces quelques lignes ; mais je ne perdrai pas de vue une question que je crois très digne d'être élucidée à nouveau.
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Séance du 29 Mars 1894.
Présidence de M. LUZEL, vice-président.
Etaient présents : MM, DE BLOIS, GUÉPIN, labbé FAVÉ, JOHN JENKINS, LE MAIGRE, l'abbé PEYRON, 8ERRET.
Ouvrages déposés pour la bibliothèque :
Revue historique de l'Ouest, 10' année, 1" lîv., janvier 1894.
Bulletin de la. Société archéoloriique de Nuntea, t. xxMi, année 1893, 1" semestre.
Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifiques, année 1893.
Bibliographie des travaux historiques et archéo- logiqueSy l. ir, 4' livraison.
M. Lasseau fait don au musée d'une hache en pierre de O^SO de long trouvée à Crozon sur la grève,
M. Hémon fait don de deux haches en bronze trouvées dans un champ voisin de la chapelle du Guelven, en Edern ; d'une médaille en argent frappée à l'occasion de l'inauguration du lycée de Quîmper, et d'une médaille on bronze frappée à l'occasion de la révision partielle des lois constitutionnelles (4-13 août 1884).
Des remerciements sont votés aux généreux dona- teurs.
Notre président, M. de la Villemarqué, indisposé, s'excuse de ne pouvoir assister à la séance, ainsi que M.VabbéAbgrall
rmn-n-.;Goog\c
M. Liizel exprime ses regrets de l'absence de notre Président et espère que nous aurons le plaisir de le revoir au fauteuil de la présidence, à notre prochaine réunion.
Lettre de Dom Plaine au sujet de Charles de Blois ; on la trouvera à la suite du procès- verbal .
M. Lot, bibliothécaire à la Sorbonne, demande la collection de nos bulletins pour la bibliothèque de la Sorbonne. Accordé.
Il est donné lecture du Règlement de police pour la ville de Brest, au xviii* siècle, par le docteur A. Corre, qui tout récemment vient d'être nommé biblio- thécaire de la ville de Brest.
En faisant un puits dans son jardin,M.Gti^pm a trouvé un tuyau de plomb qui devait amener l'eau au couvent des Cordeliers. Ce tuyau, par son orientation, arrive droit sur l'ancien cloître des Cordeliers ; il est à 2"40 de profondeur et devait passer par le pont de l'Evêché. L'eau venait des fontaines de Pcn-ar-Stang, et était amenée probablement dans le grand réservoir existant encore et situé au fond de la cour do la maison du Quai portant le n"
M. l'abbé Favé communique un travail sur le Béta- ble de Kerdévot, que l'on lira plus loin.
La séance est levée à 4 heures.
Le Vice-Président, LUZEL.
Le Secrétaire,
SERRET.
n,g,t,7rJM,GOOglC
LETTRE DE COM PLAINE
t
BealmonasleTiodeSanloDoiDlQgo<IeSll(»(Bun;i»), Smars 1801.
Monsieur le Vicomie,
Il ne m'appartient pas de revenir sur l'arlicle de la chas- teté du baron Charles de Blob et d'insisler, car, à la distaace où nous sommes des événements, il est impossible de prouver authentiquement un fait de ce genre. Mais en ce qui concerne la présence du même duc Charles à Tréguier, le 21 octobre 1347, la chose est différente. Je crois avoir des preuves inatta- quables, et je me reproche amèrement de ne pas les avoir mieux mises en lumière, dans une précédente lettre. C'est pourquoi je sollicite de votre bienveillance la permission de réparer cette faute.
Voici donc textuellement le témoignage auquel je faisais allusion :
Guillaume André, qui fut secrétaire particulier de Charles de Bloisde 1340 à 1364. Il est le vingt-huitième témoin, dans l'enquête de canonisation, u Dîcit et deposuil quod Carolus die « quft primo celebratum luit festum S. Yvonis et corpus « ipsius lavatum, intravil Ecclesiaro Trecorensim, genibus « etbrachiis nudis,proslratus ad terraro, etindicto siatu « descendit sex gradus existentes in introîtu porta: et sic ab « introîtu prostratus ivitcum devotium ad locum sepulturte « sancti. n Manuscrits latins de la Bibliothèque Nationale, S 381 A, folio 183.
Le témoin ajoute : « Yidit, et erat prœsens, non lamen a recordatur de anno. »
Cet aveu est une nouvelle preuve de sa bonne loi : comme tous les détails précédents annonçant un témoin oculaire.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Charles de Blois avait obtenu à cet effet la licence de ses geô- liers ; il n'eut pas besoin d'échapper & leur surveillance. Car, à ce moment, les hostilités étaient absolument suspendues, depuis !e 27 septembre, et on a dit avec vérité qu'en ce jour solennel, les partisans de Charles de Blois et ceux du comte de Montfort semblèrent avoir oublié leur rivalité pour se donner fraternellement le baiser de paix.
Il est prouvé d'ailleurs que Charles de Blois n'arriva en Angleterre que dans le mois de janvier 13^S8, et ne dut pas quitter le chAteau de Brest, où il se rendit au sortir de Tré- giiier, avant les derniers jours de décembre 1347.
L'historien anglais Kuyghta, contemporain, nous déclare en toutes lettres que le vainqueur de La Roche-Derrien, Thomas de Daggworlh; voulut se réserver l'honneur de le présenter à Edouard III : (( anno 13iS, cito post matrîmonium Johanns flli* régis cum fliio régis Hispanipe (mariage célébré en janvier i3i8), Thomas de Daggworth adduxït in Turrîm LudiniœKarolum de Blois, qui ducatum Brîtannice usurpa- varat, »
L'auteur, également contemperain, des Grandes Chroniques de France (c'est celui qui mentionne les sept gnisternes, dont le duc Charles faisait le huitième) qui était entré dans les plus grands détails sur la sanglante journée de La Roche-Derrien, ne nous dit point à la vérité que Charles de Blois se trouvait à Tréguier,le 27 octobre 1347 : mais il a consigné dans son récit le congiéàes Anglais pour roir la duchesse à Vannes, item qu'il n'arriva à Brest que vers la fin de l'année. Rien donc de plus facile à expliquer que la présence de Charles à la solen- nité du 27 octobre 1347.
François PLAINE.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Séance du 26 Ainril 1894.
Présidence de H. la baron HALNA DU FRETAV, uice-prdsident.
Étnientpréi^enls: MM. Lf.'ZEL, GUÉPtN, MALEN, DUOOURTIOUX, LE MAIGRE, les abbés PEYRON, (;feVAER, ABORALL.
M. Serret, secrétaire, Roxciute de no iiouvoir As.si»- ter à la séance.
La santé de notre Président se rétablit et nctuM avons l'etipoîr do le voir procliainement aasister k ro? fAu- nions.
Ouvrages déposés pour la bibliotbéque :
Mémoires da la Société nationale d'agriculture, ttciences et arts d'Angers, 1894.
L& Visitation à Nice et à fîennes {prcwiier moflSP- tère), XVII' siècle.
Revue des Sciences naturelles de l'Ouçst, 1893.
The chronology of the calhedr^l .Churches Qf France. New-York, 1894.
M. Guépin Ut le rapport de la OointnJ^siaa is» Gnanccs. L.o compte est approuvé et serç imprjnié avec le rapport à la suite do ce procès-verbal.
n,g,t,7rJM,GOOglC
M. Luzel communique une observation de M. lo marquis de Bremond d'Ars : l'Annuaire du Finistère est assez étendu au sujet de notre musée archéologi- que et ethnographique ; il serait à souhaiter qu'il con- tint une notice détaillée sur la bibliothèque commu- nale deQuimperet mentionnât les principaux ou\Tages qui s'y trouvent, surtout les manuscrits anciens, s'il y en a.
M. Vabbé Abgrall dépose sur le bureau trois cartons contenant une série do 2'i3 photograi)hies exécutées d'après ses clichés. Ce recueil peut s'intituler : Album archéologique du Finistère et aura sa place dans une des salles du musée départemental d'archéologie, pour être consulté par les visiteurs.
Il comprend des vues des difTérents monuments du département: églises, porches, ossuaires, clochers, fontaines, menhirs, châteaux, manoirs, autels, statues, bas-reliefs, croix, bannières, meubles anciens, etc... Les différentes planches y sont classées par ordre alphabétique de paroisses ou communes. Comme plu- sieurs des monuments et objets mobiliers portent des dates qui y sont consignées, ce sera un répertoire instructif pour les archéologues et amateurs qui s'oc- cupent de la chronologie et de la marche de l'art dans notre pays.
Cet album bo complétera au fur et à mesure des études et voyages archéologiques de l'auteur.
Dos remerciements sont votes à M, Abgrall,
D'autre part on adresse aussi des remerciements à MM. Bigot, architecte, et Hardy, entrepreneur de la nouvelle église do Saint- Mathieu, qui ont bien voulu concéder à notre musée diverses pierres armoriées dont il a été fait déjà mention, ainsi que deux fenêtres offrant les types caractéristiques des tympans flam- boyants, du XV" et du XVI" siècle ; l'une est composée de quatre haies surmontées de compartiments à souf- flets et cœurs avec rodents, l'autre est un exemplaire précieux do fenêtres fleurdelisées qu'on ne trouve guère qu'en liretagno. Toutes doux ont été dressées avec soin contre un mur do la cour du musée. C'est là aussi que sont déposées les pierres blasonnées qui proviennent d'un ou do deux tombeaux bouleversés.
Deux do ces pierres portent : mi-parti au premier des armes de l'Honoré : losange d'argent et de sable, au filet de sable, cantonné do pourpre ; au deuxième
de au demi-sautoir de cantonnéde trois étoiles
de ? Une troisième pierre porte à chaque extrémité
un petit écusson aux armes do Saint-AIouarn : d'azur au griffon d'argent. Une quatrième, provenant de la fenêtre de Saint-Yves, est armoriée aux armes de
n,g,t,7rJM,GOOglC
Vk raftrfîTé Lie baud : d'arp-ent fa la quiiitefeufUe de gueules.
Af. le hàtoh Haïnâ rfU Frehy pfend etlsuile la faVoK ël fftit Ufle Wiliserie ihtél-esSiBnte Lbocernont le iHbflVoihëïll scitïtlUfiqùè eh France et sur la séaiica du Atfewyedl 4 avril, àa Cohgrès des Sociétés savantef* h Mi Wrt*ïihe, oÛ 11 ctall ihscril qualriême pour donner (ittHitK'ltnitiehtiofi de son 6(Ude ëur les sépultures pt^- hfi*lbH(î*éé ert Ulreta^nc. Il constate avec plaisir qUe dtS SJlplBudIsSements el des sulTragos unanimes ont ap^JWuVé s'es tunclu«ionn. l.n rapport écrit qu'il a tu emutVâ ScHi annexé à ce procès- verbal.
Kott-e laborieux vice-pré.side'nt nou.s fait la promei^tie qu'il livrei-a, en leur temps, au bulletin de la Société, les mémoires lus à la Sorbonno et à l'Institut, et qui seront relus au Congrès international de Bruxelles ; il nous annonce également un travail sur les tomplus romains du Finistère et spécialement sur le beau temple de Trougouzel, en Ploaré.
M. Luzel relève quatre erreurs qui sesontglissécs, à l'ifftpi'esflion, darta la (ottre de dom Plaine, au dernier bultetfn : ^ la page XIII, ligne 6, au lieu de baron, lil* fti^hB«)«UA; ; k la page XIII, ligne 17, au lieu de /âUaftim lire levatnm ; ligne 20, au lieu de dcvotium
lii'o decolione; pas»: XIV, Ujîne 18. au lieu de l.u- diniœ lire Landinise.
C'est aussi par erreur (|ue, dans le proeès-verbal la séance de notre avant dernier bulletin, notre confrère M. le docteur Corre a été qualifié Ac Bibliothéca.ire, de la ville de Brest ; e'est Archiviste de la ville de Brest qu'il fallait dire.
La séance est levée à 4 heures.
Le Vice-Président, Baron HALNA DU FRETAY.
Le Secrétaire,
J.-M. ABllRALL,
Clianoiae liunuraire.
Le Président, organe de la Société archéologique du Finis- tère, au nom de tous ses membres, doit ajouter ses remer- ciements les plus chaleureux au procès-verbal où notre émi- nent secrétaire, M. J'abbé Abgrall, est resté trop modeste.
A cette œuvre, fruit des recherches patientes de l'archéo- logue et du savant architecte.à ces 243 grandes photographies
n,g,t,7rJM,GOOglC
déjà remises au musée, il y aura une suite, achevant de nous montrer tous les monuments remarquables et anciens de notre pays ; nos confrères y verront les documents les plus précieux pour les savants dans le présent, et les architectes de l'avenir y trouveront des inspirations.
Baron HALNA DU FRETAY.
POLR AMPLIATION :
HKRSART DE LA VILLEMARQUÉ.
n,g,t,7rJM,GOOglC
ANNEXE AU PROCÈS-VERBAL
Kajipot'l à la Société archélogiiiue du Fioislère.
La Société m'avait désigné pour la représenter du iG au 31 mars à la Sorbonne, au Congrès des Sociétés savantes à Paris.
J'ai l'honneur de lui rendre compte de ma mission.
A la séance du mercredi 23 mars, à deux heures, j'ai lu mon mémoire : Les cimetières préhistoriques, sépultures sous les roches brutes.
Les applaudissements de l'auditoire n'ont pas fait défaut et M. A. Bertrand, de l'Institut, qui présidait, y a joint ses sin- cères (élicilations.
Extrait de i'Oj^PiW;
» M. Hahia du Fretay, de la Société archéologique du Finis- « tére, lit une étude sur les Cimetières préhistoriques explorés t( par lui en Bretagne ; il décrit un grand nombre de sépul- « tures qu'il a découvertes sous des roches brutes à l'extrô- II mité du Finistère. Ce sont des incinérations qui remontent Il aux âges les plus lointains : les objets en granit taillés qu'il « a recueillis dans ces cimetières ont été classés dans le Il musée du château du Vieux-Châlel (Finistère), ji
M. Passillé, conseiller général et membre de la Société poly- mathique du Morbihan, a signalé ensuite à Bernon, près de Sarzeau, la découverte de dix-sept ce/tœ dont un en jadéite et pereé d'un trou.
Tous étaient placés, formant cercle dans une petite cavité ovalaire qu'ils remplissaient entièrement, rangés cdle à cùte la pointe en bas et le tranchant en l'air. Une table recouvrait ce tout petit dolmen et M. Passillè ajoute qu'il avait remar- qué aussi du charbon et une sorte de poussière noire.
n,g,t,7rJM,GOOglC
H M. le baron du Fretay, dit VOjficiel, tt lirt'dccescircons- (( tances les conclusions suivanles :
« Ce monument si petit est entouré d'un |ieti( galjral, et- il n'est [las une cachette, mais une sépulture, la poussière <i noire, ce sont les cendres mêlées de charbon, el le rite sans « aucun doute a été l'incinération, n
Le vendredi 30 mars suivant, j'ai lu â l'histitut (Aciulémie des Inscriptions) un autre mémoire : Le début de VAgc néoli- Ihiiiue.
Je copie l'Officiel :
» M. Haina du Frelay donne lecture d'un mémoire sur le (1 début de VAgc néolithique en Poullan (Finistère), dans V lequel il donne la description des petits tumulus groupés au H nombre de soixante-quinze, de leur mobilier funéraire corn- n posé de cinq cents objets en granit taillé ; il décrit aussi les Il premiers dolmens encore très incomplets et leur mobilier <r funéraire, toujours en granit taîtlé. Partout c'est le rite de (I l'incinération qui est observé. Tous ces objets ont élé « classés au musée du château du Vieux-Cbatel. »
Baron HALNA DU FRETAY, Vire-iwhidenl de la Société archéologique. Correspondant du ministère de l'Inn- iriiclionpubliqve.
rmn-n-.;Goog\c
RAPmr M Lt COMMISSION 08 CUMITAlUblTfi
Messieurs, La Commission que vous avez chaînée d'examiner les comptes du Irésorier a constalé les résullal suivants pour l'exercice 1893 :
:i»b. d« iHMm gçpjéi^ Areliéologiçue du Finistère
■I fjtvrlit 1194 : 131.
GsceiTOloe 1803.
IlECETTEi!.
. HoDtant en cnisse lin exercici; 1692 506 66 ,
. Cotisniious «les Momt>i-es peiidHni rnnD>^e i
1893 t. 339 . f
HaiidHl [Féreclorfll 21)0 » r
. Vente de uatnln^ies 69 • [
, Vente dp bnlietiDs 17 » )
. Vente de photographies el d'uu cartulaire. !I9 • '
46 80
. i>ayé au Ptiotocoaiptuir pour épreuvt
clocher de SaiDt-Mathieu
. Pav<5 pour ëieclioa d'un monument
de Quaircfages 20 •
. Payé (Miir brochaKe de bulletins 9 75
Payé H H. Le Bras [joiir divers plans
autograpliif^ï 71 *5
. Payé à M. Colouucc, pour impression des
bulletins 1.176 25
vitraux de
. Payé pour vignettes fi Ouin, inipriineiir à 1
Paris 18 - 1
. Payé à H. le Président pour avances de I
timbres, correspondances 13 » 1
. Payopourportsdebiilletinsctdepaquets. 5S 70
. Payé |iour honoraires du trésorier Wi • '
Niontant en caisse Un exercice 1893. . Avoir à la Caisse d't^argne suivant livret 1
Total ronnaut l'avoir dis|)onible de la Société. 2.183 1)1
n,g,t,7rJM,GOOglC
La Commission appelle votre attention sur les frais de recouvrement des cotisations ; il serait prolitable à la Société d'augmenter de 0 Ir. &) c. le montant des cotisations recou- vrées par la posie ; cliaque sociétaire restant libre de ne payer que 10 francs en s'adressant luî-mùme au trésorier.
Procédant ensuite à la vérification de la ComiitaliiiUé matière, la Commission a reconnu ce qui suit :
i° U'ullflin de lu Sociélé.
La situation paraît la même que l'année précédente qui énumérail 1804 volumes.
La collection des bulletins est déposée dans une des salles des Archives départementales, ainsi que les nombreuses publications provenant d'échanges avec d'autres sociétés, et les ouvrages dûs à la libérnliié du gouvernement.
Voire commission a constaté qu'outre de nombreu.\ exemplaires isolés, nous possédons 40 collections complètes du bulletin de la Société.
Il a été adressé au cours de 18i)3, une collection complèto - du bulletin ii la bibliothèque de la Sorbonno. ■2" Ciitalogufi du Musée.
Il y a deux genres de catalogues : le catalogue complet du musée, dont il existe i)21 exemplaires; et le petit catalogue qui ne contient que le musée ethnographique, dont il existe l7o exemplaires.
Le tout est déposé entre les mains du gardien du musée.
Votre Commission a pensé qu'il y aurait avantage pour la Sociélé à se défaire le plus promplement possible de ces catalogues ; elle vous propose d'en abaisser le prix à un franc pour le grand format, et à cin(|uanle centimes pour le pelil.
Il serait peul-èlre avantageux de faire an gardien du musée une remise de 0 tr, £i par exemplaire du grand format, et deO fr. 10 pour le petit.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Ce serait un moyen de hâler la vente de ces catalogues, qui sont déjà incomplels et qui le seront encore davantage dans quelques années, par suite des dons et des acquisitious.
3" Cartulaire de Landctennec. Il avait été constaté l'année dernière qu'il était dû 283 francs par 38 souscripteurs du Cartulaire, mais il résulte des véri- tications auxquelles s'est livrée votre commission, qu'il ne faut compter sur la rentrée à peu près certaine que de 23 exemplaires, qui devront produire 203 francs.
La liste de ces débileui's a été inscrite sur le livre de comptes da trésorier, qui en réclamera le montant dès que la deuxième partie du cartulaire sera livrée aux socié- taires. Plusieurs souscripteurs en elfet n'ont pas voulu payer avant d'avoir le cartulaire complet. Il reste chez le trésorier :
Exemplaires sur papier de Hollande ii
— — ordinaire IS'J
Total 194
A été vendu en 1893 1
Nous retrouvons donc le nombre des exemplaires
constatés en 1892 195
4" Ancien plan de Quimper. Il ne reste en dépût cbez M. Le Bras, libraire, que 3 e.vem- plaires du vieux plan de Quimper, mais il se reconnaît débiteur envers la Société de 14 autres exemplaires qu'il a vendus,ce qui fait bien le nombre de 17 exemplaires constatés en 189â.
3" Photographies da Musée ethnographique. En 1892 la Société a payé 209 francs pour 100 petites et ïM) grandes photographies du musée ethnographique.
n,g,t,7rJM,GOOglC
On a veûtlu en 1892 pour KOfr. »
El ep 1893 pour 42 »
Il ne reste en dépôt que 9 grandes photographies et 9 petites, qui au prix de 2 fr. 2î> pour les grandes et de llr. 25 pour les petites représentent
une valeur de 31 50
La Société ne retirera donc de cette vente que . 163 50
Ce qui constitue une perte de 36 50
Il convient d'ajouter qu'il a été remis â M. le Ministre du Commerce, 6 épreuves des grandes photographies, el que tes sociétaires ont pu les acquérir à un prix réduit.
Il serait à désirer que le trésorier tint désormais une comp- tabililé régulière des objets ci-dessus désignés, de façon à pouvoir justiller à la lin de chaque exercice, aussi bien de la situation financière de la Société que de la comptabilité matière.
Quimper, le 19 nvril 1894.
Les Vembres de la Commission,
DtCOLRTIOliX, GlBPlN, SBnnET, VesCO.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Séance du 31 Mai 1894.
Présrdance de M. te baron HALNA DU FRETAY.
vice-président,
Correipondant du Uinintire de l'imiruclion Publique.
Étaient présents : MM. LCZEL, ABGRALL, J0HNE8, FAVÉ, Marquis DE ÉRÉMOND D'ARS, MALLEN, LE BRAZ, LE MAIGRE et DE BLOIS.
M. le Président -donne lecture d'une lettre de M. de la Villemarqué annonçant que l'état -de sa «anté le retient à la maison et l'eiftpêchëra déprésidèr ta réunion de ce jour.
Oovragus ■ reçus et iléposés à la bibliothèque dans le courant de ce mois :
Revue de l'Ouent, 10*' atinée, 2* livraison.
Mémoires de l'Académie de Nîmes, année (802.
lieoue Celtique, volume XV, hvril 1894.
Recueil de la. Société Hâvraise, 3* et 4* trimestres 1893.
Journal des Savants, janvier, février, mars, avril 1894.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté «ans obsen'ations.
M. Luzel dît que la ' production d'une pièce de recette, postérieure au dépôt du rapport de la oom- mission de comptabilité, a modifié le chiffre arrêté ■en ce qui concerne la vente des photographies du Musée ethnographique. Cet article, au lieu de se solder par un déficit apporte, au contraire, un modeste bénéfice de 30 francs.
n,g,t,7rJM,GOOglC
- XXVIII —
Lo prochain bulletin contiendra, en mémo temps qu'une élude sur les Temples romains dans le Finis- tère, par M. le baron Haina du Frotay, la double planche qui devait accompairner l'article sur les Cime- tièrcB préhistoriques, que l'odîteur n'avait pu tirer à temps.
M. le Président offre au Musée départemental une meule dormants et une molette recueillies j>ai- ses- soins au lieu de Voilanec, dans la commune do PouIIan.
L'émincnt doyen do la Faoullédes Lettres de Rennes a rédii^é une note que nous reproduisons intégrale- ment à causo de son importance :
LE NOM DU ROI ORALON
n Grad (en armoricain) bonne voloillé, acquiescement, se - trouve dans le nom propre gallois Gradkiun, plein de grâce, en armoricain Gradion.
La forme radicale grat ne peut remonter à grâlia qui, d'ailleurs, a l'a long : une forme gralia avec a indifférent eut donné gret.
C'est probablement un emprunt posiérieur à l'époque Romano-B retonne. ■
L'Irlandais grad, gradh, amour, affeclion, mat d'origine celtique a Va long, est neutre et montre un sullixe dilférenl. »
M. Johnes, notre confrère gallois, soumettra quel- ques observations au sujet de celte communication à la prochaine réunion.
Pour suivre les indications de l'ordre du jour, . M. l'abbé Favé est invite à achever la lecture du manuscrit de M. Tréoédy sur le Couvent do Saint- François de Quimper.
Une monographie de l'église do Pont-Croix, mettant en relief le mérite artistique de ce précieux monument du moyen-àgo, ne pouvait être mieux traitée que par un auteur qui est à la fois un érudit et un architecte de talent. M. Icc/ianotneAbt/i'a// réunitct'shoureuses
n,g,t,7rJM,GOOglC
qunlités, et son œuvre, qui paraîtra au bulletin, sera accueillie comme une bonne fortune par tous les amis des arts.
M. le marquis de lîremond d'Ars demande si la Société a été prévenue ofiiciellemcnt des découvertes rccentos qui auraient été faites sur plusieurs points du département.
M. le baron du Fretay répond négativement. Mais celte question l'amène à dire un mot des explorations que la Société pourrait entreprendre avec profit. Si la compétence i)articulière qu'on lui roconnait en ces matières devait aider ses collègues à déterminer le lieu le plus propice pour des fouilles archéologiques, ■ il n'Iiésîlerait pas à leur désif^nor le sommet du Méncz- llom. U y a là un immense amoncellement de cailloux, déposés de main d'homme, et servant depuis des siè- cles de protection à un monument gigantesque qui avait échappé jusqu'à ce joui- à l'attention des savants.
L'inconvénient de celle entreprise, c'est la mise de fonds assez considérable qu'elli: impose.
M. Luzel croit prudent de rappeler, avant toute décision, que la Société a déjà fait emploi pour cette année du plus clair de ses revenus en acquérant et faisant réparer et poser le grand vitrail ancien qui va devenir une des richesses artistiques du Musée dépar- temental. S'il sufTisait de voter une allocation do 200 francs par e-iemple pour montrer l'intérêt qui s'attache à ce projet séduisant et, pour provoquer les libéralités des administrations départementales, M. Luzel engagerait volontiers ses collègues à voter ces fonds. Se rangeant à cet avis, M. le Président fait inscrire au budget cette dépense de 200 francs.
M. le marquis de Brcmond d'Ars espère que le Conseil général tiendra à associer l'administration à
n,g,t,7rJM,GOOglC
ces fouilIeH par une contribution j^cncrousc, i[ fera du moins ses efforts pour rengag:er flans- cette voie.
IjG mémo membre désirerait savoir s'il existe dans le département d'autres vestiges des habitations de l'homme des premiers âj^es, que ceux qui sont décrits par M. Flagelle ? L'abbé Abgr&U cite la grotte de Guiclan, sur les bords de la Penxé, découverte et explorée par M. Le Hïr, de Moriaiv. M. le baron du Fretay a combattu, il est vrai, les opinions de M. Le Hîr, et classé la caverne do Giiiclan au nombre des grottes néolithiques.
M. Le liraz pense que si les sciences préhistoriques n'ont pas à s'enrichir dans les fouilles des grottes du Finistère, l'histoire ot la littérature au contraire trou- veraient profit à recueillir les traditions populaire» qui s'attachent h chacune d'elles. Tantôt la piété des lïdèles y a placé ia demeure des premiers apôtres du pays ou le repaire des dragons dont ils délivraient les populations oITrayées, tantôt l'imagination poétique des conteurs a peuplé ces sombres retraites de nains méchants ou de fées bienfaisantes, dont le souvenir n'est pas près de s'éteindre.
M. le baron Halna du FreUy Ht le mémoire dont il a déjà été fait mention sur les Temples romains dans le Finistère.
La séance est levée à 4 heures.
Le Vice- Préaident, Baron HALNA DU FRETAY. Le Secrétaire, j.,.
Vicomte DE BLOIS.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Séance du 27 Juin 1894.
Présidsnce de M. le vicomte HERSART DE LA VILLEMARQUË membre de l'Institut.
Étaient présents : MM. LUZEL, ABGRALL, FAVÉ, JENKYN JONES, PEYRON, LE MAIGRE, LE BRAZ.
MM. DU FRETAY et MALLEN s'étaient fait excuser.
Ouvrages reçus et dûposés à la Bibliothèque dans le rourant de ce mois :
Contribution à Véliule des Contes populairns, par M. P. Sébillot.
nulietin archéologique du Comité rfos travaux historiques et scientifiques, année 1893, n" 2.
Discours prononcés à la séance générale du Congrès des Sociétés Savantes, par MM. Levasseur et Spuller.
liulletin de la Société bretonne de géographie de Lnrient, n* 57, 'i° trimestre 1893.
Bulletin de l'Académie d'Hippone, 1893, n" 26.
M. Hervé, commissaire-adjoint de la marine, com- niis.saire de l'inscription maritime à Quimpcr, présenté par Af-V. Guitot et Lur"/, c-st admis à faire partie de la Société.
Le procès-verbal delà séance précédente, dont lecture est donnée par le Secrétaire, est adopté sans obser- vations. M. io /^(x'sfdeiîl croit toutefois devoirappuyer
n,g,t,7rJM,GOOglC
Topinion émise par M. Le Braz au sujet des nom- breuses grottes qui se rencontrent dans le Finis- tère , [lartLculièrement le long^ du littoral. II est d'avis, lui aussi, que, si elles présentent de l'in- térêt au point de vue de la (iréhistoire, elles donne- raient lieu, en même temps, à du curieuses recherches de folkbre. Il s'y rattache, pcnse-t-il, un ensemble de traditons dont 11 serait à souhaiter que Ion re- cueillit les éléments épars.
On se souvient de la remarquable étude que M. le chanoine Âbgrall consacra naguère au beau rétable de Kerdévot. Notre savant confrère fait connaître à la Société qu'il est parvenu à relever, sur la tète de sept ou huit personnages de ce précieux morceau d'art, )a marque de fabri«(uo do l'atelier d'Anvers : une main coupée, iinprhnée au fer rouge. H en a pris quelques empreintes à la cire qu'il fait passer sous les yeux des membres présents. Nous voilà désormois renseignés de façon certaine sur l'origine de ce rétable (fin du xV siècle ou premières annéçs du xvi°}.
M. Luzel donne lecture d'un arrêté do M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts qui classe le calvaire de N.-D. de Tronoën, en Saint- Jean-Tr(Jimon, ou nombre des monuments histori- qoes. Ainsi se trouve assurée la consei-vation de ce curieux monument, le plus ancien de nos calvaires de premier ordre. Espérons que la remarquable chapelle q«i y est contiguë ne tardera pas à être l'objet d'une faveur semblable. Elle en est digne à tous égards. Ce
n,g,t,7.dt,'G00glc
serait grand deuil jjour tous les ami» de l'art religieux breton qu'elle no fût point sauvegardée au même titra que son calvaire. C-i-joint le texte de l'arrêto en question :
Le Ministre de l'Instruction publique el des Beaux-Arts,
Vu la loi du .tO mars 1887, pour la conservation des monu- ments et objets ayant un intérêt historique et artistique ;
Vu l'nvis de la commission des monuments historiques, en sa séance du 2 février 1894 ;
Vu la délibération du conseil municipal de la commune de Saint'Jean-Trolimon (Finistère), en date du il mai t89i;
Sur la proposition du Directeur des Beaux-Arts, Arrâte :
Article V.
Le calvaire de Tronoèn, en Saint-Jean-Trolimon (Finistère) est classé parmi les monuments historiques. Article 2.
Le présent arrêté sera notifié au Préfet du département et au maire de Saint-Jenn-Trolimon, qui sont responsables, chacun en ce qui le reu'arde, de son exécution.
Paris, le i;i juin I8«i.
G. LEYGUES.
M. Luzol lit ensuite une lettre de M. Koscher, bibliothécaire de la ville de Morlaix, demandant à la Société do %'ouloir hien faire don à la Itibliolhwnic do cotte ville des années qui manquent dans sa collection du IluUutin arclicologique 'de 1885 à 1891 Inclusive- ment. 11 est fait droit à cette requête.
n,g,t,7rJM,GOOglC
M. le Président soumet à la Société, quf l'approuve, te rapport qu'il a adrassé à M. le Ministre de l'Inté- rieur sur la Société archéoloiriciue du Finistère.
Puis M. de la V illenmrqué invite M. Jcnkyn Jone.s à donner lecture de la noie qu'il a rédigée, relative- ment au nom du roi Oradlon, à propos do l'articlo de M. Loth, inséré dans lo préiiédent Bulletin.
M. Favé lit un mémoire sur la condition des prêtres dans les campagnes cornouaillaiscs, avant 1789. C'est là un nouveau et intéressant clmpitre do l'étude à la fois si vivante et si documentée, où l'abhé l'ave retrace les principaux aspects do la vie rurale en Basse-Bre- tagne, sous l'ancien régime.
La séance est levée à cinq heures.
Lo ['résident, 11. DE L.\ V1LLEM.\RQUÉ. Le Secrétaire,
A. LE BllAZ.
n,g,t,7rJM,GOOglC
RAPPORT
A M. le Uinistre de l'Intérieur sur la Sociéld archéologique du Finistère ({).
Monsieur le Minisire,
Je viens, selon vos désirs, vous rendre compte des agisse- ments de ta Société archéologique du Finistère.
Voità vingt ans qu'elle existe ; son XX" volume conlient les procès-verbaux de ses séances mensuelles, et les mémoires ou documents inédits qu'elle publie. Ce volume et les dix-neuf qui l'ont précédé vous diront, M. le Ministre, si le Finistère est resté inaclit, et n'a pas apporté son contingent à la masse des travaux archéologiques dont la France s'honore.
Mais la vérité oblige à reconnaître que nos débuis ont été pénibles : les procès-verbaux, remontant au 13 avril 1879, prouvent que les membres avaient alors plus de bonne volonté que de succès.
Réduits, par des causes lout r fait indépendantes de leur zèle, à un petit nombre de travailleurs, ils lirent de leur mieux, mais peu pour la Science: les séances, d'ailleurs, n'étaient pas régulières, et n'avaient pas lieu, comme aujour- d'hui, tous les mois : on n'y apportait guère au lieu d'études approfondies que des contributions au Musée archéologique qui devait s'augmenter, grdce à M. Louis Hémon, député, d'une collexîtion remarquable des costumes du pays.
(1)rj>n(ormr'incnl ;1 l'iirtldnHilPsstrttuts oflIcidsrtclaSmii'lù, un ilnnbli* liera rapportent adressé à M. [e Prétet du Finistère. C'est par erreur qun le rii|iporl <ic 1ttJ'2 a été nili-cjsé à M. le Ministre de l'Instructluu publiqiii:. C'est par erreur aussi qu'on a imprimé |t. xix, p. lxiiI que la Soclélij datait du 26 avril i87t> ; sa fondation remonte an 13 avril IB;3.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Heureitsemenl qu'après la mort de son fondaleur, M. le comte de Blois, suivie de celle de son secrétaire M. Le Men, et trop Irtt. du nouveau président, M, le comte de Carné, de l'Académie française, deux membres lut restaient qui étaient l'ilme de la Société. Ce qu'elle a dil à M. Félix du Marliallac'h et à M. le commandant Kaly, nul ne le sait mieux que l'homme qui a eu l'iioaneur de succéder, sans les remplacer, à MM. de Blois et de Carné.
Des auxiliaire.^, à la léle desquels vint se mettre le nouvel arclviviste départemental, M. Luzel, donnèrent une impulsion réelle aux travaux de la Société, et elle a fini par être reconnue comme établissement d'ulilité publique par le Président de la République qu'un crime abominable vient d'enlever à la France.
Ci-joints, M. le Ministre, le rapport annuel sur la geslion et la situation linanciére de l'Association ainsi que la table (les matières {t> parlie) du XX" volume. Quant à la situation morale, elle est toujours banne: ses membres ont donné récemment une preuve de l'esprit qui les anime en appelant à la place d'honneur l'Evéque du diocèse, le Maire de U'ii'nper et le Prétet du département.
Si le Président avait un mot à ajouter, il dirail, avec un (;rand et saint philosophe : Non sibi soti (t'slual, si-d usai rult esse frateriKV caritati : « Il ne travaille pas pour lui seul, mais il veut Être utile à la Société. »
J'ai l'honneur d'être, .M. le Minislre, votre resjiectueux servi leur.
It Prhiilr.nl de la Société arehéalùqique du Finistlre. Membre honoraire rfn Comité des Triirnux liisioritiiies, ilembre de ilnsliliit.
HERSART DE LA VILLEMAKQUÉ.
n,g,t,7rJM,GOOglC
APPENDICE
AU PROCËS-VEKDAL DU 31 MAI, P. XXVItl.
0 BALLON.
Il existe en gallois deux mois qui n'uni qu'une légt're ilifFiJ- rence de signilii,^alion et qui paraissent nous être venus de la même origine par des voies dilTérentes : gràs-lawn (graslon) et rhâd-'lawii (rhadion).
Grdstairn vient de la forme latine grdtiu, el signifie plein de grâces (Br. grâs-leun, leun a c'hrils.)
Ukiîd-lairn (Br. leun a c'hrad. Corn, gralh), doit proba- blement être rapproché de grafuin, Tonne qui nous donne le français gré, dans pipin gré, bon gré, malgré; et signifie « plein de bonne volonté ou de générosité. » (Voir Littré).
L'omission de )a lettre g ne présente pas de diflicullé. le gallois nous oITre de nombreux exemples. On peut citer le Br. ober el gober (faire); Br. gouela (pleurer) — (Gaii.) wylo; Br. glabouser (vaurien). (Gall. prov.) labws.
Le breton aciuel nous fail voir le procédé de iransmulalion et d'élimination de la lettre g : gràd, he c'hriid (T^on), be hrâd ou he rhtid (Corn.). Le A (aspiré) remplace jf ou e'h ; on peut rapprocher uc'hel, uhel, huel.
On peut citer les expressions suivantes, dans lesquelles rkad a le sens de « faveur » ou « bonne volonté ».
Rhàd Duw yn y ty : Grad Doue ebarz an li ;
Rhad Duw ar bob calon g>vvir : Grad Boue var bep calon wirion.
Y Mab Rhad : le Fils de l'Amour (divin).
n,g,t,7rJM,GOOglC
— XXXVill —
Le mot se trouve aussi avec l'orlhographe rbadion. Il est à remarquer que rfuîdlaira est d'ordinaire prononcé en deux mots avec \'d long, tandis que rhadlon se prononce avec Va indinérent. Gradion (GralJonj a dû avoir IVJ long avant la fusion complète des deux mots qui le forment.
Ajoutons, d'après M. le Président, que, dans une Iraduclion en moyen gallois, le nom latin (iratianus est rendu par Gradlaivn. (The Myvyrian archaiology of Wales, vol, 2, p. 223.)
W.-J. JONES.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Séance du 26 Juillet 1894,
Présidence de M. ie vicomte HERSART DE LA ViLLEMARQUÉ membre de t'Institut.
I-haient présents : MM. ïo vicomte DE VILLEKRS DU TERRAGE, LIIXEL, baron HALNA. DU FRETAY, JENKIN JOHNES, LE liUAZ, le chanoine PEYRON, LE MAIORE, l'abbé FAVÉ.
M. le vicomte ilo la Villemarqut; donne la présidence à M. Luzel, qui fait lecture de l'article des statuts relatif à la nomination du Bureau. Conrormcment auK termes du riiglement, il est procédé au vote par scru- tin secret. A l'unanimité de« suffrages, l'ancien Bureau est maintenu. M. Its Président, en quelques mots chaleureux, remercie ses confrères de cette nouvelle marque de confiance : il fait des vœux pour voir se perpétuer dans la Société archéologique du Finistère, avec les bonnes traditions do fraternité cordiale, la persévérance du laheur sincère et consciencieux dans la recherche do la vérité historique. L'estime on laquelle on tient notre corporation, à Paris et en pro- vince, doit être pour nous un encouragement à bien faire et à faire mieux pour l'honneur de la science et de la Bretagne.
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Ouvrages rec;us et déposés à la biblioHièque dans le courant do ce mois :
Journal des Savants, mai 1894.
Société archéologique de liordeaux, 2' 3" i" Iri- mostro 1893.
Enquête sur les coiiditioni^ de l'habitation en France :' Les maisons types (Oomîto dos travaux lii-s- toriqucs et scientifiques;, par M. Alfred de Fovillo.
Rapport présenté à M. le Ministre do l'Instruction publique et des Cultes, par M. 0. Picot, membre de l'Institut. !89'i.
M. iabbé Abgrall, empêché (l'a.ssistcr à la séance, se fait excuser.
M. do VilUcrs du Terrnfjf s'cnquiert, avec un intérêt que ta Société partage, du point où en est arrivé le travail de M. de la Horderio, sur le Cartn- laire de Landévenncc.
M. le Président déclare que léminent historien ne perd pas do vue celte grande entreprise et qu'il en poursuit l'exécution. La Société archéologique émet lo vœu pressant que bientôt nous possédions en mains cette (cuvre, qui ne manquera de faire honneur à l'ouvrier et à notre Association.
Communication est donnée d'une lettre reçue de M. le secrétaire -archiviste de la Société d'émulation dos Côtos-du-Nord ; il expose que cette dernière n'a com- mencé l'échange avec la Société archéoloçique qu'en
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1886: que beaucoup ck bulletins lui manquent et que la Société d'émulation demande à en compléter la col- lection. 11 offre, en retour, de fournir à la Société les bulletins qui lui manqueraient alin d'avoir au complet les travaux de nos eonfrores, les savants et érudits des Cùtos-du-Nord. Il est décidé qu'il sera répondu favo- rablement à la lettre de M. le secrétaire.
M. de la Villemarqué lit une note sur les /'arltes de Coq on Bretagne et dans le Nord. Notre Président s'attache à retrouver et à f^rouper les élé- ments d'une monographie de ce lier et turbulent vola- tile, au point de vue des traditions. On se rappelle, comme nos bulletins en font foi, qu'il traita, on 1891, de la crosse et du coq de Quim])orl('!.
Si la coutume dont parle M. de la Villemarqué semble s'être désormais confinée dans le pays de Rennes et le Nord, elle a existé, de mémoire d'homme, dans la haute Cornouaiile. L'abbé Favé tient, en elTet, d'un ecclésiasiique, vénérable octogénaire, qu'il a vu dans sa jeunesse les Parties de Coq à Carhaix et et à Liourin,
(.;'était l'accompagnement obligé des réjouissances populaires : le procédé était aussi oruoi que celui rap- porté par M. le Président : au lieu d'être enterré, le coq élait suspendu à une corde jusqu'à ce iju'un des champions plus ex|)ert ou plus heureux que ses com- pagnons lui eût tranché la tête à coup de faucille ou avec la lame d'un -vieux sabre. Strangulation cora-
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mencce et décapitation flnalo, tel était non triste «ort.
L'sbbé Favé donne lecture ilu mémoire de M. le docteur Corre sur les Anciennes Corporations bres- toiaes. Notre confrère a dépouillé un clos»ior volumi- neux avec une patience et un esprit de critique que notre Société sait apprécier. Son travail fait revivre une organisation sociale déjà oubliée ou pou connue : conflits (le préséance, esprit de corps, petites suscep- tibilités et grandes rivalités, tout est analysé et rendu dans une forme intéressante ; et l'épisoile de lu récep- tion (lu duc de Chartres à Brest est une bien curieuse page d'histoire locale.
On donne ensuite Icclurc du proL'ranime des ques- tions proposées au Contrrès de l'Association bretonne qui s'ouvrira à Anccnis , le 3 .septembre I89'i. Co document sera annexé nu procès-verbal.
La séance est levée à i heures.
La Président, 11. DE LA VILLEMARQUÉ.
Pour les Secrétaires empêchés : Antoine KAYK. prêtre.
rmn-n-.;Goog\c
ANNEXE AU FKOCËS-VERBAL
ASSOCIATWN DllETO.NXE
Olasso c^'ArcliôoloKlo ot d'Histoire.
PROGRAMME
des questions proposées au Congrès Breton qui s'outirira à ANCENIS. le 3 Septembre 1894.
I. — Archéologie.
i. — QiipIs soni les vi'Slines arcliéolr^i(|iies les plus anciens rjuo l'on rpriconlre itans t'airotiilisseinf^iit d'Anconis V — Dêcnre les iii^alilhes qui y exisleiit.
2. — Des divorses esptees Ac rorlilicnlinns en terre obser- vêe.s en Bretagne. — ]>p la ^riinile ligne de défense in(tir]uée IHtr Ofiée el se poiirsiiivanl jiisijii'à Saint-Mars la Jaîlle. — De la inoltP Féodale de Chittean-KréiiKint, etc.
;t. — Quelles sont, les iraces de l'occupation romaine dans l'arrondissement il'Ancenis qni n'auraient pas été signalées un sullisamment décrites (voies romaines, station de Pannecé, etc.1?
i. — Nomenclature el clas.«iliCdtion chronologique rai- sonnée lies édilices religieux du style roman existant dans le département de la Loire -Inférieure.
'.'>, — Nomenclature et classification des monuments de l'architecture militaire du inoyen-itge existant dans le dépar- lement de la Loire-Inférieure. — Documents historiques qui s'y rapportent. Etude spéciale (historique et archéologique) des châteaux dWncenis, d'Oudon, de Clisson, et des ruines de rhAteau-Cuy.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Xt.lV —
ti. — Exisle-l-il (les |ieinliirps iiiumlcs dans (]uoli]iii's t-glîsrs de la Loire-Inférieure, parliciilii'rement de rRrrondlsocment d'Ancenis '.' Les signaler, les décrire.
7. — A ijuelles époques peul-on rapporter les diverses conslructions que rpprêsoiite aiijourd'liiii l'église d'Ancenis? A i|uelle date peuvent remonter les parties les plus anciennes?
8.— La sculpture de la renaissance en Bretagne. — Sifinaler et décrire les œuvres notables qui n'auraient pas encore été l'objet d'études suHisantes.
II. - Histoire.
0. — Présenter le calendrier ries Maints de Bretagne, en indiquant autant que possible l'époque de chaque saint, le lieu principal de son culte, les autorités historiques, litui^i- ques. légendaires on traditionnelles, sur lesquelles est appuyé chaque article (1).
10. — Le pays nantais au IX« siècle, d'après les actes du cartulaire de Iteilon.
II. ^Limites civiles et relijjrieuses de l'Anjou et du pays nantais au.<( divei-srs époques. — Principaux liefs formant la frontière de la Bretagne du ciUé de l'Anjou sur les deux bordo de la Loire, (irandcs familles seigneuriales dans la niénis rét-'ioii.
■ 12. — Indiquer les possessions iii!s Templiers et des Hospi- laliei-s dans rarroiidissenienl d'Aneenis {i\.
Ui. — La guerre rie Blois el rie .Monifort dans le comté nantais, d'après les documents nouvellement publiés {:]).
14. — L'histoire de Pierrone rie Brctajine et la laide de Perrinaïc, — la prélendue « Jeanne d'Are d'Armor. n
(1) On [«'lit joiiufre niix saints pro]iremciit ilits li's VL'iitniWoi, Iks [k:t- suniii's (l'une ('inincnti: |iii''li'', main liiujmii's en incliquiiiil siiiiiiiuiisciuoiil k-s snurcrs.
(:) Docimieuls liLxliii'ir|iius ïur la rliaficlli: Snljit-(jcur;.'L's, 1:11 Siiiiil' Ucrhiun, uUrilnii'C aux Templiers.
(3) Entre nulros, d'npK-s la ('Itronograiihia rcrjum l'rancvrwu.
rmn-n-.;GoOg\c
1:). — Navigation de la Loire au moyeti-àge et jusqu'en 1789. Moyens de communication, aux mêmes époques, entre les deux rives de ce tleuve, de Mauves à Ingrande.
16. — Culture de la vigne el commerce du vin sur les deux rives de la Loire entre Angers et Nantes, depuis le moyen-ûge jusqu'en 1789. — Les courtiers-gourmets du port d'Ancenis.
17. — Documents hislori(|ues sur le commerce et l'agri- culture dans le département de la Loire-Inférieure, particu- lièrement dans le pays d'Ancenis au moyen-âge et jiis(|u'en 1789 ; sur les anciennes industries de la même région (mines de Montrelais, forge de la l'rovôtiiTe, etc.).
18. — La Clialolais, d'après les publications nouvelles [l]. — Kst-il vrai, comme on l'a prétendu récemment, que c'est lui qui a persécuté le duc d'Aiguillon, — et no» l'inverse ?
m. — Questions spéciales sur l'histoire d'Ancenis (±]
1!). — Insliintinns diverses de la ville d'Ancpnis : Cnrde- liers — Maladrerie — Collège — Fondations pieusrs en divers sii'Cles.
20, — Bîograpliie ancenicienne. — Personnages distingués nés à Ancenis ou mêlés à son histoire. — Bienfaiteurs de la ville avant 178».
IV. — Littérature et usa^e populaire.
il. — Jeu.\ et divertissements publics en Bretagne depuis
le moyen-âge jusqu'à nos jours. Signaler spécialement ceux
ayant un caractère de périodicité régulière et se rattachant à
des coutumes anciennes, religieuses ou profanes.
;i3 l'orretpnndance t'oniclk, de M. Carré ; La Clialotais agriculteur. Ile il. de Vlllers, elc.
[1) Cette liisloire ayant étù iraitéc dans un ouvrage excellent qnl a eu plusieurs édiljons {Ancenis el ses baroiu. par M. E. Maillard), nous n'aurions pas songé ù y revenir d'une façon spéciale si des Iravsillcun locaux, Irùs compélenis, ne nous avaient demandé d'inscrire dans ce programme \Ki indiculions porli-es ici sous les n" 19 et 30.
n,g,t,7rJM,GOOglC
ti. — Usages, légendes. Iraditions, conles et chansons populaires de la Loire -Iiiférieiire, en particulier dans TaiTOii- dissement d'Ancenis.
23. — Assemblées populaires civiles ou religieuses ; an- ciennes foires et marchés dans la mt'.im région.
Toule autre ((uestimi historique ou archéologique, relative à la Bretagne, peut être traitée dans le Congrès avec t'aulo- risation du Bureau.
Toute discussion politique ou religieuse est interdile.
Une des journées du Coiifirt'S sera consacrée à une excursion archéologique.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Séance du 30 Août 1894.
Présidence de M. le vicomte HERSART DE LA VILLEMARQUÉ membre de l'Institut.
Etaient présents: MM. LUZEL, le baron HALXA DU FRETAY, le vicomte DE VILLIERS DU TEK- RAGE, le docteur CORRE, MALEN, LE MAIURE, abbéa PEYRON et ABORALL.
Ouvrages reçus :
Bulletin de la Société Belfortaino d'émulation, n" 13.
Annales de la Société historique et archéolofiique de Château-Thierry.
Bulletin de l'Académie delphinale, 1893.
Bulletin de la Société des Antiquaires do Picardie, année 1893, n" 1 et ^.
Comptes-rendus des réunions de l'Académie d'Hippone, réunion du 30 mars 1894.
Une lettre écrite en date du 23 août par M. Anne Duportal, secrétaire-archiviste de la Société d'Emula- tion des Côtes-du-Nord, nous remercie de l'envoi de 14 volumes de notre Bulletin.
Autre lettre de remerciement de M. le Maire de Morlaix pour l'envoi d'un Bulletin qui manquait à la collection de la bibliothèque de cette ville.
n,g,t,7;.-jM,Googlc
M. le vice-président baron Il&lna du Frefay dopost,- sur le bureau, pour en faire don au musée départemental d'archéologie, une collection de 93 grains de colliers en jaspe et en calcédoine, trouvés en Plonévez-Porzay dans une dizaine do tumutus et autres monuments funéraires de la fin de l'âge néolithique. Ces grains sont d'inégales grosseurs, leurs diamètres variant de 7 à 13 millimètres; ils sont tous taillés à facettes, et les trous qui les traversent sont percés des deux côté.s, mais correspondent rarement comme axe. (Voir le Bulletin, tome XXI, page 310.)
De Tifs remerciements sont adressés au généreux donateur pour cette pièce, pendant du célèbre collier du Mont-Saint-Michel, de Carnac, et qui sera un pré- cieux ornement pour nos vitrines.
Notre archiviste, M. Luxel, nous fait savoir que M. Bigot père, très avancé en ât?e, tout réduit par la maladie qui le mine depuis longtemps, a pensé à nous, et a voulu, par les soins de son fils Gustave, l'architecte, enrichir notre musée d'une collection de pierres sculptées ct-de moulages antiques qu'il avait en sa possession.
Voici la liste de ces objets;
t. Croix sculptée dans lo granit, ou plutôt bouche d'aération découpée en croix, trouvée dans les ruines de Saint- François, do Quimper.
2. Deux petits chapitcau-ic en granit, même prove- nance; — un fragment de chapiteau.
3. Un chapiteau en plâtre, moulage ; — crypte de Quim perlé.
4. Un cul-de-lampe en plâtre, à feuilles de chardon.
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5. Trois bas-relief» en ptàtro, sujets tirés de la grande frise (lu Parthénon : 1° Guerrier chaussant son cothurne ; '2' Guerrier à cheval ; 3° Personnage.
Ces bas-reUefs, ainsi que le fragment représentant un groupe do personnages dont on ne voit que le haut du corps, proviennent do la collection que M. Lemarié, architecte, avait achetée à Rome en 1822.
Les mêmes plâtres existent à l'école des Beaux- Arts do Paris et sont disposés en frise dans les vesti- bules qui conduisent à la cour du Mûrier.
6. Un bas-relibf plâtre représentant trois femmes portant la couronne murale et personnifiant trois villes.
7. La maquette en plâtre de la cheminée de la salle des gardes à Keriolot.
Tous les membres présents ne peuvent qu'être très sensibles à la pensée généreuse de M. Bigot et votent les plus sincères remerciements à leUr vénéré doyen, qui toute .sa vie s'est montré si dévoué à la Société archéologique, dont il est membre fondateur. M. de la Villcmarqué transmettra à notre confrère les remerciements de la Société. Il a en même temps la douleur d'annoncer la fin prochaine de M. Aymar de Blois, notre excellent secrétaire, le digne fils do notre premier président.
M. Peyron, chanoine, lit un mémoire sur les pestes de Quimper. A la fin de la lecture, M. le docteur Corre fait ressortir toute l'importance do ce travail, tout particulièrement en ce qui regarde les méthodes d'isolement, de préservation et de désinfection, offrant une grande analogie avec les méthodes actuelles qui on sont une réédition assez peu corrigée et augmentée.
n,g,t,7rJM,GOOglC
puis M. le baron Ilalna du Fretay continue la lecture de son étude commencée dans le bulletin pré- cédent : L'Histoire préhistorique, d'après les faits.
La séance est levée à quatre heures.
Le Président, IlERSAnT DK LA VILLEMAUQUÉ. Le Secrétaire,
J.-M. ABORALL,
Chanoine honoraire.
rmn-n-.;Goog\c
Séance du 25 Octobre 1884.
Présidence de M. le vicomte HERSART DE LA VILLEMARQUÉ membre de l'Institut.
Étaient présenlR : MM. LUZEL, YAN'DARGENT, le V" VILLIERS DU TERRAOE, l'abbé ABGRALL , LE MAIGRE, SERRET, l'abbé FAVÉ, JENKINS JONES, MALEN.
Ouvrages déposés pour notre bibliothèque :
Revue Celtique, vol. XV, n" 3, juillet 1894.
Bulletin et Mémoires de lu Société Archéologique dllle-et- Vilaine, tome XXIII, 1894.
Revue historique de l'Ouest, 10° année, 5" livr., septembre 189i.
Journal des Savants, juillet ot août 1894.
M. le baron Ilalna du Fretay soxcuse de ne pou- voir assister à la séance.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
Les blocs erratiques du Huelgoat sont maintenant a.ssurés d'une conservation certaine.
La municipalité du Huclgoatavaitacquis les terrains sur lesquels sont situes les principaux amoncellements qui subsistent encore, et elle a fait appel au concours du département et de l'État.
Le Conseil général du Finistère, dans la session d'avril dernier, a voté une subvention de 200 fr. à la commune de Hucigoat et l'avait recommandée à la générosité du Ministre do l'Instruction publique et des Beaux-Arts. M. le Ministre vient d'adresser la lettre
n,g,t,7rJM,GOOglC
- LU -
suivante au président de la Société Archéologique du Finistère :
Paris, le 38 Septembre IS9I.
« Monsieur le Président,
H J'ai l'honneur de vous annoncer que, sur la demande de MM. Gourvil, Le Borgne, Vichot, Cosmao-Dumenez et Hémon, ' députés, et l'avis conforme du Comilé des Travaux historiques et scientiliques, j'ai décidé d'attribuer une subvention de cinq cents francs à ta Société archéologique du Finistère. Cette, somme devra être exclusivement employée pour la eonaerca- tion des blues erratiguen de Haelgoat.
a Je vous serai obligé de me faire connaître par le retour -du courrier le nom du Trésorier de voire Société. Dans trois semaines environ, te mandat de paiement des cinq cents francs dont il s'agit pourra être retiré des bureaux de la Préfecture de Quimper.
« Recevez, Monsieur le Président, l'assurance de ma con- sidération très distinguée.
« G. LEYGUES. » Lo mandat de paiement a été délivré par M. le Préfet.
M. le Secrétaire général de la Préfecture du Finis- tôre nous adros-se également la lettre suivante et la délibération du Conseil général :
Quimper, le 4 Octobre 1834. (( Monsieur le Président,
c( J'ai l'honneur de vous informer que, dans sa séance du 23 août dernier, le Conseil général du Finistère a accordé à la Société archéologiiiue de Quimper une subvention de 200 fr. pour l'année 1S93.
« Cette subvention sera mandatée au commencement de la dite année.
n,g,t,7rlM,GOOglC
n Ci-joint un extrait de la délibération de l'assemblée départementale.
(c Agréez,, Monsieur le Président, l'assurance de ma consi- dération très distinguée.
« Pour i.E Préfet :
■ Le Secrétaire gênerai délégué,
« C. PAGES. »
EXTRAIT da procàs-verbal dés délibérations du Conseil général.
Séance du JeudiSS Ao&t 189t.
Art. 3. — Subvention à la Société archéologique deïjuimper 200 Ip.
M. de Bremond d'Ara lit le rapport suivant, dont les con- clusions sont adoptées : « Messieurs,
H M. le Préfet vous propose de maintenir, comme l'année ■<i dernière, la subvention de 200 francs accordée à la Société H archéologique du Finistère, et vous communique, en même » temps, le rapport annuel du Président sur la gestion et la <( sitution financière et morale de celte Société qui comple Il déjà 21 ans d'exislence et a été reconnue comme élablJsse- « ment d'utilité publique.
« En donnant acte k M. le Préfet de celte communication. Il vous voudrei: bien. Messieurs, continuer aussi d'encourager (I moralement les travaux des membres si dévoués de cette Il Société.
(( 11 suffit, en effet, de jeter un coup d'œil sur les 21 volumes w des Bulletins mensuels pour juger de l'intérêt" varié que Il présentent ces nombreuses et savantes dissertations sur les Il monuments, les chroniques historiques, les mœurs et tradi- (I tionsjocales du département.
<( La subvention, bien qu'assez restreinte, et que l'état de n vos. ressources ne peut guère augmenter, est néanmoins Il indispensableau modeste budget de la Société archéologique, Il budget fort sagement et habilement administré, comme le (I démontre le rapport du trésorier.
n,g,t,7rJM,GOOglC
« Votre Commission appelle donc, Messieurs, loui voire n bienveillant appui pour favoriser le développemenl d'une « association scientifique qui a, depuis tonglemps, attiré i'at- « tentioQ des plus savants archéologues. »
L'article 3 est adopté.
Pour copie conforme :
Le Secrétaire général,
C. PAGES.
A l'unanimité, des remerciements sont votés à M. le Ministre et aux députés qni ont bien voulu s'en occuper. La Société remercie également M. le marquis de Brémond d'Ars Migré pour la subvention qu'il a obtenue pour notre Société.
M. le D' Corre fait hommaiie à la bibliothèque de notre Société, par l'entremise de M, Luzel, d'un ancien et curieux volume intitulé le Pédagogue chrélien, par le R. P. Philippes d'Oultreman, de Vàlenciennes, et imprimé à Rouen en 1666 chez M"" veuve de Daniel Loudet. 2 vol. reliés on un seul. Format in-4'. Une importante lettre sur les épidémies accompagne l'envoi ; on y Ht :
H Du XI* au XVIII» siècle, la peste aurait fait en Europe trente-deux apparitions, chacune d'une durée moyenne de douze ans.
(( Elle se rallume au XVI» siècle. Grande épidémie à Dijon en 1514-1519.
11 Au XVlIo siècle, décroissance, sauf quelques épidémies locales : Baie 1604, Nimègue et Amsterdam 1637, Arras 1654, Londres 1665-1688, Vienne (France) 1675, Rouen 1650, etc.
n La dernière épidémiede France serait dé 1720. (Marseille, Mgr de Beizunce).
« Mais on a revu la maladie à Moscou en 1770, à Malle en 1712, en Turquie en 1836, en Grèce et à Tripoli en 1848. etc.
n Sans parler de la peste observée au cours de l'expédition de Bonaparte en Egypte.
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« Quand aux mesures sanitaires en vigueur, elles étaient autrefois mieux ordonnées qu'on ne l'imagine de nos jours.
Des remerciements sont votés au généreux dona- teur.
M. Hermrt de la Villemarqué prononce l'élogo de M. Joseph Bigot, (jue nous avons eu la douleur do perdre il y a deux mois. Ce discours sera inséré à la suite du procès-verbal.
L'étude que M. Bigot avait lue à une des séances (le l'Association bretonne, en 185?, et publiée dans un des volumes du Bulletin do l'Association, étant devenue introuvable, elle sera réimprimée et publiée dans notre Bullotin.
M. Villiers du Terrage nous annonce que le vitrail de 'l'oiirch a été restauré et remis en place. On ne saurait trop féliciter le recteur de celte paroisse et son initiative, qui devrait être imitée pour bien dos objets d'art se trouvant dans difTéicnlcs chai)elles ou églises, et qui ainsi échapperaient à une dfstruction certaine.
Les photographies du Musée ethnographique étant épuisées, il en sera tiré 30 grandes épreuves et 60 petites.
U est ensuite donné lecture des mémoires suivants, qui seront insérés dans le Bulletin :
Mémoire sur la. bataille do la Cordelière [docu- ments inédits trouvés aux Archives départementales), par M. LczEL.
.Les peinturas de la chapelle de Saint-Michel k Dounrnonez, par M. Argrai.i,.
Menus iiocuments pour servir à l'kistoire de ia vie brestoise nu XVIW siècle, par M. le D' Corhe.
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Le travail do M. Ducourlioux sur le» tronçons de voies romaines clans le Finistère, n'étant pas entière- ment terminé, il sera lu plus tanl. La séance est levée à 4 heures.
Le Président, Hehsartdb la VlLLEMAItQUÉ. Le Secrêlaire,
SERRET.
ANNEXE AU PROCÈS- VERBAL
M. JOSEPH BIGOT
II ap(>arliendrait à un architecte de parler d'un architecte : si cet honneur est fait au prcsidentde la Société archéologique du Finistère, c'est qu'on a pensé que M. Bigot était une gloire départementale, et que cette gloire était celle du Finistère.
Joseph-Etienne Bigot, qui vient de mourir à qualre-vingt- six ans, appartenait à une excellente famille de Quimper.
Il étudia au collège de sa ville natale, puis à Nantes, puis à Paris. Mis au courant des théories nouvelles sur l'archi- tecture, nourri des récents travaux de noire compatriote Rio ; de Montalemberl, de Victor Hugo; formé .'iurtout à l'école de Narcisse de Caumont, il débuta tout jeune dans la statis- tique monumentale; des modules, il en trouvait partout en Basse-Bretagne et n'avait qu'à les imiter.
Naturellement Quimper lui offrit ses premiers sujets d'études. La restauration de la cathédrale le préoccupa tout d'abord.
C'était en 1836. Comme tant d'autres, qui ont heureuse- ment changé de méthode, il avait, à celte époque, plus de zélé que de science : sa restauration de la chapelle de la Victoire le prouva : on ne suivait pas encore le sage conseil de Caumont, emprunté à la Faculté de médecine ; » Guérissez, n'arrachez pas ». Mais l'année suivante, il entreprit une œuvre très
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opportune : avant de s'occuper des autres parties de réglise, il la débarrassa des constructions qui la déshonoraient.
Les amorces des deux tours, subitement arrêtées à deux mètres et demi, frappèrent son attention.
Pourquoi n'achèverait-il pas l'œuvre des Rohan? si les bases sont solides, lui disait Mgr Graverand, et si vous pou- viez transporter à Quimper le clocher de Pont-Croix ? c'est un modèle achevé.
M. Bigot se rendit donc à Pont-Croix ; il dessina et mesura le clocher, et il trouva que ce clocher, doublé, coifferait à mer- veille la cathédrale de Quimper. Pierre Le Nestour, le maître- maçon, pour qui rien n'était impossible.fut du même avis; il se chargea de l'ouvrage avec Le Këré, et il le mena à bonne lin ; si bien qu'il voulut se faire guinder au sommet avec la pierre du couronnement et une croix de fer qu'il scella de ses mains, en faisant un grand signe de croix. Brave maçon 1 qu'il eût bien mérité une des deux croix si bien gagnées par l'archi- tecte I
La première fut donnée à M. Bigot par Pix IX, la seconde par l'empereur Napoléon. L'œuvre se recommandait d'ailleurs par elle-même ; s'il avait fallu une recommanda tion, on l'eût trouvée dans les papiers d'un jeune maître, M. l'abbé Abgrall ; on y peut lire ; « Restauration aaoante, logique et terupu- lettêe de la cathédrale de Quimper. »
L'Association bretonne, par la bouche de M. Aymar de Blois, dans sa session de 1858, alla même jusqu'à mettre les llèches de la ville de Quimper au-dessus du clocher du Kreiz- Ker; et comme M. Bigot vantait la merveille de Saint- Pol-de-Léon, comme le' chef-d'œuvre de la Bretagne: a Quimper, dit M. de Blois, n'a rien à envier à Saint-Pol. a (1).
(1) Voici les propres termes du procÈs-verbal :
Présidence de M. or. CarnA ; l'abbé Seznec, aecrétaire : Samedi soir 0 olcobre 1858 :
Jtf, de Utoii. — I Parmi les appréciations de M. Blgol, It en est une que je ne saurais nceeplcr, celle qui lui Tait placer d'une manière absolue le cloclier (lu Kreiz-Ker au premier rang de nos pyramides. ■
M. Higot. — < Personne jusqu'ici ne lui a disputer celle lacoDlestable supériorité. •
U. <U Blois. — • U. Bigot D'à rien dit des belles flèches récemment
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C'esl à ce congrès célèbre que M. Bigot lut son admirable mémoire sur les clochers du FinisLère. (VI^ vol., de la p. 346 ô ta p. 36S).
Après Quimper, il consolida les clochers de Pont-Croix, de Pleyber et de Saint-Herbot.
Quant s'écroula la tour de Sainte-Croix de Quimperlé, il rebâtit l'église sous la direction du Comité des Monuments historiques; on peut lire, dans nos Mémoires, l'histoire intéressante de cette reconstruction. On y verra qu'il préserva le magnilique rétable de la Renaissance placé au bas de la nef de celte église ; son neveu, M. Sylvain Peyron, lui en indiqua les moyens.
Je ne parle pas de la préservation de plusieurs de nos monum mts anciens, entre autres de la belle église de Sainte- Marie du Ménez-Hom, vouée à la destruction, sans sa très vive résistance.
Il a été en eilet l'avocat dévoué de nos antiquités monumen- tales : s'il n'était pas intervenu avec la plus vigoureuse énergie, nous aurions eu à déplorer la disparition de plusieurs d'entre elles. Et quand elles disparaissaient, malgré ses pro- testations, il les dessinait, les mesurait, en faisaitdes relevés exacts, de manière à en conserverie souvenir.
Mentionner les églises nouvelles que lui doit le Finistère, comme Plougaslel-Daoulas , Lannilis, Scaèr, Douarnenez, Moëlan, etc., nous entraînerait trop loin. Mais je puis dire, sans exagération, que dans notre époque de sCatuomanie, il mérite autant son monument que bien d'autres. Si Laënnec est assis justement au pied des tours de Saint-Corenlin, quelle place donner k celui qui les a élevées?
H. DE LA VILLEMARQUÉ.
ùlevécs sur les tuurs de notre caUiëdrale. Cette réserve peut convenir à la modestie de l'architecte qui les a ronatruites, mais elle ne nous dispense pas de Jlre qae des juges fort éclaira re|;ardeDt re double clocher comme une (curre supérieure à celui de N.-D. du Kreiz-Ker. > Cette observation esl suivie d'applaudissements dans l'asscmhiée. (Bulletin archéologique de l'Association brolanne, C vol., 2' livr., p. Vi el 27J).
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— LIX —
Séance du 29 NoTembre 1894.
Présklence de M. LUZEL, vice-président.
Ktnient ppésonts : MM. l'abbé AUGRALL, l'abbé PEYRON, MALEN, LE MAIGRE, SERRET.
M. de la Villemnrqué s'cxcuso cW no pouvoir jissistcr à la séance «t cl© n'avoir pu terminer sa notice sur notre regretté secrétaire M. Aymar de Blois, qu'il lira à la prochaine séance.
M. le baron Ilalna du Fretay écrit qu'il ne pourra pas venir assister à la séance.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
Présentation de M. Darlay, professeur au lycée de Quimper, par MM. de la Villemarqué et Serret.
Ouvrages déposés la à la bibliothèque de notre Société ;
Revue Celtique, vol. XV, n" 4, octobre 1891.
Bulletin de la Sociélé archéologique du Nantes,. t. XXXn, année 1893, 2' semestre.
M. Luzel appelle l'attention dos membres présents sur le 10' congrès des Orientalistes tenu à Genève au mois do septembre I89î.
Parmi les plus importantes communications, il convient de citer en premier lieu celle de M. Georges Perrot, de rinstilul, sur l'incinération et l'inhumation à l'époque ho- mérique. La répulation de l'auteur de VHialoire de l'art dans l'antiquité, avait attiré à la section Grèce-Orient, une foule inusitée d'auditeurs, dont l'attente n'a pas été déçue. M. Perrot parle avec simplicité, et les moins initiés ont
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suivi avec un vif intérêt la comparaison qu'il a établie enlre les tombes mycéniennes et celles de l'âge homérique et des temps postérieufs. Il parait admis, malgré l'opinion de Schliemann, que, durant la période mycénienne, l'inhumation a été le seul mode de sépulture usité. Et mSme jamais ce mode de sépulture n'a été contrairement à l'opinion courante, absolument abondonnë en Grèce, au moins dans les classes pauvres. Quant à l'incinération, elle ne saurait être d'origine étrangère, car elle était inconnue de tous les peuples qui ont e.\ercé une influence sur la Grèce. Elle n'aurait pu s'élabiir qu'à la suite d'un changement survenu dans la conception de la mort.
On sait qu'à l'époque préhistorique, chez certains peu- ples, on croyait à la survivance après la mort, et dans les tombeaux mêmes. Et de là l'habitude de placer, à côté du défunt, les objets familiers (armes, vases, etc.) auxquels il se plaisait durant sa vie, et la coutume de lui offrir des sacrifices pour le nourrir du sang des victimes. L'expérience, en attestant la destruction du corps, modifia peu à peu ces idées primitives. On conçut alors l'existence de l'Hadès où se rendait ce qui restait de l'homme après la mort, son image, son ombre. La destruction du corps étant pour cette ombre la condition même de l'entrée dans l'Hadès, le rite de l'incinération s'établit, non pour se substituer à l'an- cien usage, mais pour se superposer à lui. C'est ainsi que, dans l'âge homérique, le tombeau, qui n'est plus la demeure perpétuelle du mort, est un tertre surmonté d'une stèle, der- nier vestige des rites antérieurs. Le cuite des moris subsista d'ailleurs, et la coutume des sacrilices sur les tombes.
Dans la Grèce continentale, ce sont plutôt les usages de l'époque mycénienne qui ont prévalu, ainsi que le prouvent les dernières trouvailles faites à Athènes, au Dipylon. Dans ce cimetière, où rJnhumaIion*s'est longtemps maintenue, un fait caractéristique à noter est la présence de vases atteignant
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jusqu'à 1 m. 80 de hauteur qui surmontenl les tombes. Ces vases rappellent le puisard qui,daD8 les tombes mycénienoes, était destiné à faire parvenir au mort les libations de sang, de vin et de lailque lui oRrait la piété des survivants.
M. l'abbé Peyron donne lecture de deux notes relatives à la révolte du papier timbré. Relevées l'une dans les registres de baptême de Daoulas, l'autre dans le rej^istro dus baptêmes de Quimperlé.
M. Luzel mentionne étralemcnt un fait relatif à la révolte du papier timbre inscrit sur le registre des baptêmes dans la paroisse de Primelin.
Le texte intégral do ces deux relevés sera inséré à la suite du procès-verbal.
11 est donné ensuite lecture du mémoire de M. le U' Corre sur les corporations de la ville de Brest.
La séance ef.t levée à 3 heures 1/2-
Le Vict:-Président;
F.-M. LUZEL.
Le Secrétaire,
A. «ERRET.
l'ièces ioédites relatives à la révolte da papier timbré.
Daotilas fregistrenj. NOTE DU RECTEUR KERVELLA. « Il est à remarquer que le 'J juin 1075, jour de la fcsie de la Très-Sainte-Trinilé, il y eut une révolte à CliâteauHn, où le marquis de la Costa fut blessé, pour avoir seulement Voulu faire publier quelques édils, comme il ëtoit lieutenant du Roy en ces quatre éveschés de Basse-Bretagne, ce qui » CHUsé un granit désordre en ce canton, jusques à que quelques
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parliculiers et gensde nt^antz onl faicl soulever la impuUcp' contre tous les officiers et receveui-s de Sa Majesté, contre la noblesse, la justice et contre l'esglise mesme, dont ilsestoient les membres. Dieu veuille nous maintenir dans la fov que nous avons solennellement confessé et que ces insensés, pour ne pas les appeler encore du titre qu'ils méritent, taschent de toutes leurs forces de détruire pour suivre leur brutalité pî vivre comme des bestes. o
BannaUc ( regixirt greffe <^^ )■ H Le 19» et 20" jour d'aoust lfi73 a esté née et baptisée Janne-Renée, fille natuielle et légitime de Silvestre \a Roy, notaire par la cour royale de Quimperlé, et Julienne Abra- liamcl, sa femme, par moy vicaire perpétuel de Bannalec, el ont estépareinetmareine Haut et puissant Messire Sébastien cbef de nom et d'armes du Fresnay, conseiller du Roy en sa grande chambre au parlement de Bretagne, baron du Faouet, ■A*' de Kerlen, de la Ville- Bausser, de Meslan, le Plessix Orgueil et autres lieux, résidant en la ville el cbasteau du Kaouet, et noble et puissante damoiselle Jeanne-Renée de Tinteniac. La dite Janne-Renée Le Roy a esté née au cbasteau de Quimerch, où ses père et mère et famille se sont réfugiés pour cause de la révolte des paisans lesquels partirent hier pour le respect de ceux de cette paroisse à la suite du s"'' marquis de Quimerch, Hyacinthe de Tinteniac, pour demander firàce au s?' le duc de Cbaulne au Fort-Louis pour ceste révolte dont on alcnd leur retour avec espérance d'estre par- donné à la considération dudit s^'* marquis, et pour y parvenir ont estées les cloches de la dite paroisse de Bannalec des- rendu. »
Ont signé : Sébastien du Fresnay, Jeanne-Renée de Tinteniac, Anne-Thérèse de Tinteniac, Julienne Govin , S. Le Roy , Guillaume Le Beux, recteur.
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Séance du 27 Décembre 1894. Présidence de M. LUZEL, vice-présid«nl.
Ktaient présents : MM. MALEN, l'abbé PEYRON, labbé ABGRALL, LE MAIGRE, SERRET, Tabbé FAVÉ.
Ouvrages déposés à la bibliothèque de notre Société :
Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, année 1893, n* 3.
Bulletin de la Société académique de Brest, tome XIX, 1893-1894.
Revue historique de l'Ouest, 10' année, 6' livrai- son, novembre 1894.
M. Luzel envoie, au nom de la Société, ses vœux do nouvel an à notre Président, M. de la Yillemarqué, empêché, et il espère qu'il sera encore longtemps parmi nous.
Il est donné lecture de sa notice nécrologique sur notre regretté Secrétaire, M. le vicomte de Blois. Cette notice sera insérée à la On du présent volume.
La revue Le Monde moderne, qui vient de paraitre, (lomande un échange avec notre bulletin. Cette offre
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n'est pas acceptée, la revue ne s'occupant pas de notre genre d'étudeii.
La lôttpe fiuivAnte nous esl adcessée par le ministère de l'Instruction publique pour le Congrès des Sociétûs savantes du mois d'avril prochain.
Paris, le iH décembre 1894. MoDsieur le Président,
J'ai l'honneur de vous annoncer que l'ouverlupe du Congrès des Sociétés savantes aura lieu, à la Sorbonne, le mardi 16 aoril prochain, à 2 beures précises. Ses travaux se pour- suivront durant les jouroëes des mercredi 17, jeudi 18 et vendredi 19 avril.
Le samedi âO avril, je présiderai la séance générale de ctâture, dans le grand amphilhéltre de la Sorbonne.
La circulaire du SI mai dernier, que je rappelle à toute votre attention, vous a fait connaître le programme des ques- tions qui seront discutées dans les réunions de l'après-midi. Pendant les séances du malin, les travaux étrangers an pro- gramme pourront être exposés au Congrès, A la condition qu'ils soient approuoéa par la Société savante dunt Uê émanent.
Vous voudrez bien, Monsieur le Président, me désigner, mant le l"/éorier, dernier délai, les Délégués qui se sont inscrits comme devant participer au Congrès et me faire connaître leurs communications écrites ou verbales. Il «8t indispensable que je reçoive, aoanl cetie même date (l^^ bu- reau du Secrétariat et de la Comptabilité), le manuscrit in extenao des communications proposées par MM. les Délé- gués de votre Sociélé, s'il s'agit d'une communication verbale.
Ces renseignements permettront aux membres du Comité d'établir un ordre du jour où les questions de même nature
n,g,t,7rJM,GOOglC
seront groupées ilaDS une même séance et de se préparer ii
prendre part à la discussion, s'il y a lieu
Recevez, Monsieur le Président, l'assurance de ma consi- dération 1res distinguée.
Le Ministre de l'Inatraetion publique
et de» Beaux-Arl».
Pour le Hînislre et par aulorlialion :
U Directeur du Secrétariat et de la Compt>à)UUi,
Illisible.
M. Luzel lit un conte breton, Iji Lavandière de nuit. \
La séance est levûo à 3 heures l/'2.
Le Vice-Président,
F.-M. UJZRL. /^. fiei:ri;tnire,
A. SEUKET.
n,g,t,7rJM,GOOglC
n,g,t,7rJM,GOOglC
Principaai établissemeots du Finistère en I7tO
p»» M. LE GUAY.
|
Églises Cathédrales |
|
|
de Cornousille. |
|
|
de héon. |
|
|
CoUâsriales. |
|
|
Sainl-Tremeur à Carhaix |
1108. |
|
Le Folgoèl |
1409. |
|
Notre-Dame du Mur, à Morlaix |
1295. |
|
Lesneven |
1448. |
Notre-DamQ de Roscudon (Pont-Croix) xti's.
Abbayes.
Landévennec (ordre de Saint-Benoit] 440.
Sainte-Croix de Quimperlé id. 1029.
Saint-Matbieu îd. vi* s.
Saint-Maurice de Carnoêt (ordre de Citeauxj 1170.
Notre-Dame du Relecq id. 1132.
Notre-Dame de Kerlot id. (femmes) 1662.
Noire-Dame de Daoulas (ordre de Saint-Augustiuj 1173.
Prieuré.
Locmaria qui fut abbaye au xi* e.
Couvents.
Auguslins. — Carliaix 1416.
Carmes. — Saint-Pol-de-Léon 1340.
id. Poiil-l'Abbé 1383.
id. Brest 1663.
id. Carbaix 1644
BututTiH abcbAol. m FiNisTÈBR. — ToHi XXI. (Hémoins). 1.
n,g,t,7rJM,GOOglC
Ordres de Saint-François.
Cordeliers de Quimper 1230.
Dames Cordelières de Saint-Joseph 1640.
Récollets de Lesneven 1628.
Cordeliers de Landerneau 1488.
id. deCuburien 1458.
id. des Anges de Landéda 1507.
Capucins de Morlaix 1611.
id. de Qutmperlë 1600,
id. de Quimper 1601.
id. de Recouvrance 1680.
id, d'Audierne 1657.
id. de Roscoff 1621.
id. de Landerneau 1634.
Minimes de Saint-Pol-de-Léon 1621.
id. de Saint-Fiacre (Plourin) 1660.
Ordre de Saint-Dominique.
Jacobins de Morlaix 1239.
id. de Quimperlé 1255.
Compagmie de Jésus.
Collège de Quimper 1619.
Séminaire des aumdniers de la marine, Brest 1C85.
Ursulines
de Saint-PoI-de-Léon 1630.
de Morlaix 1640.
de Quimper 1621.
de Carhaix 1644.
de Landerneau 1640.
de Quimperlé 1674.
Hospitalières de Quimper.
de Carhaix 1663.
n,g,t,7rJM,GOOglC
_ s —
Bénédictlnss Carhalslennes de Quimper. de Saint'Pol-de-Léon.
Dames de la retraite de Quimper. ,
de Saint- Pol-de- Léon.
Ruines du Clifiienu de la Itoclie-Maurice (origine
1020. Eglise de Sainte-Croix de Quimperié, par Alain Canhiart.
1030. Abbaye de Locmaria, par Alain Canhiart, en faveur
de sa iîlle qui en fut la première abbesse.
1031. Église de Locronan, par Alain Canhiart, en mé-
moire de sa victoire sur les troupes du duc Alain III.
1031. Église de Saint-ltenan, par Alain Canhiart. [Rn
ruine ou disparue.)
1032. Abbaye du Relecq, par Hervé de Léon. 1170. Abbaye de Carnoêt, par le duc Conan IV. 1173. Abbaye de Daoulas, par Guyomarc"h de Léon.
1233. Dédicace de l'église de Daoulas, par Renault,
évéque de Quimper, et Cadloc, évoque de Vannes.
1234. Dédicace de legllse du couvent des Cordellers de
Quimper, fondée en 1232. 1365, Pose do la première pierre de l'église du FolgoÔt,
par Jean H. 1419. Dédicace de l'église du Folgoët, par Alain, évéque
de SaInt-Pol-de-Léon. 1423. Fondation de la collégiale du Folgoët, par le duc
Jean. 1440. Pose de la première pierre de l'église de Saint
Jean-du-Doigt.
jM,Googlc
-4 —
1489. Reconstruction de r<5glise Saint-Melaine, de Mor-
laîx. 15(18. Construction de l'église paroissiale de Penmarc'h. 1542. Chapelle de la Mëre de Dieu. 1548. Clocher de Saint-Mathieu, de Morlaix. 1564, Chœur de l'église de Pleyben. Le portail en 1591. 1572. Construction de la chapelle de Kerlaz. 1575. Église de Kerfeunteun. 1587. Église de Saint-Thégonnec. XII* s. Église de Fouesnant.
id. Eglise de Loctudy. xiii's. Cathédrale de Quimper, abside et chœur, id. Cathédrale de Saint Pol-de-Léon, façade occiden- tale et clochers construits par l'évéque Derrien vers 1230. id. Château de Brest qui a remplacé un castoUum bâU
par les Romains, id. Château de Trémazan, fondé par Bernard du Chastel, à son retour de la Croisade, vers 1249. (1249.) id. Église de La Martyre, id. Église de Lambader. id. Église du Creizker.
id. Église et cloître des Carmes de Pont-I'Abbé. Couvent fondé par Hervé, baron du Pont, et Péronnelle de Rochefort, son épouse. (1383.)
n,g,t,7rJM,GOOglC
Note sor la question de l'alphabet aneien.
La question de l'alphabet ancien était à l'ordre du jour il y a quarante ou soixante ans dans le pays de Galles, comme en Bretagne (1). On l'appelait Coel-bren y Beirdd, l'alphabet des bardes. [Coel : augure, présage ; pren : bois.}
Le D' Owen Fughe, dans son dictionnaire, dit que le coel- bren était x l'alphabet des anciens habitants de la Grande- Bretagne ; les lettres étaient taillées à travers un morceau de bois carré, selon leur façon d'écrire, qui est encore conservée par quelques descendants des bardes, n
Cette assertion a été réfutée par M. Stéphens, le savant auteur d'un ouvrage sur la littérature galloise, dans l'Ar- ctiéologia Cambrensis (1872).
M. Silvan Evans, dans son nouveau dictionnaire gallois- anglais [dont notre bulletin a déjà parlé), dit que l'assertion du D' Pughe n'est fondée sur aucune base sérieuse, et que la tradition du coel-bren est d'invention assez récente.
Le coel-bren ne parait nulle part, dans aucun manuscrit, ni sur aucune pierre sculptée à une date antérieure au xvi' siècle. Il n'existe non plus aucun exemplaire du peitkynen, ou livre des bardes anciens, avant le temps de lolo Morganwg (1747-1826).
Les lettres du coel-bren n'étaient que des formes modifiées de l'alphabet romain, les parties arrondies devenaient angu- laires, deux qui maintiennent l'existence du coel-bren en voient la preuve dans l'usage de mots qui signifient bois,
(I) Lire l'Annexe au procès-verbal de la séance du 1 (BulletiD de ta SociÉt6 archéologique du Finistère, T. XX, p. LVl), sons le litre ; Le prêlenitu aCphtbet breton; lire aussi la noie inédite suivante du sarant anliquaire breton, M. A. de Biais, intitulée Coel-bren y Beirdd.
n,g,t,7rJM,GOOglC
— 6 —
fabricant, hache, couper, etc. (gwydd, Br.guez; saer, calvez ; bwyall ; bouc'hal ; tori, terri, etc.) dans les allusions aux poèmes du xvi» et xvii" siècles. Mais les expressions qui font allusion au métier de tisserand sont encore plus fréquentes. Les marnes auteurs parlent du coel-breii y meneiek (des moines] , etc. D'après les uns , Talphabet était com- posé de vingt-quatre lettres ; d'après d'autres, de seize, dix-huit ou vingt ; mais si l'existence de l'alphabet est con- testée, le nombre des lettres est encore plus contestable. La littérature galloise la plus ancienne est rimée et se conservait sans doute sans être fixée par l'écriture; la mémoire des élèves était aidée par In division des poëmes à la façon des poèmes hébraïques (e.g...les Psaumes). Nous croyons que nos confrères, MM. Luzel et Le Braz, dans leurs intéres- sants volumes de Soniou, nous fournissent la preuve que l'on exerçait aussi en Bretagne la mémoire des jeunes gens par la répétition de vers bretons. Le morceau qu'ils ont intitulé « Les vêpres des Grenouilles » [Gousporou ar Raned) a dû servir à ce but. Le titre aurait dû être , croyons-nous, 1 Gousperou ar Rannou », les diverses parties du morceau devant être récitées à tour de rdle par les membres du groupe [Rannou] et n'ayant rien à faire avec les grenouilles (raned ou raniked). [1)
W.-J. JONES.
Coel-bren y Beirdd.
Les Gallois donnent ce nom à des morceaux de bois sur lesquels les bardes faisaient des coches qui leur tenaient lieu de caractères, signes ou notes, suivant leur forme ou leur position, et leur tenaient lieu d'écriture en plusieurs cir- constances. (Edward Jones's British Musœum, tome m, page 4, note 29 ; Londres, 1802].
(I) et. Le Banaz Breiî, chants populaires de la foetai^ne, 9* édition
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Il est probable qu'il n'y avait que les bardes du dernier degré, et ne sachant pas lire, qui se servaient de cet instru- ment. Cependant, d'après la triade, il parait que tous les bardes en faisaient usage, puisqu'elle le leur attribue en général.
Ce mot Coël bren est formé de Coël, sing. fem., qui signifie: croyance, confiance ; dépôt : présage ; et de Bren, pour Pren, sing. masc. (suivant la règle des consonnes muables), qui a le sons d'arbre, de bois travaillé, ou disposé pour l'être. W° Owen donne aussi dans son dictionnaire gallois au mot composé Coel bren, le sens de registre, journal, mémorial ; bâton à lettres, bôton à votes, ô suffrages ; lot, sort, heirdà est l'ancien pluriel de bardd que les Gallois ont conservé : L'y est leur article.
Quelques-uns de nos chanteurs de campagne, qui courent les foires et les pardons pour y chanter des cantiques ou des chansons, souvent de leur composition, se servent encore de nos jours de ces petits b&tons à coches, pour se remettre en mémoire la matière et les diverses parties de leurs ouvrages. Ou connaît à Morlaix un mendiant aveugle et compositeur qui en fait usage.
A. DE BLOIS. (1837.)
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LES JOCULATORES BRETONS
AO MOYBN-ACE
(Suite). CHARLES DE BLOIS.
Je canle por )a rice geot
Ki ad les rcoles et largeat, disait un trouvère du xii* siècle, dont les ménestrels du xiv' auraient pu répéter les paroles ; ils servaient en elTet surtout les gentilshommes. Appointés par eux et gagés, comme tous les vassaux, dans la vie féodale, ils remplissaient leurs fonc- tions de leur mieux, la chanson A la bouche et la harpe A la main. Que la famille du jongleur Rivallon ait servi de celte façon, dans le manoir de Saint-Yves, k Kermartin, nous l'avons vu. D'autres jongleurs, à la même époque, plus tdt ou plus tard, tirent l'oflice de simples amuseurs en (han- tant les aventures des barons : si c'étaient leurs batailles, ils avaient près d'eux des i méncslreux de toutes guises, avec force tabourins, trompes, naquaires, bouzins, clialemies (bi- niou et bombardes) qui merveilleusement plaisoit à écouter » dit Jean de saint Paul. S'ils chantaient pour le peuple, sur les places publiques, ils ne se gênaient pas pour dénaturer les faits, prenant les guerres de Bretagne pour sujet de chansons fabuleuses et mensongères ; ce qui enaiiyait fort l'historien Froissard : < pluisur gongleour et enchantours en places, dit-il, ont chanté et rimet les guerres de Bretaigne et cor- rompent par leurs chansons et rimes controuvées la juste et vraie histoire ; leurs rimes et leurs canchons controuvées
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n'atteindrant en riens la vraie matière. * (Ed. de Luce, t. u, p. 265 et p. xxxii) Et Froiseard ne ne plai^nnit pasiianfi raison: je ne sais si le mot fameux de GeofTroi du Bois à Beau- manoir qui se meurt de soif et auquel il répond : Bots ton sang\ est plus h istorique que le mot moins chevaleresque prêté à Cambronne. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'un héros des Niebelungen nommé Hagen, l'adressait plusieurs siècles auparavant & un de ses compagnons (1|.
Quelquefois môme, les barons ne dédaignaient pas de se mettre à la tête de leurs gens et nous voyons parmi les ménestrels du xiv* siècle les deux ducs de Bretagne en guerre. Jean de Montfort, prisonnier au Louvre, se sauva sous l'habit d'un de ses jongleurs : ■ II prisât l'abit à l'un de ses ménestrels, et, dou soir, il montaàceval, et levasletdou ménestrel avoecques lui ; et issil de Paris, et cuidoient ses gens, fora chil qui le dévoient sçavoir, (|ue il fust encore en ses cambres, car si csmbrelent disoient que il estoit malades et gissans au lit, quant il estoit (déjà) en Bretagne. Et vint A Nantes, de nuit, et ala devers sa femme la comtesse (Jeanne la Flamme] qui, point des premiers, ne le recognoissoit en cest estât (2). n
Son rival, Charles do Blois, avait aussi nne troupe de musiciens et de chanteurs, parmi lesquels, lui huitième, fesait sa partie : « Il avoit en sa compagnie sept joueurs dj guisternes, et il meisme, si com l'on dit, commença à jouor de Tuitiesme j)^t«ternf . u (Les grandes Chroniques de France, t. V. p. 478).
(1) Le féal Lapolde qui enlonoalt par tripli la bataille des Trente, au dire de Noël du Fail, a'nurait-îl pas aussi mèrilâ les reproches de Frois- sa rd 7
(2) C'est encore à Hnépuisable érudition de notre confrère, M. de La Burderie, que je dois ces textes, dont U valeur est Incontestable ; Ils sont tirés d"un manuscrit de Bonic, Iroisième rédaction du premier livre des Chronique! de Froissard, édit. de Siméoa Luce, t. II, p. 3tlâ.
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Ce Charles de Blois est précisément le ménestrel princier, le Joculator hors ligne, dont jai à parler.
Fils de Guy de Châtillon et neveu du poi de France, Philip- pe VI, — non pas son neveu par pure courtoisie, comme Roland, deChHrlemague, mais son vrai neveu ; — Ckarton, comme on l'appelait, naquit vers l'année 1319. Sa mère, Marguerite de Valois, sœur du roi, lui donna pour gouvernante une de ses dames d'honneur qui lui apprit à se signer et à saluer Dieu et la Vierge par les mots Pater noster et Ave Maria.
A dix ans, il fut confié à un clerc, appelé Jacques de Hen- chim, qui lui enseigna le latin el lui mit entre les mains une grammaire nommée le doctrinal, qui répondait à peu près à notre grammaire de Lhomond. Ce clerc avait pour aide un certain pédagogue du diocèse de Chartres, membre des Universités de Paris ou d'Orléans. Il initia son élève aux mystères du Quadricium, î] lui apprit même la musique. Mais les livres de grammaire et de musique de l'enfant étaient peu du goût du père ; le vieux chevalier estimait plus les bons coups d'épée, et sous prétexte que son lils dormait sur ses auteurs, il finit par l'envoyer, pour se former aux belles ma- nières, à la cour du roi de France.
Charles avait alors quinze ou seize ans. C'était, dit Augus- tin du Paz, un des plus beaux hommes de son temps, alTable, courtois et d'une humeur douce. La beauté du jeune page, son affabilité, sa courtoisie attirèrent tous les regards à la cour de Philippe VI. On connatt assez le milieu où il se trouva. Quoiqu'on en ait dit, il en sortit moins chaste qu'il n'y était entré, et plus tard il racheta par des pénitences à démesure les trois années de jeunesse qu'il y passa.
Sans m'arréter à ces années, dont les suites existent encore ; sans même parler du mariage politique que lui fit contracter le roi de France avec l'héritière du trône de Bre- tagne, j'ai h&te d'arriver A sa captivité, aprt^s la bataille de La Roche-Derrien (1347J.
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La Roche-Derrien ! on aimerait à refaire, après Froissard, le récit de cette bataille mémorable, livrée la nuit à la lueur des torches; à en montrer le héros, adossé à un moulin à vent, aujourd'hui converti en chapelle, recevant des mains de son écuyer, Ollivier Tbibaud, tance sur lance, toujours bri- sées, toujours inutiles; forcé eniin de se rendre, son sang coulant par sept trouées, d'autres disent par dix-sept bles- sures ! Mais il nous faut quitter le champ-de-bataille et suivre le prisonnier à Carbaix, à Vannes, à Kemperlé, à Brest, puis A travers la mer, à Londres, où le roi d'Angleterre, Edouard 111, le fit enfermer.
Les prisonniers illustres ont leur histoire ; nous en avons eu la dernière page, au château de Hani : on dirait l'évasion de Jean de Montfort, du Louvre ; seulement, au temps des légendes, on n'aurait pas manqué de mettre sous la fenêtre du prisonnier de Ham quelque Tidéle ménestrel, quelque Blondel, la harpe à la main. La tour de Londres avait déjà reçu les prisonniers dun autre roi d'Angleterre : le duc de Bretagne et ses compagnons auraient pu y trouver les traces de ces pauvres bardes gallois que les ordonnances royales appellent dédaigneusement des westours, des barthes, des rymours, leur reprochant « d'opprimer le pays ■ ; y trou- vèrent-ils les cendres des livres gallois qu'ils avaient appor- tés pour se consoler et qui furent jetés au feu, dît Guttin Owen, llyfrau i'r tda? Du moins la sympathie de leurs compagnons de captivité ne leur manqua pas ; les Gallois ODt toujours aimé la France.
La tendresse des ménétriers du duc de Bretague pour leur prince n'est pas moins certaine : ils l'avaient suivi à travers la mer, dit la chronitjue, depuis sa captivité ; ils entouraient son lit, dans la tour de Londres, comme ils l'avaient entoure sur sa paillasse ensanglantée, & La Roche- Derrien : leurs chansons durent le soulager.
La dévotion de l'héroïque prisonnier acheva sa guérison:
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il demanda les livres les plus propres à le soutenir ; parmi ces livres je remarque les saintes Ecritures et particulière- ment les psaumes des Heures canoniques : « il récitait les Heures canoniques si dévotement, dit le clerc do Payen de Kelen, et si posément qu'il voulait comprendre ce qu'il lisait ; bien souvent il me demanda le sens des paroles, et, après Chacune des Heures, il chantait l'antienne Salce.regina mise- rieordiae, à genoux, les mains jointes, et les yeux élevés au ciel; et quand il arrivait aux mots SaJo^ regina misericor- diae, il ajoutait le mot Mater qu'il répétait deux ou trois fois très dévotement ; alors son impression était telle que ses joues en devenaient vertes. {/Vddebat verbum Mater et color vultus ipsius mutabaturdenatali colore in t)tn(fe»«). Etaient- celes souvenirs de sa jeunesse qui lui fesaient changer de couleur? L'appel à la Reine du Ciel ne lui suflîsait-il pas ? Avait-il besoin d'invoquer la mère (te miséricorde? Quoiqu'il en soit, l'Kglise catholique a adopté l'addition, comme je l'apprends de mon savant confrère, M. le chanoine Abgrall.
Une fois (et je ne puis résister au plaisir de citer l'anec- dote),» comme il répétait devant moi ses Heures canoniques, dit Eudon de Cillart, et qu'il y ajoutait l'onice des Morts, arrivé au psaume De profundis, et s'apercevant que je ne répondais pas, il me dit : o pourquoi ne me réponds-tu pas ? réponds-moi donc ". Moi je répliquai d'un ton ferme : Je no prierai pas pour des morts qui ont tué mes parents et mes amis, et brûlé leurs maisons. ■ En effet, il s'agissait de prières pour des Anglais, et de leur pardonner comme faisait le bon duc.
De cette récitation quotidienne des Heures, de celle addi- tion d'un mot important aux prières d'usage, de tant d'autres preuves de la dévotion du duc envers saint Yves, à la composition d'une hymne en Ihonneur d'un saint très vénéré par lui, il n'y a pas loin ; aussi je ne m'étonne
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nullement de lui voir attribuer une pièce qu'il avait faît« à la louange de son compatriote et sujet : le témoi- gnage de frère Derricn est d'ailleurs formel : Dum esset prisionarius in A nglia fecit qaaindam scripturam de vita teu statu B. Yconis, dit-il. Et pour bien caractériser la pièce, le religieux en indique aiusi le contenu : <■ In quâ ipsum eomparaOat [Yvonem] cuilibet Ordini et statui Beato- ruitt (1).
Albert Le Grand qualifie la pièce de prose rythmique ; il ajoute que l'auteur • avoit mis le chant dessus » qu'elle était ■ d'un ton si mélodieux que plusieurs en prirent copie»; enfin qu'elle fut chantée en divers lieux de la Bretagne. (Vies des saints de la Bretagne-Armorique, 3* éd., p. 592.}
Un examen très attentif du document en question confirme l'assertion des deux religieux [2|.
Eternité viiae praecont'n Promat YvonJï canlJca Pleljs, en m dvibus coelicis NodulantiliKS coelica. Prima vox sancue Hariae Collandal regem Gioriae Qui ceiebranti affuil El cunciis clarus patuif.
HuJc, Angeli, Archange^' Carmen canuat deo coelt Cui, reddiio caputio, Hinc steteruot ia Prandto. Propheiae, poelae, mérita Laudant qui dixit in vi'ta Uerenium de heremtta Quod exirel ; et lll Un
(1) Testia XVIII, Pr. Derriauus, ordiaii Fralam Uloorum. (0. UoHce, preuves, t. II, cot. 13.
(i) Voir le texte daos les MonumeaU originaux de Fkàtoire if« taint Yves, p. 467, d'après le maDOScrll latin do la BlblioLbèqoe Dalionale, 0* 1148.
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Aposioli jubent coït Régi poil solenuia Qui ederu lurpis assisUns Hic fit reccn* in Gloria Martires vires corporw El laborû certamiDa Laudanl, et caDtanl cam eo NuDc, coram DfO, carmina. Conressores, juxla moret Huic voluDt cr«scere honora Volunl (pares] actu pan HuDc munere gloriurt. Virgioes, post lot Ordinn VolenlM IlDes traosgredi ; Canuut Oeo, suDt cum eo Id aettierfo comedi.
Laudes plebs omnis âicilo Deo Palri iogeailo Cum siio unigcoito Et Plamiui his unilo Aineo.
■ Que le peuple qui est uni aux citoyens du ciel modulant des concerts célestes, chante un cantique en l'honneur d'Yves, ce héraut de l'éternelle vie.
< Sainte Marie, la première, élève la voix pour célébrer le Roi de Gloire qui a assisté le saint [à l'autel] et s'est montré clairement à tous.
< De droite et de gauche, les Anges, les Archanges, chan- tent une hymne au Dieu du Ciel, (]u'ils adorent, le capuchon relevé, pendant le Banquet (divin).
■ Les Prophètes, les poètes (sacrés) exaltent les mérites de celui qui a dit durant sa vie qu'il se ferait volontiers her- mite dans un hermilage ; et qui a tenu parole.
• Les Apôtres qui veulent que l'on chôme les solennités du Roi du monde, proclament qu'après avoir mangé humble- ment (son corps), le saint a été reçu récemment dans la Gloire.
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« Les Martys qui ont célébré les forces de son corps et ses combats laborieux, cbantecit avec lui maintenant des hymnes devant Dieu.
u Les Confesseurs, selon leur usage, veuleut accroître ses honneurs; ils veulent (pareils à lui), le glorîQer par des pré- sents pareils.
1 Les Vierges, qui, après tous les autres Ordres, ne vou- draient pas franchir les limites, le chantent devant Dieu,sonl avec lui, dans la divine comédie.
<■ O peuple, rendez tout d'une voix hommage à Dieu le Père non engendré et à son fils unique, et à l'Esprit qui leur est uni.
■ Ainsi soit'il. ■
Voilà bien lu Cour céleste, telle qu'on se la figurait a<i XIV* siècle, et dans laquelle le poète introduit saint Yves ; voilà bien chacun des Ordres des Bienheureux indiqués par le cordelier Derrien : la sainte Vierge, les Anges, les Ar- changes, les Prophètes, les Apôtres, les Martyrs, les Con- fesseurs, les Vierges ; aucun Ordre ne fait défaut (1).
Quant à la musique de la pièce, je n'ai pas le moyen de louer, comme l'a fait Albert Le Grand, ■ le chant mélodieux mis par l'auteur sur les mots du texte * ; mais je déclare qu'il a choisi ces mois avec un soin minutieux ; qu'il les a groupés et arrangés avec une symétrie capable de satisfaire les oreilles les plus dilficiles de son temps ; que les rimes exté- rieures ou intérieures ne laissent rien é. désirer, qu'enfin il en résulte un cliquetis rythmique incomparable.
Je n'ignore pas que les critiques diront que si l'on n'avait pas d'autre preuve du talent poétique de Charles de Blois, on pourrait douter de ce talent ; le vieux Joculator Clément, auteur du cantique en l'honneur de Saint-Gwénolé, était aussi plus remarquable par sa piété que par ses poésies ; et
(I) Cf. Le Paradis, dans le Lectionnaire de Triguitr, docuraeat anté- rieur, p. 857. Edition de M. de La Borderie, p. 271 (1892).
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pourtant les critiques n'ont (loint tout à fait raison : ils ne doivent pas oublier que le musicien primait le poète, au moyen-flge, et, après tout, pardonner à un prisonnier qui voulait, par reconnaissance, msttre un peu d'harmonie céleste aux barreaux de sa prison.
Origine touchante ! c'est en effet la reconnaissance qui avait inspiré son hymne à Charles de Blois. Pendant les neuf années qu'il passa à tour de I^ondres, il aspira au jour où il lut serait donné d'acquitter un vœu fait à saint Yves, au moment où il tomba couvert de blessures, sur le champ-de- bataille de la Kouhe-Derrten. Ce vœu, auquel il dût la vie, précéda la composition de son hymne qu'on ajouta plus tard à l'Ollice de la translation des reliques de saint Yves à Tréguier; y assista- t-il V On peut affirmer que non, mais il est certain qu'il accomplit son vœu : 11 avait promis de se rendre à pied, et pieds nus, s'il guérissait, de Ja Roche- Derrien au tombeau de Saint- Yves, quelque temps qu'il fit, et à quelque époque do l'année qu'il fût ; il tint parole. Un jour d'hiver, on le vit donc, pieds nus, dans la neige, marcher pendant près de deux lieues. Son médecin, Georges de Lesnen, voulait l'arrêter : Monseigneur, vous votis tttex I Les pauvres gens, émus de pitié, s'opposaient aussi au voyage, et ne pouvant y parvenir, jetaient devant lui de la paille ou des tapis; lui, s'en écartait doucement avec un sourire, et allait toujours. Le peuple savait combien le bon prince était sensible à ses misères ; il se rappelait, dit un homme de Ploémoguer, que < le seigneur Charles était compatissant pour le peuple, qu'il l'aimait beaucoup; qu'il défendait qu'on le charge&t d'impôts, vou- lant qu'on s'adressât aux barons, au Pape, au roi de France
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ou k d'autres ; et ne craignant pas, dans ce but, d'emprunter et de mettre ses terres en gage. (1)
Charles de Blois passe pour avoir aussi composé des poé- sies françaises : nous ne les connaissons pas, et nous n'avons pas à nous en occuper ; mais il nous serait agréable de re- trouver la musique de son hymne en l'honneur de saint Yves. Un berger de Virgile, se rappelant L'air d'une chanson dont il avait oublié les paroles, disait : Numeroi memini, siverba tenerew ? C'est précisément le contraire que nous disons. Hersaut df. la VIbLEMARQUÉ.
(I > Di»DiDug Carolus, eompatlebal populo quem vi)d« dlltgiebat. non pei- mlUebatur quod nullam snbaldium ImpoMrelar, wd a prJnciplbus, stcuta Papa et rege Franclae el alils pecaiiiam niDluio reclplebal et lerram BUam pro hoc obllgabal. (D. Morlce, preavei, T. 11, col 31). BDLLcmi ARGHiou DC riNigTfcu.— ToHi XXI. (HéiDOires), 2.
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LE COUVENT DE SAINT-FRANÇOIS
DE QUIMPER. Quelques épisodes de son lilstotx'e.
Je reviens pour la sixième fois au couvent de Saint-Fran- çois de Quimper ; et dans celte étude, qui sera la dernière, je veux épuiser les notes prises aux jours heureux où j'habitais votre aimable ville.
La perte presque totale des archives du couvent est irré- parable. Avec des titres dont le plus ancien (récemment recouvré) est de 1469, qui pourraitavoir la prétention d'écrire l'histoire d'une maison fondée deux siècles auparavant? Essayons seulement de mettre en lumière quelques faite jusqu'ici inconnus ou du moins oubliés.
I. — liO mur de ville elôture du oouTent.
Le couvent de Saint-François fondé en 1232 par Raynaud, érèque de Cornouaille(l),occupattrangleformé parles deux rivières d'Odet et de Stéir, au-dessus de leur confluent. Cet enclos, d'un hectare environ, presque le quinzième de la ville close, confinait, vers le nord, aux dépendances des maisons delarueKeréon ; ô l'estil donnait sur la rue Saint-François; au sud et à l'ouest il avait pour clAture, le long des deux rivières, le mur de ville bâti, du moins en partie, dès 1209, et achevé avant 1344, puisque, au printemps de cette année. Chartes de Blois y donna l'assaut.
(I) Je crois avoir démontré en tailet en droit, qne l'honDear de II ton- dailoD attribué arbitra i rente Dl au baron de Pont revient A l'évéque Ray- naud, aeigneur de l'emplacement du couTenl. — Bull. tB90.
Pour preuve, ne luOlsait-il pas de ces mois ; ■ fandalor hiyut eonven ■ Im • écrits par lea cordellera coalemporalns sur ta tombe de Raynaud 7 Hais 11 ]r en a blan d'autres.
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Le subdélégué de l'intendance disait en 1781 (i), que, an- ciennement, il avait été reconnu aux cordeliera un droit de propriété sur le mur de ville. 11 inférait ce droit d'une ■ or- donnance rendue, le 8 mars 1473, par le duc François II, prescrivant une information contre ceux qui détruisaient le mur du couvent. >
Nous n'avons plus l'acte de 1473 ; mais combien la déduc- tion du subdélégué nous semble téméraire! Pour s'en con- vaincre, ne suflit-il pas de remarquer que le mur était la dé- fense commune de la ville et du couvent ; et que le duc, en assurant la conservation du mur, ne protégeait pas seulement les intérêts des religieux, mais aussi ceux de la ville ?
Le Bubdélégué oubliait sans doute le fait suivant : le 14 mai 1386, les Etats réunis & Rennes avaient été saisis par les évéques de Dol, Nantes et Cornouaille et par l'abbé de Saint- Sauveur de Redon, de réclamations concernant la propriété des murs ; et, après enquête, les Etats avaient solennellement jugé que a toute fortification des villes ecclésiastiques était au duc qui en avait la garde, n (2)
La décision des Etats était d'autant plus significative que la situation de l'abbé de Redon était plus favorable. Seigneur de la ville, l'abbé (Jean de Tréal) avait reçu Redon ville ou- verte, et il l'avait rendue close à Jean IV. (3)
Toutefois, le mur de Redon faisant aussi la clAture com- mune de la ville et de l'abbaye, les Etats reconnurent! l'ab- baye une servitude de n vue et fenêtres sur le rempart. »
(I) Rapport (20 octobre I7âl] sur ud procès verbal da fortiflcatiotu dreMé la m^me année. Artb. du Finistère,
{i) Horice Pr. I[. col. 5ZI-jZ5. Lobineau. Pr. col. 657. Ct. H. de la
Borderie. Le règw Ae Jean IV- Revue de Bretagne 1893, II,
p. 89-<m.
(]) Traité de Jeao de Tréal avec Jean de Hontlort. Horice. Pr. col. I58i-8t. Lobineau I^. col. SOG.— Jean de Uoollort •rcorda i l'abbé le cboii du capitaine de la ville.
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Il est probable que l'ordonnance de François II reconnaissait au couvent de Quimper quelque droit analogue.
Quoiqu'il en soit, les cordeliers ont maintenu ce droit de propriété ou su moins de possession jusqu'aux derniers jours du couvent. En 1766, le maire de Quimper ayant commencé la démolition d'un parement du mur de ville, les cordeliers lui firent sommation de retirer les ouvriers ; ils invoquaient la longue possession et l'ordonnance du duc François. Le maire protesta qu'il n'avait pas voulu porter préjudice au couvent et les travaux cessèrent. (Ij Mais, remarquons-le, un simple droit de servitude aurait légitimé la réclamation du couvent et justiHerait la prudente abstention du maire.
C'est sur ce terrain que Guy de Thouare, époux de la du- cbesse Constance, avait construit un château. (2) La porte principale de l'enclos des cordeliers, ouverte un peu en avant de la porte est de la halle, était accostée jusqu'au dernier siè- cle de deux écussons aux armes de Bretagne, pleines sur l'un, écartelées sur l'autre des armes de Thouars. (3) Cette porte avait donc été celle du château ; et le terrain que le comte de Thouars prétendait occuper dans la ville close, flef de Saint- Corentin, était celui que l'évêque Rainaud donna aux cordeliers en 1232.
La contiguïté au mur de ville allait être fâcheuse pour le couvent.
(1) Eareglalrement, vol, tS4, ÏS septembre. Sur ce qui précède, cf. Pritmtnade daru Quimper. Bull. 1885.
(!) Le chlteau de Guy de Thouara démoli sur la demande de réi-équc, en 1310, lut repris par Pierre II, après la transaction passée avec Jean de Lesperiez, en Hbi. (Il ne s'agissait aucunemenl d'une habitation ducale; mais de quelques déteoses particulières). On trouve: Le pelit oliittaii (Rélorm. de ib3fi). — Le château de Saint- François (Compte du mlseur UH). — Horean Qomme aussi le château. (P. 59}.
(3) Ces armes se voyaient encore en IT4J. (Réponse de l'évêque au séné- chal. (Arch. du Finistère),
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Quimper a subi quatre sièges: en 1344, 1345, 1364 et 1594 (Ij. C'est toujours contre le mur des cordeliers que l'ennemi s'est attaqué. C'est là que Charles de Blois ouvrit la brèche au printemps de 1344 (2). C'est an mâme point que Jean de Montfort s'acharna vainement en 1345 (3). Après la bataille d'Auray, en 1364, ce mur fut, comme les auU^s, battu par les ■ machines > qne Jean de Montfort, vainqueur fi AuPBV, avait fait venir de Vannes et de Dinan (4], Enfin, eu 1504, c'est sur le mur des cordeliers que tiraient à feu ]>longeant ■ les petites pièces de canon et les longues arque- buses 1 que le maréchal d'Aumont avait fait monter sur le mont Frugy, près des patibulaires du Roi (5).
« C'était, dil Moreau, l'endroit le plus faible du rempart. ■ Pour fortifier ce point, on construisait un retranchement derrière, dans le jardin du couvent. Le gardien, nommé La Villeneuve, gentilhomme du Léon, y travaillait, lorsqu'une balle ie frappa au pied ; il ne prit aucun soin de sa blessure, et il en mourut deux mois plus tard.
Toutefois, nous ne voyons pas que le couvent ait eu beau- coup A souffrir de la guerre ; mais, chose plus dlfiicile i comprendre, si nous remontons le cours des figes, nous allons, cent ans avant les troubles de la Ligue, voir le couvent mis 6 sac en pleine paix !
II. — Émeute (1469).
Quelques années avant l'ordonnance de François II dont
(1) Je oe parle que àei siégea en règle.
(i) l>)bincau, p. 33),
[3). I^biDcsu, p. .137. l.'Huteur dit : < Il attaqua la ville du cOté de l'urient, vers le ninni Fougin (lisez Frugy). > Le Frugy est au sud et non à i'e«t : el celle <lernlère indication nous monlre bien que c'est au mur des Cordeliers, • à cause que cet endroit lui parut le plus laible, ■ que MontFort nitaqua.
(1) I»bineau, p. .117. Lire dans Mélanges d'histoire et ^ Archéologie bretonne', I. p. :7-82, les dëlibéralions de la ville à propos de la capitu- talion (|ue D'. Morice a donnée en parlie. Pr. 1. I5sa-I58(i.
(b) Chan. Mureaii, p. Îlfi-ÏIT.
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nous avons parlé, le même duc avait eu à preserire une poursuite à raison de violences exercées non plus contre le mur de ville, mais contre la maison et les personnes des cordeliers. Cette ordonnance, du 28 septembre 146I>, a été récemment publiée (1), et il me suffira de résumer en quel- ques mots les faits qu'elle révèle.
Au milieu de la nuit du mercredi, veille de la fête de saint Barthélémy 1469 (23 au 24 aoAt), le tocsin réveilla Quimper. Des cordeliers, les uns étaient au chœur prêts à commencer matines, les autres se levèrent en toute hâte, croyant à un incendie. Une troupe de gens armés, sans respect pour les armoiries ducales, enfonce la porte de Saint- François et fait irruption dans l'enclos aux cris : « Mort aux ribauds ! > La maison, la cave, la panneterie sont mises à sac; le jardin est dévasté ; des vases sacrés et des ornements sont enlevés de l'église (2). Les frères avaient fui, sauf un malade ; arrêté dans le jardin, à demi velu, il fut accablé de coups de bâton et même frappé d'épée, jeté à terre, foulé aux pieds, puis dépouillé de ses vêtements emmené violemment à la prison, et chargé de chaînes (3).
Comme on le voit, il ne s'agit pas d'un vol à main armée : c'est une véritable émeute ; et les organisateurs du désordre se croient assurés de Tassentiment gétiéral, puisque en sonnant le tocsin ils appellent à eux tolite la ville.
Le dénombrement des émeutiers est curieux à lire. Quatre sont des gentilshommes, dont les ancêtres furent les bien- faiteurs du couvent, et qui, couchés au fond de leurs tombes,
(1) Bull, de 1890 T. xvii, p, '18. Extrait des Archives do ViDlstère. Haint-Fmnçoà.fioiam.dt M. Luzel.)
(l) Et, détail curieux, les émeutiers i tuèrent ies pans et autres oiseaulx. > En IIGU, ies cordeliers avaientdea paons, encore objets de iuxe aujourd'hui !
(3) il s'aftit vralsembUblemeiit, comme nous ie verrons, de in prison de l'évoque, haut justicier, ia seule i|ui pdl être en Titic.
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sont restés les hôtes des conJeliers. Ils se nomment Ros- madec, Tyvarlen, I.anros, Tréanna. Six autres sont qualifiés dotJiS : ce sont sinon des prêtres, du moins des clercs ayant reçu les premiers ordres. Dix sont dits maîtres : ce sont des bourgeois de la ville, peut-être des hommes de loi, peut-Être aussi des chefs d'ateliers ; en tous cas, ils sont autres que les quatre derniers, aucunement qualifiés. Avec ces vingt gen- tilshommes, clercs, bourgeois ou simples habitants, se trouve ■ un grand nombre d'hommes inconnus aux religieux. ■
■ Trois personnages à Quimper ont qualité pour réprimer le désordre : le capitaine Jean de Rohan : il a « charge de maintenir les habitants en bonne union et concorde ■ (1); le sénéchal des regaires : il est ■ seul juge de police ■ ; l'évëque, seigneur haut justicier de la ville close. Tous s'abs- tiennent. Comment expliquer l'inaction du capitaine Jean de Rohau et celle de l'évéque, dont le sénéchal a dû prendre les ordres ? Et l'évéque est Jean de Lespervez dont la belle de- vise révèle la justice et la charité ! (2)
L'évéque (il n'est pas besoin de le dire) déplore et déleste les excès de la foule furieuse ; mais il ne s'est pas opposé à l'emprisonnement du cordelier. Selon toute apparence, c'est dans la prison de l'évéque, la seule qui soit dans la ville close, que le cordelier a été déposé.' Or, il y sera encore après un long mois révolu ; et, le 28 septembre, quand le duc, ft la requête de son procureur général Nicolas de Ker- meno (3), ordonnera l'arrestation de Rosmadec,deLanros, de
(I) Formule des actes de DomioaLlon des eapiiainee. Bull, xm, p. 5t
(?) Orplitnn tb rrùi attjutnr. Cette devise esl Inscrite dans un cartouche au-desius des armes de l-espenei, au pilier 'cflté de l'Évangile', à l'entrée du cbœur de Salnt-Corentln. Ces armoiries, placées lÂ, pourraient faire attribuer à Jean de Lespervei la construction de celte partie de l'église, dont ou a lait bonoeur i Bertrand de Hosmadec. M. Le Men. MoDOgr, de la Cathédrale, p. 1 18.
(3) Fils de Guillaume, aussi procureur géoéral. Sènécbal de Vannes, Keraieno fui un des ambassadeurs du duc pour la raUUcalloD du traité de Seuils. (1473.)
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quatre bourgeois et de deux autres ; en môme temps, il pres- crira ■ à ses officiers et ai chacun des ofliciers de l'évéque de CornouBÏIle (1) de mettre hors prison en l'habit et état de sa religion n le cordelier détenu.
La cause de cette émeute ? (2) La suite donnée aux ordres du duc ? C'est ce que nous ne pouvons dire. m. — Lo couvent et le roi François I« (1529).
Soixante ans plus tard, le souverain (et ce sera le roi de France] devrade nouveau intervenir dans les affaires des frères mineurs. Mais il ne s'agit plus d'une émeute de gen- tilshommes , de clercs et de bourgeois. C'est un simple ouvriei' de la rue Neuve qui motivera l'intervention du roi François I".
Noua sommes en 1529 : le roi est usufruitier du duché, et en même temps tuteur de son fils, le dauphin François, que la mort de sa mère, Claude de Bretagne (1524), a fait duc de Bretagne (3). En novembre, le roi était à Rennes, et c'est là qu'il reçut la requête des cordeliers.
Pourquoi faut<il que de cette procédure nous n'ayons qu'une pièce, le mandement donné par le roi à son procureur de Quimper, le 10 novembre 1529 ?
Quimper s'apprête à voir des eaux limpides réjouir enfin ses rues. Peut-être apprendra-t-il avec quelque sur^lrise que, dès le XVI* siècle (il y a trois siècles passés], ta sotirce de Pen-ar-Stang, sur le flanc du mont Frugy , avait été amenée en ville ? ,
(1] C'est surtout d« ces mais qu'on p«ut Inférer que le cordelier était détenu dans la prison de l'évéque. S'il edl été détenu dans la prison du- cale (é la Terre-au-Duc', les ofliciers de l'évéque n'auraient pas eu i con- courir i aa mise en liberté.
(Il Le cri des émeutters ; < Nous aurons les ribaadst t fait penser à quelque accusalloa de débauche, {cf. ribolé).
(3) François lut couronné duc de HreUf^ne. en grande solennitéà Rennes, le 12 aodt 1531. Il mourul i Lyon en I.î3i. laissant son frère, depuis Henri II, héritier du duché.
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C'est au couvent dea cordeliers qie revient l'iioniieur de cet utile travail. Nous lisons dans l'acte de 1529 que a les cordeliers avaient depuis longtemps la bonne et pacifique possession de faire mener et conduire par sous terre par tuiaulx d'estain on plomb > les eaux de Pen-ar-Stang. Ce qui veut dire que depuis longtemps ils avaient acquis cette possession après quarante années de jouissance. (1) Mais le couvent n'avait pas besoin de toutes les eaux pour son ser- vice ; il les avait « assemblées en un iieu commode tant pour le couvent que pour les manans et habitans de la ville et forbours, en un bassin garny d'une pomppe. » Ce bassin unique devait Hre voisin du couvent. Sans pouvoir en mar- quer exactement la place, nous pouvons conjecturer qu'il était près de la porte de Saint-François. (2|
U semblerait -que le droit des cordeliers avait déjà été contesté, puisque la possession leur avait été reconnue par sentence déjuge.
Un jour d'automne, en 1520. leau n'arriva pas au liassin. Les cordeliers « envoyèrent des ouvriers à ce connaissans » pour rccliercher le point oh les tuyaux de conduite étaient rompus et pour les remettre en état. Les envoyés recon- nurent la rupture dans la rue Neuve, • et se mirent en devoir de faire ta réparation nécessaire ».
(1) Art. 142 de la coutume.
Celle posieuion. juridiquemenl ret'onnue et qui va permellre aux ror- dellers d'engager une inslance, ne peut flre le simple usage qu'ont les habitants d'une ville sur une fontaine publique. Nous pouvons inlércr de ta que l'eau avait âlé amenée en ville sinon par les cordeliers du moins pour le service du couvent qui possédait une rente sur la Tourelle el Pen- ar-Stang.
(l) Il y a quelques années, notre confrère M. Guépin creusant un puils dans son jardin, enlre la rivière et le mont Frugy, a trouvé en terra un canal de plomb dont il a coupé une section. Ces tuyaux devaient jiasser au pont de révéché, remonter la rue actuelle et par la ruelle An-lioiiar ou fiiiKCii te (nommée a» plan dn ITiil nie IKri'e^, arriver devant Saint- François. Il y aurait lieu de rechercher (ce qui serait facile) la rllrc4:lion lin canal <-l de retirer de torro une section des tuyaux.
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Rien du plus sinnple ; mais voici le fait qui déterminera l'intervention royale.
Laissons la parole au roi : « Mais les dite snpplyants
( et les oupvriers ont été empeschez par un nommé Nicolas « Lebel, demeurant en la rue NeufTve, forbours de ladite
■ ville, par cry de force de sa part levé sur les ditz oupvriers ; « quoy voyans les ditz se seraient retroez (retirés) par devers « le procureur de la cour dudit Kempercorentin par
■ laquelle était le dît cry de force levé, et luy ont fait
■ remonstrance de tout ce ; et par les dltz procureur et sup-
• plyans par la dite Court a esté celuy Lebel convenu pour
• dire causes du dit cry de force et empeschement par luy a donné aux dictz oupvriers ■
Quand on lit ces détails on se croit au premier abord transporté en plein droit normand. Quest-ce que ce cri (te force, sinon la clameur de haro, cette expédîtive mais bizarre procédure admise en Normandie?
Mais ne jugeons pas trop vite et examinons en pesant les termes. La clameur de haro, ou simplement « le haro, a pour a effet de faire comparoir à l'instant la personne sur laquellele « haro est interjeté devant le juge, sans ordonnance ni per-
■ mission du juge et même sans le ministère d'huissier. ■ • Nous regardons le haro et ses effets comme extraordi-
■ naires et odieux [dit Denisart),sans trop savoir pourquoi : a en effet, en y faisant bien attention, on voit que la clameur
• de haro ne diiîère qu'en bien peu de chose du référé. • Le référé, procédure simple, expédîtive, conservée dans
notre code et qui permet quelquefois d'appeler devant le juge à l'heure même et sans assignation d'huissier.
Mais ce qu'il faut remarquer c'est ceci : celui qui cric haro se fait demandeur devant le juge ; et celui > contre « lequel le haro est interjeté est défendeur. •> Ici le contraire se produit: les cordeliers s'arrêtent devant le cri à la
rmn-n-.;GoOg\c
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force ; et se retirent devant le procureur (1) chargé comme aujourd'hui, d'assurer l'exécution des jugements ; et ils sont porteurs de la sentence qui maintient leur possession ; puis, d'accord avec le procureur, ils appellent I.ebel pour qu'il déduise les causes de l'empêchement par lui apporté à leurs travaux. Donc Lebel est défendeur. Donc le cry de /orée n'a pas produit l'effet juridique du haro et n'équivaut pas à une citation appelant immédiatement à l'audience.
Par conséquent, on ne peut s'autoriser du lait relaté dans la requête des cordeliers pour dire que la clameur de karo fût sous le nom de eri de force admise en Bretagne. Non, 11 arriva, en 1529, à Quimper, ce qui pourrait y arriver aujour- d'hui. Les cordeliers exerçant un droit, furent repousses avec bruit et scandale : ils n'opposèrent pas la force à la force, et assignèrent devant le juge pour faire lever l'obstacle de fait mis à l'exercice de leur droit.
Le lieutenant (2), jugea comme aurait fait de nos jours un juge de référé ; sans préjuger le fond et par provision, il « licencia (autorisa) les supplians de réparer et mettre en " estât les dictes rompures et tuaulx, et ce néaiitmoins (no- 0 nobstant) plôgements et arrests, appeaulx (appels) contre- <• dits (3), oppositions et autres empeschements. n
L'énumération est longue. Le lieulenanl a cru tout pn^voir. llélas ! il s'est trompé... Lebel appelle aussitdt; mais peu
(1) [1 s'agit du procureur fiscal de l'Ëv^ue, comme nous le verroos.
(!) Le lieutenant des regaires. La rue .Veuve se parlageall entre le llel de rév^ue (les deux calés de la rue Jusqu'à Peaar-Slang, et au-delA seu- lement le cAlé DOrd; et le ilet de Saint-Laurent dépendant alors du prieuré de Locaman (FituesaantJ (cAlé sud à partir de Pen-ar-Stsag). Lebel, détendeur, devait être assiKué deTant la {ustice d'un de Cfs fleFs. 11 fut appelé devanl la preiQïèn; : c'est donc qu'il demeurait en de çk de Peo-ar- Staag nu câié nord de la rue iV«iiv« au-delà.
[]j Le c'iiili-edU est un appel devant les sénéchaux de Renoes ou de Nantes. François I" allait le supprimer pour les barres ducales el royales, sauf six exceptées (aodt IJ3?).
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importe! Malgré l'app<;l, les cordeliers commencent leurs réparations en vertu de la sentence de provision. Mais voici bien aulre chose ! « Quoy voyant Lebel par un
■ nommé Pierre Soacher, se disant notre sergent général
■ (c'est le roi qui parle) s'est avancé sans congié (permis- « sion) ni auctorilé de nous, à faire savoir plégement et < arrest auxdicts lieutenant et procureur par l'ordre de nos « Chancellerie el. conseil de non melfre à exécution ladite
■ sentence provisiouiiaire. »
FaUs tavoir plégement c'est intenter l'action possessoire, qui n'eiU pas fait obstacle à l'exécution de la sentence du lieutenant ; mais la notification d'un prétendu arrêt du con- seil arrête tout : et voilà non-seulement les cordelîcrs mais tout un (juartiev privé d'eau potable « par le faict d'un 1 particulier qui icelle eau veult détourner pour son seul
■ proficl », et privés pour combien de temps ? Qui pourrait le dire f
Dana celte situation désespérée, les cordcliers supplient le roi d'intervenir, non bien entendu pour juger ; mais pour faire que, dans l'intérêt public, le procès qu'ils ont entamé contre Lebel puisse recevoir solution, et qu'en attendant et ■ par provision ils puissent user, eux et la ville, de l'eau « en la manière accoutumée. ■
La réponse du roi est curiense : il s'adresse à sou séné- clial, bailli et licntenanl de Quimper : ( 1)
■ l'ourquoy nous, ce que dit est considéré, voulions aux- ( dits suppliant en cet endroit subvenir; vous mandons et « commandons par ces présenle,"* que, si, parties prcsenles
(I) Le roi preniml l'allnire t>n mains, 1» Fnni|>^lpnn> pnsMi iln jugn <lc$ reffnlres i la juslico myiile.
Itailli souvi'nl tiïnoninic iIp st^n^'ha! est pris Ici au sens iVulloiié. — l.'altniif mt le preitilei' nssesgeur ou suppléant du s^nèctiftl. elle i'ViitriiaiK le second. — Anelennpnipnt, il n'y avait qu'un seul juge. • l.e« alloues qui s<)nt lieiilenants wmt depuis, cl le lieuLcnanl ili» temps eorura plus: n'-ciTil. . lV.\r«enlP'. Hist. p. 2:11.
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• ouappeléesjlvouseslapparuouappertdeladicte sentence
• provisionnelle, faittès mettre réaulment (rëellement) et de
< faict de par nous cette sentence à entière et deue exécu-
< tion sellon sa forme teneur ; ce faisant, faictes prohibition a et detlance <2e par nous audit Lebel et tous aultrea de non « y contrevenir en aulcune manière, es (sous les) peines per-
■ tinentes, et ce nonobstant lesdits plégements et arrêts, cry
■ de force ue autres empeschements quelconques, n
Ainsi la réparation se fera de par le Roi ; mais, la réparation faite, s'il y a « des empeschements ■ (c'est-à-dire des récla- mations), « les empeschements seront envoyés devant nous dit le roi > pour dire les causes : — et le roi renvoie par avance l'affaire avec ses séquelles (suites) aux juges royaux de Kemper qui devront en connaître a par briefs jours ; « c'est-à-dire d'urgence : eniin le roi mande i au procureur
• de Kemper la dicte matière poursuivre et conduire pour a l'intérest des dicts supplians, de la chose publîcque de u notre ville ainsin que de la raison, s
Nous n'en savons pas plus long... Quel malheur que cette pièce reste seule ! Il eût été curieux de savoir quel était cet arrêt du conseil qui intervient si à propos, et quel était ce prétendu tergent général qui notifie cet arrêt. C'est assuré- ment ce que le procureur du roi avait mission de rechercher. Lebel a-t-îl supposé un arrêt du conseil ? Il est difficile de le croire. Comment l'a-t-il obtenu hors la présence des cor- deliers ? — > Autant de questions dont l'absence des pièces ne nous permet pas de voir la solution.
IV. — Peirsonnel da coavent.
Le personnel du couvent était très réduit. Le nombre des frères paraît être resté à peu près stationnalre depuis la fin du XVI' siècle jusque vers te milieu du siècle dernier. Us étaient de neuf à douze. Je relève ces chiffres dans plusieurs actes qui semblent rappeler les noms de tous les frères.
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Ces noms sont roturiers pour ia plupart. Au milieu d'eux brillent de temps en temps des noms de la noblesse bretonne.
Au XV' siècle, nous trouvons parmi les frères Henri de Coettanezre, Henri du Juch et Henri de Lesongar, qui, ancien lecteur A Orléans et gardien en plusieurs couvents, est redevenu frère à Quimper pour y mourir (1). A la fin du XVI" siècle, La Villeneuve, < gentilhomme du Léon •, est - gardien. Enfin, postérieurement, nous relevons au der- nier nécrologe les noms de Bégasson, du Menez, Tréanna, Trédern, Trémie. (2] Dans la même période, nous trouvons des noms de la vieille bourgeoisie quimpéroise: Cordon. Drouallen, Larchier, Audouin, etc..
Parmi les frères plusieurs sont docteurs ou bacheliers en théologie, quelques-uns sont dits définiteurs, (3) d'autres même anciens lecteurt (c'est-à-dire professeurs) de théologie ; d'autres sont qualifiés prédicateurs : un des frères, que nous trouverons plus tard sera théologal et pénitencier de Cor- nouaille. (4) Presque tous sont prêtres. Le dernier nécrologe signale d'une manière spéciale :
(Il Eïlrait des anclena eartulalres : Galran de QwlUnwre et Aielice de KerlniMD inhumés aux eordeliers en 1470 et 1190 - père et mère de t noire frère Henri. » Jean du Jucli et Marie de Keraout. inbumés en 1168 et 1482 • père et mère de noire frère Henri. » Enlin, en UtiO — In- humation de . Révérend père el frère Henri de Leiongar qui lui lecteur à Orlèana et gardien en plusieurs coui-enls. i
(ï) Nécrologe déposé à la mairie de Quimper.
(3} Dêfiniteur. c'est l'assesseur ou consellier d'un général ou d'un su- périeur. Le dêfiniteur est pour le rang au-dessous du supérieur du couvent où II demeure quand il est dans ce couvert ; mais dehors il a le pas sur son propre supérieur. Trévoux.
(41 Le théologal est un docteur qui enseigne ou prêche la théologie. Il v en avait un par église cathédrale ; (concile deBàle, I43l)el une prébende dite théoiogaU était aneciée i cette fonction (concile de Trente). Trévoux. — la prébende théol(«ale de Quimper était la paroisse de Carnoet, très
révSque de résoudre les cas réservés
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• 34 .
En 1698 « vénérable frère JeanBastorel, frère antique de cette maison, mort à 92 ans. >
En 1728, « vénérable père Jacques Drouallen, prédicateur et confesseur... ledit père a été gardien de Vannes, Dinan et Bourgneuf. ■
En 1735, ■ Louis-René de Trémie, docteur de Sorbonne, ancien définîteur, custode et père de la maison de Paris, religieux d'un rare mérite. >
Enfin un autre nom est à relever, c'est celui de frère Etienne Maunoir, mort le 8 juillet 1743, qui porte le nom, étranger au pays, du saint missionnaire Julien Maunoir.
Comme tous les couvents de franciscains, le couvent de Saint-François avait un supérieur, nommé gardien ou cus- tade (gardianus ou custos) (1), un vicaire, • lieutenant du gardien », un procureur chargé des affaires temporelles du couvent, un gaeriite ou lacristain ayant le soin de l'église et des objets du culte, ornementa et vases sacrés.
Quelquefois, maïs rarement, apparaît un discret : ■ C'est celui qui, dans un cbapitre, représente le corps du couvent, qui en est comme l'avocat envoyé au chapitre provincial pour les Intérêts du couvent. » (2)
Les oITices subalternes de pannetier, cellerier, jardinier, etc. se partageaient entre les religieux.
Outre les frères, nous trouvons un laïque nommé de proche en proche dans tes actes importants du couvent. C'est, semble-t-il, d'ordinaire un magistrat. Ses connaissances juridiques et son expérience pratique ont dû plus d'une fois être utiles. C'est un ami dont les fonctions sont assurément gratuites. Il est nommé tant6t syndic ou
(1) Noiu Iroavona une fois le lilra de pré/et employé comme synooime. (3) Trtvoux.
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père syndic des frères, — tantôt procurateur syndic, — d'autres fois, père spirituel ou procurateur et dispensateur des affaires et négoces séculiers des religieux. Divers actes men- tionnent, sinon son intervention et sa présence, du moins le consentement donné par lui. (1)
Enfin dans quelques actes nous voyons mentionné l'avis d'un avocat, conseil ordinaire du couvent.
De tous les dignitaires, le procureur était assurément le plus occupé : il percevait les rentes, les aumônes, le produit des quêtes ; il était char^ des recouvrements ; il réglait les dépenses diverses, enfin il représentait le couvent en jus- tice. (2) Nous verrons btentdt qne, à ce dernier point de vue, sa charge n'était pas une sinécure.
V. — Budgret du oouTent.
Ce n'est pas aux cordeliers de Quimper que le dernier siècle aurait pu reprocher leur opulence : ils étaient pauvres ; et voici la preuve authentique de leur indigence : en 1790, ils étaient taxés seulement quinze livres à l'imposition des décimes établie proportionnellement aux revenus. (3)
Nous verrons plus loin les causes diverses de cette pau- vreté. Autrefois, la situation avait été plus prospère. Il semble que, dans les premières années, les frères vivaient d'aumdnes. Plus tard ils reçurent des dons et des legs : c'est
(t ) Nous pouvaD8,à t lire d'exemple .nom mer les piret syndict qui suiTent :
1538. HfdlsDd de Kertoaguen, sieur de Crec'beuzen.
IGOl. Riou de Kerguelen, sieur de Keranroc'h.
t016-l<jl9. Jacques de Jauréguy, sieur de Kergouadeles, conseiller du roi BU présidlal el sénËcbal des regaires.
16:15-1636. Jean Baujouan, conseiller el procureur du Roi au présidial.
166G. François, cheF de nom et d'armes de KergoH, seigneur du Gullly, conseiller du roi en ses conseils d'Etat el privé, président au siège prÂ- Bldjal.
Auprès de lui se trouve nomin>ï noble bomme Yvon de La Fontaine, sieur de Tréodet, avocat à la cour, el coiueit ordinaire du couvent.
(1) Cependant on volt le gardien se présenter en Jasllce.
(3) H. de Biais. VÈglite des Cordeliers. p. i, note.
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- 3:1 -
ninni qu'iU senti i'.im[>i-is au U!nU)m>>iil (lu duc Jean H, en V.iM, pour un lops de l'iimiiitritc livres, environ 2,000 francs de notre iiiotinaie !l|.
Ce legd, fait ù eluirges de prit'res, ne fut pas le seul do ce genre. Mais c'est seiileniL'nt vers le milieu du xiv' siècle, cent ans ttprcs l'élalilissenienl du couvent, que nous trouvons des foiidution.q de rentes uvunt pour ul)Jel d'obtenii- des prières surtout pour les morls et des concessions de sépul- tures. Nous y viendrons plus tard avec i|uelques détails. Disons seulement ici <)uc la première inUuniatiuu constatée en termes exprès au uécmtojfe est de i:i't.i (2).
Nomlire do seigneurs de (lornouaîlle ont ainsi mérite lo témoignage recoiniaîssant exprimé (Uns liesucoiip d actes du nêci'ologe ; mais trois surtout ont été les hienfaitcurs insignes du couvent : le baron de l'out, les Le/.ongar et les sires du Jucli.
l..e souvenir des largesses du luron de Pont a même égaré les historiens de l'Ordre. Démentant l'épitaphc de l'évéque Raynaud, gravée en Vl'iô par les frères contemporains do la fondation, ils ont attribué au « magnilique baron de l'ont » l'honneur et le titre de loudutcur' tpic ne réclament pas les aveux de la barnnnie ! — Le baron de i'ont avait vis-A-via du sanctuaire une tnndje élevée touchant le balustre, oi'i une première inhumation se lit eu ViKi {'\j.
Les Lezongar, dont les aiués étaient seigneurs de Lezongnr (Ksquilitein et les cadets seigneurs de i'ratauras ^Penliars), soûl inscrits h une date un peu postérieure : ils avaient deux Bépullures: la principale appartenant j\ Pratauras compre- nait (pintre lombes au milieu du cliieur. Les mêmes étaient
(I) Mnrice. Pr. T. cul. IINT.I^ Icslnmeal tient six colonnes, I1K.'ih ll!)t, et nomme, semblo-l'll, tous les couvents de Itretagne, [-;) Cent celle d'Annelle de BHutc, <lnnie du Vieux-Cliasli'l, (J)Voir tondiitioD du ruuvent par l'évOquc llnynnudfBiill. IMiffi'. BUI.I.KTIN AWMini.. ne PiMSTkHK. — TnHK XXI. [Ht*mnirL'Sl. 3
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■ â* ■
fondateurs de la cliapelle dile de N. D. de Vertu ou des Agonisants accoléû en appenlU au mur nord de l'église.
Enlîn, les sires du Juuh, doul un, fui iuliumé dans l'ùglise dès 1369, étaient fondateurs de la chapelle dite de leur nom, qui formait i'aîle sud du chœur, et dont la première mention su nécrologe est de l^ti'i. (Ij
J'ai donné ailleurs la liste des seigneurs, an nombre de plus de quarante, ayant enfeu aux Cordeliers avant le milieu du XVI* siècle. Parmi eux, je remarque les vicomtes du Faou, les Nevet, Plœuc, Rosmadec, 'i'yvarlen, Vieux- Chastel. Tous durent attacher leurs noms à de généreuses fondations.
Plus lard, les fondations seigneuriales deviennent rares, et, je crois, moins généreuses. Exemple : le 30 mars 1587, la dernière des Lezongar, Jeanne, veuve de Jean du Quélénec, douairière de Bienassis et dame de Pratanras, se dispose à prendre sa place dans une des quatre tombes de Pratanras : elle lègue au couvent : « quatre tonnes combles de froment, autant de seigle, six tonnes combles et foulées d'avoine, quinze sols tournois et deux chapons» (2j. Son testament fait, elle ordonna à son lils, Jean du Quéiénec, gouverneur de Quimper, de donner en son nom au couvent « i
(1) Voici les premières dates des mealloas relallves ù ces trois maisons.
[^Dt, décès I3ii, lahumnlioD 1363.
Lezongar, décès \\i)i, lahumalioa liiO.
Jucb, décès laid, inhumation IJU'J.
CoDinie on le roit, les seigneurs du Juch sont mentionnés les premiers, et paraissent avoir été inhumés aux Cordeliers (muis non encore dans leur chapelle) avant les sires de Pont et de L^foiigar.
Nous avons dit que ta première intiumalion est de I3>3.
{D Titres GC. li. — [^ S janvier Ij88. Jean du Quclenec comparait devant notaire pour passer déclaration de la dernière volonté de sa mère, f enterrée au chœur >.
En )()'2j, Jacques de Gucngal, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme de sa chambre, seigneur de Gucngal, Leiarseoel, Bossulien, Bolpadcrn, etc., fonde one rente de six livres. C'est lui qui se garda si mal à l'Ile Tristan, que la Fontenellc le piil dans son lit. (Moreau, p. 10:].]
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de cent vin;rt snls qiti isera convertie en une rente annuelle (do quelques hous) pour la Toiidation & perpétuité d'une messe mensuelle. »
En l'iSli, combien Perponnelle de Kermellec avait été plus généreuse ! Elle avait donné aux Trèrcs une rente de cent livres (environ 4,000 francs de nolie monnaie) pour une messe perpétuttllc, sans doute <{uoli(lienne !
Dès le Kvi" sii'iîle, des bourffeois de Quimpcp apparaissent faisant des fondation» concurremment avec les nobles; et, A partir du xvii* siècle, ce sont eux surtout qui obtiennent des prières ou dos sépultures de famille. Nous trouverons plusieurs familles de Quimpjr en puisu.^sion môme ancienne de ces sépultures, lorsque s'ouvre le dernier nécrologc, en 1G81.
Kiifin, les plus humbles ambitionnent une tombe au cou- vent, avec les prières dps cordcliors ; lémoin, Jeanne Lunyer. La pieuse fille à ramassé quariinte-sept livres tournois, en pièces de seize el huit sous. Kiie les d^inne au couven!, le 27 mai 1B31, avec treize autres livres quelle n'a pis, mais « payables sur le plus clair de sa pauvre sut-cession *. Kllc destine ces soixante livres i A la réparation de la porte fkiinte-Vlaire, ouvrant sur la rue Keréon ».
Klle aura ■ nue messe annuelle à chant à perpétuité sur l'autel de la Trinité B, au jour anniversaire du contrat ; a el une tombe rase dans la même chapelle », tombe • seulement pour elle et qu'elle a elle-même choisie «, et sur cette tombe ■ les religieux tiendront une chandelle ardente pendant la dite messe ■. (1)
L'addition des fondations doimerail un total considérable ;
fl) Titres C.C. Il y n d'nulres tiindaliona di; mi'nje Renrc, Je choisis celle-ci comnii! exemple pnrrc quVlli> signale l'pxlstonre cl la slluatioa àc la porte S-iiitte CUiir.
rmn-n-.;GoOg\c
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mais cette prospiViLc'^ ii' tétait (|ù'appai-(>iit(? : bcnucoiip de cou rentes avaient été raclielées, c'est-à-dire remboursées. (1)
Ainsi, toutes les rentes anciennes, c'est-ù-dipe les i^iilea fondées partes nobles et les plus considérables, avaient été remboursées avant le milieu du xvii' siècle. Un rentier du 1036 nous Toiirnit lu preuve de ce fait.
Les trois mentiuns de rentes portées à payer en décembre sont illisibles ; mais le rentier n'indique payables dans les onze autres mois (pic cinquantc-Iiuit rentes : des cinquante- huit débiteurs de ces rentes quatre seulement sont nobles ; et des rentes quatre seulement sont de fondation noble (2|. Toutes les autres de même fondation ont été remboursées, y compris celles que nous venons de voir fonder, en 1587, 1588 et 1622, par la dame de l'ratanras. son fiU et le s'' de Guengat.
Deux causes oui concouru à multiplier les rembourse- ments : 1° ils s'opèrent à un cliifTre avantageux pour le débi- teur, au denier 20 ; 2" quelque soit lu dépréciation progres- sive de l'urgent, le prix du rucbat se calculera sur le cbifîre nominal de la rente. Ainsi une rente de 10 livres constituée au XV' siècle, et qui au xvii* vaut hO ou 50 livres, sera rem- boursée au dernier 20 sur 10 livres soit pour 200 livres.
La dépréciation de la monnaie eut pour le couvent un autre inconvénient : c'est que la rente n'était payée que pour
(1) Ccsl on principe presque absolu que toute rente foncière m^me duc aux ëglliies et couvents csl rachclahlc nonolntanl 1» stipulation contraire. ;Ord. de 14it, l,i3] et lâJ3, etc.i
(ï) I^ débiteurs et les renies nobles sont ;
!■ Rosily de M^ros, débiteur de (i combles dcfromentdusparPratanras; 2' Jean de Kergorlay. débiteur de 100 sols 8 deniers; 3" François de Pcn- marc'h, s' du Pare-Cœllenez, etc. débiteur du iî livres (tondalion de Marie du Parc); V un bourgeois est débiteur de la rente de 4 liv. et 4 8. tournois fondée par Jean Autret,s'dc f^eietguè ; y François de Lexandevez, S' du Stan)!, débiteur de la l'ente tondée par Alain Bruneau, roturier, et de celle de 3 écusl-2 s. d'or s<dcil fondée par Guillaume I.e Bail, gardien do couvent, pour cotrelcnir d'builu la tanipe du sanelualre.
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le cliifTre nominal de la constitution : ainsi, pour reprendre l'exemple ci-dessus, une rente de 10 livres fondée au xv" siècle et qui au svii" vaut 40 ou 50 livres ne sera acquiltx^e que pour dix livres.
Les cinquante-huit rentes éuiimérées au rentier de KiDC sont évaluées en somme à 550 livres: soit 50 livres par mois; ajoutons libéralemeiit 50 livres pour le mois do décembre: c'est en tout (iOO livres il) ; il est clair que celte somme, qui représente plus de 7 ou 8,00t) livres de notre monnaie, repré- sentait en lf>3(> bien plus de tiOO livres ; mais les débiteurs étaient libérés en payant liOO livres.
L'année 1720 fut désastreuse pour les cordeliers. Dans une supplique adressée à l'intendant de Bretagne Feydeau, les frères exposent que s près des deux tiers des rentes ont été remboursés en billet.s de banque dont ils sont restés saisis, comme le prouve la déclaration qu'ils en ont faite. »
C'est-ù-dire que le couvent a été victime de la dépréciation subite des billels de la banque de Law. Les renies ont été remboursées en billets qui, le lendemain, n'étaient plus que des chiffons sans valeur !
Réduisons le nombre des rentes, non au tiers, mais & la moitié, de crainte d'erreur, et arriHons-nous au total de 300 livres.Sinousajoulons300 livres pour lalocalionduprésidial, 100 livres pour les honoraires de la mes.se quotidienne des
(I) li n'y a pnsà tenir coiiiple des renias en nature: M n'y en a que trois: tj combles de tromeut, 3 sommes de seigle, S resnéos combles de Iromenl.
I.es renies en argenl sont souvent de quelques snus. d'autres sont de quelques livres ; une Kule a quelque importance : c'est la Fondalloo de Alain Bruneaa. prdîre, 'M écus d'or soleil payables par tiers les 10 avril, ij mal et 2.'i novembre pour diverses causes.
M. I..e Men (Muno(c. de la Calb. p. 119) mentionne Alain Bruneau, prêtre, inhumé en 1.>79 dans la ncF ou dans le transept. Un acte des Cor- deliers IVJ avril Vi'M. 1.] mentionne |in'-s de l'autel et imai^ de N. D. de ritiâ la tomte d'Alain Brunenu. I.e mi'me aele nous apprend que ce prOlre, ■ "Il lin rlioritli'x de SHlnl-Corentîn, élail originniro de Saintonge au- prrà de 1^ Hoehelle i. Il élait posscssiimné dans les paroisses de l.octudy el Elliant, où il possédait oulainmeot le manoir de Moustouer.
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ofRciers de justice (l;, nous uprivoiis au tuUil de 700 livres ; etvoilftlc revenu cerlniu et lixc du couvent. l,o reste e^i indéterminé et pureiuent chsuc).
J'ai dit revL-nu cfrf'iin ; je me trumpe: ir.ms vernuis que les ronles el niâme la iDeatimi et les liDuoniires de In niL'Sse du présidial étaient très irré}^aliùr,!jneiil payés.
Les revenus cBsuels cKitsistaienl dans les houoraifes des messes quotidiennes et inliumatioiis el dans le produit des quêtes.
Nous ne pouvons apprécier même approximativement les honoraires de messes. Pour ceux des inhnmaliinis, ils ont été autrefois une source de revenus ; mais celle source est tarie depuis la fin du xvii' siècle. Ij; dernier iiécrologe daté de 108t fait la preuve de ce fait. De celle date à l'aimée 1787, à la veille de la suppression dn couvent flOti aimées) les cordeliers n'ont inlHiméqne'20'i morts étran}îe:'s tin couveni, moins de deux par année ; el parmi ci?s morts plusieurs sont des ouvriers emploj'éj par les fr.'Te-î ou diis pauvres au\(|uels les Trcres ont voulu faire une deriiièri! aumône.
Restent les quêtes.
H existe un tableau, malkeureusemeiit sans date, des « paroisses dépendant du couveni avec les termes des receltes en nature >. Ce liildcau pourrait être intitulé plus simple- ment: Jours des (piète.4 en chaque parois.se. Cent et une paroisses y sont dénommées, el il y a, eu tout, '2.'i7 jours de quête.
C'est urie surprise de voir liffurer à ce tableau les noms de seulement 2S des 173 paroisses de l'éviVlié de Cor- nouaille ; 13 des environs de Daonlas, ir> des environs de
(l) Nuus VHiTons plus lard la Iwallun au iirêsiilial cl la londalioii de ta
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Crozon, dont une seule paroisse de l'arrondissement actuel deQuimper, Quéménéven.
On comprend mal que les ({iiôles ne fussent pas autorisées aux environs de Quimpor, quand le couvent fondé par un évéquedeCoruouaille triait resté si cher à ses successeurs, que deux d'entre eux, Guy de Plonévez, mort en 1262, et Alain de Lsspcpvez, mort en 1455, y choisirent leurs sépultures. (1)
Si les cordeliers n'avaient que cinquante-huit jours de quête dans 28 paroisses de Coniouaille, ils avaient au con- traire l'autorisation de quêter, et, durant 170 jours, soit la moitié de l'année, dans 73 des 81 paroisses du Léon, c'est- à-dire dans presque tout l'évêché.
Il va sans dire que les frères n'auraient pu ramener les produits en nalure des quêtes faites au-delà de la rivière de I.anderneau et des monts d'Arrex. Sans doute les ven- daient-ils, comme ils pouvaient, sur les marchés voisins, et ils en rapportaient le prix au couvent.
Nous n'avons aucun renseignement sur la valeur en argent des quêtes annuelles. (A suicre.)
J. ïRftVKDY, Ancien président du Tribunal de Quimper,
11] Alain do Lespcrvez a ét6 omis dnns Trairait «les anciens nécrologes que oous avnns publia. On trouve In mention de sod inhumation dans ['extrait lie lo collection Baluzc. Il était Trère mineur. (MoHce, hisl. 11. p. LX!\.) It rut Inhumé, nnn dans la tombe dite 4 des évoques >, où reposaient Itaj'nand et Gu)' de Plonévez. mai* dans une tombe élevée dans le cbtpiir, appuyée rontre le mur de la chapelle du Jurh On peut voir les deux grauds panneaux rie cette tombe au Mu«Ëe archéologique de
(1) l.'ù\Mii: (le Cornouaille comprenait 171 paroisses et 30 trêves ; et celui de Lt^n S'> paroisses et (il trêves. Laulorlsaliun de quêter donnée pour la paroisse s'étend à ses trêves.
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V.
MOiVUGKAPHIE
de la jiaroUsij de l'Ionévez-l'orzav
Désireux du cuiiriailre tout eu qu'il y a d'inléi-HssHrit (lour ma paroisse, je me suis mis en devoir de recueillir ce qui pourrait me conduire à m:m bal : M. Alain l,e Bastard du Mosmour a eu l'oljlijrL'ancu du m'é(-rir<? une lettre sur les fiefs de ma paroisse. M. le comte de Kerj^ariou, ancieu pair de Fraiiee, m'a fourni dt-s n'usci^nements areliéulo^iqties spéciaux. Des aveux de Nûvel, de la faliricpie de Pltmévoz- Porzay, des registres de baplèiues, des i-umptes et la Ira- ditiuii locale, eidrii les inscripliims, m'ont m's à môme de cuiisigiier ici ce qui va suivre.
(I) La Mnnngiai-li'f tic la /oi-ninti- ilv PlnnH-rz- l'onaji, a'uvre de l'abbé Pouchous qui en fut reclnir, a élÉ lue en [Mriie dans la séance du '20 décembre lM(!J.
Ecrit*! siiiipleiiieiil s>ins aucuttu invli'iilion, ivlti; [iiunoerii|iliic peut âtru présentée vuiiune iiKNli-le i\ suivre ixiur tuiis Citux <|ul voudraient écrire j'hisloire (le Icurcuiniiiuiii: un de liiLir paruissc. Nnus avnDS reproduit le texte de M. E>ciuchous, en ajimlanl sculemi'iiL quelques notes que M. le liaroD Halna du Kretay a bien vuulu canijdiHer.
Le iUDDascrit que M. l'abbé l^ij'mn a en l'obligeance de me ctininumiquer lait partie des archives du l'Evreln^ : if a déjn été communiqué à M. Mon- teville qui s'en est servi pour sa noui*ellc l'dilion ihi tiiciimuiaire d'Oftée (lyW. 1! pourra élre utile nu rédacteur du H'iiTtn'i;-. m cliMitgique <ln Finiilri-'-, si impatiemment deiiinndi'.
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i. — État ecclésiastique de la paroisse. La paroisse se nomme aujourd'hui Plounevez-Porzay 1 1 ); je ne connais pas son nom latin, cependant l'ancien propre de CornouallJe dit que saint Ronan, qui choisit son hermitage dans la for^t de Nevet ou Nevenl, presque toute en Plounéve?,- Porzay, r-enit ad neineain, (2) Dasiimmam silvam. Certains étymologistes assurent que Xecet ou Ketent signifie le sawc- tuaire de la forÉt. Le seigneur de Nevet, qui assista saint Corentin, lors de sa prise de possession de l'êvêché de Cor- nouaille, est désigné sous le nom de .\er.entus l'iiiiias, où
(I) p. 1. I.'ortbueraphe actuelle csi Plunrvvz-Parzay. 'Annuaire du dé- pHrlement du KinislËre.) I^ K>ie des dt'clnies de l'anniv lîftï, pour le diucése de Quiniper, donne la nifnie orthographe.
Ije carluInLre de Quimpcr iX' siècle, arcliives des Blaocs-Manlcauii) donae VIcnrIus Plebis Neve in Purzued.
Nous trouvons encore dans un acte d'Hwl, quitus ergo supuriitis unam villam, Peniraez, noiuine, quut est in Flcbe Scnt-Mc, In \iPgo Ponoed, s. Chorenlino In perpoluum dedil (an 103b).
Dom Morice. Preuves, p. 31S.
fliU et Knerstnit In Plebo-Xeve/. t\ir»>;.-d.
L'ancien évtehé de Coruouallle avait jadis pliisleui-s paroisses du nom de Pialis Minv :
1* Plebis nuve in Ponuieil. unjourd'liui Ploncvra-PurTay.
V Plebs nnvn In Quintin. aujourd'hui Pliinûvez-Quhitin, igui est uiiiin tenanldnus les CAies^u-Nurd.
3* Plcbs nova In Fago. aujourd'hui Plunévez-dii-Faou.
4* Plet» nevez, aujourd'hui jV b', canton de Ponl-.\vcn.
{■1) St'wlon est le nom primillt de In forêt qui se trouvait dans le Parzoed, vaste contre sltu6e entre les clialnts monlat;neuses de L.nci'onnn el du MËnex-C'hom et de lu bnie de Doiinrncnez.
Tous les philologues, d'aprns une pii-ce bien ci traduire par Faitwii .voir Zeuss : sont admis r»i en D el du ( en :.
INmr l'orï.ned, son nom vient de Pors-Coel ou Pors-Hoel, la Wiur du
l.a transformation de Plelis neve en Plon^vex s'explique facilement.
Dans les anciennes chartes, le niol Plebs signitle une paroisse. l.e mol Plouef chez les anciens bralon» sicnilliilt A la fois, terrain cullivé, peu- plade organisée. Ce mot de Plou s'est souvent transformé en Pie, Ploe, Plu; la transformation de Plebs en Plou s'e:(pllque si on remarque qnc dans un cerlain nonihre de Ciirlulaires entièi'emcnl ùerlls en latin, on trouve beaucoup île noms el <le nuits hivtiinï. A. S.
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l'on pourrait û la rigueur trouver le nom latinise de Plounévez.
Le vérilable nom de la paroisse au moyen-âge, pour l'or- thographe. élait l'Ion -Ne vet-Porzay, bien que nos anciens titres et registres portent Plouneveï-Porzay et que depuis environ soixante ans on écrive Plonevez-Porzay.
Les chroniques, d'accord avec la Iradilion, représentent le pays couvert d'une immense forêt du nom de yecel ou ^e^>elil qui s'étendait de la montagne, dite aujourd'hui Lo- cronan, jusqu'au Menez-Chom, et couvrait la majeure partie des vallons renfermés entre ces deux éminences. Que la paroisse lire soji nom de la forêt, où elle a été établie, ou de la famille de Névet, chef de ladite forêt, on ne peut lui refuser l'orlhographo de Plounévet. Vn bénitier en bronze que nous conservons au boui^ porte : — Missire Guillaume Vergos, recteur de Ploiniécct 1(>.'Î3. —Une pierre enclavée dans le cinire ogival qui forme les deux portes qui sont sous notre clocher, donne Plounévet (le reste de l'inscription est illisible); tout porte à croire que cette pierre est bien plus ancienne que le clocher qui est du XIV" siècle.
Le nom de la paroisse signifie donc peuplade ou paroisse de .\iicet ou Mcenl et non \ietiplade nouvellp. Le costume, la langue, le caractère, les usages se refusent à cette dernière dénomination.
II. — Antiquités de la paroisse. Son saint patron.
Il est à présumer que Plounéven-Porzay a été érigé en paroisse, du temps même de sajnt Corenlin ; des actes de Nével le supposent, et la fête d'un patron secondaire, que nous chômons encore aujourd'hui, semble le rendre très probable. Il est de fait que dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, et même longtemps après le règne de de Cons- tantin, les églises étaient placées sous le vocable du Sauveur, de la très sainte Vici-ge, des apôtres, des disciples et des saints
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confesseurs de la foi, inscrits dans les dypliques (canon de la messe), celte préférence tient, comme on le sait, à la nécessité des temps rapprochés du berceau du christianisme, aussi les Plounévétiens(on les nomme en breton pUmni'K'e:iz\, en élevant une église commune, lui ont donné pour patron, saint Etienne, premier martyr, et la tradition veut qu'il l'ait été plusieurs siëcles ; mais depuis longtemps il n'est plus que patron secondaire, et en cela, rien d'étonnant, car l'Église, féconde mère de la sainteté, ayant enfanté de dignes émules de la toi des temps apostoliques, et la vertu de ceux-ci émou- vant d'autant plus vivement la population, que ces vertus leur élaieiil contemporaines, la mémoire des anciens titulaires a été, si l'on peut le dire, éclipsée par les mérites récenis de leurs imitateurs. C'est ainsi que l'antique paroisse de Plou- névez-Porzay aurait choisi saint Méliau, pour patron, vers le commencement du IX* siècle, soit parce que quelques mi- racles y auront été opérés par son intercession, soit parce que comme roi du pays,il s'y serait fait connaître, soit enliii parci> qu'il aura eu une demeure auprès de la paroisse. U est certain qu'à un Iviloniêlre des contins actuels de Plounévez-Porzay, il y a, en Plomodiern, un ancien village ou manoir, dit : Lanveliau (nous écririons Lau-Méliau).
Quoiqu'il en soit, Plounévez-Porzay reconnaît pour son patron primitif, saint Méliau, roi en Armorique, père de saint Meloir ou Mélard, tous deux sacrifiés par la jalousie ou plutôt l'ambition de Rivod, frère du premier. Notre saint patron n'a régné que sept ans. Il a été enterré dans l'église du Yeaudet, à l'embouchure de la rivière de Lannion. Dieu ayant opéré plusieurs miracles à son tombeau, il a été, peu de temps après sa mort, honoré du litre de martyr, dans la Cornouaille et dans plusieurs autres diocèses de Bretagne (1).
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Ln paroisse An VUmnez-Vonay fait l'oflice de saint Méliau le second dimanclie d'aofit, du rit solennel mineur, avec Octave. Tout l'oilice se prend au commun d'un seul martyr, non Pontife, avec l'ordison « da nobis, quœsumus... » Messe Il a Domino patientia mpa... » Evangile « signis vult post me venire... h au cliirur, l'introit « f.aetabitur... h A proprement parler, saint Méliau nVsl pas martyr, n'ayant pas versé son sang pour défendre sa foi ; mais dans les temps reculés, toute pers(inne (|ui, comme saint Ntéliau, menait une vie très sainte et était sacrifié pour un molif même humain, recevait le litre de Martyr. Bien des raisons peuvent militer en faveur de cet antiipie usage.
La fMe et le pardon de Sainl-Méliau se célèbrent à l'ioné- vez-Porzay, le second dimanclied'aottt.
Avant la révolution de 1793. notre fête patronale était chômée le 2 octobre. Après le Concordai de 1801, on la solen- nisail le dernier diinaiiebe de septembre; mais comme ce jour il y a solennilè à Ploniodiern et à Cast, que d'ailleurs la réu- nion du second dimanche d'aoïlt n'avait plus de fondement, la confrérie de Saint-Laurent élanl entièrement tombée, Mgr J.-M. Doniiniipie de Poulpiquet de Brescanvel, évèfjue de Quimper, décréta, par décision du i(i mars lH."l.'t, que l'otfice et le pardon de Saint- Méliau se feraient à l'avenir le second dimanche d'aoilt.
On ne voit guère à notre fête patronale du second dimanche d'aoïll, que nos paroissiens et les hatiitanis dos sept paroisses limilrophi's. Ce jour-là. les Plonnevetiens du Oorré (haut de la paroisse) traitent chez en.v leurs |iarents et amis. Les pro- cessions de Quéinénèven, de Loc-Ronan et de PltPven, sont retues et iniroduiles dans l'église paroissiale avant lagrand'- mpssp.r.es croi\ et les liaiiiiières de Plonnéve/. vont embrasser celli's de chacune de ces paroisses. .\près avoir fait le tour du cimetière, elles cutreiil toutes réunies ilans l'église, puis ou [ait l'aspersion, ctunineâ l'ordinaire.
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La seconde ftMe patronale a lieu le M décembre sous le nom de pardon de Saint-Etienne. H esl d'usage que œ joui-là, chaque maître paye à dliier à tous ses domestiques ga^^és pour l'année suivante, Tout se passe à l'auberge et ce repas est désigné sous le nom de : tanvea-ai'-soubeji (godter la soupe). A propos de ce repas, il n'est pas inutile de dire que l'année de tout domestique llriil et commence avec l'année civile.
m. — Des églises ou chapelles de la paroisse de Plounévez-Porzay.
Il y a eu neuf églises ou chapelles publiques, plus six cha- pelles domestiques. Il n'y a maintenant que quatre chapelles où l'on célèbre les saints mystères. Un paragraphe pour cha- cune des neuf églises de Flounéve/, puis ijuelques mots sur chacune des chapelles, les feront connaître aussi amplement gue faire se peut, vu le manque de documents certains.
Nous commencerons d'abord par l'église paroissiale qui est la plus importante de toutes.
§ 1".— Eglise PAROissiALK (1),
L'église paroissiale sous le vocable de Saint-Méliau (Melia- nus), patron primaire de Plounévez-Porzay, el, avant le IX" siècle sous le vocable de saint Etienne, actuellement patron seceondaire, est passablement grande. Elle forme une croix latine et a deu?: rangées de colonnes ; elle a été construite à dilTérentes époques. Le clocher, qui esl du XfV" sièrle, était autrefois surmonté d'une Hèclie deux fois renversée par ta (oudre. On rebâtît celte ffèche une première fois, mais le ton- nerre l'ayant renversée le 23 décembre i80;i, à huit heures du soir, on se contenta de terminer notre clocher en ddme assez régulier, ce travail fui terminé en 1808.
Notre clocher est soutenu par deux portes basses et étroites ayantchaciine une voûte cintrée et toutes deux renfermées dans
il) L'église actuelle a ùlé rubQlie sur lC3 ruines de l'ancicunc
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un encadrement ogival, le tout enlouré de vignetles assez grossièrement ciselées. A chaque côté de ces portes s'élèvent deux statues en pierre ; à droite, celle de saint Méliau, du Xl« siècle, à gauche, celle de saint Michel, du XUl" siècle. Dans t'inlérieur de l'église on voit deux bases de colonnes qu'on m'assure être du VIII" ou du IX" siècle. Le porche est de 1583. Notre église formait un T jusqu'en 1774, époque à laquelle on fit à neuf l'abside et l'on relit le côté latéral. A propos de cette construction, je dois consigner ici un fait assez rare. Le nommé Jean Le Quéau, transporta dans sa voiture, des carrières granitiques du Moez, au bourg de Plounévez, une pierre longne de quatre mètres, ayant un mètre de largeur, sur une épaisseur de trente-cinq centimètres. Olle pierre formait seule deux marches du maître autel.
Près du premier pilier est l'erifeu de Moëllien.Près du porche se trouve i'enfeu de Tresseol , et sur le second pilier, les armes deMoëllien (1).
Jusqu'en 1840, notre église avait ses murs en moëflon et recouverts d'un enduit en chaux. M. Mignon, architecte à Châ- teaulin, a fait une boiserie fiui couvre tous les murs du sanc- tuaire, exécuté les deux autels latéraux et le chœur, placé depuis ce moment derrière le maitre-autel. On admire la ba- lustrade qui orne notre sanctuaire et le vitrail en verre de couleur qui est au fond du chœur. La balustrade vient de Paris. Le vitrail a été exécuté par M. Cassaigne, qui vientde peindre notre t>oiserie.
L'église paroissiale a toujours eu une fabrique en titre sous la dénomination de fahrig-bra/i. l!n usage toujours suivi chez nous, est que le dernier jour chômé de l'année, on nomme au prône de la grand'messe, le fabricien du boui^ et tous ceux des autres chapelles publiques. Tous ces fabriciens entrenten
eau (l'argËiiL. touché et cnviroun^
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charge le premier dimancbe (|ui suit le premier jour de chaque année.
Notre église paroissiale a deux confréries. Celle du saint Scapulalre, érigée en lSi:> el cslle dit saint Rosaire instituée le 2 février lfj8;>(l). Le frère Jean LeDéri, professeur en théo- li^ie et prieur du couvent de Stiint-Domi nique de Quimperlé, accompagné de frère Louis Saint-Marie, aussi professeur en théologie et prédicateur du mÈme couvent de Quimperlé, du consenienienl de Mgr deCoëtlogon, évÊijue deQuimper, et sur la requête de messire Biluart [2], docteur en théologie, recteur de Plounéve7.-Porzay, en fit l'érection canonique dont acte fut dressé sur-le-champ par un notaire apostolique.
Il y avait autrefois à l'autel sud de Plounévez, une confrérie de saint Laurent, dont une relique était dans une image d'ai^enl. Cette relique de saint Laurent et une de saint Etienne sont aujourd'hui dans nn reliquaire en bois doré : mats comme tes authentiques ont disparu, on ne les expose jamais. On dit que ces deux reliques ont été apportées de Home par un sei- gneur de Plounévez-Porzay, dont le nom est inconnu.
Notre église paroissiale possède une relique authentique de saint Corentin, premier évèque de Quimper. Cette précieuse relique est renfermée dans un relTquaire en cuivre doré.
Le révérend père Maunoir donna dans notre église parois- siale une mission, en KîiiO, et une seconde mission, en 1C66. En 1817 eut lieu une mission célèbre, présidée par M. Gue- zengar, supérieur des missions. Trente ecclésiastique du diocèse de Quitnper, l'aidèrent dans cette mission, M. Ker- merganl, recteur au bas Léon, y exqliqua le sacrement de
(1) Nous donnerons cet acte â la lia de la moiJogra|)hie. L'écriture en est 1res belle, mais il est déléiioré.
('>j S'écril BillOHL't ou BUlojart, ancienne famille dé l'év^bé deQuimper aujourd'hui éleiote. Joseph -Corentin Billoart fui revleur de Larrède lti7J A ïtiTj (Fouillé, de Vannes, p. :H3,, lut ensuite recteur de Pluunévez- Porzay el soutiul un iirocès coolre ses paroissiens en 1078. [Arch. du
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pénitence en termes si éloquents, ({u'il y recul le nom de teod aour (bouche d'or}. MM. Lafetlu, curé Je Pleyben ; Le Fur, curé de Landerneau ; Henry, curé de Quimperlé, puis chanoine de Quimper, y prodiguèrent, ainsi que plusieurs autres dont les noms nous sont inconnus, leur talent et leur zèle. Une croix en bois a été élevée au bas de noire boui^ pour perpétuer ie souvenir de cette oœiivre divine: elle occupe la place de celle qu'y lit ériger le P. Maunoir en lôfiti. __ M. Cobanap, recteur de Plomelin, décéda au presbytère de Plounévez-Porzay, pendant la mission de 1817, le 10 mai à Beuf heures du soir; il fut enterré le lendemain dans noire Wmelière.
M..,Guéi!engar, présida encore dans noire église, le i^rand jubilé de 1826. Quinze prêtres étran);ers lui porlèmnl s 'COurs dans cette œuvre aposlolii|ue ( 1 ).
Le 24 juin 1837, ouverture d'une retraite de quinze jours, h l'occasion de l'adoration perpétuelle ; elle fui présidée par M. Durand, curé de Chàteaulin, assisté de seize prêtres du
Le 18 mai 1841, retraite d'adoration et de conlirmatiou. M. Durand, chanoine honoraire et curé de Chàleauiin, la présida; huit prèlres lui iprêltTcnt leur concours. La coullr- malion fut donnée le 28 mai par Mgr Graveran, évéque de Quimper. La veille de la conlirmatiun, le recteur de Plou- névez-Porzay, accompagné des trente principaux paysans riches de la paroisse, tous en habits de dimanche et en man- teaux, alla à cheval à la rencontre du prélat, jusqu'aux conlins de la paroisse; ils mnrchaienl tous sur deux rangs, le recteur était au milieu d'eux, et dans un si bel ordre, qu'on les eût pris pour une compagnie dressée de cavaliers. Mon-
(l) Ces prtlrcsétaiciil: MM. Bannalfv: [^ Roux, île Pnnt-Craix Marxin, Le Gultlou, Le Guen, Ciuével, Kcrloc'lt, HaRuer, Simon, Plusi|iiGlltr, TaDguy, Qiilnioii. de Uimli-uveniix ; (iuurvest, de CnsI ; Le (iui^, dp Siiinl- Coulllz; Maruhand, de Guengal.
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seigneur, en voilure, veiiail derrière eux. Le souvenir de cejte réception De se perdra jamais chez nous. M. le baron Haliia du Fretay, chevalier de l'ordre royal et mitilairc de Saint- Louis.ancien chef d'escadron des dragons d'Orléans, maire de PlouQévez-Porzay, accompagné de tout )e conseil municipal, harangua monseigneur à son entrée au bourg, peu d'iiistant après le conseil de fabrique lui rendit aussi ses devoirs.
Le 10 août 17ti3, bénédiction de la seconde cloche de Sainl- Méliau, de Plonévez-Porzay (c'est aujourd'hui la première, le dessus a été endommagé par la foudre) ; elle eut pour parraiu messire Joseph-René de Moellien, chevalier, chef de nom et d'armes, seigneur de Moellien, Lajihoulou, Kerdoutous, Vieus- ChlW, Keryar, Poulou-Pry. et chevalier de Saint-Louis, an- uea capiUine des vaisseaux du roi, lieutenant de nos sei;; neurs le.s maréchaux de France ; et marraine, Jeaune-Jaci|uetl£de Roquefeuil, dame marquise du Gage. Ainsi signé au registre : Jx-Jacq. de BoquRfeuille du Gage, — Joseph de Moillien, — Gabriel-François de Sale. — Corenlin de Moillien, p'^ jésuite, — Le Mois, chanoine, — Galard de Kerdréin, — Mathurin Le Maitre, recteur.
Celte cloche porte comme inscription : v Messire Joseph de Moillien, parrain ; madame Jeanne-Jacquette de Roquefeuil, marquise du Gage, marraine; Missire Mathurin Le Mailre, recteur ; Guénolè Darcillon, fRbrïque. Failà Brest, 1758 »(1).
La seconde cloche du bourg porte l'inscription qui suit : n Fait faire du temps de Monsieur Mathurin Le Maitre, des- servant à Plonévez-Porzay, Saint-Méliau ; Jacques Le Guillou, maire, parrain, et marraine Marie Cornic. Fait par Vie! aîné, fondeur à Brest, ce 20 mai 180(1 (2|.
Les anciens registres de la paroisse ont permis d'établir la
(I! 11 doit ï Bïotr une erreur tli; ilnle. M. Le MnUre ni' dcvim rectenr de eeltu paroisse qu'en lîiil cl de |ilusle reeislre porte 17i."i, In «■rftiionie dut avoir lieu sous tu rerlcral de M. Ch. Pezrun.
(i) AucjD registre ne tait mention de eclte cérémonie. ltUM.KTlN Aiif.nÈoi,. iiii KisisTKRB. — TowK XXI. (Mi^inoircsl. 4.
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liste des recteui-s qui se sont succédés à Plonévez-Porz^y. CeLtë liste commence à partir de 1517 jusqu'à nos jours |l).
§ 2. — Eglise trévialë de Kerlaz.
La seconde église de la paroisse de PlounévezPorzay est celle de Kerlaz, du lief de Vieux-Châtei.
On prétend que cette église trévialë a été autrefois église paroissiale sous te nom de paroisse de Trépiaud ; dans cette supposition, Kerlaz était paroisse avant la lin du XII" siècle et son titre de paroisse aurait été donné à Locronan,
Qu'on ne dise pas cependant que plusieurs des comptes de Kerlaz prouvent que cette trêve a été paroisse, car outre qu'il est certain qu'au XI1« siècle, nous n'avions aucun compte eu règle comme au XVII°, les comptes qui nous restent démon- trent que Kerlaz était une trêve de la paroisse de Plounével- Porzay. Je les ai tous parcourus et j'ai lu en marge : trêve de Kerlaz, paroisse de Plounevet-Porzay. ilestvraiquequelques-
{[) Voici la lisle Jes l'ecleurs de Plounévc^-Puruiy, clJe embrasse une période de 3'U ans : Hajl el discret messire Herlé de Quclen, a-cleur île ITil? à IJJS.
— t.e Haud, de \iW à I5u7. — De (Juélen, de \b7ll à 1IK)3.
— Guillaume Avan, de Idllj A ItiJU.
— Uuillaunie Vergtn;, de HUO * KiiO.
— Jean Feburier, de \iibl à letiô.
— Joseph-Coi'cntin Uilluart, docteur en llià)lo)(ie, prit possession ù Plonéïe);-[\)riaï le ï février KHiii et y décéda le II juin I7O0.
Médire de Quelen, Furie, recteur en ITO'I, mort le 21) avril 1710.
— Yves Le (ionidet, l'eeteur en 17I(I, mort le 13 mai I7;0.
— Jean Tbalabardou, recteur en 1720, mort le 20 Juillet I75J- iCc M. Tlialabarduu a été dix ans sans paraître en public, de 17ij à sa mort. [| esl à présumer qu'une maladie sérieuse le retenait au lit, car il y a eu plusieurs curés d'otlloe pendant toute cette périodu.)
Le 2t noilt I75J, Hcssire Charles Pezron, recteur; il tut transféréâ une autre l)énéllce le 17 septembre 1761, où le nommait ar persun Carn.
Le \" décembre I7ul, Mathurtn l^ Maître, recleur ; mort le M novem- bre 1811 à l'i^Kede 81 ans.
I.e 1" mai 181-I, Corentin Ouevarrac ; mort le 28 février 183!,
Le l" mars 183!. Alain-Marie Pouclious, lilulaire actuel.
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uns portent paroisse de Kerlait, et plus souvent église parois- siale de Kerlaz, mais cela ne prouve rien, car toutes les feuilles de compte ont un en tËle imprimé, qui est le même pour tout le diocôse, aussi bien pour les églises paroissiales que tréviales ou chapelles. Dans plusieurs on a eflacé à la main te mot paroissiale et on a mis au-dessus à la main le mot irémalf. Mais de ce que ce mol imprimé n'a pas élé elTacé dans toutes les feuilles, on ne peut pas conclure que Kerlai^a été paroisse.
Si d'un côto je récuse la preuve tirée des comptes de Kerlaz pour soutenir que celte église a été paroisse, de l'autre je penche volontiers en faveur de la tradition qui lui donne ce titre.
On prétend que celte localité perdit son nom de Trépiaud, auquel on substitua celui de Kerlaz, à cause d'un massacre qu'on dit y avoir élé commis vers le XII-^' siècle. Voici com- ment on raconte ce fait.
Un jour de dimanche, des agents seigneuriaux, venus en ce lieu pour y lever un subside, y sont mas,sacrés par les habi- tants. Le curé (vicaire) du lieu, voulant faire éviter à ses paroissiens le châtiment qui leur était réservé, leur livra la bannière de l'église et la croix processionnelle, qu'ils criblè- rent en signe d'attaque. On fit alors entendre au seigneur que, pour défendre ces objets religieux ailaqués en pleine proces- sion, les paroissiens avaient résisté et que le malheur voulut que tes dits assaillants succombassent sous les coups d'une population en fureur. D'après cet exposé, le Seigneur Ht grâce parce qu'il était impossible de découvrir les vi-ais coupables et parce que les subsides furent régulièrement payés, mais il exigea que dans la suite ce lieu prit le nom de Kerlaz (village du meurtre),
L'église de Kerlaz, sous le vocable de saint Germain, est assez grande, un peu irrégullère et construite à dîtléi'enles reprises. La croix sud est de Vôl±, il y a deux rangés de
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colonnes dans l'église. Les murs nord poiieol à l'intérieur de l'édilice : (( Seb : Caunan, 160G — J : Prélivet f lfi03 el plus loin 1388. u Le porche porte en lettres goihiques : ii Philibert Caradfic, l : 1572. »
Celte église a une jolie flèche, on lit au-dessus des cloches 1631, la mftme date se voit au-dessus de la porte principale, qui a de chaque c6té deux colonnes avec des chapiteaux d'ordre ionique, la hauteur totale du clocher est de 40 m. 33. On y conserve une ancienne cloche qui a pour inscription : a 1644. saint Germain priez pour nous : lors étaient recteur (jme Vei^oz et Henri Kersalé, curé : J : Caradec. f. m
On admire au haut de cette chapelle quelques restes mutilés de vitraux peints. L'ouverture qui est derrière le maltre-autel contient un écusson dans lequel on voit trois poissons. On y voJLà chaque câtédu mattre-autel une statue eu pierre dans une niche en bois : saint Germain est au midi, la sainte Vierge RU nord. Des inscriptions en lettres gothiques sont gravées sous chacune de ces statues, on en touche les lettres de la main, mais il est impassible de les lire, à cause du bois qui les couvre. Au pilier midi de cet édilice est adossé un saint Hervé avec un petit saint Kerirec conduisant un loup, le saint à la taille d'un enfant de trois ans, en robe, et le loup est de taille naturelle, le tout est en pierre de granit du pays. Cette représentation provient de la chapelle de saint Maihouarn de L'ozvren.
Le père Julien Maunoir a donné deux missions dans cette église : l'une en 1658, l'autre en ilWii ; et le père Grégoire de Hostrenen y en donna une en 1702. C'est alors qu'il lut l'ins- cription de Lezharscoët. ( I )
Il y a àKerlaz un baptistère de l'an i5... (le reste est cou- vert de chaux) mais on n'y baptise plus depuis 1802. On coo-
(I) A la tin de cetle moDograpliie. nuus iJanncrons une note dëtaiJlik' sur ce» earacli'res où l'un ovaiL cru n'irouver un nncien alphaljcl (vlliijue et qui oDt été rob)et àe lontiues et Duiiilireusci) discussion».
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tinuc à enterrer ceux qui meurent dans la trêve, eKce[Hé les villages de Kerranouar, de Kervriel, du Coaquer et ordinaire- ment du Moer, dont les habitants sont toujours inhumés au hourg de Plounevet-Porzay.
Il y a eu autrefois une forte épidémie dans cette trêve, du seul château de Nevet on y enterra 85 personnes dans le même mois.
Dans les anciens comptes on relate des croix d'or et d'argent au Vieux-Châtel.
A proprement parler, Kerla?, n'est plus qu'une simple cha- pelle desservie par les ecclésiastiques du bour^ de Plounévet.
Le grand pardon de Kerlaz se fait le dimanche de la Pente- cAte, il est assez fréquente.
Les registres conservés ont permis de dresser la liste des curés de cette église à partir de 16i4.
Avant la révolution de 1792, le seigneur de Kerbiquet, dont le manoir était près de l'église de Kerlax, prétendit être le seigneur de cette église tréviale : mais M. le baron Haina du Frelay, seigneur du Vieux-Châtel, le déboula de ses préten- tions et continua d'y jouir des droits seigneuriaux.
§ 3 — CiiAPEu.E DE Sainte-Anne-la-Palue,
La chapelle de Sainte-Anne-la-Palue, du lief de l'abbaye dé Landevennec, d'une très médiocre grandeur, est d'un slyle moderne et d'un bon goût. Le clocher, qui a une jolie flêcbÈ (ao^aode haut}, porte les dates de 1230 et 1419; il est cependant hors de doule que l'édilice actuel, même ce clocher, ne remonte guère à plus de deux siècles ; mais comme II est constant que la chapelle actuelle remplace une bien plus ancienne, on doft croire que les pierres qui portent ces dates sont de l'ancien édifice. Celte supposition est d'autant plus raisonnable que les connaisseurs ne font aucune diiiicalté pour admettre que plusieurs des pièces de celte tour,faite probablement en 1630, sont d'un style ancien et bien caractérisé.
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La stalue de sainte Anne, en pierre, exposée à l'inlérieur de la chapeUc, dans une jolie niche, porte )a date de 1548. La croix du cimetière (enclos) porte : « lHa^i, missire gma Vergos, recteur » et la [onlaine ii l(i42. X : Kermaïdie, f : 1) c'est probablement Christophe X).
L'église célébra, dans tous les à)^es, la piét^ maternelle de sainte Anne (Anne est un mot hébreu qui signilie gracieuse). Dieu voulut montrer, par de nombreux prodiges, combien il approuvait la dévotion des fidèles envers une sainte, qui fut un modèle accompli de vertus pour les personnes engagées dans l'état de mariage. Si les premiers siècles du christianisme, occupés à défendre la foi contre la fureur des païens et la perfidie des hérétiques, n'ont pas rendu des honneurs parti- culiers à la glorieuse sainte Anne, celte oniissiou a été réparée par les siècles posU^rieurs plus tranquilles et dont la piété cherchait de nouveaux objets pour satisfaire leur dévotion. Il Il faut convenir qu'il n'y a peut-être au monde aucune contrée où l'on se soit plus tôt occupé qu'en Bretagne d'ériger des autels sous l'invocation de la bienheureuse sainte Anne. La multiplicité des chapelles, oratoires ou autels qui lui sont dédiés, le nom de principale patronne des Bretons, qu'on lui donne de toute part dans la province, en fournissent une preuve évidente. Toutefois il est impossible de déterminer l'époque ou la dévotion de cette sainte devint célèbre à PIou- nevet-Porzay. Nous aimons A croire qu'elle a commencée vers le Vl[° siècle. Pas de doute qu'elle ne fut florissante an XllI» siècle. L'on voit qu'elle commençait à diminuer sensiblement vers l'an 1640, au point qu'elle élait bien réduite en 1760. Mais depuis cette dernière époque le pèlerinage de Sainte- Anne-la-Palue a toujours été e:i augmentant. Pendant ta Terreur même cette chapelle n'a pas cessée d'être fréquentée. Vendue par la nation en 17%, elle fut momentanément inter- dite, en 18Uâ, par l'autorité diocésaine, parce qu'elle était une propriété privée, mais le peuple continuait à s'y rendre.
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malgré qu'elle ne lui fut pas ouverte, les acquéreurs consen- tirent à la vendre en 1S03 aux représentants de la paroisse. Depuis et! moment, on a vu le culte de sainle Anne y aug- menter considérablement, et Mgr Graveran, noire évèque, ayant su combien est grand le concours des fidèles à cette chapelle rotive, a demandé et obtenu au souverain Pontife, Grégoire XVI, d'y ériger une confrérie en l'honneur de sainte Anne, dotée de grands privilèges spirituels. Cette confrérie y a été canoniquement établie et érigée le 13 juin 1841. On peut voir l'acte d'érection et toutes les pièces relatives à cette confrérie sur le registre ouvert ad hoc de Sainle-Anne même. Les originaux sont dans les archives de la fabrique.
Sa Majesté la reine des Français a donné en 18il une belle lampe à la chapelle rolive de Sainle-Anne-la-Palue, dans la lettre qu'elle a daignée nous adresser à cette occasion, elle met Sa Majesté le roi des Français et toute sa famille sous la protection de la glorieuse sainte Anne. Elle promet de ne jamais oublier la chapellle de Sainle-Anne-la-l'alue. (1)
On célèbre des offices dans celte chapelle it diverses époques de l'année. (^) Mais la plus célèbre réunion a lieu le dernier dimanche d'aoQt et le samedi qui le précède. On évalue à 70,000 le nombre des pèlerins venus des diverses parties de la Bretagne, qui chaque année visitent celte chapelle rotive.
La procession votive faite à Sainte-Anne-la-Palue le samedi qui précède le dernier dimanche d'août est sans contredit la plus belle de la Bretagne. Keprésentezvous la chapelle de Sainte-Anne à l'extrèmilé N.-O. d'un camp composé d'envi- ron cent soixante tentes en toile, le tout sur le penchant d'une colline et à vue de l'immense baie de Douarnenes. Vers les
(I) UUk du-llilfv. 18il.
('!) Il y a H Saiote-Anne-la-l^lud niesse tous les mardis de l'année. Pardon el onice paroissial le seroml dimanche du Carême, le mardi d« PAciuea, le mardi des Rotations, le dimanche dans l'octave de l'Ascension, le second dimanche de Sacre, luus les dim-inf-hes el (êtes du mois d'aoul el le troisième dimanche de l'Avenl.
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cinq heures de l'apiTs-midi cujiinionce lu procession. Quatre banniiMes,donl une en drap d'or, suivies dehuilcroix, ouvrent la marche, alors on voit dédier avec fui et recueillement envi- ron 10,000 personne», de loiit pays, de tout flge, de tout sexe, portant toutes des cter^ies ou des bouffies à la main. Un grand nombre sont pieds nus et plusieurs hommes sont en corps de chemise. (Si pendant la procession les premiers pèlerins s'aperçoivent qu'il y a (|uek|ues vides dans les rangs, ils s'arrêtent et s'agenouillent dévolenienl, puis se relèvent et reprennent leurs places dès qu'ils sont rejoints par ceux qui suivent.) Après les pèlerins votifs vient la slatue dorée, portée par des paysannes vêtues de blanc; (I) deux clercs, en dal- matique en drap d'or porleiit les reli(|ues autour desquelles Oottent deu.t beaux f^uidonssui lesquels on a brodé en lettres d'or: « Sinitez Aiiiuni Puluil peifit eridoiiiii ». Enfin, le clei^é, rangé sur deux li^-ne'î. niaii^lie ensuite et le célébrant avec ses quatre chappiers ferme celle première partie de ta procession formée spécialement des pi'-ciitn. Les autbrilés locales marchent seul après le célébrant, puis la gendarmerie du poste voisin, qui est suivie d'un peuple immense (environ vingt mille personnes). Celle procession, qui dure un peu plus de deux heui'es, fait un parcours quasi-circulaire de quatre kilomètres, puis rentre dans la chapelle. 11 est & remarijuer que tous ceux qui porleni des cierges ou bougies entrent dans l'église par la porte principale (|ui est sous le clocher, mais que tous sortent atissilrtt par la porte lalérale, la chapelle ne sullî- sant pas pour tenir le quart de ces pei'sonnes. Tous ceux qui ont vu cette procession ont été on ne peut plus émus par les sentiments profodément religien.x qu'elle inspire.
Le jour suivant le dernier dimanche du mois d'aoftl a lieu une procession analogue à celle ci. mais moijis nombreuse et
r lire pnj>iii[iiics (lorlanl l'ancien cris-
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moins régulitre, quoique très édifisnle, elle n'est pas com- posée (les mPmes élémeiils.
La procession du samedi terminée, el les pèlerins ayant satisfait leur dévotion, on en voit un grand nombre refluer sur tes villages riverains de la Pafue. où ils sont lo<;é3, non dans des lits, mais sur de la paille fraîche, préparées dans des grang s, appropriées ad hoc (on a toujours soin de lixer «n lieu pour les hommes el un aulre pour les femmes) ; mais environ douze mille personnes passent cette nuit sous les lentes, dressées autour de l'ericlos de la chapelle. Ces renies sont toutes illuminées el les hommes séparés des femmes. Dans quelques-unes on fait des lectures pieuses, dans d'autres on chante des cantii(ues er dans un plus grand nombre on se livre RU sommeil. Quand le temps est beau, l'enclos qui cerne la chapelle (celle-ci est fermé la nuit) ne désempli). On s'y livre à divers actes religieux, les uns font le tour de la cha- pelle à genoux nus. les autres debout el pieds nus. Ici on chante des canliques, là on récile des prières el ailleurs on médite sur les vérités éternelles ou sur les vertus de la glo- rieuse sainte Anne.
A trois heures du malin, la cloche de ta chapelle sonne l'angelus royal. Au premier coup de cloche, tous les pèlerins s'agenouillent.quelque part qu'ils soient, et récitent l'angelUs. Alors on se prépare à se rendre à la messe, qui se célèbre k quatre heures. La chapelle et l'enclos sont on ne peut plus encombrés par les fidèles qui entendent cette messe et y communienl.
Il est d'usage que tout pèlerin qui visite )a chapelle àe Sainte-Anne, fasse trois lois le lour de la chapelle, et qui- conque n'aurait pas fait, dévotement, ses trois tours à l'exté- rieur de l'église, crorait n'avoir pas assez régulièrement fait son pèlerinage.
La chapelle de Sainte-Anne possède un re^^^lrai^e en bois doré. 11 renferme une relique certaine de saint Pranfdis rfè
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Sales, et une autre de sainte Jeanne Fremiot de Chantai, donnée à cette chapelle par M, l'abbë Le Gac, chanoine titu- laire de Quimper. Ce reliquaire contient aussi quelques autres retiques, mais j'ij^noie de quels saints elles sont.
Une cloche a été bénite à Sainte-Anne en I8i2.
La sacristie de Sainte-Anne (nord) porte àlatenéiredu haut : C. A. Moreau, f ; au-dessus de la porte : Missire Le Maislre, recteur; Le C.uillou, maire, 1807 ; Pierre Cornic et René Sénec, fabriques. Au sud, fenêtre dn haut : Yves Ker- valéguen ; et celle du bas : Corenlin Quérarec, recleur, et Jacques Le Guillou, maire, 1S13.
§ 4. — lllAPEl.LE DK N -r>. 1> . LA ClaRTÉ
Cette petite et 1res jolie chapelle a été bâtie en 17;)9, aux frais de Guy de Moillien, et bénie par Mgr Farcy de Cuillé, l'an J740. On dit que de temps immémorial il y avait dans le lieu même où elle est édiriée un petit oratoire dédié à Marie.
On m'a prétendu qu'un des seigneurs de Moillien, témoin de la valeur de Jean Sobieski, roi de Pologne, lorsque ce dernier délivra Venise et y défit les Turcs, engage, après son retour, sa famille â élever une chapelle sous le vocable du saint nom de Marie, pour perpétuer chsir nous cette brillante journée. Comme Innocent XI avait institué la fête du saint nom de Marie en souvenir de cette victoire.
L'oflice paroissial se fait quelquefois dans celte chapelle de N.-D. de la Clarté (1). Le pelil pardon, peu fréquenté, a lieu le troisième dimanche après Pâques, et le grand pardon, le dimanche qui suit le 8 septembre; ce pardon est très suivi par les communes des cantons de Châteaulin, Ploaré, Croi^on pt Pleyben.
A environ trois cents mètres ouesl de cette chapelle se trouve une jolie fontaine, en pierres de granit bien taillées.
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dite Fontaine ds N.-D. de la Clarté ; elle portait les armes des Molllien, que l'on a elTacées pendant la Révolution. On lit au-dessus du couronnement : J. Le Drolï 1733.
A cinq cents mètres est de la môme chapelle est une croix de 1519, dite Croix de la Clarté, où l'on se rend en procession le jour du grand pardon, aprt-s vêpres, avec la statue de la sainte Vierge portée par des paysannes vêtues de blanc.
§ 5 — CliAPlîLLK DE SaINT-MiCMEL
La chapelle de Saint-Michel est à deux cents mètres S.-S.-E. de l'église paroissiale, sur la route départementale de Quimper à Lanvéoc, n'existe plus. Oii vient d'ouvrir une carrière de moellons sur son ancien emplacement. La fabrique de Plonévet-Por/ay a fait transporter à SaitUe-Anne-la-Palue, pour y faire un enclos, une partie des pierres de Saint- Michel, vers l'année 1812 et 1814. Elle a employé le reste au bourg. La statue de Saint-Michel, qui ornait cette chapelle, est à Kerlaz ; elle a été précédemment à Sainte-Anne.
Cette église, bJtie sur une petile colline du lief de Guengat, avait une jolie lléche. La pierre pinacle se voit encore dans le coin d'une barrière, vis-à-vis de l'endroit où était autrefois cette chapelle.
La fontaine de Saint-Michel, qui rournit de l'eau à tout le bourg de Plounévez-Porzay, lient toujours, quoiqu'on mauvais' état. Elle n'était séparée de la chapelle que d'environ trois mètres. Sa source en est très forte et l'eau en est passable.
§ 6. - Chapelle de Salnt-Even. Cette chapelle, du lief de Lézarscoël, dédiée à saint Even, ermite, est totalement démolie. Elle était sise dans ta forêt de Névet, à 1 kilomètre du château de Lézarscoêt|l|. La fonlaitie de SaintEven, en belles pierres de granit, est dans une prai- rie, sous le jardin du nouveau manoir du Vieux-Châtel. Les
II) DC'pendauee lie Ih buruimit du Vieux-Cbàlel.
fiifenes de la chapelle de Saint-Ëven forment l'enclos de la dhfl|)eUe de la Clarté. Vofci comment la tradition nous donne la vifi de cetermilf :
Il Even, na'iiiit k Quimper, de parents nobles et distinf!tiés. « Sa tendre pieté déplul à son père, qui le chassa de la ville. « Le jeune Even se recommande à la sainte Vierge et à sainl ic (kirentin. Il prend son parti, iiuille la maison paternelle et (I s'achemine vers le lieu où est aujourd'hui' Douarneneit, à Il quelque dislance de Quimper. Il rencontre une famille H éplorée, il lui distribue le peu d'argent que lui avait donné Il sa mère, et s'enfonre dans la (oriM du Névet, où il cons- II Iruisil un petit ermitage. La vie angélique qu'il y mena, « lui attira, m^me de son vivant, l'admiration des riverains « de celte forint el en particulier rfes hôtes <!e Lézarscoèl. H Enfin, il meurt comme il a vécu, et c'est sur sa tombe que i( l'on édifie la chapelle qui porle son nom. »
On s'adresse à ce saint poùi- être guéri ou préservé de la fièvre. Autrefois le pardon de Saint-Evcn se faisait dans la chapelle le troisième dimanche de si^plembie. Aujourd'hui ce pardon se fait dans le m^me dimanche, dans la chapelle de Kerlaz, qui possède sa statue, qui est en bois, et qui repré- sente un ermite avec un bourdon à la main.
S 7. - l HAPKLLE DE Sa1NT-.M ACHOUARN
Cette chapelle a disparu depuis plusieurs siècles ; elle était à Lezvren, dans le placiire qui est conligfieau pignon ouest de la maison manale, et qu'a fait construire en iSifi, Guil- laume Le Gac. A cette époque on a trouvé en ce lieu une pierre d'autel dans le grand placiire au bas de Lezven- IsellafT, on voit une pierre avec une croix, sans dale et sans inscription ; c'est la croix de sainl Machouarn. Non loin de cette croix N.-N.-E. est aussi la Fonlaine de saint Machouarn.
Quel est ce saint Machouarn ? Il est probable que ce soit sainl Hervé, nommé aussi saint Houarnec, dont les l.,éonnais
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ont fait saint Houarné. Saint Hervé est otort ap lieu dit Lan- houarné. M. de Kergariou m'a assuré que sa parojssp (celle de Bringolo, en Sainl-Bneuc) est dédiéB à saint Hervé, sous le nom de saint Uachouarn. plnm^diern a une foire de saint Hervé, qui en est le patron, sou^ le vucabie de saint Mac- houarn.
Une statue en pierre, représentant saint Hervé conduisant un loup, a été autrefois dans la chapelle de Saiut-MacbDuarn, (le Lezvren, ce qui rend évident la suppositiuo ([ue je fais : saint Macbouarn et saint Hervé sont quididem. A quelle époque a-t-on détruit la chapelle de Saint-lUachotiarn d j Lez- vren ? Pourquoi la statue de saint Hervé a-t-elle été mise à Kerhiz et non au bourg de Plounévez-Porzay ? Pourquoi a-t-OQ démoli celte chapelle ?
Ce sont des questions qu'il m'est impossible de l'ésoudre, vu que ni monuments, ni titres, ni même aucune traditions, telle quelle, ne viennent à mon secours.
§ 8, — Chapelle de Lanzent
Il y a une chapelle publique à Lancent, le nom du vjlJagp le suppose, et des vieillards m'ont assuré avoir vu les murs de la chapelle et que leurs pères y ont assisté aux ofllces. Le petit pardon de cette chapelle avait lieu le premier dimanche du Carême et le grand pardon le quatrième dimanche de sep- tembre. 11 ne reste aujourd'hui rien de cette chapelle qui a dû être démoli vers 1730. Elle s'élevait dans un courtil qui à présent appartient à Quetfellec, à Lanzent. Le nommé Yves Queilellec a extrait de terre en 1823, les murs de foncfalion de cette chapelle. J'ai vu les silex extrait de terre.
Quel était le patron de cette chapelle ?
On m'assure que c'était saint Guénolé. J'y consenti, parce c'est de tradition et qu'on montre un lieu nommé /ëujuttvR- xant-vinnoté, non loin de ce village, au-dessus de Toul-e- goir. Un bonpme érudit m'a aussi insinué que ce pouvait bien
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èlre saint Alain, dont le culle a été iri'S répandu en Bretagne et surtout en Cornouaille.
Lan-Zœnt, me dit-i), me dîl-il, vient de Lan ou Alan, saint Alan et sœnt ou sanl, ce qui fait dire à nos Plonévétiens Lan-Zœnt, pour Lan ou Alan-Sant. Je laisse à d'agtres à porter un jugement délintlif.
§9. — Chaprlle i>e Saint-David ou Drvi
Saint David ou Divi est, dit-on, lils de sainte Nonne, patronne de Dirinon, près Landerneau. Un mystère breton très connu roule sur la vie de sainte Nonne et celle de saint David ou Divi, son (ils. Aucun autre écrit breton n'en fait mention.
Il est constant que dans le village appelé Tréguer, (>n Plou- névet-Porzay, il y a eu une chapelle publi([ue. On en voit la place et la tradition orale l'assure, on ne sait quand elle a été démolie. Quelques-uns vont jusqu'à dire que notre village Tréguer était un reste des faubourgs de la ville d'Is. Que la chapelle en questiou a été bâtie après la destruction de celle ville, qu'on place partout et qu'on ne trouve nulle part. La chapelle de Saint-David était assez grande. li est malheureux qu'on ne puisse rien savoir sur cetle chapelle de bien certain, sinon qu'elle a existé. (Tréguer, mieux Tréker, succursale, village (le ta ville.}
S 10. — Chapelles domestiques.
Outre ces neuf églises publiques, Plounevet-Porzay avait encore six chapelles domestiques :
l. — Chapelle de Tieguihiitn, tout semble indiquer que cette chapelle a dû être une chapelle publique. La tradition orale l'avance. Le nom de Parc-an-Ilis donné au champ où elle a existé et la fontaine qui se trouve dans le Praliau, qu'on dit être la fontaine de celle chapelle. Mais il est plus diRicile d'en désigner le patron. Les uns disent que c'est saint Guènolé parce que la fontaine du Praliau se nomme aujourd'hui feuHteun Satif-Cueiniolé. D'autres disent que cette chapelle
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fut dédiée à sainte Guea uu Blanclir>, mère de saint Guénolé. qui aurait une fontaine non loin de la cliapelle dédiée à sa mère. Enfin, quelques-uns soulienncjit que celte cliapelle élaîl sous le vocable de saint Ké ou Kenien et voici comment ils le prouvent :
Le village de Trequibihan, disent-ils, tire son nom du saint honoré en ce lieu, et voici l'explication de celle supposition, rre signiiie succursale, village ; qiiJ ou ké qu'on a changé en qui pour rendre la prononciation plus facile et plus douce à l'oreille, et biha:i ou bini, pelil, d'où l'on insère que Trequi- bian est, soit le petit village de Saint-Ké, ou bien le village du petit Saint-Kéré, dans ce cas petit signifie peu connu.
Rien ne montre l'époque des pardons de celte cliapelle, ni même le moment de la démolition. On m'a cependant assuré qu'une personne, morte il y a environ quarante ans, dit que son père étant encore enfant l'a vu debout, mais en fort mauvais état.
II. — OArt/Jc/Ze (i A'ifref, sous le vocable de saint Louis, à peine voit-on aujourd'hui les traces de cet édifice, qu'on dit avoir été constiuil par un seigneur du Nével, fils et héritier d'un des compagnons d'armes de saint Louis.
III. — Ckapellede Kerlean, Sous le vocable de saint Gué- nolé, il n'en reste aucune trace.
IV. — Chapelle de Kerbiquet, sous le vocable de saint Antoine. On a trouvé dans un champ labouré, où elle existait, certaines pierres ogivales.
V. — Chapelle à Tresnéol. Il y avait une chapelle au château de Trefléol, au dessus de la porte d'entrée ; on n'a pu me dire le nom du patron.
VI. — Chapelle d Moillieii, sons le vocable de saint Jacques. Le clocher et une partie des murs de cette chapelle sont encore debout. Lorsque le sacre (I) venait au bourg de Plounével,
« mot s'emploie pour désigner la prucesslon qui !
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de lyacl^K, oa se reiuJqit dans cette cbapeli^, où l'on fiiisail V.ne RQ!^ de i^eux heurtas, mais depuis la révolution de 17.si) fn D'y va plus. Le registre menlioni.e une cloclie guj a élé bépie à ceile chapelle le 3 septembre ITtiii. Parrain, haut et puissant seigneur J.-Aym. comte de Roquefeuil, chef d'escadre, chev; djçs ordres de gaint-Louis, commandant de la marine, vij^e ^t cti^t^su de presl ; marraine, demoiselle Louise-Juiie- Cttai'lnM^Marie de Mqillien ; célébrant. Math. Le Maître, reçtei^r, assisté de M. Mois, chanoine à Quiinper. iV. — ËUblisBwiants religieux.
Pendant environ deux siècles la paroisse de Plonnével-Por- zay a possédé le prieuré de Locronan.Dom Morice avance que le prieuré de Locronan fut fondé l'an 1031 sous Blenlivet (1), évéque de Cornouaille. Mais un aven de Névet ne porta l'érec- tion du prieuré de Locronan que dans l'an 1102. Ce prieuré fut érigé sur le terrain de Plounévet-Porzay. Les privilèges qui lui furent accordés y attirèrent trois ou quatre cents familles qui formèrent un gros village, toujours dans ladite paroisse de Plounèvet-Porzay et sous la juriiliclion du seigneur du Névet. Ce village devint plus tard la civitatula de Locronan, érigée en paroisse au commencement du XVIII" siècle, étant cernée à l'ouest, au nord et un peu à l'est de la paroisse de Plounévet, à l'est de Quéménéven et au sud de Plogonnec.
C'est pour cela que lorsqu'il y a convocation à Locronan, les recteurs de Plounévet-Porzay ont toujours eu le pas sur les autres ecclésiastiques et leurs croix et bannières sur celles des autres paroisses convoquées [i],
(A suiore.)
(1) C'est sous Orscand.
(;j II n toujours élé en U9a(^ duns l'éulisc (le consnncr au rectpur dépwsédé d'une porlloii de sa pnroisso. non une vraie juridirUon sur a'ite parlic (tétadiée, maia une vruic diSFércDCC el une marque d'honneur.
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VI.
LE COUVENT DE SAINT-FRANÇOIS
DE QUIMPER
Quelques épisodes de son liIstoIi?e.
VI. — Procès contre les débiteurs de rentes.
Dans ma carrière de magistrat, commu j'ai plaint les plai- deurs des lenteurs de la justice! Nos prédécesseurs des xv' et XVI* siècles n'éprouvaient pas, à ce qu'il semble, ces com- misérations ; et pui.s les degriîs do justice étaient si multi- pliés ! Toute cause civile [même une cause de cinq sols) ne pouvait-elle pau aller de proche eu proche parfois jus- qu'au conseil du roi ? Les procès passaient du père aux fils : et durant vingt, trente, cînquanlc ans « étaient comme immortels. » (2)
Ht pourtant un plaidait et souvent, et à propos du plus mince intérêt, sauf à transiger quand on avait épuisé les juridictions et les arguties de procédure !
Hendons justice aux cordelicrs. Trois fois seulement ils se sont maladroitement obstinés ft se laisser assigner. Ils ont beaucoup plaidé ; mais toujours contraints et forcés ; et ils n'ont soutenu que de bons procès qu'ils ont tous gagnés.
Heureux quand leurs victoires juridiques n'étaient pas stériles ou ne devenaient pas l'occasion d'un nouveau procès! Un exemple : en Hih'.i, Kolland I.escoët et son fds Guillaume, bourgeois de Quimper, s'opposent violemment à l'exécution
(t) Ci-dessus p. 18.
{i) Sur ces divers painU. HÉvin, cons. U. — CoDst. des durs. Ord. de Vannes. Ibil, eti'. Sauvageau II ri* partie). Les procureurs avaient ima' giné l'appel d'un juge à l'autre de la même JuridicLlon ! — V. mon Orga- nisalion judiciaire en Bretagne avanl iTSO. (1893) Bulletin arcuewl. du Fikistèhb. — Tous XXI. [Hëmoiresj. 6.
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d'une sentence rendue contre eux au profit des cordeliers ; et ceux-ci sont contraints de se plaindre au juge (1).
Si telle était la résistance d'humbles bourgeois, quelle pou- vait être celle des hauts et puissants seigneurs auxquels pour son malheur le couvent Saint- François eut si souvent affaire?
Je citerai seulement un fait à titre d'exemple (2) .
Raoul du Juch.seigneur de Pratanroux(Penhars), avait, par acte du 3 octobre 1519, donné au couvent une rente de Ireute livres. Le 11 des calendes d'octobre 1534, Raoul fut inhumé dans sa chapelle bous l'habit des frères. 11 laissait pour héri- tière principale sa fille Claude. Quelques années plus tard, en 1540, son tuteur Rolland [VI) de Lezongar la donna en ma- riage à son fils Rolland VII, qui allait devenir, après son père, seigneur de Pratauras. D'un premier mariage avec Jeanne du Fresne (3), Rolland avait deux Hlles : Jeanne mariée dès 1550, et Marguerite qui mourut prématurément. Claude lui donna un hls, Rolland (VIII) et devint veuve en 1556 (4).
Bientdt consolée, la douairière de Pratanras se mit à dis- tribuer ses seigneuries à des amis ; et, sou iils ayant vingt- trois ans, elle se laissa charmer, après la reine Catherine de Médicis, par Troîllus de Mesgouez ; elle l'épousa et lui Ht don de ta seigneurie de Liscuis (Laniscatj ayant haute justice. Rolland de Lezongar demanda et obtint l'interdiction de sa
de la!
(-2) J'ai déji contù celle aHaire (Pi-onieiiade à Pratanroiu;, 1SS7), mais j'ai quelques poiDls à recltOer et à préciser.
13] Inbumèe aux Cordeliers le S des Ides d'octobre l5Jii.
(4) Celte date qui reclllle la date I5(X) précédemment doaaée est authen- tique. Je donnerai plus loin uo extrait de l'acte d'inliumatiun dressé ù SalQl-Julleo de Quimper, et retrouv-à par le baron de llosmordui;. — Les nécrologes de Saint-Frantols Innt défaut pour cette époque.
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mère. Troillus menaça d'un appel ; et, pour prévenir le" scandale d'un procès plus retentissant, Rolland abandonna à Tpoillas l'usufruit de Liscuis.
Depuis 1552, la rente n'avait pas été payée. Les cordeliers patientèrent encore pendant six années ; enfin, en 1569, ils assignèrent.
Mais comment feront- ils exécuter une condamnation contre le favori de la reine mère, gentilhomme de la chambre du roi?
La rente est hypothéquée sur toute la seigneurie de Pra- tanroiix, notamment sur le lieu de Lestannou (Tréoultré- Penmarc'hj.Le procureur des frères croit faire acte d'habileté en assignant la détentrice de Lestannou, Guyonne de Kerouant (Tréméoe). Mais Guyonne épuisera tontes les arguties de procédure, fatiguera toutes les juridictions ; et, protestante, elle portera jusqu'à la chambre de l'édit ce mau- vais procès perdu d'avance
La procédure prendra douze années pendant lesquelles la rente n'est pas payée ; et c'est seulement le 10 juin 1581, que sentence sera rendue contre Guyonne qui s'obstine (et pour cause) Â ne produire aucune pièce.
Elle est condamnée, sauf son recours contre qui de droit, c'est-à-diro contre Claude du Juch ; mais celle-ci n'est pas seule : Troillus, plus puissant que jamais, est marquis de la Roche-Coetrcmoal et vice-roi de Terre-Neuve. Contre lui le recours